Charbons agglomérés

Paris 1867 - Inventions, novelties and means of transport
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worldfairs
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Charbons agglomérés

Message par worldfairs » 10 mai 2018 03:18 pm

Texte de "L'Exposition Universelle de 1867 Illustrée"

Paris 1867 - Inventions, nouveautés et moyens de transport - Charbons agglomérés - Machine à agglomérer la houille - machineagglomererhouille.jpg
Machine à agglomérer la houille

Le plus grand nombre de nos établissements industriels de premier ordre ont eu de très-humbles et de très-laborieux commencements.
Les périodes d’accroissement qui suivent l'éclosion de toute industrie nouvelle sont toujours difficiles à traverser.

Il ne suffit pas de naître pour être; il faut encore grandir, se développer d’une manière progressive, et parvenir enfin à sa plus complète expansion.

Mais que d’obstacles à vaincre pour en arriver là !

Comme l’avenir d’une grande industrie est, au moment où elle surgit, chose assez incertaine, il en résulte que presque toujours, à l’exception de celui qui l’a fondée, nul ne s’en occupe et ne s’y intéresse.

Aussi tant qu’elle n’est pas parvenue à son importance, et que sa prospérité peut être niée ou mise en question, celui qui la dirige et la soutient est abandonné à ses propres forces, et personne n’est tenté de lui venir en aide, ni de s’associer au périlleux honneur d’achever ce qu’il a commencé.

Il faut de toute nécessité, n’eût-il d’autre ressource et d’autre capital disponibles que son intelligence et son activité, qu’il sache pourvoir à tout, triompher de chaque difficulté nouvelle, et subir sans broncher les crises qui ébranlent parfois les établissements les plus anciens et les plus solides.

S’il parvient à sortir heureusement de ses dures épreuves, tout change aussitôt pour lui : les capitalistes qui, dans les temps difficiles, s’étaient tenus à l’écart, et auraient fait la sourde oreille, s’il eût sollicité leur concours, s'empressent à l’envi de lui offrir cette assistance désintéressée qu’ils sont toujours heureux de mettre à la disposition de quiconque peut s’en passer.

C’est que, chacun le sait, les capitalistes ne sont pas des essuyeurs de plâtre ; pour qu’ils consentent à entrer et à s’installer dans une maison, il faut qu’elle ait été longuement éprouvée et qu’elle présente toutes les garanties de sécurité; aussi, quoiqu’ils soient toujours en quête et à l’affût de gros bénéfices, ils préfèrent prudemment s’associer aux médiocres fortunes faites, qu’aux immenses fortunes probables, mais à faire.

Nous pourrions dire combien d’entre eux ont passé et ont repassé sur le carreau des mines sans se douter que les débris qui encombraient l’ouverture des puits d’extraction contenaient d’inépuisables richesses, et que, pour les réaliser, il suffirait de trouver le moyeu de mettre en œuvre tous ces déblais.

M. Félix Dehaynin, lui, l’a compris: mais si, le jour où il résolut d’entreprendre la fabrication des charbons agglomérés, il eût appelé les capitalistes à son aide, tous lui auraient certainement répondu par un nescio vos des mieux accentués, et on lui aurait tourné poliment le dos en lui souhaitant bonne chance.

Assuré qu’il était du résultat de ses efforts, il s’est résigné à commencer avec ses seules ressources, et sur une petite échelle, une exploitation qui devait prendre, en quelques années, sous son intelligente et habile direction, un développement immense.

Il avait deviné que des millions étaient enfouis sous ces montagnes de débris de houille, et il se dit qu’il suffisait de les remuer pour les en faire sortir.

La fabrication des charbons agglomérés fut alors entreprise par lui, et aujourd’hui c’est parmi nos grandes industries une des plus florissantes et des plus productives.

Elle consiste dans l’emploi des débris de charbon, qui d’abord soumis au criblage, au broyage et au lavage, sont mêlés ensuite i avec du brai et du goudron, puis enfin chauffés et comprimés au moyen de puissantes machines qui en forment des briquettes de forme ronde ou carrée.

Le poids spécifique de chaque briquette est de 1 kil. 32 centig. par décimètre cube ; la puissance calorifique d’une briquette est de 7362 calories, tandis que celle de la meilleure houille, d’un poids spécifique égal, est seulement de 7200 calories.

Cette industrie est tout à fait inconnue du public, auquel elle rend cependant d’immenses services.

En débarrassant les mines de charbon de leurs menus qu’elle met en valeur, elle procure à des conditions économiques, aux chemins de fer et aux bateaux à vapeur, un combustible de très-bonne qualité; elle utilise en outre des quantités énormes de goudron provenant de la distillation du charbon pour l’éclairage au gaz ; enfin elle a donné naissance à une industrie qui, de la distillation de ces mêmes goudrons, tire des produits d’une richesse merveilleuse.

D’une matière noire, huileuse et presque fétide, la science fait aujourd’hui sortir des couleurs éblouissantes de fraîcheur et d’éclat.
Combien de dames ignorent que les couleurs de leurs robes et de leurs rubans, le rouge, le violet, le bleu, le bismarck, proviennent du goudron de gaz?

L’acide phénique employé en médecine et en chirurgie, et la benzine qui sert à détacher les étoffes, à dissoudre le caoutchouc, à préparer les vernis et à conserver les bois sont encore de précieux dérivés du goudron.

Que de richesses contient la houille! Elle produit aujourd’hui la chaleur, la lumière, la vapeur, le fer, les couleurs tinctoriales; mais combien d’autres richesses inconnues la science doit en tirer encore!

M. Félix Dehaynin possède quatre fabriques importantes; les unes sont affectées à la production des agglomérés, les autres à la distillation de tous les produits dérivés du goudron.

Ce que le fondateur et le chef de ces grandes usines a dû dépenser de force, d’intelligence et d’activité pour les élever seul au rang qu’elles occupent aujourd’hui parmi nos plus importantes industries, il nous serait difficile de l’apprécier et de le dire; aussi la médaille d'honneur obtenue à l’Exposition de Londres et la médaille d’or que le jury vient de lui adjuger ne nous semblent que les prémices de la juste distinction réservée et très-prochainement assurée à M. Félix Dehaynin.
Pour tout savoir sur les expositions universelles et internationales.
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