L'art polonais

Paris 1925 - Arts, design, fashion, shows
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worldfairs
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L'art polonais

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Texte de "L'art vivant" de 1925

Le pavillon polonais au Cours-la-Reine, qui compte certainement parmi les plus jolis de l’Exposition des Arts décoratifs, se trouve entre les pavillons de la Suède et des Pays-Bas. Conçu et dessiné par l’architecte Joseph Czajkowski, il tient à la fois du manoir polonais et de l’église polonaise, car sa partie centrale est surmontée d’une flèche en fer à trois étages, de 23 mètres de hauteur. Cette flèche, vitrée de carreaux en glace biseautée, luit au soleil, dans la journée, et brille dans la nuit, éclairée par les lampes électriques de l’intérieur ; on la remarque déjà du coin du boulevard Saint-Germain. Quelques fleurons en fer, travail de W. Gostynski de Varsovie, l’ornent sobrement, tranchant sur la clarté limpide des glaces.

Chapelle, Szczepkowski, architecte
Chapelle, Szczepkowski, architecte

A l'intérieur on remarque dans la cour une statue en marbre de l'artiste Henri Kuna (Varsovie) et les décorations murales par A. Jastrzebowski. Les jolis dallages en marbre polonais de la province de Kielce servent de plancher, excepté dans la salle d’honneur où le parquet a été exécuté par Rudolf frères de Varsovie. Dans la même salle, les mure sont couverts de peintures murales de Sophie Stryjenska, représentant les quatre saisons de l’année en Pologne. Les colonnes en bois de cette salle offrent une véritable curiosité, car le chêne noir dont elles furent faites, a été retiré de la Vistule et peut compter plusieurs centaines d’années.

Hall, Czajkowski, architecte
Hall, Czajkowski, architecte

C’est le mobilier, qui au pavillon polonais offre le plus d’intérêt — il y a notamment les meubles recouverts d’étoffes nationales— composés par Charles Stryjenski, Jastrzebowski et Czajkowski, remarquables par leur originalité et leur élégance. Très curieux aussi les vitraux de Joseph Mehoffer, exécutés par S. G. Zelenski et destinés à la cathédrale de Cracovie. Pour la première fois ou voit exposer à l'étranger des objets en albâtre polonais, ce sont les lampes et les vases du grand pavillon. La Pologne possède en effet des carrières et des ateliers d’albâtre dans les propriétés des princes Czartoryski, à Zurawno, au bord du Dniester.

Cabinet de travail, Czajkowski, architecte
Cabinet de travail, Czajkowski, architecte

Les dames polonaises ont contribué aux travaux de l’Exposition en brodant de fort beaux rideaux. C’est la Société “As” des dames polonaises qui s’en est chargée et parmi les exécutantes on voit les noms très connus à Varsovie, de Mmes Pulaw-ska, Lubienska, Karczewska, etc. Mme Karczewska a brodé aussi la belle nappe de la chapelle dans la galerie des Invalides. Enfin, pour la céramique polonaise, il faut mentionner les vases de Czarkowski.

Pavillon de la République Polonaise, J. Czajkowski, architecte
Pavillon de la République Polonaise, J. Czajkowski, architecte

Mais l'industrie polonaise la plus caractéristique se trouve représentée dans le stand polonais de l'Esplanade des Invalides. C’est ici qu’on peut admirer les beaux kilimes (tapis polonais) aux couleurs vives et chatoyantes, les batiks polonais aux dessins imprévus et hardis et cependant infiniment harmonieux. Parmi les kilimes, il faut remarquer surtout ceux qui servent de rideaux à l’entrée de la chapelle. L’un d’eux violet-cerise aux dessins multicolores est vraiment d’une rare beauté. Ces kilimes, tissés et dessinés par des artistes, ont pourtant un caractère populaire et font penser à la campagne polonaise et à son art rustique, mais plein d’un charme très particulier.

Lustre de W. Gautarczyk, architecte
Lustre de W. Gautarczyk, architecte

La chapelle est très claire avec ses bois sculptés et ses jolies tapisseries. Seuls les vitraux de l’entrée tranchent dans cet ensemble serein, mais point solennel. Claire aussi la salle à manger, très gaie avec ses meubles fort originaux, ses beaux rideaux brodés à la grande fenêtre et son immense tapis. Deux vases en albâtre polonais, une pendule très simple, voici tous les ornements de cette salle composée par A. Jastrtebowski, exécutée, par A. Jaszczolt.

C’est aux quinconces des Invalides que l’architecte Charles Stryjenski se propose d’organiser une série d’attractions de caractère national polonais. Dans le kiosque du centre, les boutiques seront aménagées pour y vendre certains produits de l’industrie artistique du pays. Tout en haut de la construction on a placé une figure allégorique en bois peint, représentant le Tartare de Cracovie, en souvenir de la vieille coutume polonaise qui veut que. dans l'octave de la Fête-Dieu, on promène dans les rues de la vieille capitale de Pologne, un bonhomme en costume exotique, entouré de gens faisant du tapage et de la musique barbare. Les Cracoviens se souviennent ainsi des invasions tartares du moyen âge.

Cabinet de travail, Kotarbinski
Cabinet de travail, Kotarbinski

Enfin, au Grand-Palais, la section polonaise se trouve entre celles du Japon et des Pays-Bas. Les objets exposés y ont été arrangés, en tenant compte du lieu et de la lumière. L’architecture, l’art du livre et les affiches se trouvent de chaque côté des entrées.

Au centre on voit des meubles pour coins de salon et bibliothèques. Ici, aussi, on aperçoit beaucoup de kilimes, des batiks, de la céramique et des broderies. On a réservé un coin spécial à l’art populaire qui permet d’apprécier l’originalité des conceptions décoratives et le goût artistique du paysan polonais. A l’extérieur de la section se trouve la " szopka ” (crèche) avec son étoile, ses tours et sa scène, œuvre des élèves de l’Ecole des Beaux-Arts, à Varsovie.

Parmi les exposants de l’art populaire polonais, on compte ici : le Musée 'les Arts et Métiers à Cracovie ; le Musée Ethnographique à Varsovie ; Société de l’Industrie populaire à Varsovie ; Société de l’Art appliqué polonais à Cracovie, etc.

Salle à manger, Jastrzebowski
Salle à manger, Jastrzebowski

Très remarquable le coin de salon, composé par Charles Stryjenski et exécuté par l’Ecole de l’Industrie du Bois à Zakopane, dont Ch. Stryjenski est directeur. On y apprécie de même les charmants papiers peints, composés par Bogdan Treter et exécutés par les élèves des Ateliers de Cracovie. Le directeur de ces Ateliers, M. Georges Warchalowski, infatigable commissaire général de la Section polonaise de l’Exposition, a eu la curieuse idée d’utiliser sa fraîcheur de l’imagination enfantine dans l’art populaire et obtint des résultats tout à fait intéressants.

Ce qui frappera surtout l’étranger, visitant la section polonaise, c’est la" richesse de couleur et la hardiesse originale de l’art populaire polonais.


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