LES EXPOSITIONS NATIONALES PARISIENNES FRANÇAISES

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LES EXPOSITIONS NATIONALES PARISIENNES FRANÇAISES

Message par BOUTEGERARD » 08 sept. 2006 11:34 pm

LES EXPOSITIONS NATIONALES PARISIENNES FRANÇAISES
Essai par François GERARD
Vice- président Cercle Généalogique
Sources : le Comité Français des Expositions (1885-1935) et documents et médailles privés

Les échoppes du Moyen Age, quand marchands et artisans avaient leur rue propre, à l’enseigne de leur corporation, formaient une sorte d’exposition permanente et les marchés et foires qui depuis l’origine des temps, à époque fixe et lieu choisi présentaient objets et denrées nécessaires à la vie, auraient pu revendiquer le nom d"exposition".
Le marché se tient à intervalles rapprochés et assure l’approvisionnement d’une ville ou d’une région

La foire se tient parfois sur deux semaines, à date qui coïncide avec la fête d’un saint ou avec un pèlerinage, les marchandises viennent de tous les horizons. Elle crée un centre de crédit, la sécurité des routes d’accès et la prospérité d’une ville, voire d’une région car seigneurs et rois lui accordent des privilèges pour faciliter les échanges en donnant des franchises pour l’entrée et la sortie des marchandises, libèrent les marchands de certaines charges ou tributs et les mettent sous leur protection, même s’ils sont étrangers. Les Lombards, les Catalans et les Flamands n'hésitent pas à parcourir des centaines de kilomètres pour participer à des foires réputées
Ces "marchés géants" seront, pendant plusieurs siècles, le principal vecteur de développement du commerce, mais aussi des sciences et de l'industrie !

On peut rappeler celle qui se tenait dans la plaine Saint-Denis sous le roi DAGOBERT et celle de Francfort, dont Henri ESTIENNE a donné la description de 1574.
- Les Foires de Champagne se tenant depuis le XIIe siècle sur le domaine des Comtes de Champagne dans les villes de Lagny (1 fois par an), Provins (2 fois par an), Troyes (2 fois par an) et Bar-sur-Aube (1 par an). (halloi de l’église Saint Pierre)

Elles formaient comme un marché continu en se divisant en six foires qui passaient tour à tour de l’une à l’autre. La première débutait en janvier à Lagny, suivie par celle de Bar-sur-Aube avant la mi-carême. Puis s’ouvrait la première foire de Provins, qui avait lieu à la ville haute pendant l’Ascension, en mai et juin. Succédait la « foire chaude » de Troyes de la mi-juillet à la mi-septembre. Se tenait alors la foire de Saint-Ayoul dans la ville basse à Provins du 14 septembre jusqu’à la Toussaint. Venait alors la « foire froide » de Troyes, du lendemain de la Toussaint jusqu’au 2 janvier. Parallèlement avait lieu la troisième foire annuelle de Provins, celle de Saint-Martin, qui se tenait dans la ville haute pendant tout le mois de décembre.
Chaque foire était partagée en trois périodes de durée inégale : la montre, la vente et le paiement.


C'est bien l'excellente organisation matérielle (halles, logements, entrepôts), une forte dotation de privilèges et la bonne justice des comtes de Champagne qui expliquent le premier développement des foires. Pour exemple, l’unité de poids, le marc de Troyes apparaît en 1147, il sera bientôt adopté à Paris.
Le denier provinois est une monnaie qui circule assez loin pour servir de référence jusqu'en Italie.
Ce rôle de foire de change survit jusque dans les années 1340, alors même que les transactions commerciales ont en bonne partie disparu après 1300 devant la concurrence de la capitale, trop proche pour justifier le maintien par les grandes compagnies italiennes de deux établissements permanents et face à la concurrence maritime pour les trafics entre la Flandre et l'Italie. D'autant que la fin du Moyen Age souffre de problèmes à la fois économique et démographique.

La renommée des Foires de Lyon durera pendant deux siècles jusqu’en 1563. Instituées en 1419 par Charles VIII avec l'installation des banquiers italiens ; on trouve encore des édits royaux, portant la conservation des privilèges royaux des foires de la ville de Lyon, au Corps Consulaire de la dite ville, sous les règnes d’ Henry IV et de Louis XIV (cf. le règlement général de juridiction entre les Prévost des Marchands & Eschevins de la ville de Lyon, juges Gardiens & Conservateurs des privilèges de ses foires, & les Officiers de la Seneschaussée & Siège Présidial de ladite Ville, du 23 décembre 1668).

Il n’est point de grande ville qui n’ait sa Foire annuelle et toutes les manufactures de France y ont leur comptoir : armes, coutellerie, orfèvrerie, papiers, livres, toiles et tapisseries, etc…
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Angers centralise toutes les ventes de bétail, de céréales, de laines et de soieries.
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Bordeaux, en relation avec l’Angleterre et l’Espagne est le grand entrepôt des vins de Gascogne, des laines et draps et des résines. En 1296 une première Foire franche à lieu, sous domination anglaise (suite à l'Édit du Roi de France Philippe Le Bel). Elles se sont régulièrement poursuivies à Bordeaux, place du Palais avant de gagner la place de la Bourse.

On peut évaluer à plusieurs millions d’euros le trafic annuel seul l’argent y est maître ; on ne trouve ni plan ni organisation méthodique ce qui a donné au terme son sens péjoratif : c’est la foire

Au XVIIe siècle, le terme de « salon » apparaît. Il est banalisé aujourd’hui par des industries spécialisées comme le livre ou l’automobile, en 1667, il désigne une manifestation artistique organisée en plein air, par l’Académie de sculpture et de peinture.
En 1699, un même salon a lieu au Louvre dans la Grande Galerie, en raison de la valeur des œuvres, d’un souci de mise en scène et des mesures de protection à assurer.
Tous les ans de 1737 à 1756, puis tous les deux ans jusqu’en 1789, puis à nouveau tous les ans, au mois de mars, peintres, sculpteurs, graveurs et dessinateurs présentent leurs œuvres au public. Cette tradition artistique s’est ensuite pérennisée dans des salons à diverses tendances
Mais déjà on constate une séparation en deux milieux différents, entre l’artiste créateur et le fabricant qui exécute et reproduit. Le premier est un maître absolu, jaloux de son modèle ; le second n’est qu’un façonnier qui reproduit l’objet à l’image du modèle.
La hiérarchie établie entre les « arts libéraux » qui ne frayent pas avec les « arts utiles » fait que les artistes affectent d’ignorer les artisans.

Les dénominations d’ « ouvrier d’art » et d’ « art industriel » permettent un timide rapprochement des deux milieux dans un souci d’une meilleure compréhension des avantages mutuels. Toute rivalité nuisait aux uns et aux autres.
La matière a des lois qu’on ne peut enfreindre, couleurs et formes en dépendent, même un caprice d’artiste ne peut faire déroger à des règles.
L’accord se fit lentement, salon après salon et exposition après exposition.

Les métiers, les inventions et l’industrie n’ont pris conscience de leur valeur et de leur force qu’au sein des « expositions », nationales puis internationales. Pour régler les problèmes inhérents aux grands « Concours commerciaux et industriels », des associations se constituèrent jusqu’en 1885 où « le Comité français des expositions » devient l’organisme de référence.

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Du Directoire à la fin de la Restauration (1798-1830)
des « expositions publiques des produits de l’Industrie Française »


Le mot « exposition » étonna quand en 1798, du 17 au 21 septembre, le Ministre de l’Intérieur,

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François de NEUFCHATEAU, convia pour les 5 jours complémentaires de l’an VI, des artistes et des manufacturiers à un spectacle d’un nouveau genre, une « Exposition Publique des produits de l’Industrie Française ».

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L’exposition eut lieu au Champ de Mars, sous 68 arcades dessinées par David, disposées autour d’un Temple du Travail.
Les vitrines et les étalages étaient mis gratuitement à la disposition des exposants.
L’entrée était gratuite.
Le cérémonial d’ouverture fut accompagné de musique d’un défilé militaire et de discours.
Des divertissements furent proposés comme des joutes des bals et des illuminations, on célébrait en même temps l’anniversaire de la fondation de la République.

Un catalogue faisait connaître les noms et adresses des industriels fabricants du papier peint comme des draps ou des crayons…, 110 manufacturiers, venus de Paris de la banlieue et de seize départements.
Pour la première fois, des machines, outils et moyens de production étaient mis à l’honneur.

Un jury composé de membres de l’Institut des Arts et Métiers ou de la Société d’Agriculture de la Seine examina les produits et remit 11 médailles d’or et mentionna 18 exposants tous nommément et publiquement proclamés.
On précisa qu’« il n’y avait pas eu confusion entre les fruits de l’invention, les résultats du perfectionnement et les monuments d’utilité publique ».

Cette exposition ouvre une série de 11 Expositions françaises nationales et parisiennes (jusqu’en 1849)

Les expositions présenteront soit au Louvre, soit aux Champs Elysées, les produits des découvertes nouvelles et les objets d’une exécution achevée .
Il n’y a pas encore de classification, pourtant on comptera 4452 exposants en 1849, des rapporteurs généraux avec des rapports volumineux et un jury spécial.

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L’exposition suivante qui devait avoir lieu en 1799 fut annulée en raison de la situation politique ; l’admission des participants devait y être soumise à l’examen d’un jury.
La seconde exposition dite de l’AN IX, eut lieu pendant les 5 jours complémentaires, soit du 19 au 24 septembre 1801. C’est en vain qu’on voulu mélanger les genres. Les Beaux-Arts demeurèrent à part des étoffes et des charrues !
33 départements étaient représentés, pour 220 exposants et 400 produits, tout ce qui était utile et ingénieux…
Le Ministre de l’Intérieur, CHAPTAL présidait le jury qui accorda 20 médailles d’or, 31 d’argent et 28 de bronze ainsi que 34 mentions.

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Des savants et des économistes fondèrent une Société d’encouragement pour l’Industrie Nationale calquée sur un modèle anglais de 1756. Il s’agissait de faciliter l’ «émulation et de seconder le talent » et de recueillir les découvertes et inventions pour les vulgariser etc...
Savants, financiers , artisans et inventeurs adhérèrent à l’institution ce qui facilita l’expansion de l’industrie française.

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La paix d’Amiens signée, une troisième exposition s’ouvre du 18 au 24 septembre 1802 ( An X), dans la cour du Louvre.
Elle comprend 540 exposants venant de 73 départements. Le jury délivra 254 récompenses :38 médailles d’or, 53 d’argent et 60 de bronze ainsi que 103 mentions honorables.

La guerre ajourna l’exposition prévue en 1803.
C’est l’empereur Napoléon, après sa victoire d’Austerlitz qui fixa par décret, l’ouverture d’une quatrième exposition de février au 25 mai 1806, elle fut prolongée jusqu’au 25 septembre 1806 et en réalité fut clôturée après 24 jours supplémentaires.

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1422 exposants venus de 104 départements y participèrent. La cour du Louvre était trop petite, on construisit sur l’esplanade des Invalides des portiques, de l’Hôtel des Invalides à la Seine. Les objets de luxe voisinaient encore avec les objets d’usage courant.

Pour la première fois dans le rapport du jury rédigé par le président COSTAZ, on parlait de 4 sections, : les Arts mécaniques, les Arts chimiques , les Beaux-Arts et les Tissus.
Le nombre de récompenses fut de 610 : 54 médailles d’or, 97 d’argent de 1ère classe et 80 de 2ème classe (qui correspondaient aux ex en bronze) et 379 mentions honorables.

Artisans et manufacturiers adhéraient au principe de ces expositions et si les évènements militaires n’avaient compromis l’opération, en mai 1809, Napoléon devait en ouvrir une nouvelle. Plus de 10 années de guerre ont ruiné notre économie, tant agricole qu’industrielle. 1814 et 1815 marquent la chute de l’Empire.

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Jusqu’en 1819, la France est le seul pays où se tiennent des expositions.

Leur renommée font des émules à l’étranger. Des expositions s’ouvrent à Gand en 1820, à Tournai en 1824 et à Harlem en 1825.

Depuis 1829, soit à Moscou, soit à Saint-Pétersbourg, la Russie convoque ses artisans.

Belges et Hollandais se réunissent à Bruxelles en 1830.

Berlin suit en 1834 avec 3040 exposants dont des industriels du Zollverei et de l’Autriche.

Le mouvement est donné, les expositions vont se répandre dans le monde entier.
La restauration de la royauté correspond à un besoin de réveiller l’énergie nationale, aussi le Ministre de l’Intérieur par ordonnance du 13 janvier 1819 décidait qu’une exposition publique des produits de l’industrie française, se tiendrait dorénavant tous les 4 ans. Elle fixait pour le 25 août 1819, jour de la fête de Louis XVIII, son ouverture.
L’appel du Ministre s’adresse au plus humble des travailleurs… : » un mécanicien, un simple contremaître ou même un ouvrier doué de l’esprit observateur ont quelquefois, par d’heureuses découvertes, élevé des manufactures au plus haut degré de prospérité… ce sont ces artistes que le Roi a voulu honorer».

La cinquième Exposition se tint au Louvre dans des salles aménagées, du 25 août au 30 septembre 1819. Un jury départemental acceptait ou refusait les objets présentés. Ils devaient être utiles et fait nouveau, caractériser leur lieu de provenance.
Elle réunit 1662 exposants pour plus de 6000 objets pour 904 récompenses.
En plus des traditionnelles médailles d’or (87), d’argent (188) et de bronze (136) et 375 mentions honorables, il y eu 115 citations et 3 récompenses pécuniaires spéciales.
Pour la première fois, des industriels furent décorés de la légion d’honneur, tandis que des savants et des gens de lettres recevaient l’Ordre de Saint-Michel.
Enfin hommage suprême, le Roi conféra deux titres de baron à deux manufacturiers déjà récompensés, TERNAUX, fabricant de draps et OBERKAMPF fabricants de toiles peintes.

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La sixième Exposition ne s’ouvrit pas en 1821 comme prévue mais au retour de l’expédition d’Espagne du Duc d’Angoulême, du 25 août au 15 octobre 1823.
1642 exposants se produisirent au rez-de-chaussée de la colonnade du Louvre
On accorda 1132 récompenses, 75 médailles d’or , 152 d’argent, 249 de bronze et 360 mentions honorables et 172 citations. On rappela 124 médaillés antérieurs

La septième Exposition eut lieu également au Louvre, quatre ans plus tard, du 1er août au 1er octobre 1827.
Pour 1631 exposants , beaucoup s’étaient abstenus de venir par crainte d’être copiés à l’étranger. 1202 récompenses furent distribuées dont 48 médailles d’or , 142 d’argent, 217 de bronze et 384 mentions honorables et 193 citations et 218 rappels de médailles.
Le succès étant au rendez-vous, les participants demandèrent par pétition, au Ministre de l’intérieur, la création d’un Palais des Manufactures. L’idée resta sans suite … jusqu’à la construction bien plus tard du Palais de l’Industrie en 1853.

La chute de Charles X, Roi de France et l’avènement de Louis-Philippe, Roi des Français, entraîna une révision du calendrier des expositions.
Après avis des Chambres de Commerce et des Chambres consultatives des Manufactures, l’ordonnance du 4 octobre 1833 fixa la périodicité des expositions à 5 ans et la date d’ouverture au printemps.
Par ailleurs, les salons des Beaux-Arts se réunissaient tous les ans du 1er mars au 1er mai.
La huitième exposition de l’Industrie se tint du 1er mai au 1er juillet 1834 au cœur de Paris, place de la Concorde où l’on venait d’ériger l’obélisque de Louxor.
Quatre pavillons de 74m de long sur 47 de large abritèrent 2447 exposants.

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Malgré des recommandations sévères de modération, le jury, présidé par le baron THENARD accorda 1785 récompenses dont 71 médailles d’or, 248 d’argent, 377 de bronze et 832 mentions et 257 rappels de divers médailles.

Pour la première fois des récompenses étaient accordées aux collaborateurs des exposants et neuf grandes classes apparaissaient :
- Arts alimentaires ou subsistance de l’homme,
- Arts sanitaires ou santé de l’homme,
- Arts « vestiaires » (vêtements),
- Arts domiciliaires (maison, mobilier),
- Arts locomotifs (transport de l’homme et de ses fardeaux) ,
- Arts sensitifs (les satisfactions à donner aux sens de l’homme),
- Arts intellectuels (instruction de l’homme par les sens),
- Arts préparatoires (préparation des moyens pour les diverses industries,
- Arts sociaux (travaux civils et militaires d’utilité collective)
Ce regroupement de Charles DUPIN, rapporteur est de mettre un peu d’ordre et de logique…. Un nouvel ordre est aux affaires politiques, la Bourgeoisie, de nouveaux consommateurs apparaissent, le beau n’est pas encore un besoin, « les limites de l’utile et du confortable ne sont pas encore atteintes … les meilleurs fabricants cherchent à satisfaire tous les goûts, ce n’est pas le leur qu’ils imposent».

1834 marque le début du triomphe de la pacotille du bon marché et du faux luxe, le commerce et l’industrie vont en sortir plus forts et rajeunis.

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Cinq ans plus tard, le 1er mai 1839, à la date fixée s’ouvre la neuvième exposition.C’est au Carré des fêtes des Champs Elysées que 3381 exposants trouvent place (+40% par rapport à 1834).
Pour la première fois, une de nos colonies, la Martinique prenait part à cette fête industrielle
Pour donner de loger, on construisit le long de l’avenue une galerie oblongue de 185m sur 13 m et perpendiculaire à elle, cinq galeries plus amples de 69m par 26m.
On innove en répartissant les objets en 44 sections confiés à 8 grandes commissions avec un rapporteur spécial qui émet des commentaires pertinents sur les améliorations à apporter pour arriver à l’excellence des produits.

Des rapports furent imprimés et une synthèse rédigée par le baron THENARD.
2306 récompenses furent distribuées dont 106 médailles d’or, 331 d’argent, 460 de bronze, et 1411 rappels, mentions et citations

A la date choisie, le 1er mai 1844 s’ouvrait la dixième exposition au Carré des fêtes des Champs Elysées, le Carré Marigny.

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S’ouvrait est un grand mot car à la lecture du journal « La Presse » du 4 mai 1844, les ouvriers se pressaient encore d’installer les objets. L’exemple a perduré, souvent au jour d’ouverture des salons d’aujourd’hui on installe encore des stands.
La cause était que les galeries de 1839 n’avaient pas été conservées et qu’on avait du bâtir, autour d’un quadrilatère de 200m de long et de 100m de large, une galerie pour les objets de 25 m de large. La cour était réservée aux machines à vapeur difficiles à mettre en place et aux métaux.
Cette nouvelle ingénierie sera désormais à résoudre à chaque exposition.

Parmi les 3960 exposants, on trouve des représentants de l’Ile Bourbon (La Réunion), de Pondichéry et de la Guadeloupe.3253 récompenses furent distribuées dont 128 médailles d’or, 438 d’argent, 711 de bronze, et 1781 mentions et 195 citations.
Ce devait être la dernière exposition organisée sous la Monarchie de Juillet

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La France était à nouveau secouée par une crise sociale et politique, la Révolution de 1848, dont le contrecoup allait ébranler toute l’Europe. Si la République est proclamée Louis-Napoléon BONAPARTE sait exploiter la situation et se fait élire Président.
Il fallait donner du travail aux ateliers et ranimer l’enthousiasme. Une exposition pouvait pacifier les esprits…
Le Ministre du Commerce envisagea même une exposition internationale mais les chambres de Commerce protestèrent.
L’idée fut abandonné en France alors que l’Angleterre en récolterait les bénéfices deux ans plus tard !

La onzième Exposition Nationale. « L’exposition des produits agricoles et industriels » s’ouvrit avec un mois de retard le 1er juin 1849 ! Ce fut qu’une simple exposition…
La place dans le Palais des Tuileries fut jugée insuffisante.
L’état des finances étant ce qu’il était, la construction souhaitée d’un vaste Palais d’exposition dû être abandonnée.
On dût reprendre le chemin du Carré Marigny aux Champs Elysées.
L’Assemblée législative vota 600 000 francs de crédits pour un bâtiment de 2200m². L’exposition devait durer 6 mois pour permettre aux visiteurs de voir plus en détail et plus longuement les produits de l’industrie et de l’agriculture française, il était temps d’encourager et de stimuler cette dernière, la compagne incontournable de l’industrie. On peut même s’étonner de cette arrivée tardive de l’Agriculture dans ces expositions alors qu’elle est à la base de la richesse française.
L’Algérie apparaissait à une place encore timide, à peine 15 ans après sa conquête.

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Pour 4462 exposants, toujours en nombre croissant, 3738 récompenses furent distribuées dont 183 médailles d’or , 549 d’argent, 935 de bronze et 943 mentions honorables et 586 citations et 542 rappels de toute sorte ainsi que 272 récompenses spéciales décernées à des chefs d’exploitation, contremaîtres et ouvriers qui « s’étaient distingués par leurs services à l’Agriculture et à l’Industrie ».
Le succès étant au rendez-vous, les participants demandèrent par pétition, au Ministre de l’intérieur, la création d’un Palais des Manufactures. L’idée resta sans suite … jusqu’à la construction bien plus tard du Palais de l’Industrie en 1853.

L’affluence des citoyens fut à la hauteur de l’exposition et des 15 dernières années de progrès en tout genre, comme le papier de tenture imprimé qui devenait d’usage courant, là encore l’introduction de la machine avait modifié le rendement économique. Pour les journaux, les machines typographiques apparaissent en 1844 et la presse à cylindre tirait 4000 feuilles à l’heure.
Les hauts fourneaux surélevés assuraient à la métallurgie un développement inattendu mais rendu nécessaire au développement des chemins de fer et aux constructions métalliques.
La charrue de GRANGER est un cas notable car si l’inventeur, un simple garçon de ferme n’envoie pas de modèle à l’exposition, le jury détecte plus de 20 copies ou imitations et par une attention spéciale lui octroie la médaille d’or ; en prime, le Roi-citoyen lui accorde la Légion d’Honneur.
Même des articles de luxe d’il y a 50 ans étaient devenus accessibles au plus grand nombre, comme les châles, les verres, les journaux et les livres…
Modifié en dernier par BOUTEGERARD le 13 sept. 2006 06:10 pm, modifié 5 fois.

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lemog
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Message par lemog » 11 sept. 2006 09:51 am

Et bien François, je dirais que pour un essai, celui-ci est déjà transformé.

Ce résumé sur les Expositions Nationales Françaises, préludes à toutes les Expositions que nous connaissons est réellement des plus instructif. Merci à vous, c'est réellement passionnant :D

BOUTEGERARD
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Message par BOUTEGERARD » 11 sept. 2006 03:08 pm

Merci pour le compliment mais effectivement ce n'est que la première partie de cette présentation qui était nécessaire pour comprendre la suite...
par ailleurs, il faudra revisiter cet article d'ici quelques jours car Philippe aura eu la gentillesse d'y ajouter quelques documents supplémentaires que je n'avais pas osés mettre dans la première version.
à suivre donc.
De mon côté je fais visiter votre site 3D ainsi que ceux des autres internautes de notre groupe EXPO vous faites tous un travail de reconstitution extra réaliste super.
Bien cordialement.
François

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