La machine à vapeur de Ransomes et Sims

Paris 1867 - Inventions, novelties and means of transport
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worldfairs
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La machine à vapeur de Ransomes et Sims

Message par worldfairs » 06 mars 2018 08:33 pm

Article tiré de "L'exposition Universelle de 1867 Illustrée"

L’établissement des chemins de fer est si coûteux, qu’on devait avoir l'idée d’employer la vapeur sur les routes ordinaires. Depuis longtemps cette application fait l’objet de nombreuses recherches. Il est certain qu’avec la cherté des fourrages et le renchérissement des chevaux, le prix de transport des marchandises doit être moins élevé au moyen de la vapeur que par le roulage ordinaire. Pour résoudre ce problème il s’agissait de trouver une machine locomotive qui pût se mouvoir avec facilité sur les routes et parcourir, dans un temps donné, une distance au moins aussi grande que celle parcourue par le roulage accéléré. Cette distance, on le sait, est en moyenne d'environ 4 kilomètres à l’heure, avec relais de chevaux. Dans cette moyenne se trouvent comprises les montées qui se franchissent moins rapidement.

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La machine à vapeur routière de Ransomes et Sims

MM. Ransomes et Sims, les plus anciens constructeurs de matériel agricole en Angleterre, exposent une machine delà force de 8 à 14 chevaux vapeur qui circule sans embarras et sans offrir le moindre danger sur les routes ordinaires. Sa vitesse est de 6 kilomètres à l’heure sur les plans horizontaux et de 3 kilomètres seulement lorsqu’il s’agit de gravir des rampes. Elle remorque une charge utile de 4 à 8 tonnes, suivant les difficultés de locomotion qu’elle rencontre sur ses pas.

Cet engin, dont nous donnons ici une gravure, est monté sur quatre roues ; celles de derrière, les plus grandes, ont un diamètre de 1m,50, et les jantes une largeur de 0m,30

Au moyen d’engrenages, l’arbre de couche est en communication directe avec les roues motrices, ce qui permet de tourner très-facilement sur les courbes du plus petit rayon et de régler la vitesse à volonté.

La routière à vapeur est munie d’un volant, de régulateurs et de tous les accessoires qui permettent de l’utiliser aux travaux de la ferme. Ou peut donc, lorsqu’elle ne voyage pas, l’appliquer à faire mouvoir les machines à battre, les coupe-racines, les hache-paille, les concasseurs, etc. A l’intérieur on pourrait également s’en servir pour scier les bois, broyer le plâtre, moudre les grains, etc., et à l’extérieur pour labourer la terre au moyen de câbles de transmission. Enfin, dans les pays où le climat rend les irrigations nécessaires, on l’emploierait encore pour élever les eaux.

Cet engin doit donc rendre de nombreux services à l’agriculture et peut transporter, avec plus d’économie et plus rapidement que le roulage accéléré, tous les produits du sol dans les centres de consommation et sur les marchés. Il peut remplacer dans les fermes les locomobiles qui s’y trouvent déjà en si grand nombre, de telle sorte que, sans une plus grande mise de fonds, les cultivateurs pourront se procurer une machine à vapeur à toutes fins.-C’est là certainement un très-grand progrès pour l’économie rurale.

Une autre découverte qui. s’applique spécialement aux pays chauds, c’est la nouvelle machine à battre les grains, sortant des mêmes ateliers que la locomotive routière.
On sait qu’en Espagne, en Turquie, en en Égypte, au Mexique, etc., la paille hachée menu est, avec l’orge, la seule nourriture du bétail. D’après les méthodes actuelles, on bat énergiquement les gerbes sur un corps dur, on les étend sur une aire, puis on divise la paille avec des chevaux ou des bœufs que l’on fait passer dessus.

Ce système a l’inconvénient d’être coûteux et de faire subir un déchet considérable à la paille. Pour le corriger, on a voulu introduire dans ces pays les machines à battre dont on se sert en Europe. Mais, comme ces engins laissent les tiges du blé plus ou moins entières, après le battage il faut avoir recours aux anciens procédés pour diviser la paille en petits morceaux et la rendre propre à la consommation du bétail. Donc les batteuses ordinaires, si elles permettent de mieux égrener les épis, ne dispensent pas le cultivateur de ces pays lointains d’avoir recours au piétinement des chevaux sur l’aire, et ne l’affranchissent pas des perles que cette opération lui fait subir en laissant beaucoup trop de déchets inutilisables.

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La machine à battre de Ransomes et Sims

C’est pour remédier à cette situation que MM. Ransomes et Sims ont eu l’idée de la machine à battre dont nous donnons ici le dessin. Cette machine égrène l’épi, hache même la paille, l’aplatit, la débarrasse de la poussière et des cryptogames qui la couvrent, ce qui la rend bien meilleure pour les animaux domestiques. Cet engin, comme le montre la gravure, se compose de trois pièces principales qui sont : la machine à vapeur, la machine à battre, l’élévateur. Comme l’appareil tout entier est destiné à des pays peu avancés, où souvent il n’est pas possible de se procurer des mécaniciens, on lui a donné des organes simples et solides : la machine à vapeur est à détente variable, munie d’un réchauffeur d’eau d’alimentation. On peut la chauffer avec toute espèce de combustible, houille, bois, paille, tiges de maïs ,etc. La chaudière est disposée de manière à recevoir toutes sortes d’eaux pures ou impures, sans qu’il en résulte pour elle des dangers d’obstruction. Ce point est essentiel dans les pays chauds, où souvent il n’y a pour s’abreuver que des eaux de pluie conservées dans des bassins à moitié remplis de vase.

Les organes destinés à battre se composent entre autres de deux cylindres juxtaposés et animés d'une grande vitesse : le cylindre supérieur est armé de dents qui coupent la paille en très-petits morceaux, tandis que le cylindre inférieur l’aplatit et la rend ainsi plus facilement consommable. Au sortir des cylindres, la paille, poussée par le ventilateur, entre dans l’organe à gauche et s’en va sur la meule, où des hommes la disposent comme il convient. Le ventilateur aspirateur est construit avec habileté; il fait le plus grand honneur à la maison Ransomes et Sims.

La nouvelle machine à battre permet aux pays chauds de préparer la paille pour le bétail sans avoir recours aux anciens procédés. Elle offre en outre l’avantage d’égrener un nombre considérable de gerbes en un jour. Elle rend jusqu’à 250 hectolitres de grains parfaitement nettoyés et que l'on peut conduire à la halle. Ce sont là des avantages que les agriculteurs des contrées méridionales sauront apprécier. L’emploi de la nouvelle machine leur permettra de réaliser une grande économie de main d’œuvre, d’obtenir des grains beaucoup plus propres et des pailles mieux appropriées à l’alimentation des bestiaux. Enfin, ils auront beaucoup moins de déchets, ce qui leur permettra de nourrir plus fortement et de retirer plus de profits de leurs étables. On le voit, les progrès de la mécanique agricole sont intimement liés au perfectionnement de l’agriculture tout entière.
Pour tout savoir sur les expositions universelles et internationales.
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