L'exposition d'art : l'esthétique relégué à un rôle secondaire

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L'exposition d'art : l'esthétique relégué à un rôle secondaire

Message par worldfairs » 13 déc. 2016 12:52 pm

Texte extrait d’un CD de Expo 2000 Hannover – L’histoire des Expositions Universelles

Lors de l'exposition universelle de Londres de 1851, l'opinion publique s'était déjà élevée contre le manque d'intérêt et de considération pour l'art, réduit à une fonction annexe servant tout juste à agrémenter l'exposition industrielle et technique.
En 1867, l'exposition des arts devait une fois encore se contenter d'un rôle secondaire. Bien que les œuvres d'art constituaient le premier groupe dans le système de classification, la commission de l'exposition, composée principalement d'industriels et d'économistes, avait prévu de lui concéder seulement la plus petite halle d'exposition.
Les tableaux, suspendus sur cinq rangées ou plus, s'avéraient par conséquent peu visibles pour les visiteurs.
Certains pays, comme la Belgique, la Hollande, la Suisse et la Bavière installèrent leurs expositions d'art dans les pavillons du parc. Ils purent ainsi exposer jusqu'à 200 œuvres. En revanche, d'autres pays, comme la Turquie ou le Brésil, durent s'associer à l'exposition du palais largement dominée par la France et ne purent présenter, par manque de place, que sept œuvres.
De plus, la constitution du jury de sélection pour la peinture et le dessin s'était avérée très problématique. A part égale, y figuraient des membres de la commission de l'exposition, de l'Académie des Beaux-Arts et des artistes déjà reconnus et médaillés ou des membres de la légion d'honneur. La question de la représentation était la priorité absolue et le jury devait avant tout garantir le rôle rétrospectif et conservateur de l'exposition d'art.

Les jeunes naturalistes ou les futures impressionnistes comme Monet, Renoir, Degas, Cézanne ou Berthe Morisot étaient absents. Outre ces aspects-là, un grand nombre d'artistes français importants se sentit exclu. Suivant l'exemple de Courbet en 1855, certains organisèrent leurs propres expositions en dehors du site. Ainsi, Manet exposa dans une galerie près du pont de l'Alma des tableaux comme Le déjeuner sur l'herbe ou son Panorama de l'Exposition universelle devenus par la suite célèbres.
Bien qu'il eût accroché quatre tableaux dans l'exposition du palais, Courbet installa à proximité son propre pavillon conçu comme une exposition permanente consacrée au réalisme.

Dans le palais de l'exposition, en revanche, on voulait surtout voir à côté de la peinture paysagiste de Rousseau ou des tableaux exotiques ou historiques réalisés dans un style académique ou néoclassique. Finalement, il s'agit surtout des travaux des membres du jury, comme par exemple Meissonier, Gérôme, Dupré, Bouguereau, Millet, Daubigny, Huet et Corot, qui, contrairement à Courbet, exposèrent chacun entre huit à quatorze toiles.
La peinture de genre était particulièrement appréciée et représentée. Bien que seules des œuvres réalisées après le 1er janvier 1855, devaient être montrées, cette exposition se révéla finalement être une rétrospective de toiles connues. L'art, de par cette présentation étriquée, rebutante et inappropriée, figurait comme un produit parmi la multitude, se voyait réduit à un "accessoire agréable", comme le déclara Charles Blanc, lui-même membre du jury, dans le journal Le Temps en 1867. L'exposition avait surtout contribué au succès de Meissonier. Mais, au fur et à mesure que la stabilité politique déclinait, l'opinion publique se désintéressa bientôt de la peinture académique.
Pour tout savoir sur les expositions universelles et internationales.
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