Pavillon du Dahomey

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Pavillon du Dahomey

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Texte et illustrations de "La construction moderne - 22 décembre 1900"

L’autre pavillon que nous reproduisons également, abritait les produits du Dahomey.

Ici, l’architecture est réduite à sa plus simple expression. Néanmoins les ornements géométriques et la faune africaine ont fourni à M. Siffert, architecte de cette exposition, d’intéressants éléments décoratifs.

dahomey-01.jpg



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Re: Pavillon du Dahomey

Message par worldfairs »

Texte et illustrations de la revue "L'exposition en famille" de 1900

C’est peut-être la partie la plus neuve et la plus singulière. C’est d’ailleurs la première fois qu’on peut, à Paris, étudier ce pays dont la réputation est encore sinistre. C’est cependant une de nos meilleures colonies. Sa pacification et son organisation sous la belle direction de M. Victor Ballot lui ont fait faire des progrès rapides qu’on peut compter par les cartes, graphiques, et statistiques, documents historiques et géographiques, collections, photographies.

Voici des miliciens dahoméens : grands et robustes gars, au large visage sensuel et doux. Dans un petit pavillon de débitant de je ne sais plus quel produit local, j’en attrape un qui chatouille en riant une vendeuse. Et la belle fille blanche se défend à peine. On le voit, il sera facile de civiliser ce peuple.

Il m’est assez difficile de décrire l'architecture des bâtiments en torchis, à toits de chaume, à galeries sur piliers de branches, à escaliers raides donnant sur d'autres galeries qui descendent dans des (ours rondes spécimen des « tours-miradors » d’où le cruel Behanzin assistait à ses sacrifices humains.

Le Dahomey
Le Dahomey

Vers le porche principal d’entrée, une hutte de bois à toit conique abrite une espèce d'arbre fétiche. Un peu plus loin des paillotes, des constructions singulières, des cases dans lesquelles des artisans dahoméens travaillent devant le public. Certains sont des ouvriers d'art très utiles. Je cherche surtout à voir des femmes, ces sœurs des légendaires et héroïques amazones. Elles tissent ou filent. Sans avoir la beauté des négresses des Antilles, elle sont charmantes, mais robustes et saines.

Une case dahoméenne
Une case dahoméenne

Dans les bâtiments, à côté des expositions privées, il faut voir particulièrement les collections ethnographiques et le musée des religions fétichistes. Les emblèmes, les images des dieux ne sont le plus souvent que des piques fichées en terre, surmontées d'une espèce de lampe, d'un globe, de fer, d'un morceau de bois tourné ou façonné, peinturluré naïvement ; d’ailleurs des peintures et sculptures de ce genre singulier, empruntées aux constructions dahoméennes, se voient çà et là dans quelques salles et sur des murs extérieurs.



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Re: Pavillon du Dahomey

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Pavillon du Dahomey<br />©Héliotypes - Exposition Universelle de 1900
Pavillon du Dahomey
©Héliotypes - Exposition Universelle de 1900



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Re: Pavillon du Dahomey

Message par worldfairs »

Article extrait du magazine "A l'Exposition" de 1900


L’Exposition Dahoméenne

Exposition du Dahomey - Le Palais du Roi Toffa
Exposition du Dahomey - Le Palais du Roi Toffa

L’Exposition du Dahomey est située dans les jardins du Trocadéro, côté de Passy, à proximité du Syndicat de la Presse Coloniale, des Pavillons de la Côte d’ivoire, de la Guinée et du Sénégal et offre l’aspect d’un village, enclos d’un petit mur en torchis et branches de palme.

M. Brunet, le distingué commissaire delà Colonie, a confié l’exécution des bâtiments d’Exposition à M. L. Siffert, un jeune architecte de talent, qui a su tirer un merveilleux parti du terrain, très fortement incliné vers la Seine, et rendu, avec une scrupuleuse exactitude, la couleur locale.

La teinte rose saumon donnée aux maçonneries est en imitation de la « terre de barre » employée dans le Bas-Dahomey pour les constructions indigènes.

Les deux principales constructions édifiées au centre ne sont pas, ainsi que le public le croit généralement, des reproductions de bâtiments dahoméens, l’art monumental n’existant pas encore dans ce pays, mais l’importance de la colonie demandait une représentation en raison de sa grandeur ; aussi, tout en concevant cet édifice important, l’architecte a-t-il tenu tout particulièrement à rester dans le caractère indigène. Il s’est inspiré, jusque dans les moindres détails de la construction, des documents rapportés par les voyageurs, bijoux, armes, étoffes, sculptures, peintures, etc. Les Dahoméens, chose singulière, ont une imagination très féconde et, malgré leur barbarie, possèdent un art ornemental fort curieux : on peut s’en convaincre en pénétrant dans le petit musée organisé au Trocadéro.

Les bas-reliefs et sculptures extérieures des principales constructions du village sont des reproductions exactes des motifs décoratifs des Palais de Cana, d’Abomey et de Kotonou; les poteaux fétiches semés çà et là dans le jardin proviennent de la salle des palabres du roi Toffa, à Bécon.

La grande tour de 20 mètres de haut édifiée à l’entrée et baptisée par erreur, par le public, de Tour des Sacrifices est ornée de moulures bizarres et porte sur les 4 faces les armes du roi Toffa (qui sont : de gueules à un léopard passant, devant un palmier, en couleurs naturelles, au chef d’or à une étoile de sable).

Dans la petite pièce formant entrée se trouvent quelques sièges de cabécères ou délégués du roi.

On remarque les portes en menuiseries aux découpures et peintures naïves; ces portes sont des copies de celles du Palais d’Abomey.

Viennent ensuite deux grandes salles d’exposition où l’on voit, au haut des murs, des frises peintes dues au pinceau de M. Georges Garnier, qui a su très bien représenter, avec la facture des peintres indigènes, la chasse, la pêche, la guerre, le tamtam, le marché aux feuilles, le palabre, etc.

Dans la première salle, la plus grande, se trouve le musée ethnographique, abondamment pourvu. On y remarque tout d’abord, chose très intéressante, une carte du Dahomey de 3m5o X ²“, mise à jour d’après les documents les plus récents, et où figure le tracé du chemin de fer devant relier Kotonou au Niger français.

Les miliciens dahoméens
Les miliciens dahoméens

Cette ligne dont les éludes sont fort avancées, doit être bientôt mise eh œuvré.

A droite et à gauche de cette carte divers documents; la première carte gravée du « Royaume du Dahomé », dressée par Robert Néris en 1790; puis une série réduite de toutes les cartes anciennes depuis la première carte hollandaise jusqu’aux plus récentes éditions françaises.

Plus loin des statistiques montrent au visiteur avec quelle rapidité ont progressé les affaires commerciales de la colonie depuis l’occupation française et sous l’habile administration du gouverneur M. V. Ballot.

Porte du village dahomèen
Porte du village dahomèen

Les murs sont garnis d’armes de toutes sortes, d’objets anciens et modernes, vêtements, coiffures, masques, récades, etc., dont une grande partie, réunie à Porto-Novo par les soins de M. Fonssagrives, administrateur des Colonies, se trouve mêlée aux collections particulières du général Dodds, du gouverneur V. Ballot, de l’administrateur Beurdeley, de M. Paul Daumont, de Tova-lou Quenum (notable indigène), etc.

Une série de sièges des rois qui se sont succédé à Abomey depuis Dako-Donan jusqu’à Ago-li-Agbo, successeur de Béhanzin. Le plus intéressant est celui de Agonglo, septième roi, tout recouvert de feuilles d’argent.


Tout une série de fétiches, les uns naturels, les autres en bois recouverts de feuilles de cuivre et d’étain, ont été enlevés pour quelques mois à la vénération des fidèles sous promesse de les leur rendre intacts.

On remarque une belle collection d’instruments de musique, appartenant à M. le comte d’Osmoy, dont 2 tam-tams monstres, le mâle et la femelle.

Paillote lacustre
Paillote lacustre

Dans les vitrines plates au milieu de cette salle une importante collection de bijoux d’or, d’argent, d’ivoire, de verroterie, fabriqués au Dahomey, et dont une partie est l’œuvre du bijoutier O'bassa, l’un des indigènes de la troupe détachée à l’Exposition.

Diverses armes de luxe, la coiffure de voyage de Béhanzin, en peau de tigre, le petit bateau creusé dans un morceau de bois qui fut jeté à la mer par les féticheurs pour faire sombrer la flotte française lorsqu’elle apparut en vue des côtes du Dahomey.
Deux meubles tournant s (surmontés d’olives de verre renfermant de l’huile de palme) nous montrent dans des cadres vitrés des photographies de sites, types indigènes, etc., prises au Dahomey.

Nous ne quitterons pas cette salle sans admirer les trois bustes en bronze, œuvres du statuaire Charles Perron, et qui reproduisent, avec une très grande ressemblance les traits du général Dodds, du gouverneur Ballot et du roi Toffa.

Les murs de la seconde salle sont garnis de quatre grandes vitrines d’angle dans lesquelles on remarque tout d’abord à gauche, en entrant, des produits végétaux du Dahomey-en première ligne le palmier, principale richesse de la Colonie, et ses diverses productions, puis les arachides, le coprah, la kola, les noix de karité, etc.

Une série de bocaux renfermant des plantes médicinales recueillies par le docteur Gonzicu.

La vitrine de droite contient des choses très intéressantes; un costume complet d’apparat, en velours brodé d’or, tiré de la garde-robe du roi Toffa ainsi que la couronne surmontée d’un lion, la tiare et les bottes portant les armes du roi.

Au pied du mirador
Au pied du mirador

Dans cette même vitrine, de riches fétiches d’or et d’argent appartenant au roi Ago-li-Agbo , la tunique de la généralissime des amazones aux épaulettes d’argent en forme de mains et des bonnets de perles ayant coiffé Béhanzin.

Dans les deux autres vitrines en face des armes, des travaux indigènes de vannerie, cuir découpé, bois et fruits sculptés, etc.
En quittant cette salle et en même temps le bâtiment principal, un escalier conduit le visiteur à la Paillette appelée Salle des Sacrifices, pour cette raison qu’elle abrite la table sacrée devant laquelle les exécuteurs du sanguinaire Béhanzin décollaient les malheureux condamnés à l’aide de grands coupe-coupe, maintenant au repos et fichés en terre auprès de cette table ; tout autour des baguettes fétiches piquées dans le sol. Sur le mur un remarquable portrait du roi Tofla, ceint du grand cordon de l’Et oi le Noire du Bénin, peint à l’huile par A. Druard.


De la galerie en encorbellement et originalement soutenue par des requins et des serpents on aperçoit le poste occupé par des miliciens indigènes, et le mirador, au bord de deux lacs séparés par une cascade et sur lesquels flottent quelques pirogues. Dans le lac supérieur a été édifié une paillote lacustre sur le modèle de celles construites par les peuplades habitant le littoral et les régions fluviales, et dont l’occupation prédominante est la pêche ; le voisinage des grandes forêts et des fauves les obligent aussi à cette précaution. L’on redescend dans le jardin par plusieurs retours d’escaliers curieusement enchevêtrés.

La salle des pallabres
La salle des pallabres

Plus haut, un point qui attire tout particulièrement la foule, le quartier indigène, occupé par la troupe de noirs envoyés (avec combien de précautions !) du Dahomey, par les soins du gouvernement français. Cette troupe se compose de huit miliciens commandés par un sergent et un caporal, d’Emilio, l’interprète de la troupe, de trois bijou-tiers dont l’un O’bassa, nommé plus haut, d’un chapelier, d'un maréchal, de trois marabouts tisserands, de cinq femmes et de deux enfants de huit et douze ans, Adebella et Alla qui reçoivent très gentiment les caresses et surtout les sous des visiteurs.

On remarque en remontant une serre d’acclimatation garnie de plantes exotiques et, dans un enclos, une paillote de chef qui abrite l’administration.

En somme celui qui, soit curieux, soit initié, a vu l’exposition du Dahomey, reconnaît que la Colonie, sous l’habile impulsion de son Commissaire, a été représentée d’une façon digne d’elle.



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