Phonographe Edison

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Phonographe Edison

Message par worldfairs » 24 nov. 2006 07:40 pm

Je vous poste le texte sur le phonographe tiré du livre "Exposition Paris "de 1889, le dernier paragraphe est excellent et tellement décalé. Bonne lecture.


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"Une des grandes attractions de la galerie des Machines est l'exposition de M. Edison, qui occupe deux pavillons entiers , l'un consacré à l'éclairage électrique, l'autre au phonographe, devenu un instrument pratique.

Sur une table sont déposés, avec le phonographe, des manchons de cire très mince, pouvant enregistrer chacun plus de mille mots et les reproduire avec une grande puissance et une grande netteté, et des appareils transmetteurs composés d’un tube en caoutchouc se divisant à son extrémité en deux branches munies d’ampoule de verre, que l’auditeur introduit dans ses oreilles. Des groupes de visiteurs sont assis autour de la table; d’autres groupes, debout entre les barrières, attendent leur tour, pour aller entendre le phonographe s’exprimer dans tous les dialectes connus.

Lorsque l’on veut parler dans le phonographe, on revêt d’un manchon de cire, et non plus d’étain le cylindre métallique qui glisse sur une rainure graduée, on fixe un petit cornet acoustique sur le diaphragme, membrane de métal peu épaisse, mise en mouvement par un mécanisme très simple qu’actionne une pile électrique. On met l’appareil en action; le manchon tourne rapidement; la membrane, impressionnée par les sons , vibre, et l’aiguille dont elle est munie à sa partie inférieure trace dans la cire des séries de points et de traits imperceptibles.

Quand au contraire, on désire recueillir les sons émis à distance par plusieurs personnes, des chanteurs ou des instrumentalistes, on emploie non plus un cornet acoustique, mais un entonnoir proportionné à la masse de sons à emmagasiner, et le tube de caoutchouc dont nous avons parlé set de transmetteur entre le phonographe et l’auditeur.

On place sur le cylindre métallique un des manchons de cire qui ont enregistré les sons : l’appareil est mis en mouvement, et l’aiguille, repassant dans les trous et les traits tracés sur le manchon au fur et à mesure de la réception des sons, les transmet au diaphragme, qui les répercute : c’est l’opération inverse de la précédente et l’appareil répète « le phonogramme » autant de fois qu’on le désire.

Grâce aux perfectionnements apportés par Edison, ce jouet de la veille est devenu un véritable appareil commercial.

Le phonographe reproduit aujourd’hui fidèlement la voix humaine, prononce nettement les diphtongues les plus difficiles, répète tous les bruits, même la musique d’un orchestre. On peut transmettre sa voix par la poste, au moyen du phonogramme.

Nous avons entendu, à l’exposition, des romances chantées plusieurs semaines auparavant dans l’atelier de l’illustre inventeur, et la voix de la cantatrice, ainsi emmagasinée pendant un mois, n’avait rien perdu de sa fraîcheur et de son émotion communicative.

Cet instrument merveilleux parle ainsi toute les langues. Le prince Taëb-bey lui a adressé la parole en arabe, et Mistral en provençal : le phonographe a répété leur conversion avec toutes les inflexions de voix et l’accent de chacun de ses interlocuteurs. M. Edison, regrettant qu’on ne pût se faire une idée de la voix et des intonations de nos hommes célèbres, orateurs, savants ou musiciens, a eu l’idée de conserver des phonogrammes, qui auraient recueilli leurs discours ou leurs chants pour les générations futures. L'institut va s'occuper sans retard d'aménager une sorte de bibliothèque, dans laquelle seront déposés des manchons destinés à enregistrer la voix de ses membres : ce ne sera pas un des moindres prodiges de l'avenir que celui de faire parler les morts.

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Message par worldfairs » 04 déc. 2007 12:36 pm

voici un autre article sur le phonographe tiré du magazine Historama special centenaire exposition universelle 1889.

Edison enregistre Gounod

A l'exposition, on peut écouter "des romances, chantées plusieurs semaines auparavant". La voix de la cantatrice, dit le prospectuse, "emmagasinée pendant un mois, n'a rien perdu de sa fraîcheur"!
Les privilégiés peuvent aussi s'enregistrés. Le prince Taïeb, par exemple, le fait en arabe; M. Mistral, en provençal. Si étonnant que cela puisse paraître, "le phonographe a répété leur conversation avec toutes les inflexions de voix et l'accent des interlocuteurs"!
Afin de ne rien perdre de la voix des grands hommes, notre institut envisage d'aménager une sorte de "bibliothèque" où seront conservés les minces manchons...
Le phonographe était encore dans l'enfance. Cela permettait de lui prêter des dons de la parole, à l'égal de l'homme. M. Gounod, le célèbre auteur de l'Ave Maria, se tordait les mains de satisfaction lors de la première démonstration. Il venait d'écouter son premier "rouleau". "Que je suis heureux de n'avoir pas fait de faute ! Comme c'est fidèle ! Mais c'est la fidélité sans rancune. Et qu'est-ce qui accomplit tout ceci ?Quelques petits morceaux de bois, de fer et de cire, et de ces petits riens qui, en apparence insignifiants, comme dans toutes les grandes inventions, en sont pour ainsi dire l'âme et la partie essentielle, et, surtout, le génie de l'homme qui l'a inventé".
Pour tout savoir sur les expositions universelles et internationales.
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Re: Phonographe Edison

Message par worldfairs » 10 oct. 2010 06:13 pm

Le phonographe Edison à l'exposition de Paris 1878

Voici un article sur cette invention tiré du livre "Les merveilles de l'exposition de 1878"

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Le phonographe se compose, comme le téléphone, d'un appareil récepteur et d'un transmetteur, entre lesquels se trouve l'appareil enregistreur, l'âme de l'instrument. L'appareil récepteur, dit un de nos plus imminents confrères, M. A. Vernier, est un tube courbé, à l'extrémité duquel il y a un entonnoir dans lequel on parle. Au bout du récepteur , il y a une ouverture de deux pouces environ de diamètre fermée par un diaphragme ou disque métallique extrêmement mince, qui vibre avec une grande facilité.

Au centre de ce diaphragme est fixée une aiguille d'acier qui se meut en même temps et de la même manière que le centre du diaphragme. L'appareil est posé sur une table juste en face de l'enregistreur. Ce second appareil est un cylindre de bronze dont la surface porte des rainures en forme d'hélice ; la longueur totale de cette rainure est de 42 pieds ; si on l'étendait sur une ligne continue horizontale, c'est là environ la distance qu'elle couvrirait.

Le cylindre couvert de ces rainures, en forme de vis, est monté sur un axe horizontal, et l'aiguille de l'appareil récepteur, placée comme nous l'avons dit au centre du diaphragme -vibrant, s'y appuie légèrement. Le cylindre est ainsi disposé que l'aiguille porte dans la rainure et que le cylindre peut être animé, par un mouvement d'horlogerie, d'un mouvement de rotation, en même temps que d'un mouvement de translation horizontale, de telle sorte que l'aiguille reste toujours engagée dans la rainure de l'enregistreur.

Pour enregistrer les vibrations de l'aiguille, il faut que le fond de la rainure, dont les diverses parties passent successivement devant l'aiguille vibrante, reçoive en quelque sorte l'empreinte de la vibration, que les ondes sonores s'y dessinent, qu'elles y tracent une courbe formée de parties successivement ascendantes et descendantes. Pour cela, on s'arrange pour que l'aiguille, en vibrant, exerce une légère pression sur une feuille mince d'étain : cette feuille qui enveloppe tout le cylindre est inélastique, elle reçoit une sorte d'impression, chaque oscillation de l'aiguille y produit un creux, une sorte de petite vallée.
« Quand le cylindre a achevé sa course, toutes les paroles prononcées dans le récepteur se sont imprimées dans la longue rainure hélicoïdale; celle-ci a rendu une sorte de gravure naturelle, et les moindres inflexions de cette gravure ont leur importance, puisqu'elles sont la trace permanente d'une onde sonore. Si les sons ont été forts, les marques seront profondes ; s'ils ont été légers, elles seront plus légères; la petite vague linéaire tracée par l'aiguille dans l'étain sera l'image fidèle des vagues sonores.

C'est là une véritable impression, durable et immuable, de tout ce qui peut sembler le plus difficile à fixer, de la voix. La reproduction des sons qui ont formé cette impression se fait dans le troisième appareil, dans le transmetteur.

Il faut se figurer un tambour conique métallique avec la grande extrémité ouverte et la petite extrémité de deux pouces de diamètre recouverte en papier. Devant ce diaphragme en papier est un léger ressort en acier vertical et terminé par une aiguille qui ressemble à celle du diaphragme du récepteur. Le ressort est mis en rapport avec le diaphragme en papier du transmetteur, au moyen d'un fil de soie convenablement tendu.

« Cet appareil est placé devant le cylindre du récepteur. Les choses sont disposées de telle manière que l'aiguille de l'appareil transmetteur recommence exactement la même course que celle de l'aiguille du diaphragme récepteur. La pointe d'acier suivra la pointe ondulée qui se déroule devant elle ; elle vibrera et recommencera dans le même ordre tous les mouvements qui se sont imprimés sur la trace qui lui est marquée.
« Des vibrations se communiqueront au diaphragme de papier, et il en résultera une série d'ondes sonores tout à fait semblables à celles qui ont été imprimées sur la feuille d'étain. On entendra, chose merveilleuse,sortir des mots du tambour conique, altérés cependant et empreints d'un timbre métallique. Si le cylindre se meut la seconde fois plus lentement que la première, la voix gagnera en gravité; s'il se meut plus vite, elle deviendra plus aiguë.

« Tel est exactement l'appareil de M. Edison; on comprend que le phonographe est un instrument bien autrement délicat que le téléphone ; il doit être construit avec la précision d'une montre ; il faut que le mariage entre le mouvement vibratoire des aiguilles soit du récepteur, soit du transmetteur avec la rainure hélicoïdale du cylindre se fasse avec une admirable précision ; l'aiguille qui imprime la voix doit avoir un mouvement aussi doux que facile ; l'aiguille qui la recueille, si je puis me servir de ce mot, doit presser, mais aussi légèrement que possible, sur la petite surface ondulée qui lui imprime la vibration qui se métamorphose en vibrations sonores... »
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