Le Palais de la Ville de Paris

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Le Palais de la Ville de Paris

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Exposition Rétrospective de la Ville de Paris

Expo Paris 1900 - Photo - Exposition Rétrospective de la Ville de Paris
Expo Paris 1900 - Photo - Exposition Rétrospective de la Ville de Paris

Au premier étage du Pavillon de la Ville de Paris, M. Georges Cain, conservateur du Musée Carnavalet, a réuni avec un goût éclairé les oeuvres d'art de la Ville, en y joignant celles que des collectionneurs émérites ont bien voulu lui prêter.
Au centre de ce beau musée se trouve le Berceau du Roi de Rome offert à Napolèon Ier par la Ville de Paris et exécuté en argent doré et en nacre d'après les dessins de Prud'hon.
Ce précieux souvenir appartient actuellement à l'Empereur d'Autriche.



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Le Palais de la Ville de Paris

villedeparis1.jpg

Le Palais de la Ville de Paris, dont les toitures à pignons élancés rappellent l'Hôtel de Ville, est bâti en estacade sur la Seine, près du pont des Invalides, et décoré d'une frise peinte représentant les principaux métiers de la Cité.
Il contient les expositions de la Préfecture de police, de l'Assistance publique, de l'Assainissement, des eaux, de l'Enseignement, etc., et les admirables collections du Musée rétrospectif, organisé par M. Georges Cain.



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Texte et illustrations de "La construction moderne - 21 juillet 1900"

Architecte: M. Gravigny

villedeparis-01.jpg



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Re: Le Palais de la Ville de Paris

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Texte et illustration de la revue "L'Exposition Illustrée" de 1900

villedeparis01.jpg

Façade sur la Seine. Ce pavillon est situé sur la rive droite, immédiatement en aval du pont des Invalides, et renferme les collections particulières qui se rapportent aux divers services municipaux de la Ville de Paris, ainsi que de nombreux objets d’art, propriété de la Ville.



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Re: Le Palais de la Ville de Paris

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Texte et illustrations de "L'exposition en famille"

Je suis en plein dans un Congrès et les devoirs de ma charge veulent que je passe trois fois par jour devant le magnifique Palais édifié par la Ville de Paris à la gloire de l'échevinité communale d'autrefois et de l'édilité parisienne d’aujourd’hui.

Paris! le point culminant du monde, le lumineux irradiant de toutes les lumières humaines! Et cependant Paris, un monde, une organisation, une force sociale, un Etal dans l'Etat, quoi qu’on dise et quoi qu'on fasse!

On a quelques pas à faire pour parvenir du dehors de l’Exposition dans l’enceinte même du Palais de la Ville. Et on se trouve dans la Salle de la Préfecture de Police, le service essentiel de Paris, le surveillant de ses rouages. C'est l'histoire même de la police de la vieille Lutèce, l’explication par la vue des choses, des manuscrits, des insignes, des costumes, époque par époque, de l'histoire publique de la Capitale. Aux murs sont accrochées des toiles, des estampes où dominent les portraits des maîtres de la police, depuis les lieutenants-généraux des XVIIe et XVIIIe siècles, en passant parles ministres de la police du premier Empire, Fouché, entr’autres, jusqu’à nos jours avec les physionomies si connues de MM. Lozé, Andrieux, Camescasse, Lépine, etc.

Les types d'uniformes divers des agents de police, les services des prisons, les organisations judiciaires, le dépôt, l’infirmerie spéciale de la Préfecture, tout vous captive. Mais ce qui intéresse par-dessus tout la (ouïe, c'est la salle de l'anthropométrie installée par M. Bertillon.

On voit ici des photographies des différents types de faces humaines, des conformations de tètes, des nuances d'œils, des échantillons de poils, barbes et moustaches, et des fiches indicatrices, qui permettent de reconstituer presque immédiatement l’identité d’un individu ayant eu maille à partir avec la justice. Les appareils, mètres et toises, fauteuils mécaniques dont se sert M. Bertillon pour la mensuration des prévenus, la maquette même, en cire, d'un patient, assis sur la chaise, retiennent le public. Pour bien comprendre l'importance de la découverte faite par M. Bertillon, il faut regarder aussi, à côté, d'autres services installés par l’éminent chef de la Statistique de la Ville de Paris à l'étranger, à Bucarest notamment.

Une scène d'anthropométrie
Une scène d'anthropométrie

Les collections du musée Carnavalet, principalement avec les dernières acquisitions, ont fourni presque tous les documents rétrospectifs de chaque service. Aussi l’exposition centennale de l'organisation judiciaire parisienne est-elle d'un grand attrait : mandats d'arrêts, registres d'écrou, bons de geôle, clefs, chaînes, cadenas vous serrent le cœur en vous faisant méditer sur l'inutilité de toutes ces choses maintenant que ceux qui s'en servirent et ceux qui en souffrirent sont morts, Et dire que cela se perpétue! Quand donc l'humanité sera-t-elle meilleure? Quand donc cessera-t-elle de s’inspirer de l'effroi a elle-même?

Porte de cellule de Sainte-Pélagie
Porte de cellule de Sainte-Pélagie

Voici des portes massives, à la serrure énorme et compliquée, à la clef plus énorme encore, ce sont des portes de cellules de Sainte-Pélagie, la prison fameuse qui tant de fois verrouilla la raison, la conscience du droit, la probité politique.

Fontaine des eaux potables
Fontaine des eaux potables

Des premières salles, on débouche dans un ravissant jardin à la française, garni de fleurs toujours fraîches, arrosé constamment, ce qui prouve le soin que Paris met à entretenir ses jardins et squares.

l'ace au bord de la Seine un large et spacieux péristyle précède un vestibule où des escaliers conduisent aux salons de la Municipalité, tandis que deux autres se reliant par d’élégants portiques décoratifs montent par le Cours-la-Reine vers les salons de l’Enseignement.

L'effet de ce jardin dans le pavillon est imprévu. Tout au centre de la nef, une fontaine de coupe artistique vous déploie un bassin où dans des compartiments spéciaux coule l’eau des sources ou rivières employées pour le service de la Cité. Le compartiment de la Vanne vous fera juger de sa limpidité, celui de l'Avre de sa clarté, mais celui de la Seine, quoique filtrée, vous donnera des frissons. Et si vous voulez goûter, vous Viennois, habitués aux eaux glacées des montagnes du Tyrol, de l'eau que nous buvons, gens de Paris, des fontaines Wallace sont là, sur le pourtour, où vous pourrez vous désaltérer à pleins gobelets de fer blanc.

Chaque service municipal a sa salle distincte. Certaines, celles des plans, de la cartographie, de la géométrie, de l'histoire de Paris, sont tout à fait vides. Elles sont bien intéressantes pourtant, mais pour les chercheurs. C’est ainsi que je remarque dans la salle de la Commission du Vieux Paris, un vaste plan en tapisserie de la Ville vers 1540, exécuté en point de Hongrie par Mme Lépine, d'après les indications subsistant d'un plan semblable exécuté justement vers 1540 et disparu en 1788, La foule passe indifférente. Pourtant suivre le tracé de certaines voies fameuses, se représenter l’idée de ce qu'étaient les maisons du Grand-Paon, de l’Ursine, de l'Eschollier d’Aquitaine, cela est palpitant, comme aussi l'épitaphier du vieux Paris, les photographies d’anciennes maisons, collèges, églises et couvents et des vues de ruelles cl rues, de quartiers avant la grande haussmannisation contemporaine.

villedeparis05.jpg

L’exposition des armes, bijoux, ustensiles et autres objets trouvés dans le sous-sol parisien, les matières géologiques de son terrain, le plan archéologique de l’époque gallo-romaine, un plan en relief de la Place de Grèves, voilà encore de quoi impressionner le visiteur.

Avant de quitter les salles historiques, il faut admirer la reproduction sur fresques murales des échevins et baillis de la ville, en pied et en costumes de leur charge. Les voici, nos ancêtres, les fondateurs de l'Administration communale ! Saluons!

Mais la Galerie des Beaux-Arts qui lient presque toute la partie bordant la Seine est un vrai succès. Tableaux appartenant à la Ville (plusieurs ont été prêtés au Musée centennal), toiles représentant des scènes de mœurs parisiennes, estampes d'anciens monuments ou de monuments existant encore aux différents aspects de leur histoire. dessins d'artistes parisiens se rapportant à Paris, bustes cl statues, vitrines du Musée Carnavalet, objets d'intérêt historique sur Paris prêtés par des collectionneurs, tout cela fait un ensemble brillant et glorieux, qu'il faut examiner pas à pas. C'est ce que je fais pour mon plaisir personnel, mon émotion égoïste. Mais je regrette que l'espace me soit mesuré ici et me mette dans l’impossibilité de tout vous décrire de ces merveilles.

Berceau du Roi de Rome
Berceau du Roi de Rome

Les toiles de Boilly, ce que je les aime ! Elles vous font vivre une époque, vous mettent dans l'intimité des gens d'alors. Ce Café turc, la Main-Chaude, les Petits Savoyards sont d’un épisode aussi amusant qu’intéressant.

Les portraits de David, Thiers sur son lit de mort, par Meissonnier; les esquisses de Lespinasse sur Paris et Versailles; le portrait de la Dubarry, par Drouais; Fanchon la VVielleuse, par Fragonard; des suites de dessins de Cochin, Saint-Aubin, Moreau le jeune; les sculptures nombreuses des artistes des monuments parisiens; des glaises originales de Carpeaux, Marqueste, Dubois, Dalou ; treize volumes de dessins de Percier représentant des monuments et commandés par Napoléon pour l’Empereur de Russie, exposés par le Tzar Nicolas II; tout cela est à regarder.

Mais le public ne regarde que les bustes de Mirabeau, par Houdon; de Lafayette, par David d’Angers; les bas-reliefs ayant servi à l’exécution de ceux de la Porte Saint-Denis et obligeamment prétés par la reine Victoria.

Il regarde surtout le berceau dessiné par Proud hon sur l’ordre de la Ville de Paris et offert au roi de Home lors de sa naissance: la voiturette en argent doré qui servait à promener l’Aiglon enfant dans les jardins impériaux.

Ces deux reliques précieuses sont exposées par l’Empereur François-Joseph.

Mais ce que le public regarde à peine, ce sont les vitrines de Carnavalet et celles des collectionneurs, en quoi il a tort, car c’est dans les petits riens que résident les grands enseignements.

Tenez, voici là un journal grand comme un mouchoir de poche, taché d’un sang très visible, éclaté en éclaboussement concentrique. Ce journal, c’est l’Ami du Peuple. Ce sang, il jaillit du cœur de Marat sous le poignard de Charlotte Corday. Voici donc la feuille terrible, la feuille incendiaire qui ruait les hordes plébéiennes aux massacres, que corrigeait dans un bain l’énergumène pamphlétaire, lorsqu’il reçut le coup de grâce d’une royaliste (d’autres disent libérale) exaltée. N’y a-t-il pas de quoi méditer devant ce bout de papier qui inspirait l'effroi autant que la colère, qu’une allumette aurait peut-être brûlé, mais qui ne pouvait disparaître, en tant que véhicule d'idées, que par l’assassinat politique! O la force des riens, mais le néant de tout!

Passons sur la section des bibliothèques municipales, des bibliothèques Forney dont le fonctionnement est expliqué par des modèles de reliures, des catalogues et des fiches. Mais traversons avec attention les salles des écoles: les professionnelles de filles, Fondary, Tombe-Issoire, Jacquart; les professionnelles de garçons, Estienne ou les travaux typographiques sont d’un aride perfection «épatant » et qui fait grand honneur à son directeur, M. Fontaine, ainsi qu’au professeur Breton; Boulle, dont les meubles sont d’une richesse de sculptures, d'une beauté d’ébénisterie sans pareille; Diderot où les élèves précisionistes savent apprendre les meilleurs procédés et où les serruriers forgent de réels objets d’art ; Germain-Pilon, et surtout Bernard-Palissy où le dessin sur étoffe, la céramique et peinture céramique, s’apprennent de mains de maîtres.

Prêtons une sympathie admirative à l’école Braille pour les aveugles, et à l’institut départemental des Sourds-Muets de la Seine, depuis peu fondé, et qui sous la dévouée impulsion de son directeur, M. Baguer, a su vile prendre un développement qui lui mériterait une place plus grande. Regardez ce joli tableau de photographies de jeune sourdemuette articulant nettement ; « Je vous salue » Quelle clarté dans le mouvement des lèvres!

Descendons.

Un ancien lit d'Hôpital
Un ancien lit d'Hôpital

Les galeries sur le Cours-la-Reine sont réservées a l'exposition de l’Assistance publique. La rétrospective impressionne surtout avec ses modèles d'anciens lits de l'Hôtel-Dieu où trois maquettes de malades sont couchées, ses instruments de chirurgie d'autrefois, des vases, des cornues et bocaux. Mais la moderne, encore qu’elle soit loin d’être parfaite et laisse subsister une vague crainte dans l’âme des foules, montre les grandes améliorations apportées dans les hôpitaux, le développement du confort, la prépondérance de l’assainissement, l'organisation de laboratoires dans le sens utile et non plus d'amusement pour carabins comme jadis.

Une salle très curieuse, c'est celle de l’hygiène de l'habitation avec tous les systèmes d'irrigation, de montée d’eau, de canalisation jusqu'au tout-à-l’égout actuel. On voit des coupes de maisons 1830, 1860 et 1890 qui montrent leurs intérieurs, leurs dessous dans ses recoins les plus cachés. Bien entendu, c'est la maison moderne qui offre le plus de bien-être et de confort.

villedeparis08.jpg

Voici le buste d’Alphand, le lieutenant d’Haussmann et le grand transformateur de Paris. Et voici des gros tuyaux, des boucliers énormes : voici des modèles de réduction des travaux du Métropolitain, des outils et appareils : voici quelques spécimens des matériaux, des ouvrages de fer et d'acier, de maçonnerie qui servent à l'installation du tout-à-l'égout, du grand collecteur, du syphon d'Asnières, de l’épandage aux champs de Gennevilliers ou d'Achères; voici les systèmes d’éclairage, les ramifications du gaz, les embranchements de l'électricité, voici les machines qui distribuent l’eau ; voici les machines qui changent les ordures en poudrette : voici les halles et marchés : voici la besogne cachée, et souterraine, et intime du grand Paris flamboyant et glorieux...

El il faudrait continuer...



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Ville de Paris<br />©Héliotypes - Exposition Universelle de 1900
Ville de Paris
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Article extrait du magazine "A l'Exposition" de 1900

L'exposition de la Ville de Paris

Sur le Cours-la-Reine, entre le pont des Invalides et le pont de l’Alma, s'élève le Palais de la Ville de Paris, élégant pavillon aux murs bruns rehaussés de vert clair et ajourés de larges vitrages. Sur la façade, des médaillons rouge et bleu montrent les transformations héraldiques de la vieille nef lutécienne depuis l’an 1200. Une frise pointe reproduit les attributs des douze anciennes corporations de la Cité qui avaient le droit de faire figurer un vaisseau dans leurs armes; c'étaient celles des chargeurs de bois, des bonnetiers, des porteurs de charbon, des juges de commerce, des consuls, des drapiers, des épiciers-apothicaires, des huissiers, des joailliers, des merciers, des vendeurs de poissons de mer et des marchands de vin.

Le Pavillon de la Ville de Paris est une oeuvre qui fait honneur à son architecteᵣ M. Gravigny. Très simple d’aspect général, il possède pourtant des qualités d’harmonie et une jolie allure qui charment l’oeil du visiteur. Ses toits pointus, surmontés de flèches métalliques portant un monogramme doré, rappellent un peu la silhouette de l’Hotel de Ville.

Pavillon de la Ville de Paris
Pavillon de la Ville de Paris

Dans cet édifice ou la Ville de Paris est entièrement «chez elle», sont exposés des documents relatifs aux différents Services de son administration municipale. Cette collection est la plus complète qui ait été réunie jusqu’à présent sur ce sujet.

La municipalité parisienne a tenu à participer à presque toutes les grandes Expositions qui ont eu lieu depuis cinquante ans; au lendemain de la guerre, en 1873, elle vota un crédit de 176.000 fr. pour figurer à Vienne, où M. Bouvard organisa sa section. En 1874, Paris prit part à l'Exposition de Londres; en 1876, à celle de Philadelphie. A l’Exposition universelle de 1878, la Ville eut dans la rue des Nations, un remarquable pavillon. Sa participation à l’Exposition d’Amsterdam, en 1883, couta 90.000 fr. Nous la voyons ensuite figurer à l’Exposition d’hygiène de Londres (1884) et à celle de la Nouvelle-Orléans (1884-85). En 1889, la municipalité dépensa 700.000 fr. pour la construction et l’aménagement de deux vastes pavillons parallèles élevés dans les jardins du Champ de Mars, à gauche et à droite du dôme central, Depuis elle a pris part en 1890 à l’Exposition de Moscou (60.000 fr.), en 1893 à celle de Chicago (200.000 fr.), et en 1894 à la fois à celles d’Anvers (41.000 fr.) et de Lyon. (34.000 fr.).

Pour sa participation à l’Exposition de 1900 la Ville de Paris a vote un crédit de 3 millions reparti comme il suit :

Construction du pavillon 600.000 fr.
Sommes allouées aux différents Services pour la préparation ..... 545.000 fr.
Installation et frais généraux . . . . 180.000 fr.
Imprévus 75.000 fr.
Frais pour les réceptions de souverains, fêtes, etc 600.000 fr.
Somme remise à l’Exposition pour fêtes et concours 1.000.000 fr.
Total : 3.000.000 fr.

L’importance de ces sommes montre la grandeur de l’effort réalisé par notre capitale pour paraitre avec éclat aux yeux de ses hôtes de passage et permettre aux savants l’étude approfondie de son organisation et de son histoire.


Ce qui frappe le visiteur dès son entrée dans le Pavillon de la Ville de Paris, c’est le jardin qui en occupe l’intérieur; au milieu se dresse une fontaine monumentale dont les déversoirs donnent les quatre eaux de Paris: celles de l’Avre, de l’Ourcq, de la Seine et de la Vanne. Tout autour, émergeant de massifs de verdure, sont disposées les statues a les groupes sculpturaux dont nos édiles one fait récemment l’acquisition. Les parterres réunissent les diverses plantes qui ornent les jardins municipaux; et dans les allées on peut étudier les dernières améliorations apportées aux Services des voies publiques, de l’éclairage et des eaux et égouts. Si interessante que soit cette partie de l’Exposition pour les spécialistes il est douteux qu’elle les instruise plus que le spectacle des rues mêmes de Paris à toutes les heures du jour. Mais ils trouveront dans les salles du rez-de-chaussée une série de vues photographiques des plus remarquables leur permettant de suivre la vie souterraine de la Ville et d’assister à tous les travaux de la construction du Métropolitain.

On se souvient des deux curieux types de maison salubre et de maison insalubre qui attirèrent tant de visiteurs en 1889; on n’a pas cru nécessaire cette année d’en faire la reproduction; on n’a pas voulu, non plus, à cause de la dépense, établir un champ d’épandage, donnant, en raccourci, un aperçu des travaux d’irrigation qui ont apporté la fertilité dans la plaine de Gennevilliers. Il faut, pour l’étude de ces sujets, se contenter de plans, de profils et de documents graphiques. Le Service d’éclairage expose une reproduction de l’usine électrique des Halles, et des réductions des becs électriques et des becs de gaz intensifs de tous systèmes, en usage sur nos boulevards.

Pavillon de la Ville de Paris
Pavillon de la Ville de Paris

La Direction des affaires municipales a rassemblé les documents les plus complets sur les crèches, les asiles de nuit, les soupes populaires, etc.; on peut ainsi apprécier les efforts considérables tentés dans ces dernières années par la charité officielle.

Une des attractions les plus goûtées des visiteurs dans le Pavillon de la Ville est le cinématographe qui les transporte, pour un moment, dans les lieux les plus pittoresques de Paris : aux Halles, le matin, quand arrivent de toutes parts les charrettes des maraîchers; au marché aux bestiaux de la Villette; aux abattoirs; dans les asiles de nuit, à l’heure ou s'y réfugient les miséreux en quête d’un bol de soupe et d’un gite.

Le public passe ensuite avec beaucoup d’indifférence devant les dossiers et les tableaux de la Statistique municipale.

L’Octroi ne s’est fait allouer qu’un crédit de 1,000 francs et le Mont-de-Piété qu’un crédit de 2,000 francs; c’est dire que leur exposition se borne à des alignements de cartons verts.

La Préfecture de police a une exposition rétrospective et une exposition de son organisation actuelle. Les études du laboratoire de toxicologie, les analyses micrographiques, les expertises médico-légales sont expliquées aux visiteurs ainsi que le fameux Service anthropométrique de M. Bertillon, que plusieurs Puissances européennes ont déjà adopté.

Le Service d’inspection des denrées alimentaires qui opère aux Halles et dans les abattoirs donne un aperçu de ses travaux. Enfin l’admirable corps des pompiers participe, selon la tradition, pour une large part à cette exposition.

La partie la plus instructive et la plus originale de la section des affaires départementales consiste, selon nous, dans une précieuse collection de monographies des communes du département de la Seine, dont le besoin se faisait sentir depuis longtemps.

Au premier étage, dans les galeries du pourtour, se trouve une sorte de musée formé d’oeuvres d’art, de tableaux, de statues et de tapisseries anciennes prêtés par des particuliers.

Une salle est réservée aux peintures appartenant à la Ville; d’autres sont consacrées aux bibliothèques municipales et aux travaux historiques.

L’exposition scolaire est une revue complète de nos lycées, et de nos écoles primaires, supérieures et professionnelles.

Des maquettes représentent les principaux spécimens de l’architecture moderne de Paris, la nouvelle Sorbonne, qui n’était pas encore terminée lors de la dernière Exposition, l'École de médecine, la caserne des Célestins, etc....

Tel est l'ensemble des expositions des Services municipaux de la Ville de Paris. La répartition des places, comme partout, ne s’est pas accomplie sans peine, chaque direction réclamant plus qu’on ne pouvait lui accorder. On a été obligé de modérer les ambitions trop vives et de faire une sélection sévère parmi tous les projets proposés. Quelques-uns étaient des plus bizarres. Un maire parisien proposa de reconstituer une des mairies de la Ville et de montrer le fonctionnement de ses différents bureaux ce fonctionnement aurait eu lieu à vide : les employés auraient inutilement noirci du papier au milieu de cartonniers vides, ou bien se seraient croisé les bras. On a soigneusement écarté ce projet singulier, que des esprits malicieux auraient pu soupçonner d’intentions satiriques.



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