Le Palais des Mines et de la Métallurgie

Paris 1900 - Architecture, pavilions, gardens, urban furniture
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Le Palais des Mines et de la Métallurgie

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L'Exposition Métallurgique au Champ-de-Mars

Expo Paris 1900 - Photo - L'Exposition Métallurgique au Champ-de-Mars
Expo Paris 1900 - Photo - L'Exposition Métallurgique au Champ-de-Mars

Nous voici dans le royaume des métaux.
De gros tubes de cuivre de 15 mètres de haut, sans soudure et pesant chacun 2250 kg, des barres d'acier, des treillages de fer, des plaques de tôle, des blocs de fonte forment une architecture bizarre.
On dirait quelque décor de féerie.


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Re: Le Palais des Mines et de la Métallurgie

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minesmetallurgie1.jpg

Cette exposition, très interessante, contient une merveilleuse collection de coffrets en métal, de clefs et serrures anciennes, de cloches et sonnettes, de marteaux de portes, de grilles, etc., du travail le plus artistique.
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Palais des Mines et de la Metallurgie

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Texte et illustrations de "La construction moderne - 11 novembre 1899"

A part la Galerie des Machines, toutes les anciennes constructions de l’Exposition de 1889, sur le Champ de Mars, ont été démolies.

Afin de changer complètement le cadre des deux Expositions successives, la Galerie des Machines elle-même sera entièrement masquée par un Château-d'eau monumental et le Palais de l’Electricité (fig. 1).

palaisminesetmetallurgie-01.jpg

Des extrémités de ce dernier Palais, qui s’étendra entre l’avenue de Suffren et l’avenue de La Bourdonnais, se détacheront, normalement à la Seine et du côté de la Tour de 300 mètres, deux longs corps de bâtiment, divisés en un certain nombre de palais.

La construction de tous ces palais, destinés aux diverses expositions, a été confiée à divers architectes, tous lauréats du concours qui a été organisé à l’occasion de l’Exposition de 1900 et qui a précédé l’élaboration du plan définitif.

Le Palais des Mines et de la Métallurgie est l’œuvre de M. Louis Varcollier. Il termine, du côté de la Seine, le corps de bâtiment parallèle à l’avenue de La Bourdonnais.

Plan du Rez-de-Chaussée. — D’après le plan d’ensemble, dressé parle Service central d’architecture, sous la direction de M. Bouvard, les galeries longitudinales du Palais Varcollier doivent faire suite à celles du Palais contigu des Fils, Tissus et Vêtements. Elles doivent avoir leur débouché, non dans le prolongement de l’axe longitudinal du Palais, mais suivant une direction inclinée à 45 degrés par rapport à cet axe (fig. 2 et 3). C’est en effet dans un pan coupé faisant face au pilier sud-est de la Tour Eiffel, que se trouvera l’entrée principale de tout ce corps de bâtiment.

Ce raccordement oblique, des galeries longitudinales avec t’entrée en pan coupé, constituait un problème d’une réelle difficulté dont M. Varcollier a trouvé une soin lion simple et élégante.

Elle a consisté à créer, comme noyau de la construction, un vaste hall de forme octogonale à pans inégaux, dont le centre se trouve à l’intersection de l’axe longitudinal du bâtiment et de l’axe de l’entrée en pan coupé.

Dans ce hall débouchent toutes les galeries longitudinales, à l'exception des galeries extrèmes qui l’entourent ou qui aboutissent directement au pan coupé.

Ces galeries longitudinales sont de peu d’étendue dans le Palais des Mines, mais elles font suite aux galeries courantes des Palais contigus. Elles ont, à partir de l’avenue de La Bourdonnais, des largeurs de 12m,50, 27m,00, 9m,00, 27m,00, 9m,00, 27m,00, 9m,00 et 8m,00 (Fig. 2). Cette dernière galerie, qui sert de portique et de promenoir, longe le jardin de 100 mètres de largeur qui sera créé entre les deux longs bâtiments en bordure des avenues de Suffren et de La Bourdonnais (fig. 1).

Le hall central est, comme nous l’avons dit, de forme octogonale à pans inégaux. Sur trois des petits côtés, se trouve le départ des escaliers qui conduisent au premier étage. Le quatrième petit côté fait lace au pan coupé de l’entrée principale et donne accès au vestibule qui fait suite à celle entrée.

Ce vestibule est, en plan, de forme polygonale irrégulière; il sera surmonté d’un dome de grande dimension en forme de tiare.

Ce dôme servira à compléter, au point de vue de la décoration extérieure, l’effet ornemental produit par le porche central flanqué de ses deux tourelles.

Plan du Premier étage. — Pour augmenter la surface utile à mettre à la disposition des exposants, sans pour cela restreindre l’étendue des allées et des jardins, il a été nécessaire de prévoir un premier étage dans toutes les constructions du Champ de Mars.

Le Service central de l’Exposition a rompu avec les habitudes anciennes avec d’autant plus de facilité que le premier étage sera très accessible et pourra être aussi fréquenté que le rez-de-chaussée, grâce à la plate-forme roulante, extérieure aux bâtiments de l'Exposition. Celle plate-forme amènera directement au niveau du premier étage, en face le porche central du Palais des Fils, Tissus et Vêtements, les visiteurs qui auront emprunte ce moyen de communication pour venir des Champs-Elysées ou de l’Esplanade des Invalides.

palaisminesetmetallurgie-02.jpg

À l’intérieur du Palais, l’étage sera desservi par cinq escaliers, deux ascenseurs et deux chemins élévateurs. Ces chemins sont indiques, sur le plan ci-joint (fig. 2), sous la forme de tapis roulants. Trois des escaliers sont placés sur les petits cotés du grand hall octogonal.

Les deux autres sont logés dans les deux tourelles qui flanquent le porche de l’entrée principale en pan coupé. Ces escaliers seront éclairés par de larges et hautes baies sans vitrages dont l’architecte a su tirer un effet décoratif des plus heureux.

Façades. — Proportionnellement à sa surface (16.000 mètres carrés), le Palais des Mines et delà Métallurgie présente un grand développement de façades (370 mètres de longueur en nombre rond).

palaisminesetmetallurgie-03.jpg

La moins importante, au point de vue décoratif, celle qui longe l’avenue de La Bourdonnais, a 133 mètres de longueur; elle restera très probablement en pans de fer apparents.

Les trois autres, dont l’ossature sera également métallique, recevront une décoration monumentale en staff. La façade parallèle à la Seine a 80m,40 de longueur; celle qui regarde le jardin central a 94m,60.

La façade principale sera dans le pan coupé qui fait face au pilier sud-est de la Tour de 300 mètres. Elle comprendra un porche monumental qui sera flanqué de deux tourelles très ajourées.
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Re: Palais des Mines et de la Metallurgie

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Texte et illustrations de "La construction moderne - 18 novembre 1899"

Nous avons précédemment examiné en détail la distribution intérieure du Palais des Mines et de la Métallurgie, et indiqué les considérations d’ordres divers qui ont conduit au plan définitivement arrêté par l'architecte, M. Louis Varcollier.

Comme à l’ordinaire, les façades ne seront publiées que plus tard, la Construction Moderne tenant, en effet, à présenter des projets réellement exécutés et définitivement mis au point.

Pour le moment, il nous reste à examiner le mode de construction employé.

Les architectes des palais du Champ-de-Mars ont eu à résoudre un problème très complexe qui a exigé d'eux les doubles qualités de constructeur et d’artiste. On leur a demandé des bâtiments d’aspect monumental et artistique en ne mettant à leurs dispositions que des crédits très faibles, l’administration supérieure ayant limité le plus possible ces crédits affectés à des constructions qui ne doivent pas survivre à l’année 1900.

Malgré cette situation spéciale, les architectes de l'Exposition ont tenu à honneur d’étudier leurs bâtiments dans leurs moindres détails de construction.

Le service central d’Architecture, sous la haute direction do M. Bouvard, a dressé un plan général des divers palais dont nous avons précédemment indiqué les emplacements (voir fig. 1) et qu’on est en train d’édifier sur le Champ de Mars.

La plus grande liberté a été laissée aux architectes pour les plans et les façades. Néanmoins, pour obtenir un effet d’ensemble, les grandes lignes de décoration et la hauteur de chaque bâtiment ont été préalablement déterminés.

C’est ainsi que les palais des extrémités, voisins de la tour de 300 mètres, notamment le Palais des Mines et de la Métallurgie, n’auront que 15 mètres entre le sol et la corniche. La hauteur des autres palais s’élèvera progressivement, à mesure que l’on se rapprochera du Château d’Eau monumental et du Palais de l’Électricité, qui aura 50 mètres d’élévation.

palaisminesetmetallurgie-04.jpg

Ces deux derniers monuments masqueront complètement la Galerie des Machines et formeront un fond de décor des plus imposants et des plus nouveaux. L’aspect du Champ de Mars ne rappellera donc en rien le cadre des Expositions précédentes.

Mode de construction. — Pour le Palais des Mines, comme du reste pour les autres palais du Champ de Mars, l’aspect architectural des façades sera obtenu par un revêtement en staff masquant en tout ou en partie l’ossature, qui sera entièrement métallique.

Le plâtre sera maintenu par une armature en métal déployé cloué sur des cadres de bois très légers, rattachés eux-mêmes aux parties métalliques voisines. Ce système d’armature, adopté, après essais, par l’architecte, se prête, paraît-il, à toute espèce de décoration, grâce à sa souplesse et à sa simplicité; il nécessite notamment moins de charpenterie de bois que l’ancien système avec lattes plus ou moins jointives. Il n’offre en outre aucun danger d’incendie, et présente une solidité suffisante pour résister à une poussée fortuite de la foule, poussée qu’il est nécessaire de prévoir dans une Exposition parisienne.

Fondations. — Les piliers de l’ossature métallique reposent sur des massifs de fondation en maçonnerie de meulière et mortier de chaux hydraulique. Ces massifs sont construits sur des puits de béton qui traversent les terres rapportées autrefois pour le nivellement primitif du Champ de Mars, et qui descend jusqu’au bon sol.

Ossature métallique. — Du côté du Palais des Fils, Tissus et Vêtements, le Palais des Mines comprend sept galeries parallèles; les trois principales ont 27 ou 18 mètres d’ouverture. (Voir les plans, fig. 2 et 3)

Chaque galerie est couverte par une ferme, ayant une portée correspondante à sa largeur. Quelle que soit cette portée, l’écartement des fermes est le même : les fermes se trouvent alors sur une même ligne droite, et chaque pilier reçoit les retombées de deux fermes différentes dont les poussées sont inégales et ne se neutralisent qu’en partie.

Pour les fermes principales de 27 ou 18 mètres d’ouverture, on a néanmoins admis dans les calculs, que les poussées horizontales se transmettront intégralement d'une ferme à l’autre par l'intermédiaire des petites fermes de 9 mètres qui les séparent, et auxquelles on a donné à cet effet la rigidité nécessaire.
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Re: Palais des Mines et de la Metallurgie

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Texte et illustrations de "La construction moderne - 2 décembre 1899"

Ferme de 27 mètres d’ouverture.— Le dessin de la figure 7 représente la ferme de la nef principale de 27m,00 d’ouverture ; elle est la plus intéressante de toutes, et présente un aspect d’une légèreté remarquable.

Piliers. — Cette ferme repose sur des piliers dont la section transversale, en forme de croix, a 0m,45 de côté.

A la partie haute, ces piliers s’épanouissent suivant quatre directions faisant entre elles un angle de 90", de manière à recevoir transversalement les retombées des fermes, et longitudinalement les attaches des arceaux de contreventement. Les ailes des piliers sont bordées de 2 cornières de 80 X 80 (fig. 6) comme les retombées des fermes et des arceaux sont circulaires, cette disposition permet à ces ailes de s'écarter du point central pour venir, en se prolongeant, former les membrures d’intrados des fermes et des arceaux de contreventement (fig. 4 et 7).

L'extrémité des piliers supporte les retombées des fermes par l’intermédiaire de joints boulonnés d’une certaine étendue. Au point de vue du calcul, ce système de jonction n’a pu être considéré comme un en cas (renient, même incomplet ; aussi les fermes ont-elles été calculées comme des arcs reposant sur des rotules placées sur la surface de jonction, à la rencontre de la fibre moyenne.

palaisminesetmetallurgie-05.jpg

Plancher de l'étage. — Les galeries comportent un premier étage à 7m,50 au-dessus du rez-de-chaussée. A cette hauteur les piliers seront réunis par les poutres principales qui porteront le plancher.

La surcharge de ce plancher, de 500 kil. par mètre superficiel, sera donc transmise intégralement aux piliers dont la rigidité sera ainsi assurée d’une façon certaine. Les poutres principales à âme pleine recevront l’assemblage des poutrelles transversales à treillis; ces poutrelles porteront les lambourdes sur lesquelles reposera directement le parquet et dont les extrémités visibles serviront à la décoration générale.

On a commencé à enduire le dessous du plancher bas de l’étage pour constituer le plafonnement des surfaces vues depuis le rez-de-chaussée. Ce plafond n’est pas obtenu par le procédé courant à lattes plus ou moins espacées, cachées après coup par un enduit de plâtre ordinaire. L’architecte a choisi un système nouvellement breveté en France, mais qui, parait-il, a déjà fait ses preuves à l’étranger.

Ce système consiste à mouler le plafond comme on moule les hourdis de ciment armé, avec cette différence que l’armature est un filet de chanvre tressé et que la matière enveloppante est du plâtre lin. Ce filet est préalablement tendu sous les lambourdes, avant ou après que leur surface supérieure a reçu le parquet. Les moules en planches peuvent cire enlevés quelques jours après la confection du hourdis en plâtre.

Ce système a l’avantage de créer à peu de frais, entre le plancher et le plafond, un espace vide, qui retiendra la poussière et amortira la sonorité de ces galeries.

Planchers bas du rez-de-chaussée, le parquet a été cloué sur des lambourdes reposant directement sur le sol. A l’emplacement des voies ferrées de service qui traversent toutes les galeries et subsistent pendant l’Exposition, le plancher sera mobile et pourra s’enlever partiellement.

palaisminesetmetallurgie-06.jpg
palaisminesetmetallurgie-06.jpg (53.91 Kio) Vu 460 fois

Arceaux de contreventement sous chêneaux. — A la hauteur des retombées des fermes, les piliers sont réunis dans le sens longitudinal par des arceaux de contreventement, qui portent le chêneau (fig. 4). Ces arceaux, en forme de treillis à larges mailles, ont naturellement comme portée la distance qui sépare les fermes entre elles, c’est-à-dire 9m,00. La partie supérieure, qui est horizontale, porto directement le chêneau ; l’intrados présente une courbure d’anse de panier à trois centres ; sa membrure est constituée par une cornière qui fait suite à la bordure des ailes des piliers. Les membrures sont constituées chacune par une cornière de 70 X 70 X 7; les treillis et les montants par des cornières
de 50 X 50 X 5.

Outre le poids du chêneau, ces arceaux supportent encore une partie du poids de la toiture et le transmettent directement aux piliers, sans l’intervention des fermes principales, et cela de la façon suivante :

Fermes intermédiaires. — Au milieu de l’écartement de deux fermes principales, il a été construit une fausse ferme (fig. 8).

Chaque ferme, principale ou intermédiaire, ne porte donc que 4m,50 de longueur de toiture, ce qui permet de les rendre très légères.

Les fermes intermédiaires ne transmettent pas directement leur charge sur les piliers, comme les fermes normales. Leurs retombées se trouvent sur les chêneaux, au milieu des arceaux qui contreventent longitudinalement les piliers (fig. 4).

Ces fermes intermédiaires sont encore incomplètes à un autre point de vue. Alors que la demi-portée est de 13m,50, la longueur des arbalétriers n’est que de 9m,482; ils ne s'assemblent donc pas directement à leurs extrémités supérieures, mais ils se trouvent fixés à la sablière longitudinale qui porte toutes les fermettes du lanterneau central.

En outre, dans le plan de chaque fausse ferme, on a eu soin de prévoir pour le lanterneau une fermette spéciale (voir fig. 8), dont la rigidité est suffisante pour s’opposer en ce point à toute déformation horizontale de la sablière.

La solidité de l’ensemble est encore assurée par les arceaux de faîtage (voir fig. 4), qui entretoisent les fermes principales et sur lesquels repose le faîtage de chaque fermette du lanterneau.

Les arbalétriers des fermes intermédiaires sont en forme de poutres à treillis à grandes mailles avec membrures rectilignes parallèles.
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Texte et illustrations de "La construction moderne - 9 décembre 1899"

Constitution des fermes principales (fig. 7). — Les fermes principales offrent l’aspect d’un arc à treillis à grandes mailles. La courbe d’intrados, en forme d’anse de panier, se raccorde avec l’épanouissement des cornières membrures des piliers.

La membrure supérieure forme une ligne brisée : elle est horizontale dans la partie milieu sur une longueur de 9m,00, puis présente aux extrémités deux rampants de 9m,482 de longueur.

En plus des arceaux de contreventement dont nous avons déjà parlé, les fermes sont encore contreventées longitudinalement par des poutrelles à treillis formant sablières, qui portent toutes les fermettes du lanterneau d’aération.

En résumé, les charges provenant de la toiture sont transmises aux fermes principales par les pannes, par les sablières en treillis et par les arceaux de faîtage du lanterneau.

Couverture.— La surcharge de la neige et du vent prévue par le cahier des charges donne un poids de 120k par mètre superficiel de couverture. Les grands rampants ont 0m,472 de pente par mètre, ceux du lanterneau ont 0m,336.

La plus grande partie de la toiture est vitrée. Le vitrage est mastiqué sur des petits chevrons en fers à T de 40 X 5O ; ces chevrons reposent sur des pannes en fer I, de 140 X 47 pour le lanterneau et de 100 X 48 pour les grands rampants.

palaisminesetmetallurgie-07.jpg

La partie non transparente de la couverture sera en ardoises clouées sur un plancher en voliges jointives.

Les eaux sont recueillies par des chêneaux longitudinaux et transversaux de 0m,700 de largeur et 0m,400 de hauteur au minimum. Les tuyaux de descente sont accolés aux piliers; ils déversent leurs eaux dans une canalisation qui aboutit à l’égout d’évacuation.

Fermes de petite portée. — Pour ces fermes de 12m,50 et 9m,00 de portée, distantes entre elles de 9m,00, comme les précédentes, il n’a été employé ni fausse ferme intermédiaire, ni pannes. La couverture comporte des chevrons en fer I sur lesquels repose le plancher jointif qui porte les ardoises. La forme des fermes est semblable à celle des fermes principales de 27m,00, à l’exception de la ferme de 12m,50, qui longe l’avenue de La Bourdonnais. Dans cette ferme, la surface de jonction du pilier et de l’axe proprement dit est libre de se déplacer, car il n’y a pas de contre-poussée comme dans les travées voisines.

Pour arriver à la stabilité, il a fallu disposer les raccordements de l'arc et des piliers de façon à abaisser le point d'appui et pouvoir, dans les calculs de résistance, considérer l'ensemble de la travée comme un arc continu reposant sur des rotules fixes, placées au niveau du sol.

Ossature du dôme. — Cette ossature comprend principalement quatre arcs à treillis sur la partie centrale et supérieure desquels repose une couronne circulaire. Cette couronne sert de retombée aux 24 fermes du dôme, qui sont réparties deux par deux et dont les extrémités supérieures sont solidement fixées à une couronne très résistante.

Outre ces deux couronnes principales, les fermes du dôme sont encore contreventées à deux hauteurs différentes par des contreventements circulaires formant couronnes.

Ossature du hall central. — Cette ossature est formée par une ceinture octogonale à côtés inégaux (Voir le plan, fig. 2) portée par les piliers métalliques plantés à chaque angle du hall. Sur les quatre grands côtés, cette ceinture se compose de grands arcs métalliques à treillis de 27 mètres d’ouverture; sur les quatre petits côtés, les piliers sont réunis par des petites fermes à treillis en plein cintre. Ces arcs portent chacun une poutre pleine horizontale par l’intermédiaire de tympans parallèles dont l’un, visible de l’intérieur du hall, est évidé, afin de donner plus de légèreté à l'ensemble (voir fig. 4). Dans le même but, sur la poutre pleine on a rapporté des parties saillantes pour créer des jeux d’ombre et de lumière.

Le reste de l’ossature du hall comprend des demi-fermes droites et 6 fermes aretières, ainsi que les pannes très légères qui portent la couverture.

Ces fermes buttent à la partie haute contre une deuxième ceinture on treillis qui porte le lanterneau central d’action.

Résistance de l’ossature métallique. — Le coefficient de travail de l’acier constituant l’ossature métallique des palais d'Exposition ne doit pas, aux termes des cahiers des charges, dépasser 12k,5 par millimètre carré de section. Les calculs approuvés ont fait ressortir des coefficients de 10k,6 et de 11k inférieurs au maximum fixé.
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Re: Palais des Mines et de la Metallurgie

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Texte et illustrations de "La construction moderne - 16 décembre 1899"

Montage de l’ossature métallique. — Par suite de la faible longueur des travées courantes et de la diversité des pièces à monter, les appareils de montage ont été relativement peu compliqués, et se sont réduits à une grue à balancier sur pylône mobile (puissance 3,000k), à une puissante chèvre ordinaire et à un échafaudage spécialement construit en vue de l’édification du hall central et du dôme.

Le balancier de la grue, formant deux volées égales, avait 10 mètres de longueur. Le balancier mobile dans tous les sens reposait sur la partie supérieure du pylône par l’intermédiaire d’une forte rotule.

Le pylône, constitué par une poutre verticale à treillis, de section carrée décroissante de bas en haut, pouvait se mouvoir horizontalement dans tous les sens. Le balancier portait d’un côté la poulie servant à l’accrochage et, de l’autre, était relié à un hauban métallique retenu par un cabestan solidement immobilisé. L’appareil de levage était un treuil, système Bernier, de 2,000k de puissance.

palaisminesetmetallurgie-08.jpg

Le montage du hall central ainsi que celui du dôme s’est effectué à l’aide d’un échafaudage très important portant à 23 mètres au-dessus du sol un plancher de forme octogonale.

Ce plancher reposait sur un cadre massif supporté par des madriers verticaux ou obliques formant piliers, contreventements ou contrefiches.

L'État d’avancement des travaux. — Actuellement le montage est entièrement terminé ; les échafaudages et appareils ayant servi à cette opération ont disparu du Champ-de-Mars. La couverture et le vitrage, les planchers, les plafonds sont pour ainsi dire terminés; la peinture est à moitié faite.

Quant à la décoration extérieure, elle est poussée très activement; la façade qui regarde le jardin central est même complètement finie.

L’état d’avancement de ce palais est donc très satisfaisant, grâce à la manière dont les travaux ont été dirigés.

palaisminesetmetallurgie-09.jpg

Sans parler, pour le moment, de la partie décorative, qui est à peine commencée, la construction du palais, dont nous avons examiné l’ossature et la structure intérieure, fait le plus grand honneur à l’architecte, M. Louis Varcollier, et à ses collaborateurs.

Les constructeurs de la partie métallique sont MM. Dubois et Nicolle. Ils ont très consciencieusement secondé l'architecte dans sa recherche de la partie décorative des fermes, qu’il était indispensable de laisser visibles dans ce Palais destiné à abriter les produits les plus remarquables des Mines et de Métallurgie.
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Re: Le Palais des Mines et de la Métallurgie

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Texte et illustrations de "La construction moderne - 25 aout 1900"

Le Palais des Mines et de la Métallurgie forme l’entrée des galeries du côté gauche du Champ-de-Mars. Nous avons précédemment donné des détails sur la construction de l’ossature métallique de cet édifice. Elevé sur les dessins de M. Varcollier, il présente une silhouette bien découpée que surmonte un campanile où est logé un carillon qui est rapidement devenu célèbre.

mines-01.jpg
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