Le Pavillon Impérial Allemand

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Le Pavillon Impérial Allemand

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Le Pavillon Impérial Allemand - Le Grand Escalier

Expo Paris 1900 - Photo - Le Pavillon Impérial Allemand - Le Grand Escalier
Expo Paris 1900 - Photo - Le Pavillon Impérial Allemand - Le Grand Escalier

Avec sa flèche hardie, ses grands pignons de couleur, son élégant beffroi, ses toits et ses clochetons aux tuiles vernissées et ses décorations polychromes, le Palais de l'Allemagne présente une physionomie originale, bien romantique.
A l'interieur, des escaliers en marbre de Bavière ouvrent largement l'accès du premier étage, occupé par la collection de Frédéric de Grand.
(La décoration de la lunette et du plafond est l'oeuvre du peintre Gustave Wittig, de Berlin).



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Re: Le Pavillon Impérial Allemand

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Le Pavillon Impérial Allemand - Le Salon d'Argent et la Collection de Frédéric le Grand

Expo Paris 1900 - Photo - Le Pavillon Impérial Allemand - Le Salon d'Argent et la Collection de Frédéric le Grand
Expo Paris 1900 - Photo - Le Pavillon Impérial Allemand - Le Salon d'Argent et la Collection de Frédéric le Grand

Par une pensée délicate et courtoise, l'Empereur d'Allemagne a voulu faire figurer dans les Salons d'honneur du Pavillon allemand une notable partie des tableaux, des sculptures et des objets d'art français collectionnés par son ancêtre, le grand Frédéric.
C'est ainsi que nous avons pu admirer, à Paris, des Watteau, des Chardin , des Lancret, des Pater, le buste de Voltaire par Houdon, etc., que de rares privilègiés n'avaient pu d'entrevoir à Postdam.



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Re: Le Pavillon Impérial Allemand

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allemagne2.jpg



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Re: Le Pavillon Impérial Allemand

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Texte et illustrations de "La construction moderne - 4 aout 1900"

Parmi les pavillons étrangers de la rue des Nations, celui de l’Allemagne se distingue par l’élévation de son beffroi, et par les fresques aux couleurs très vives qui décorent ses pignons. Les formes de l’édifice sont de bonnes proportions, mais celte ornementation picturale est d’un aspect moins agréable.

L’intérieur de celte construction est également monumental. De très belles collections, où domine l’art français du XVIIIe siècle, y sont exposées.
L’architecte du pavillon est M. Radke.

allemagne-01.jpg



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Re: Le Pavillon Impérial Allemand

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Illustrations de "A travers l'Exposition de 1900"

Le Pavillon de l'Allemagne
Le Pavillon de l'Allemagne

Allemagne - Fenêtres et entrée sur la façade (côté de la Seine)
Allemagne - Fenêtres et entrée sur la façade (côté de la Seine)

Allemagne - Soubassement et façade antérieure
Allemagne - Soubassement et façade antérieure

Allemagne - Partie latérale du Pavillon (en aval)
Allemagne - Partie latérale du Pavillon (en aval)

Allemagne - Candélabre
Allemagne - Candélabre



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Re: Le Pavillon Impérial Allemand

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Illustrations de "A travers l'Exposition de 1900"

Allemagne - Campanile
Allemagne - Campanile



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Re: Le Pavillon Impérial Allemand

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Palais de l'Allemagne<br />©Héliotypes - Exposition Universelle de 1900
Palais de l'Allemagne
©Héliotypes - Exposition Universelle de 1900



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Re: Le Pavillon Impérial Allemand

Message par worldfairs »

Article extrait du magazine "A l'Exposition" de 1900

De tous les Pavillons élevés dans la rue des Nations, le plus expressif est celui de l’Allemagne : il ne traduit pas seulement l’âme d’un peuple, il semble raconter les vicissitudes de son histoire. Les Belges, en édifiant un pastiche de l’hôtel de ville d’Audenarde et en y plaçant des tapisseries et de vieux tableaux flamands, nous ont dit : Voici notre passé. Ainsi ont fait l’Espagne et la Hongrie, se réservant de nous révéler dans les diverses sections de l’Exposition universelle leurs tendances, leur goût et leur activité d’aujourd’hui. L’Allemagne a voulu nous présenter comme un raccourci de toute son existence nationale et nous montrer les grandes époques de la culture germanique, en y comprenant l’époque présente.

Exposition allemande - Section de l'Ameublement
Exposition allemande - Section de l'Ameublement

Considérez-les façades de cette étrange construction. Voici l’Allemagne d’avant la guerre de Trente Ans, l’Allemagne telle qu’elle grandissait au XVIe siècle, développant son génie propre sous des influences venues de France et d’Italie. Voici la maison aux murailles peintes du temps de la Renaissance, avec ses mythologies, ses allégories, ses décorations touffues de fleurs, de fruits et de feuillages. On lui a imposé ici des formes plus anciennes, je ne sais quoi de rhénan et de féodal qui reporte l’imagination plus loin encore. Enfin, pour symboliser le légendaire passé de la nation allemande, on a peint des Niebelungen sur les façades, peintures qui, dans leur nouveauté, nous paraissent un peu criardes sur la muraille trop blanche ; mais mieux vaut cette discordance, déjà fort atténuée, que les fausses salissures dont on a abusé ailleurs.

Pénétrez maintenant dans l’intérieur. Des livres, de la musique, des modèles de dessin, quelques échantillons de l’industrie d’aujourd’hui, des maquettes d’asiles d’aliénés, etc.Ces divers objets n'ont pas un très vif intérêt. D’ailleurs, nous les retrouvons, soit à l’Esplanade des Invalides, soit au Champ de Mars, dans les différentes parties de l’Exposition. Mais où l’Allemagne du XXe siècle affirme son idéal et son goût, c’est dans cet escalier formidable qui, à lui seul, occupe la moitié du monument. Ces degrés de marbre, cette rampe énorme, ces candélabres massifs, ces décorations noires et compliquées, tout respire à la fois une sombre majesté et un mauvais goût terrifiant. On est subjugué par la force, la richesse, le cossu de cette machine d’exposition qu’on dirait bâtie pour l’éternité ; mais presque aussitôt on est rebuté par la lourdeur de la construction, par l’emphase des ornements, par la sombre mélancolie des vitraux de couleur. Ce décor ténébreux, presque tragique, menace et écrase. Il est d’une grandeur impériale et d’une tristesse berlinoise.

Section allemande au Palais des Beaux-Arts
Section allemande au Palais des Beaux-Arts

Arrivés au premier étage, passez la porte : dans la brusque clarté d’une lumière abondante et joyeuse, voici une autre Allemagne : l’Allemagne du XVIIIe siècle.

C’est celle qui nous intéresse le plus, nous, Français ; car elle eut la passion de notre art et la superstition* de notre goût. On a tenu à mettre sous nos yeux les merveilleux témoignages de cet ascendant jadis exercé par la France. Nous devons reconnaître la courtoisie et la délicatesse d’une pareille attention.

On a donc reconstitué un décor pareil à celui de Potsdam, et dans ce décor on a exposé la collection de Frédéric le Grand. A la vérité deux Watteau célèbres, la réplique de l’Embarquement pour Cythère et l’Enseignement de Gerseint qui ornent les appartements privés de l’empereur d’Allemagne dans son palais de Berlin, n’ont pas été apportés à Paris. Mais on nous montre une vingtaine de Pater, une dizaine de Lancret, quatre Watteau, trois Chardin, deux Houdon, etc... Cela suffit pour notre plaisir et pour notre instruction.

Il est inutile d’énumérer toutes les richesses qui sont réunies dans ces salons : meubles de la Régence, vases d’albâtre ornés de bronze, bustes de Houdon et de Bouchardon, etc... Toutes ces œuvres dénotent la passion de Frédéric le Grand pour l’art français, de Frédéric, qui écrivait à Pesne, peintre de la cour,: Peins-nous d'Amaryllis les danses ingénues, Les nymphes des forets, les Grâces demi-nues.

Le Salon de Frédéric le Grand
Le Salon de Frédéric le Grand

En réunissant ainsi, dans ses châteaux, peintures, sculptures et meubles français, le roi de Prusse n’obéissait pas à un caprice d’amateur. Il voulait former des artistes et susciter un art. Y réussit-il? Que vaut le «style de Potsdam»?

Les échantillons qu’on vous en montre à l’Exposition universelle seront peut-être insuffisants pour vous en donner une idée exacte. Les décorations blanc et argent du grand salon, à la fois maigres et tourmentées, sont par trop dépaysées dans ce logis dont les façades sont si anciennes et dont l’escalier est si moderne. Même les beaux meubles de Melchior Kambly ne sauraient nous rendre en plein Paris le charme de Sans-Souci, chef-d’œuvre de Knobelsdorff. Autour de moi j’ai entendu railler le rococo exaspéré des cadres d’argent que l’on a donnés aux Lancret et des bouquets de fleurs peintes qui couronnent les dossiers des fauteuils. Mais les railleurs ne connaissaient point Potsdam; ils n’avaient pas là-bas, au milieu du grand parc humide et touffu, senti la séduction, l’irrésistible séduction du XVIIIe siècle allemand.

Puis, si quelqu'un a le droit de médire de cet art-là, ce n’est point assurément un Français. C’était alors à notre école que l’Allemagne s’était mise, dévotement. C’était une écolière appliquée, mais encore un peu gauche. Une longue culture ne la défendait pas contre les écarts du goût. Mais reconnaissons aussi que la leçon était périlleuse. Vains d’être imités, en ce temps-là nous offrions à l’imitation du monde des exemples charmants. Nous étions alors trop vieux et l’Allemagne était trop jeune.

Le Pavillon de l'Allemagne
Le Pavillon de l'Allemagne
Une salle de la Section de l'ameublement au Pavillon de l'Allemagne
Une salle de la Section de l'ameublement au Pavillon de l'Allemagne



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