Palais de la Turquie (Empire Ottoman)

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Palais de la Turquie (Empire Ottoman)

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Illustrations de "A travers l'Exposition de 1900"


Pavillon de l'Empire Ottoman - Fenêtre d'Angle
Pavillon de l'Empire Ottoman - Fenêtre d'Angle

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Re: Palais de la Turquie (Empire Ottoman)

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Texte de la revue "L'Exposition Illustrée" de 1900

ottoman01.jpg

Ce brillant édifice a été conçu sur le plan d'une de ces vastes et luxueuses habitations qui s'échelonnent le long des deux rives du Bosphore.

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Palais de la Turquie<br />©Héliotypes - Exposition Universelle de 1900
Palais de la Turquie
©Héliotypes - Exposition Universelle de 1900

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Re: Palais de la Turquie (Empire Ottoman)

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Article extrait du magazine "A l'Exposition" de 1900

On a comparé pittoresquement l’aspect du Pavillon ottoman de la rue des Nations à « un bonnet piqué d’une aigrette au côté ». L'image est amusante : elle donne une idée de la disposition générale de la construction, composée d’un vaste bâtiment carré, à coupole, auquel est accolé un blanc minaret ; mais elle assimile à un objet.trop vulgaire un Palais où se mêlent toutes les splendeurs et toutes les élégances de l’architecture orientale. Sous l’habile direction du Commissaire général de la Turquie, S. Ex. Munir-Bey, assisté de MM. Chesnel et Kahil-Hanna, l’architecte Dubuisson a construit un monument harmonieux dont chaque partie reproduit une partie d’édifice célèbre.

S. E. Munir-Bey<br />Ambassadeur et Commissaire général de la Turquie
S. E. Munir-Bey
Ambassadeur et Commissaire général de la Turquie
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S. E. Munir-Bey
Ambassadeur et Commissaire général de la Turquie


Ainsi le Pavillon ottoman réunit les types les plus caractéristiques de l’architecture musulmane. On y voit le grand arc, les fenêtres et les voussures de la mosquée de Kaït-Bey; les façades latérales delà mosquée de Bayazed ; les coupoles de la mosquée de Mourad IV. L’ensemble de l’édifice est de style ottoman pur. On sait que les Turcs après une longue imitation de l’art byzantin, de l’art grec, de l’art persan et enfin de l’art arabe créèrent à leur tour une forme d’art particulière, dont le plus beau spécimen est la mosqué de Suley man, construite à Constantinople vers le milieu du XVIIe siècle ; le Pavillon ottoman en est inspiré.

Les murailles de ce beau Palais, d’un blanc vif, striées d'assises en couleurs, marquetées de panneaux et de frises en faïence émaillée, tranchent de façon heureuse sur la teinte volontairement grisâtre de l’Italie, sa voisine : les toitures surmontées du croissant sont dorées et brillent au soleil, tandis que, à tous les étages, de grandes baies, fermées par des vitraux multicolores, reflètent au loin des teintes d’arc-en-ciel.


A l’intérieur, la disposition n’est pas moins agréable : quatre étages, communiquant entre eux par un double et monumental escalier, aboutissent à une magnifique terrasse sablée d’où l’on touche presque le quadrige des États-Unis et d’où l’on voit la Seine, avec sa bordure d’éclatants palais.

Au sous-sol, un restaurant turc. Au rez-de-chaussée, une grande salle d’exposition où des vitrines nous montrent les merveilles de l’Orient ; tout autour du pavillon et à l’extérieur, une série de boutiques et d’éventaires où des artisans, travaillant sous les yeux du public, tissent des tapis, brodent des étoffes, martellent et gravent des cuivres.

Au premier étage, une immense salle haute, où les murs sont tendus des plus riches tapis de la manufacture impériale de Héréké. On y admire la reproduction en soie du tapis offert par le Sultan à l’Empereur Guillaume II, lors du. voyage de ce souverain en Palestine. Elle mesure sept mètres de longueur sur cinq mètres de largeur et a nécessité, pendant quatre années, un travail quotidien de dix: ouvriers. A droite et à gauche, des vitrines où, voisinent, dans un délicieux fouillis, les expositions de Constantinople, armes rares et tissus précieux : poignards dont le manche de jade est enrichi de diamants, de saphirs, d’émeraudes et de rubis, yatagans du dix-septième siècle, miroirs modernes à la turque, étagères en bois doré ou émaillé, appelées kaokuclc, qui servaient autrefois à placer les turbans, tapis anciens, vases de cuivre ciselé, damasquiné, tapis de prières brodés d’or, tabacs blonds de Cavalla; et partout, sur tous les objets, un pénétrant parfum d’essences, parfum suggestif, troublant, persistant, de jasmin et d’eau de rose.


Soulevons une tenture : nous voici dans le théâtre arménien, salle carrée, dont la scène représente un intérieur turc, avec ses sièges incrustés et marquetés de nacre et son rideau où sont peintes des vues de Damas et la mosquée d’Omar.

Ce théâtre arménien, dont le personnel se compose de vingt-cinq artistes, parmi lesquels sept femmes, joue des comédies et des opérettes historiques retraçant des scènes de la vie turque. Nous y voyons les Mille et une nuits et de très vieilles œuvres de la littérature •arabe. Aladdin et Antar, Simbad et Saladdin, tous les héros historiques ou légendaires qui personnifient les races ardentes de l’Orient, paraissent sur cette scène dans des pièces d’une affabulation naïve. Les intermèdes sont composés de ces danses aux mollesses savantes qui sont inséparables dans notre esprit de toute figuration de l’Orient. Férida, l’Égyptienne, Hias et Nachta, exécutent tour à tour le pas des écharpes et celui des poignards, tandis que s’époumonne un orchestre de quatre musiciens; accroupis contre le mur du fond, ils chantent une mélopée nasillarde tout en marquant le rythme des danses avec une lyre, une flûte arabe, une dourbaka et une sorte de guitare appelée roubaba.

Au second étage se trouve, merveilleusement agencée, la reconstitution de Jérusalem. Aux yeux charmés des visiteurs, la ville sainte se déroule en une vue panoramique avec ses plus célèbres édifices.

Voici la porte du Bien-Aimé(Bab-el-Khalil), qui conduit à Bethléem, Hébron et Saint-Jean-du-Désert; voici la porte dorée (Bab-el-Darahie), par laquelle Jésus fit son entrée triomphale : les rues étroites aux murs de pierre 'grise, où filtre une lumière limpide, forment un dédale qui mène au Saint-Sépulcre, élégante coupole à huit arcades, gardé par des vieillards accroupis; un pan de muraille devant lequel les juifs viennent prier et se lamenter chaque vendredi sur les ruines du temple de Salomon ; la maison de Caïphe, où Pierre renia son maître, et la pierre q u i recouvrait le tombeau de Jésus-Christ. Ce ne sera certes pas la moindre curiosité de l’Exposition que d'aller chez les Turcs visiter Je berceau de la chrétienté.

Le Pavillon Ottoman
Le Pavillon Ottoman

Il est regrettable que la Turquie, comme plusieurs puissances étrangères, n’ait pu consacrer son Pavillon uniquement à une exposition artistique et historique, qui aurait réuni en une collection plus splendide que les trésors des anciens Khalifes, les productions les plus remarquables des civilisations orientales. Quel enchantement ç’aurait été de voir réunis dans des salles qui auraient représenté les diverses provinces de l’Empire ottoman, les marbres de l’Ionie, les soies fleuries de la Syrie, les armes précieuses de Damas, dont l’acier s’incruste de sentences poétiques, les anciennes verreries émaillées de Saïda, les bijoux d’or filigrané, les harnachements de maroquin brodé, où bruissant des pendeloques d’argent, tous les objets enfin rappelant l’art délicat des anciens peuples du Levant et la magnificence un peu rude de leurs conquérants asiatiques.

Des considérations d’économie ont obligé les organisateurs du Pavillon ottoman à exploiter l’emplacement qui leur a été concédé en le louant à des industriels. Il en résulte un assemblage de curiosités assez hétéroclites, mais dont l’ensemble, pour les âmes un peu imaginatives, n’en est pas moins très impressionnant.

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