Re: Palais du Trocadéro
Posté : 28 sept. 2025 07:16 pm
IV - EXTÉRIEUR DE LA SALLE DES FÊTES. (Côté du Jardin.)
La salle des concerts ou des fêles proprement dite est enveloppée de constructions qui en sont le complément et qu’il nous faut décrire.
Si nous nous sommes fait comprendre, les gradins formant le grand amphithéâtre et les deux rangs de loges superposées occupent toute la partie inférieure de la salle dans une hauteur de 15m,50 ; cette partie, comme nous l’avons déjà dit, est percée de dix-sept portes et fenêtres à deux des étages des gradins, ce qui permet de communiquer de l’intérieur à l’extérieur avec une grande facilité; mais ces communications seraient d’un accès impossible si toute la périphérie circulaire de la salle n’était enveloppée d’un portique à deux étages, comme dans les théâtres et amphithéâtres antiques.
Ce portique occupe donc le développement complet de la circonférence visible de la salle; seulement au lieu d’être, comme dans les édifices romains, composé d’une ordonnance montée sur une autre ordonnance, chaque travée ne comporte qu’une arcature, montant dans la hauteur des deux étages, coupée en deux par un plancher qui s'accuse par un petit ordre intérieur. On a pensé avec raison que, n’ayant à construire ni un Colisée, ni un théâtre de Marcellus, enserrés dans les rues étroites d’une ville comme Rome, mais au contraire un édifice visible par sa situation topographique à plus de 8 kilomètres de distance, il convenait d’accentuer vigoureusement les grandes lignes de construction et par conséquent d’éviter les petits ordres d’architecture superposés l’un à l’autre.
Le portique dont il s’agit se compose donc, à l’extérieur, de trente piliers de un mètre carré de section, coiffés de chapiteaux à volutes et feuillages sur le côté et ornés de figures humaines sur la face; ces chapiteaux à forts tailloirs surplombant reçoivent des arcs plein-cintre extra-dossés en léger tiers-point; au-dessus, un entablement décoré de modillons porte une balustrade à jour, coupée de piédestaux couronnés de statues.
Le vide des arcades en question n’a pas moins de 3m,78 de largeur sur 12m,72 de hauteur; c’est cet espace qui est divisé en deux par un entablement porté sur des dosserets latéraux aux piliers; une balustrade, également à jour, surmonte cet entablement qui correspond rigoureusement au sol du deuxième étage sous les gradins des amphithéâtres de la salle.
La décoration de ce portique extérieur qui, dans la composition du palais du Trocadéro, joue un rôle important, est d’une très-grande sobriété; à V exception des chapiteaux et de quelques moulures, la main du sculpteur est absente; les lignes seules en forment la décoration; disons toutefois que les tympans, c'est-à-dire les espaces triangulaires entre les extrados des ares et l'entablement, sont décorés de bandes de mosaïque rouge avec rosace au centre en mosaïque varice du plus riche effet. II va sans dire que toutes ces arcs turcs sont identiques et que la diversité de leur aspect résulte, comme dans tous les édifices circulaires, de la façon différente dont chacune d’elles est éclairée et se présente à l’œil.
Les statues qui décorent le sommet de ce portique sont en pierre comme le portique lui-même, et mesurent 2m,30 de hauteur; elles personnifient les sciences, les arts et les applications techniques qui constituent le grand travail humain (Fig. 14,15,16 et 17).
Quelques-unes de ces œuvres d’art sont fort remarquables, soit comme composition, soit comme caractère expressif; toutes ont un sentiment décoratif très-satisfaisant et le public peut regretter que, à cause de la hauteur où elles sont placées, la perception de leurs qualités de détail ne soit pas toujours facile. Voici, en commençant par la droite, les sujets de ces statues avec les noms de leurs auteurs.:
1. L'Imprimerie. . Par MM. Félon.
2. La Musique. . .Schrœder.
3. La Minéralogie. .Saint-Jean.
4. La Peinture. . .Barthélemy.
5. La Chimie. . . .Chevalier.
6. La Métallurgie...........Ludovic Durand
7. La Pisciculture............Eude.
8. L’Industrie des Métaux ....Par MM.De Vauréal.
9. La Physique........Sobre.
10. La Botanique...... .Baujault.
11. Le Génie civil........L. Perrey fils.
12. L’Éducation....... Ch. Lenoir.
13. L’Architecture.........Soldi.
11. La Photographie........A. Tabard.
15. L’Art militaire........ De la Vingterie.
16. L’Industrie des tissus . . . Jean Gautherin.
17. L’Agriculture...... . Aubé.
18. La Médecine....... C. Gauthier.
19. L’Astronomie....... Itasse.
20. La Mécanique..... Roger.
21. L’Industrie du meuble. ...... Millet de Marcilly.
22. La Géographie...... Bourgeois.
23. La 'Télégraphie...... Hubert Laxigne.
24. La Sculpture...... Vital-Dubray.
25. La Navigation. . . . Chervet.
26. L'Orfèvrerie...... Varnier
27. Les Mathématiques. Cambos.
28. L’Industrie forestière. . . C. Chrétien.
29. L’Ethnographie...... G. Clerc.
33. La Céramique......Chambard.
Entrons maintenant dans les deux étages de ce portique; le sol de celui du riz-de-chaussée est à 24 mètres au-dessus du sol du quai et à 30 mètres au-dessus du niveau général du palais du Champ de Mars. Le premier sentiment qui frappe en pénétrant sous celui du nez-de-chaussée et plus encore sous celui du premier étage, c'est la splendeur du spectacle dont on jouit, ce que nous avons déjà au lecteur.
Si, de l'extérieur du portique, le regard se porte à l’intérieur, le visiteur, placé au rez-de-chaussée, peut compter dix-sept baies, dont la partie inférieure sert de porte et la partie supérieure de fenêtre pour éclairer les couloirs de la grande salle.
Le plafond du portique se divise en larges compartiments déterminés par les poutres métalliques, formant saillie au droit des piliers et supportées par des corbeaux en pierre ; les murs et le plafond sont peints.
Le premier étage est ajusté d’une façon analogue à celui du rez-de-chaussée; un même nombre de baies sont percées dans les murs de la salle ; ces baies sont également divisées en -deux parties : la porte et la fenêtre. Toutefois cette deuxième galerie n’est pas plafonnée; elle est couverte d’une voûte composée d’une série de berceaux reposant sur des arcs-doubleaux métalliques.
Tout le dessous de ce portique est également décoré de peinture ; le ton rouge du rez-de-chaussée se prolonge sur la paroi verticale et se trouve lui-même divisé par des bandes et frises ornementales du meilleur effet. Disons enfin, pour compléter cette partie, que le portique circulaire de la salle est surmonté d’une terrasse accessible aux visiteurs ; c’est delà surtout qu’on peut apprécier l'ensemble de l'exposition, car on domine, non-seulement toutes les constructions du Trocadéro, mais encore toutes celles du Champ de Mars ; le spectacle donne un avant-goût de celui qui attend le visiteur au sommet des tours.
La muraille de la salle s’élève circulairement au-dessus de cette terrasse, sur une hauteur de 15 mètres. Elle est percée par les neuf baies plein-cintre que nous avons décrites. Ces baies sont garnies de meneaux de pierre pour soutenir les verrières. Entre elles sont ajustées huit tourelles carrées, dont la fonction consiste à épauler le mur courbe et à faire office de contre-fort.
Leur présence est non-seulement utile au point de vue constructif, mais, sous le rapport esthétique, elle détermine de fortes saillies et conséquement de fortes ombres, qui modèlent vigoureusement la rotondité de la salle. Dans leur intérieur on a disposé de petits escaliers à vis; qui permettent d’arriver aux tribunes de la salle, lesquelles sont placées au niveau de la terrasse et ont pour profondeur la saillie même des tourelles. Le sommet de ces dernières est couronné par un pavillon à quatre faces à jour, couvert en terrasse et percé sur chaque face de deux arcades géminées séparées par une colonnette de marbre à chapiteau et base sculptés. La terrasse porte elle-même une oriflamme centrale, maintenue par de légers haubans.
Le comble qui couvre la salle des fêtes s’élève du pied de la balustrade surmontant la muraille extérieure; il est à pans et forme une pyramide dont le sommet est couronné par une vaste lanterne à jour en fonte et en plomb, ornée, couronnée elle-même d’un second comble avec chêneau agrémenté. C’est du sommet de ce comble que s’élève la gracieuse figure de la Renommée, modelée par M. Antoine Mercié et exécutée en cuivre repoussé au marteau dans les ateliers de MM. Monduit, Gaget et Gauthier. Cette figure, dont la composition montre une fois déplus la grâce et la vigueur exceptionnelles du talent du jeûné statuaire, tient d’une main plusieurs couronnes, tandis que, de l’autre, elle soutient la traditionnelle trompette. Sa dimension est de 3m,50 ; est elle dorée ainsi que les ornements qui supportent sa base.
La construction de cette partie extérieure de la salle et sa décoration sont les mêmes que dans les autres parties de l’édifice : corniches, bandeaux, appuis, dosserets, archivoltes, etc... en pierre; les murs en moellons piqués ou pierres de petit appareil avec bandes de marbre; colonnes monolithes en marbre; ornements dans les tympans en mosaïque vénitienne; balustrades en pierre avec remplissage en grès céramique.
La salle des concerts ou des fêles proprement dite est enveloppée de constructions qui en sont le complément et qu’il nous faut décrire.
Si nous nous sommes fait comprendre, les gradins formant le grand amphithéâtre et les deux rangs de loges superposées occupent toute la partie inférieure de la salle dans une hauteur de 15m,50 ; cette partie, comme nous l’avons déjà dit, est percée de dix-sept portes et fenêtres à deux des étages des gradins, ce qui permet de communiquer de l’intérieur à l’extérieur avec une grande facilité; mais ces communications seraient d’un accès impossible si toute la périphérie circulaire de la salle n’était enveloppée d’un portique à deux étages, comme dans les théâtres et amphithéâtres antiques.
Ce portique occupe donc le développement complet de la circonférence visible de la salle; seulement au lieu d’être, comme dans les édifices romains, composé d’une ordonnance montée sur une autre ordonnance, chaque travée ne comporte qu’une arcature, montant dans la hauteur des deux étages, coupée en deux par un plancher qui s'accuse par un petit ordre intérieur. On a pensé avec raison que, n’ayant à construire ni un Colisée, ni un théâtre de Marcellus, enserrés dans les rues étroites d’une ville comme Rome, mais au contraire un édifice visible par sa situation topographique à plus de 8 kilomètres de distance, il convenait d’accentuer vigoureusement les grandes lignes de construction et par conséquent d’éviter les petits ordres d’architecture superposés l’un à l’autre.
Le portique dont il s’agit se compose donc, à l’extérieur, de trente piliers de un mètre carré de section, coiffés de chapiteaux à volutes et feuillages sur le côté et ornés de figures humaines sur la face; ces chapiteaux à forts tailloirs surplombant reçoivent des arcs plein-cintre extra-dossés en léger tiers-point; au-dessus, un entablement décoré de modillons porte une balustrade à jour, coupée de piédestaux couronnés de statues.
Le vide des arcades en question n’a pas moins de 3m,78 de largeur sur 12m,72 de hauteur; c’est cet espace qui est divisé en deux par un entablement porté sur des dosserets latéraux aux piliers; une balustrade, également à jour, surmonte cet entablement qui correspond rigoureusement au sol du deuxième étage sous les gradins des amphithéâtres de la salle.
La décoration de ce portique extérieur qui, dans la composition du palais du Trocadéro, joue un rôle important, est d’une très-grande sobriété; à V exception des chapiteaux et de quelques moulures, la main du sculpteur est absente; les lignes seules en forment la décoration; disons toutefois que les tympans, c'est-à-dire les espaces triangulaires entre les extrados des ares et l'entablement, sont décorés de bandes de mosaïque rouge avec rosace au centre en mosaïque varice du plus riche effet. II va sans dire que toutes ces arcs turcs sont identiques et que la diversité de leur aspect résulte, comme dans tous les édifices circulaires, de la façon différente dont chacune d’elles est éclairée et se présente à l’œil.
Les statues qui décorent le sommet de ce portique sont en pierre comme le portique lui-même, et mesurent 2m,30 de hauteur; elles personnifient les sciences, les arts et les applications techniques qui constituent le grand travail humain (Fig. 14,15,16 et 17).
Quelques-unes de ces œuvres d’art sont fort remarquables, soit comme composition, soit comme caractère expressif; toutes ont un sentiment décoratif très-satisfaisant et le public peut regretter que, à cause de la hauteur où elles sont placées, la perception de leurs qualités de détail ne soit pas toujours facile. Voici, en commençant par la droite, les sujets de ces statues avec les noms de leurs auteurs.:
1. L'Imprimerie. . Par MM. Félon.
2. La Musique. . .Schrœder.
3. La Minéralogie. .Saint-Jean.
4. La Peinture. . .Barthélemy.
5. La Chimie. . . .Chevalier.
6. La Métallurgie...........Ludovic Durand
7. La Pisciculture............Eude.
8. L’Industrie des Métaux ....Par MM.De Vauréal.
9. La Physique........Sobre.
10. La Botanique...... .Baujault.
11. Le Génie civil........L. Perrey fils.
12. L’Éducation....... Ch. Lenoir.
13. L’Architecture.........Soldi.
11. La Photographie........A. Tabard.
15. L’Art militaire........ De la Vingterie.
16. L’Industrie des tissus . . . Jean Gautherin.
17. L’Agriculture...... . Aubé.
18. La Médecine....... C. Gauthier.
19. L’Astronomie....... Itasse.
20. La Mécanique..... Roger.
21. L’Industrie du meuble. ...... Millet de Marcilly.
22. La Géographie...... Bourgeois.
23. La 'Télégraphie...... Hubert Laxigne.
24. La Sculpture...... Vital-Dubray.
25. La Navigation. . . . Chervet.
26. L'Orfèvrerie...... Varnier
27. Les Mathématiques. Cambos.
28. L’Industrie forestière. . . C. Chrétien.
29. L’Ethnographie...... G. Clerc.
33. La Céramique......Chambard.
Entrons maintenant dans les deux étages de ce portique; le sol de celui du riz-de-chaussée est à 24 mètres au-dessus du sol du quai et à 30 mètres au-dessus du niveau général du palais du Champ de Mars. Le premier sentiment qui frappe en pénétrant sous celui du nez-de-chaussée et plus encore sous celui du premier étage, c'est la splendeur du spectacle dont on jouit, ce que nous avons déjà au lecteur.
Si, de l'extérieur du portique, le regard se porte à l’intérieur, le visiteur, placé au rez-de-chaussée, peut compter dix-sept baies, dont la partie inférieure sert de porte et la partie supérieure de fenêtre pour éclairer les couloirs de la grande salle.
Le plafond du portique se divise en larges compartiments déterminés par les poutres métalliques, formant saillie au droit des piliers et supportées par des corbeaux en pierre ; les murs et le plafond sont peints.
Le premier étage est ajusté d’une façon analogue à celui du rez-de-chaussée; un même nombre de baies sont percées dans les murs de la salle ; ces baies sont également divisées en -deux parties : la porte et la fenêtre. Toutefois cette deuxième galerie n’est pas plafonnée; elle est couverte d’une voûte composée d’une série de berceaux reposant sur des arcs-doubleaux métalliques.
Tout le dessous de ce portique est également décoré de peinture ; le ton rouge du rez-de-chaussée se prolonge sur la paroi verticale et se trouve lui-même divisé par des bandes et frises ornementales du meilleur effet. Disons enfin, pour compléter cette partie, que le portique circulaire de la salle est surmonté d’une terrasse accessible aux visiteurs ; c’est delà surtout qu’on peut apprécier l'ensemble de l'exposition, car on domine, non-seulement toutes les constructions du Trocadéro, mais encore toutes celles du Champ de Mars ; le spectacle donne un avant-goût de celui qui attend le visiteur au sommet des tours.
La muraille de la salle s’élève circulairement au-dessus de cette terrasse, sur une hauteur de 15 mètres. Elle est percée par les neuf baies plein-cintre que nous avons décrites. Ces baies sont garnies de meneaux de pierre pour soutenir les verrières. Entre elles sont ajustées huit tourelles carrées, dont la fonction consiste à épauler le mur courbe et à faire office de contre-fort.
Leur présence est non-seulement utile au point de vue constructif, mais, sous le rapport esthétique, elle détermine de fortes saillies et conséquement de fortes ombres, qui modèlent vigoureusement la rotondité de la salle. Dans leur intérieur on a disposé de petits escaliers à vis; qui permettent d’arriver aux tribunes de la salle, lesquelles sont placées au niveau de la terrasse et ont pour profondeur la saillie même des tourelles. Le sommet de ces dernières est couronné par un pavillon à quatre faces à jour, couvert en terrasse et percé sur chaque face de deux arcades géminées séparées par une colonnette de marbre à chapiteau et base sculptés. La terrasse porte elle-même une oriflamme centrale, maintenue par de légers haubans.
Le comble qui couvre la salle des fêtes s’élève du pied de la balustrade surmontant la muraille extérieure; il est à pans et forme une pyramide dont le sommet est couronné par une vaste lanterne à jour en fonte et en plomb, ornée, couronnée elle-même d’un second comble avec chêneau agrémenté. C’est du sommet de ce comble que s’élève la gracieuse figure de la Renommée, modelée par M. Antoine Mercié et exécutée en cuivre repoussé au marteau dans les ateliers de MM. Monduit, Gaget et Gauthier. Cette figure, dont la composition montre une fois déplus la grâce et la vigueur exceptionnelles du talent du jeûné statuaire, tient d’une main plusieurs couronnes, tandis que, de l’autre, elle soutient la traditionnelle trompette. Sa dimension est de 3m,50 ; est elle dorée ainsi que les ornements qui supportent sa base.
La construction de cette partie extérieure de la salle et sa décoration sont les mêmes que dans les autres parties de l’édifice : corniches, bandeaux, appuis, dosserets, archivoltes, etc... en pierre; les murs en moellons piqués ou pierres de petit appareil avec bandes de marbre; colonnes monolithes en marbre; ornements dans les tympans en mosaïque vénitienne; balustrades en pierre avec remplissage en grès céramique.