Le Naga de Preah Khan au Musée Guimet

Paris 1878 - Remnants
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worldfairs
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Le Naga de Preah Khan au Musée Guimet

Message par worldfairs » 27 avr. 2014 08:17 pm

L'impressionnante statue de Naga d'un des temples d'Angkor, le Preah Khan, se trouve maintenant au Musée Guimet.
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©Jean-Pierre Dalbéra - Vestige de la Statue du Naga
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©JaHoVil - Vestige de la Statue du Naga
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Le Naga en 1878 - Statue du Naga durant d'Exposition
Voici le texte original sur cette statue paru dans le Monde Illustré en 1878:

Parmi les collections de Part ancien réunies dans les galeries du Trocadéro, celle des antiquités cambodgiennes, exposée pour la première fois à Paris, est la seule qui unisse à la valeur artistique l’attrait de la nouveauté. Aussi attire-t elle toute l’attention des visiteurs. — On s’arrête surtout devant le magnifique groupe sculptural dont nous donnons aujourd’hui le dessin. Ce groupe se compose de trois géants, placés à la file, supportant sur leurs genoux et serrant dans leurs bras le corps d’un immense naga (serpent mythologique hindou) dont le cou relevé se divise en sept parties, terminées chacune par une double gueule entr’ouverte. Les énormes personnages (qui, debout, n’auraient pas moins de cinq mètres de liant) aux formes massives, aux tètes régulières ou burlesques, sont assis dans des poses à la fois solides et mouvementées. Ils sont coiffés de diadèmes et de tiares; des colliers, des bracelets, des baudriers, des pendants d’oreilles finement ciselés leur servent d’ornements. Pour vêlements, ils ont une large ceinture d’où pendent des draperies richement brodées, ensemble qui reproduit le costume des anciens princes du pays. Le serpent polycéphale, motif employé très-fréquemment dans la décoration des édifiées kmers, est couvert de stries ou d’écailles. L’endroit où naissent ses têtes multiples est caché par un énorme disque très-orné (la roue ou le chakra), symbole aux applications si diverses dans les religions de l’Inde. Une large crête formée de rangs de feuilles encadre comme d’une ogive dentelée les sept gueules à l’aspect menaçant; et la courbe gracieuse de l’ensemble donne à cette vaste composition un aspect aussi élégant qu’imposant.

Représentez-vous une chaussée de seize mètres de large traversant une vaste nappe d’eau; — des deux côtés de cette chaussée des parapets formés par deux files de cinquante géants, le premier avec cinq faces et dix bras serrant les cous multiples du serpent, le dernier avec neuf visages -et dix-huit bras retenant la queue ondulante, — vous aurez ainsi l’idée de l’ensemble grandiose dont faisait partie le groupe que nous venons de décrire. Cinq ponts semblables conduisaient aux cinq entrées de l'ancienne capitale du royaume kmer; d’autres menaient à Preakan, à Ponteay-Chma, grandes cités récemment explorées. Les allées de géants du Cambodge, on le voit, laissent loin derrière elles les allées de sphinx de l’Egypte.

Malheureusement, les vastes édifices kmers ne sont plus aujourd’hui que des amas de ruines, et des cinq cent quarante divinités gigantesques qui gardaient les portes d’Angkor-la-Grande, il n’y en a pour ainsi dite plus une seule intacte; c’est à peine si, çà et là, le voyageur y peut apercevoir quelques fragments émergeant de l’épaisse végétation de la forêt qui a tout envahi. Il est heureux que la mission récente dirigée par M. le lieutenant de vaisseau Delaporte ait pu découvrir et rapporter ce monument de sculpture, peut-être unique aujourd’hui, et qui suffirait à nous faire juger de la splendeur, de l’originalité et de la science décorative des artistes de l’ancien Cambodge.

A côté de cette pièce capitale du musée, citons encore des statues et des tètes de divinités bouddhiques et brahmaniques, les unes si vivantes, si réalistes, qu’elles paraissent moulées sur nature; d’autres d’un grand style et d’une expression superbe; puis des bas-reliefs figurant les unes des scènes intimes, les autres des combats avec des mêlées prodigieusement mouvementées; enfin des pièces d’architecture, chapiteaux, frises, pilastres chargés de rinceaux dans lesquels se meuvent des animaux fantastiques, des dieux, des bayadéres, tout cela si fin, si délicat, que l’on ne saurait les comparer qu’aux sculptures de la Renaissance.
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