Etude sur la décoration et le mobilier

Paris 1889 - Arts, design, fashion, shows
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worldfairs
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Etude sur la décoration et le mobilier

Message par worldfairs »

Texte et illustrations de "La construction moderne - 30 aout 1890"

Parmi les innombrables chefs-d’œuvre exposés par M. Barbedienne à l’Exposition de 1889, on pouvait remarquer, outre la grande pendule qui lui valut en 1878 la grande médaille d’honneur qu’il avait déjà obtenu en 1867, on remarquait, dis-je, deux meubles : une vitrine et un cabinet ou meuble à bijoux.

Ces deux meubles, composés et exécutés avec un talent remarquable, attiraient tous les regards, autant par la beauté de leur forme que par leur incomparable richesse.

La vitrine, admirablement composée dans tous ses détails, est, comme l’indique la planche ci-jointe, une œuvre exceptionnelle, et cependant je ne veux l’étudier qu’au point de vue du détail, pensant, comme je l’ai dit plus haut, toute cette richesse absolument hors de propos; mais cela ne peut, toutefois, m’empêcher de faire remarquer que chaque morceau, chaque motif pris à part est une petite merveille digne d’attirer l’attention des véritables amateurs du beau bronze.

Dans la partie basse de ce meuble, les gaines sont des morceaux de sculpture remarquables, et si la statuaire proprement dite est une copie, qu’on veuille bien remarquer avec quel talent la gaine est étudiée.

Et le pilastre central, avec le couvre-joint supérieur, comme ils sont bien à leur place et quels charmants profils !

Planche 86 - Vitrine Barbedienne
Planche 86 - Vitrine Barbedienne

Les pilastres des angles, d'une unité parfaite, sont habilement coupés dans leur hauteur par des doubles socles d’un décor charmant.

Je regrette la forme circulaire donnée aux portes; un simple châssis rectangulaire eût donné plus de légèreté au meuble qui semble alourdi, dans sa partie haute, par les écoinçons.

Voyez aussi comme la ceinture du milieu est bien traitée avec calme, tout en étant très riche, pour ne pas nuire à l'effet général. Je trouve moins heureux le couronnement accompagné du petit motif connu; cela, je trouve, est un peu grêle.

Le cabinet ou meuble à bijoux est bien supérieur dans son ensemble, à la vitrine; les plus beaux joyaux pourront y être enfermés, et le contenant sera bien digne du contenu.

On trouvera certainement quelques maigreurs dans le détail ; mais n'oublions pas que c’est du bronze et qu’on a voulu faire un bijou. Le socle est d’une bonne proportion, portant bien. Les gaines des angles et celle du centre sont bien à leur place, portant bien, elles aussi, la partie liante ; et ce, malgré leur légèreté voulue.

La ceinture, avec ses consoles en applique, est d'un arrangement très original, et l’ordonnance du corps principal est d’une élégante et très heureuse simplicité.

Les émaux qui occupent chaque niche produisent le meilleur effet et, par leurs Ions chaudement colorés, viennent animer cette heureuse composition.

La corniche, bien en proportion, est décorée d’une charmante frise. Mais ici, comme dans le meuble précédent, je trouve le couronnement moins bien réussi que les autres parties de cet ouvrage; il ne fait pas corps avec l’ensemble, il ne lient pas et parait étranger au reste de la composition ; mais quel talent dépensé dans l’exécution de tous ces détails, don! chaque motif a été l’objet d’un modèle spécial.


Tout le monde sait, d’ailleurs, avec quel soin M. Barbedienne veille, depuis quarante ans, à tout ce que produit l’admirable établissement fondé par lui et que le monde entier connaît.
Rien ne lui coûte, à cet amateur, à cet artiste, pour mener à bien tout ce qu’il entreprend, et il apporte autant de soins, de savoir et de désintéressement, dans l’exécution du plus petit bibelot que dans celle des travaux les plus importants.

Avec quel soin aussi, et quelle justice sait-il récompenser les collaborateurs qu’il a su rencontrer et s’attacher. Et puisque l’occasion m’est donné de rendre hommage à l’homme de bien, à l'amateur convaincu qui a su doter notre pays d’un établissement unique au monde, je ne crois pas pouvoir mieux faire que d’apprendre ou de rappeler la brillante situation qu'il fit à feu Constant Sevin, qui fut son collaborateur dévoué pendant plus de trente ans.

Planche 87 - Cabinet Barbedienne
Planche 87 - Cabinet Barbedienne

Toutes les compositions, toutes les études, pendant ces trente années, furent l’œuvre de cet artiste, de ce dessinateur incomparable pour lequel M. Barbedienne obtint, en 1867, la croix de chevalier de la Légion d'honneur et, en 1878, la croix d’officier du même ordre.

C’est là, je crois, le plus bel éloge qu’on puisse faire de l’homme qui sut faire récompenser l’artiste dont le talent l’avait si bien secondé.

(A suivre.)



carla56
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Re: Etude sur la décoration et le mobilier

Message par carla56 »

Merci pour ses informations très pertinentes.



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