L'incendie

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worldfairs
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Re: L'incendie

Message par worldfairs »

Bruxelles Kermesse avant l incendie
Bruxelles-Kermesse avant l'incendie

Bruxelles Kermesse après l incendie
Bruxelles-Kermesse après l'incendie

Bruxelles Kermesse Le cracheur
Bruxelles-Kermesse - Le cracheur

Bruxelles Kermesse La statue de Saint Michel
Bruxelles-Kermesse - La statue de Saint-Michel

Bruxelles Kermesse Les lions de la ménagerie Bostock
Bruxelles-Kermesse - Les lions de la ménagerie Bostock

Bruxelles Kermesse Les crocodiles de la ménagerie Bostock
Bruxelles-Kermesse - Les crocodiles de la ménagerie Bostock


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Céline
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Re: L'incendie

Message par Céline »

25 août 1910 - L'incendie de l'Exposition universelle de Bruxelles et ses conséquences (Illustri(e)rte Zeitung, n° 3504)

Les journaux ont donné ces jours-ci de nombreux détails sur le grand et terrifiant incendie qui a frappé l'Exposition universelle de Bruxelles au zénith de sa gloire et de sa popularité. Une description plus approfondie de la catastrophe est donc superflue ; il suffit d'y ajouter quelques notes marginales nécessaires, en tant qu'événement historique permanent. Il faut, par la force des choses, évoquer ce qui s’est passé et comment c’est arrivé.

Photo de la section française partiellement incendiée avec la statue "La France", qui a été épargnée par le feu.
Photo de la section française partiellement incendiée avec la statue "La France", qui a été épargnée par le feu.

Aujourd'hui, la direction de l'exposition et les compagnies d'assurance, les exposants locaux et étrangers, les autorités et le personnel qui a perdu son emploi sont susceptibles de débattre pour savoir qui en est responsable et qui doit payer pour ça. L'opinion selon laquelle, cette fois encore, il s'agissait d'un court-circuit - ce malheureux bouc émissaire doit être désormais évoqué si souvent depuis que les enquêteurs travaillant sur l'incendie ont terminé leur enquête - peut enfin être éliminée. La personne qui aurait vu que le feu, à peine découvert, se propageait aussi déjà sur l'immense surface du département belge, aurait su dès le départ que le feu couvait quelque part depuis la fermeture des halles. En l'espace de trois heures - les halles ferment à six heures, et le feu a été remarqué peu avant neuf heures - il a eu largement le temps de se propager. Il ne reste donc que quatre conjectures. Est-ce un cigare jeté qui a déclenché l'incendie ? Il était évidemment interdit de fumer dans les halles, mais vu la foule de dimanche dernier et la catégorie de visiteurs de l'exposition en ce jour fatidique, il était possible, au minimum, de se faufiler avec un cigare allumé. Des témoins oculaires ont même vu des superviseurs en train de fumer dans les couloirs. Ou, était-ce la faute d'une petite dynamo dans la section belge, sur lequel reposait un atelier de tournage de fils de soie ? L'incendie s'est-il déclaré dans le Vieux Bruxelles et a-t-il pénétré inaperçu dans la halle belge, qui jouxtait sans aucun mur de protection ce joyeux quartier ? Ou, enfin, l'incendie a-t-il été allumé pour couvrir des vols qui, comme les autorités ont pu le constater pendant l'incendie, étaient encore commis sans vergogne dans ces terribles moments de confusion générale ? Mais imaginer cette prémisse serait trop horrible, alors laissons tomber, en l'honneur de la petite part d'humanité qu'il y a même dans la personne que constitue un criminel. Disons plutôt, puisque, comme déjà dit, la cause de l'incendie ne peut plus rien changer au malheur qui s'est produit, que la propagation rapide du feu, alimentée par un vent assez violent, ne peut surprendre. Et il n'était que justifié que tous les équipages de la division allemande soient anxieux et préparés à repousser les flammes auxquelles il fallait s'attendre avec tous les moyens de défense à leur disposition. Les pompiers étaient bien sûr présents sur le site de l'exposition, mais qui les avait alertés et mobilisés de temps en temps à titre d'essai afin de s'assurer qu'au moment donné les robinets d'eau pouvaient être facilement ouverts, que les équipes étaient présentes et que la pression d'eau était suffisante ? Personne ne commandait les pompiers. Grâce à la décentralisation quasi intenable de l'administration de la capitale belge et de ses banlieues reliées localement, Bruxelles a dirigé ses pompiers présents à l'exposition, et Ixelles aussi ! Il était tout simplement incompréhensible de ne pas séparer le Vieux Bruxelles des halles industrielles, - ni ces dernières dans leurs compartiments individuels, - par des murs coupe-feu ; ensuite, de placer les bureaux administratifs avec leur important, et ancien, matériel ainsi que la caisse principale, le bureau de poste et le bureau de télégraphie précisément à l'intersection du Vieux Bruxelles et des halles ; puis, enfin, de ne doter le Vieux Bruxelles que de deux sorties étroites, ce qui aurait eu comme conséquence, qu'en cas de panique, des milliers de visiteurs du vieux quartier soient sacrifiés. C'était aussi se moquer de la moindre mesure de précaution que de laisser s'installer deux restaurants dans les couloirs en amande du Hall belge, avec, à l'arrière, un immense établissement du même genre, avec ses équipements. Les futures expositions universelles devraient nécessairement être basées sur le système du pavillon, et le commissaire du Reich, le conseiller privé Albert, a été bien conseillé lorsqu'il a décidé de choisir une bâtisse allemande au lieu de suivre l'exemple de la France et de l'Angleterre et d'exposer également dans les halls industriels généraux.

Les débris de l'exposition anglaise.
Les débris de l'exposition anglaise.
Bruxelles 2.png (211.31 Kio) Vu 454 fois

Bruxelles se tient désormais devant les ruines de nombre de ses espoirs et le monde culturel tout entier se lamente avec elle devant ce chaos désolant. Que va-t-il advenir de l'exposition maintenant ? C'était la grande et très complexe question juridique. Fermer, c'était facile à dire, mais difficile à faire. Seul un huitième de l'exposition a été détruit par l'incendie. Les sept huitièmes restants ont conservé leur droit d'exister. Les dégâts doivent donc être remplacés, couverts, compensés d'une autre manière. Ça le sera bientôt. Avec un enthousiasme patriotique rarement vu ici, les différents groupes belges - avec en tête les bijoutiers et les orfèvres, dont les coffres ont pu être sortis intacts des décombres - et les grandes maisons de couture ont décidé de réorganiser leurs expositions, en partie dans la salle des fêtes, et en partie dans le pavillon des expositions temporaires. Ils seront suivis par l'Angleterre et la France, dès que ces pays auront obtenu certaines garanties du Comité de l'Exposition. Dans le Vieux Bruxelles, la place du marché et les maisons individuelles qui la bordent sont à peine endommagées. Autour d'elles, quelques façades supplémentaires seront bientôt construites, pour lesquelles de nombreux artistes belges ont proposé leur aide.

Les restes de la "Kermesse de Bruxelles" résultant de l'incendie de l'Exposition universelle de Bruxelles.
Les restes de la "Kermesse de Bruxelles" résultant de l'incendie de l'Exposition universelle de Bruxelles.
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