Le palais de l'exposition : un colisée pour l'encyclopédie de toutes les activités humaines

Paris 1867 - Architecture, pavilions
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worldfairs
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Le palais de l'exposition : un colisée pour l'encyclopédie de toutes les activités humaines

Message par worldfairs » 11 déc. 2016 03:26 pm

Texte extrait d’un CD de Expo 2000 Hannover – L’histoire des Expositions Universelles

S'inspirant du projet conçu et développé par Georg Maw et Edward Payne pour l'exposition universelle de Londres de 1862, mais qui ne put se réaliser, Le Play proposa un palais d'exposition oval et temporaire, rappelant par sa forme le Colisée romain.
Le bâtiment ne devait pas seulement rassembler tous les thèmes et tous les pays sous un même toit, mais les demi-sphères de l'oval symbolisaient également en tant qu'abstraction architectonique les deux hémisphères nord - sud de la terre.
L'ingénieur Jean Baptiste Krantz fut chargé du projet et de la construction du bâtiment d'une longueur de 490 m sur 390 m de large, devant couvrir une surface totale de 150.000 mètres carré.
Léopold Hardy, Charles Duval et le jeune Gustave Eiffel participèrent à la réalisation des plans.
Pour éviter aux exposants les problèmes de transport et pour faciliter l'accès des visiteurs à toutes les parties de l'exposition, on renonça à l'idée de créer plusieurs étages, vu que cette idée n'avait pas été concluante dans le passé.

Le chantier employait quotidiennement 1200 à 1500 ouvriers.
Des colonnes en fonte et des piliers en fer forgé érigés sur les soubassements constituaient la structure de base reliée au toit en verre et en tôle ondulée, ce qui permettait un éclairage naturel et uniforme de toutes les parties de l'exposition.
Le tracé du bâtiment se divisait en sept cercles concentriques plus étroits vers l'intérieur, destinés à recevoir chacun une catégorie déterminée d'objets d'exposition.
Chaque galerie était reliée par une allée radiale, qui séparait distinctement les nations exposantes selon leur nombre, comme une immense galette découpée en parts.
Les allées plus larges, constituant les axes transversaux et obliques, divisaient l'ovale en quatre secteurs affectés pour plus de clarté aux quartiers français et anglais, allemand et belge.

L'entrée principale donnait sur le pont d'Iéna et menait, en traversant un grand vestibule, directement à un jardin situé au centre du bâtiment ; ce jardin intérieur, conçu par Lancelot, était une palmeraie, comptant de nombreuses fontaines et sculptures, véritable oasis de 5100 m2 où les visiteurs pouvaient se reposer de l'agitation de l'exposition. Un pavillon de jardin en filigrane présentait les monnaies internationales, les unités de mesure et de poids.
C'est précisément au centre de ce gigantesque panorama de produits que des concepts universels étaient présentés et traités, parmi lesquels figuraient essentiellement la communication ou les échanges matériels entre les personnes et les milieux culturels.
Etait-ce déjà l'espoir d'une évolution vers une monnaie et un système de mesure internationales ?
En effet, c'est en 1875 que se créa finalement à Paris le bureau des poids et mesure.

La construction de la halle était le fruit d'une innovation architectonique d'une splendeur remarquable ; le dôme était soutenu par des colonnes latérales extérieures, ce qui évitait d'installer des piliers de soutien au centre.
L'enceinte extérieure construite en verre et en fer, recouverte d'un auvent flottant et située au-dessous de la grande verrière et de la balustrade de la Galerie des machines, abritait des cafés et des restaurants. Alors que dans les cercles intérieurs se jouait le spectacle des acquis culturels du monde entier et bien sûr de la France en tant que hôte de l'exposition, ici défilaient sous les yeux les merveilles des progrès techniques et industriels.

L'américain Samuel Morse, pour son invention du télégraphe et l'entreprise Krupp pour ses procédés ultra modernes de traitement de l'acier éveillèrent particulièrement la curiosité et l'intérêt des visiteurs. La "grosse Berta" rencontra un vif succès - elle était jusqu'alors le plus gros canon, avec ses 50 tonnes, à pouvoir lancer des boulets de 50 kilos. Cette arme devait trois années plus tard, lors du conflit franco-germanique, être dirigée sur Paris et contribuer à la défaite de la France.
Pour tout savoir sur les expositions universelles et internationales.
http://www.worldfairs.info

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