Machine à Triturer, de M. Mackenzie.

London 1851 - Inventions, novelties and means of transport
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Machine à Triturer, de M. Mackenzie.

Message par worldfairs » 22 janv. 2015 01:14 pm

La machine dont nous allons donner la description est une invention de M. Mackenzie, de Newark-Upon-Trent, qui s'est efforcé d'arriver au moyen le plus prompt et le plus économique possible pour fabriquer les onguents, les pâtes, les peintures, l'encre des imprimeurs, et en général tous les articles qui exigent un broiement et une agitation continus dans un mortier. Elle consiste en un mortier a fixé à un bâtis b, et en un pilon c, dont le mouvement rotatif se fera par saccades ; il sera alternativement rapide et lent, centripète et centrifuge. Voici comment ce mouvement sera
produit :
La tige du piston est munie d'une sorte d'articulation en tous sens d, fixée à un levier chargés; l'extrémité supérieure de cette tige est tenue à une plaque f qui peut glisser entre deux tringles g fixées à la roue conique h.
Londres 1851 - Inventions, nouveautés et moyens de transport - Machine à Triturer, de M. Mackenzie. - machine_a_triturer.jpg
On conçoit donc que cette roue en tournant sur son axe fera tourner autour d'elle les tringles g et la plaque f, et qu'elle imprimera ainsi au pilon un mouvement circulaire.

Pour obtenir ce seul mouvement, il suffirai donc de mettre en train la roue h au moyen de la roue de commande i qui est sur l'arbre j de la manivelle. Mais là ne se sont pas bornés les prétentions de M. Mackenzie, il a voulu que le pilon ne parcourût pas seulement la plus grande circonférence du fond du mortier, mais encore qu'il décrivît d'autres courbes se rapprochant et s'éloignant tour à tour du centre de ce mortier, afin que tous les points de sa surface fussent successivement parcourus.

Pour arriver à ce résultat, il s'est servi du moyen donné par Watt pour représenter le mouvement des astres; il a attaché une bielle par une de ses extrémités à la plaque f, et par l'autre il l'a fixée excentriquement à une roue dentée h. Cette roue, il l'a adaptée à un bras partant de la roue h, de manière à ce qu'elle circulât autour de celle-ci quand la machine serait en marche. De plus, pour donner à cette roue k un mouvement de rotation propre qui fasse mouvoir la bielle p, il l'a liée, soit directement à un pignon placé à demeure sur l'axe de la roue h et invisible dans le dessin, soit à une transmission représentée ici par les roues dentelées l et m.

Maintenant il est facile de comprendre comment seront obtenus les divers mouvements annoncés.

Outre la circonférence que tend à décrire dans le mortier le pilon, dont l'extrémité fixée au bloc f tourne autour de la roue h,—le va-et-vient opéré entre les tringles g par l'excentrique de la roue k, qui mène la bielle et la plaque f, changera incessamment les courbes décrites dans le mortier.

On remarquera que la tige du pilon n'est pas fixée à demeure au levier s : deux petits bras se détachent de ce levier et maintiennent seules la goupille de l'anneau qui embrasse la boule de l'articulation, de telle sorte qu'en soulevant tout simplement le levier, la tige du pilon est immédiatement dégagée de l'articulation et peut être du même coup enlevée du mortier.

Plusieurs de ces machines fonctionnent déjà et présentent les résultats satisfaisants.

L'une d'elles a été envoyée par l'inventeur à la grande exposition.

L'importance de cette machine est incontestable, et nous ne saurions trop insister sur l'intérêt qu'elle présente aux artistes et aux industriels.

On sait, par exemple, combien il est nécessaire en peinture, que le broiement des couleurs les rende assez pures, assez dégagées d'ingrédients durs et cassants, pour que leur agencement et leur mélange, se prête à toutes les combinaisons ingénieusement étudiées de la palette. Qui sait, si tout
le secret des chefs-d'oeuvre de la peinture antique n'est pas là. Il est évident que la différence des substances employées actuellement avec les anciennes couleurs est immense; et quand on songe à la durée des anciennes toiles et au peu de durée des peintures modernes, on est conduit à se demander si les procédés mécaniques de la trituration, n'y entrent pas pour quelque chose dans leur imperfection.

Quant à l'imprimerie, c'est encore une grande et grave question. Certes, le journal le Palais de Cristal est bien imprimé (ceci soit dit sans vanité); mais si parfois quelques lettres sont blanchies, si le caractère n'a pas toujours une netteté irréprochable dans les journaux, cela tient surtout à l'encre.

Article repris du Journal Illustré de L’Exposition de 1851
Pour tout savoir sur les expositions universelles et internationales.
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