Le Palais de Cristal - Une serre immense

London 1851 - Architecture, pavilions
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worldfairs
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Le Palais de Cristal - Une serre immense

Message par worldfairs » 19 nov. 2016 10:51 pm

A l'encontre des usages en cours durant la période victorienne, Joseph Paxton avait renoncé à tout élément décoratif dans son plan : le bâtiment de l'exposition ne devait satisfaire qu'à un but précis, délimité dans le temps, et c'est ainsi qu'il fut construit.

Les éléments de construction ne furent soulignés que par des couleurs différentes : l'intérieur fut peint en blanc, rouge, bleu et jaune, l'extérieur en bleu clair seulement. Les moyens industriels dont disposait le pays, par exemple dans la construction ferroviaire ou celle du verre, furent tous exploités : ainsi, le toit fut recouvert de plaques en verre normées, de 124 centimètres sur 25; un tiers de la production britannique en verre de toute une année y fut employée. Ces plaques de verre déterminèrent non seulement le motif de trame du toit, mais du bâtiment entier.

Seuls quatre types de supports, entre sept et vingt-deux mètres de long, durent être conçus et fabriqués. Les colonnes par contre, purent être vissées et constituèrent en même temps un système d'évacuation de l'eau de pluie. Les colonnes et supports en fonte furent fabriqués industriellement et sur place même, leur stabilité fut vérifiée avec une presse hydraulique, puis ils furent montés à l'aide de grues et palans. Grâce à cette trame de construction que l'on pouvait agrandir à volonté, une structure trois fois plus longue que celle de la cathédrale St-Paul put être créée.

M. Paxton avait conçu un bâtiment à trois niveaux, dominé par une nef principale de 20 mètres de hauteur et 563 mètres de longueur.
Sur les côtés se trouvaient des nefs latérales hautes de 14 mètres. Dans la nef principale même, des galeries latérales furent ajoutées afin d'agrandir la surface d'exposition. Dans son milieu, la nef principale était coupée par un transept avec voûte en berceau, une concession à la nature car c'était là le seul moyen de sauver trois vieux grands ormes. Le fait de les sauvegarder contribua aussi à rendre le bâtiment très populaire.

Comme seuls les murs latéraux des bas-côtés avaient été construits en bois, le reste du bâtiment consistait en fonte et verre, laissant la lumière du jour entrer sans obstacle.

C'est surtout dans le transept, haut de 41 mètres, qu'on avait l'impression que toute la construction se fondait dans un fin réseau de fer et de clarté céleste. Joseph Paxton avait fait fi de toutes les idées traditionnelles en architecture ( des murs structurant clairement des espaces, des fenêtres offrant une vue cadrée sur l'extérieur, un toit solide et protecteur ). Ses contemporains avaient du mal à décrire cette impression d'espace tout à fait nouvelle. Mais ce n'est pas tant cette "forme aérienne poétique et magique", comme un critique en fit l'éloge vingt ans plus tard, que la production industrielle des éléments de construction et l'édification du bâtiment selon un plan d'ingénieurs qui fut révolutionnaire pour l'architecture de la seconde moitié du XIXe siècle.

Cependant, la course contre la montre avait conduit à des défauts de construction. Le toit de verre surtout n'était pas étanche car les plaques n'avaient pas été vissées avec la précision nécessaire ou elles avaient été endommagées lors de l'assemblage. Une grève des ouvriers du bâtiment aussi avait mis temporairement en danger l'achèvement dans les délais voulus. En plein hiver, les couvreurs travaillaient dix-huit heures par jour sur de petits chariots construits aux fins de pouvoir fixer dans une semaine 18.000 plaques sur un système de support développé par M. Paxton. Pour ce travail dangereux, les ouvriers réclamaient une augmentation de salaire de quatre à cinq shillings. L'entreprise Fox & Henderson ne pouvait se permettre d'avoir une mauvaise presse dans une telle situation, elle réagit donc rapidement et avec efficacité : les meneurs de grève furent licenciés et les autres ouvriers furent menacés de la même sanction, mais en leur offrant en même temps la possibilité de continuer le travail aux anciennes conditions.
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