Manufacture Impériale de Sèvres

Paris 1867 - Arts, design, fashion
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worldfairs
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Manufacture Impériale de Sèvres

Message par worldfairs » 05 mai 2019 10:11 pm

Texte et illustrations de "Les merveilles de l'Exposition de Universelle de 1867"

Il est important qu’en toute chose il existe des conservatoires de principes fournissant des types de perfection. Tels paraissent être, pour citer seulement les deux premiers exemples qui me viennent à l’esprit, certains couvents qui sont les uns des conservatoires de vertu, les autres des conservatoires de religion et de foi ; dans tels autres établissements ou compagnies, on fait de la littérature ou de la science pour elles-mêmes, de la littérature et de la science pures, c’est-à-dire sans application pratique. Il en est de même et à un certain point de vue des manufactures de Sèvres et des Gobelins. Ce sont bien des fabriques de céramique et de tapisserie, mais ici, à la différence de toutes les autres, l’objet principal n’est pas de faire un commerce fructueux, mais bien de donner des produits parfaits : il ne s’agit pas d’avoir au bout de l’année un inventaire se soldant par de forts bénéfices; il faut créer des types qui servent de modèles à tous les industriels présents et à venir, qui eux sont forcés de gagner de l’argent et ne peuvent évidemment faire de l’art pour de l’art, par pur dévouement au public et sans y trouver au moins le prix rémunérateur de leurs travaux et de leurs risques. Sèvres a en outre pour destination de faire des recherches souvent coûteuses, comme ces expériences chimiques qui ont donné lieu à la Manufacture impériale à tant d’heureuses combinaisons, et ont enrichi la céramique de tant de procédés précieux.

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Porcelaines de la Manufacture Impériale de Sèvres (Hors concours)

Mais disons deux mots d’historique sur Sèvres.

En 1698, on faisait à Saint-Cloud des porcelaines dont un voyageur anglais écrivait qu’il ne voyait entre elles et celles de Chine aucune différence.
En 1708, Chantilly continué, sinon fondé par deux transfuges de la fabrique de Saint-Cloud, les frères Dubois, est sous la protection du prince de Condé ; c’est la grande mode parmi les grands seigneurs ou les membres de la famille royale de patronner les manufactures.

Mais les frères Dubois n’ont réussi ni à Saint-Cloud, ni à Chantilly, et viennent en 1740 proposer à M. Orry de Fulvy, intendant des finances, de lui confier le vrai secret de la porcelaine. On les installe à Vincennes. Ils échouent encore.

C’est alors qu’un de leurs ouvriers, Gravant, trouve véritablement une porcelaine tendre. Orry de Fulvy forme en 1745 une compagnie, et un privilège de trente années lui est délivré sous le nom d’Adam. L’établissement a son siège dans les bâtiments de la surintendance de Bel-Air.

En 1752, un arrêt du conseil révoqua le privilège et le roi s’intéressa pour un tiers dans les frais. L’établissement devenait trop petit pour un succès chaque jour croissant. On fit construire à Sèvres les bâtiments qui ont été récemment reconstruits, et c’est là que la Manufacture, dont le roi devint en 1760 seul propriétaire, fut transportée.

Le vase n° 1, que nous donnons ici, porte le nom de vase de Nîmes. La forme qui est d’un si beau galbe a été composée par M. Diéterle. La frise de figure, qui représente la chasse des Amours, a été composée et peinte par M. Roussel, auteur de toutes les décorations du vase.

Le n° 2, qui porte le nom de vase-carafe étrusque, est en pâte revêtue d’une couleur jaune cuite au grand feu, c’est-à-dire au feu de cuisson de la pâte elle-même. Les peintures représentant la chasse ont été composées et exécutées par M. Humbert sur la surface jaune du vase ; il en résulte une harmonie générale produite tant par le ton sous-jacent que par le procédé d’emploi des couleurs cuites au demi grand feu.

Ce moyen, dont la Manufacture a exposé en 1867 les premiers et remarquables résultats, a été également employé dans la décoration de la coupe portant le n° 3 ; toute la partie de l’ornementation qui sur cette coupe encadre le groupe de fleurs, est faite en pâte de couleur sculptée sur la pièce en cru. La pièce ainsi décorée a été ensuite au grand feu. Les peintures de fleurs cuites au demi grand feu ont été composées et exécutées par M. Cabau.
Il est à remarquer que ces trois pièces ont été exécutées par le procédé du coulage de la pâte liquide dans des moules en plâtre. Ce procédé permet d’obtenir des pièces d’une dimension inconnue jusqu’ici dans ce genre de fabrication, et a pris une importance du premier ordre grâce aux innovations radicales apportées par M. Régnault.

La coupe n° 4, composée et exécutée par M. Solon, est en pâte rose cuite au grand feu.

A l’Exposition de 1867, la Manufacture a produit de nombreux spécimens de ces colorations au grand feu. Ces colorations limitées naguère au bleu et au vert d’eau étaient peu variées : les travaux de M. Régnault ont ouvert un vaste champ à la décoration de la porcelaine dure.
Pour tout savoir sur les expositions universelles et internationales.
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