La céramique

Paris 1925 - Arts, design, fashion, shows
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worldfairs
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La céramique

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Texte de "L'art vivant" de 1925

Salle de bain, Porcher
Salle de bain, Porcher

Quiconque a des yeux pour voir est en mesure d’apprécier le galbe d'un vase, le coloris d’un décor d’assiette. Mais une exacte évaluation des mérites d’une œuvre d’art appliqué nécessite sans doute d’autres facultés, une certaine connaissance des lois techniques opposées ou favorables à la production d’effets qu'il serait imprudent de juger sans tenir compte de la notion matière. Un peintre, un sculpteur, un graveur, disposent de moyens relativement directs de parvenir à une évocation d’absolu. Un décorateur a une lutte plus périlleuse à soutenir contre l’inertie, l’opacité, la pesanteur de la terre ou du fer par exemple, ou l’ardeur brutale du feu. Certes, les chefs-d’œuvre de la peinture, de la sculpture, de la gravure, garderont toujours à nos yeux leur valeur d’actes surhumains, lit nous ne prétendons pas le moins du inonde porter atteinte au prestige de ceux-ci en réclamant, à l’égard des œuvres d’art décoratif, une attentive et préalable considération de leur technique et, envers le décorateur, la volonté de ne point dédaigner l’appréciation de qualités d'adresse, de tour de main — en un mot, de métier.

Il y a beaucoup de céramique à l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes. Il y en a au Grand-Palais, dans les six secteurs qui lui sont réservés à droite de la salle des fêtes de Letrosne. Il y en a dans la plupart des stands, des pavillons, des boutiques. Il y en a même en plein air. A telles enseignes que M. Henri Clouzot, l’éminent conservateur du Musée Galliéra, n'a pas craint de prononcer le mot de prédominance. " Mais saurait-on reprocher à nos potiers français, ajoute-t-il, une fierté légitime, quand on voit à quel point de perfection ils ont amené depuis vingt ans les arts de la terre et du feu ? Sans doute, à toutes les époques, l’humanité a été sensible à la beauté de forme et de matière dans ces ustensiles familiers qui sont liés à sa vie la plus intime, et Socrate a dit là-dessus de fortes paroles à Hippias d’Elis. Mais jamais, comme de notre temps, le goût pour les émaux chatoyants ou les galbes purs des vases n’a été aussi impérieux ni aussi universel. Ce ne sont plus seulement les curieux et les princes, comme aux siècles passés, qui ornent leurs demeures de porcelaines, de faïences, de grès, mais le plus modeste intérieur s’égaie de leur décor séduisant. Car. de toutes les catégories de nos industries d’art, la céramique est certainement celle qui peut s’abaisser aux plus étroites limites du bon marché, sans perdre la pureté de ses formes et la distinction de son décor. ” Le plus modeste intérieur... c’est peut-être un peu trop d’optimisme. Les productions de la céramique à bon marché n’ont point encore cessé d’être d’une vulgarité de décor désespérante. Quant à la pureté des formes, mettons qu’elle est tant familière à nos yeux qu’ils ne l’aperçoivent plus. Nos potiers français, dont on a raison de proclamer légitime la fierté, ont assurément, depuis vingt ans, considérablement perfectionné les arts de la terre et du feu. Mais ils ont surtout songé à gagner largement leur vie à élaborer de très précieuses pièces uniques, lesquelles font l'ornement des vitrines de nos musées, à moins que quelque amateur plus ou moins épris de spéculation ne les garde jalousement. La céramique d’usage courant, celle dans laquelle on trempe sa soupe et qu’on a le droit de casser sans subir de ruineux dommages, nous la verrons peut-être, dès l’an prochain, se fleurir de beauté nouvelle. Pour l’heure, au bazar du coin, celle que l’on expose en permanence n’a point de grâce, ni d’honneur.

Service de Jean Luce
Service de Jean Luce

Quant à ceux de nos lecteurs qui n’auraient point eu le loisir de connaître les fortes paroles de Socrate à Hippias d’Elis, voici : " Une belle marmite, n’est-ce pas une belle chose ?...
Une marmite fabriquée par un bon potier, bien polie, bien ronde, bien cuite, comme ces belles marmites à deux anses qui contiennent six courges et qui sont si belles...”

Au point de vue technique, les produits de la céramique sont à classifier en terres desséchées, terres cuites, faïences, grès, porcelaines et barbotines.

Les terres desséchées forment toute la poterie des temps antiques et des peuplades barbares d’aujourd’hui. Ce sont à la vérité des terres cuites, mais cuites par la vertu d’une simple exposition au soleil, et façonnées uniquement à la main. Elles ont leur charme, leur valeur. On n’en voit point à l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes..

Les terres cuites, composées d’une pâte argilo-sableuse et mise au four, mates, sans glaçure, ce sont nos briques, nos tuiles, nos pots à fleurs, quelques-uns de nos objets d’art. Les Grecs et les Etrusques ont fabriqué, dans cette catégorie, des poteries dites lustrées, revêtues d’une mince glaçure silico-calcaire. Afin d’obvier à la porosité d’ustensiles destinés à contenir des liquides. Le troisième état, c’est la terre cuite à glaçure plombifère, dont le centre de production fut Avignon. Le quatrième et dernier, c’est la poterie émaillée, à glaçure stannifère (c'est-à-dire à base d'étain), nos faïences communes, nos majoliques.

On admet généralement que, dès le VIIIe siècle, l’Asie a connu la véritable faïence à émail stannifère. Le secret en aurait été transmis aux Arabes qui, eux-mêmes, l’auraient vulgarisé à travers l’Europe. Au IXe siècle, on fabriquait à Venise des demi-majoliques, faïences revêtues, comme celles d’Avignon, d’un vernis à base de plomb, et préalablement trempées dans de l’argile blanche destinée à masquer la couleur de la terre. Maintes statues et bas-reliefs de Lucca della Robbia, au commencement du XVe siècle, sont revêtus d’authentique émail stannifère.

Cuisine, par Madeleine Songez, éditée par "Primavera"
Cuisine, par Madeleine Songez, éditée par "Primavera"

La faïence fine, à laquelle on a donné encore les noms de porcelaine opaque, terre de pipe, cailloutage et lithocérame, est un composé d’argile blanche et de silex pulvérisé. Le procédé en fut connu en France dès la fin du XVIe siècle. Il n’était plus nécessaire désormais de faire usage d’un émail opaque pour masquer la couleur terreuse de la pâte de faïence commune. La faïence fine, blanche, dont on verra de purs échantillons dans le pavillon Sue et Mare, n’est revêtue que d’un vernis vitro-plombique, lequel fournit une glaçure transparente. Les perfectionnements que, vers 1760, Josiah Wedgwood apporta à la fabrication de cette céramique firent de cette faïence fine un article à tel point anglais que la plupart de nos contemporains l’appellent encore faïence anglaise.

Dans la même catégorie des poteries à pâte dure, opaque, argilo-siliceuse, sont encore les grès-cérames. Il y a des grès communs et des grès fins, selon la pureté de l’argile employée. Quant au décor, aux grès flammés, c’est plus loin qu’il en sera question.

Enfin, dernière catégorie, les poteries à pâte dure et translucide : la porcelaine.
Avant de fabriquer la porcelaine dure, l’Europe a fabriqué la porcelaine tendre, la pâte tendre — facilement rayable au couteau.
Les Chinois sont les inventeurs de ce procédé prestigieux dont ils gardèrent très longtemps le secret. La vogue des porcelaines de la Chine fut très grande, chez nous, au XVIIe siècle. On imaginait à plaisir sur le thème des mystères de leur fabrication. La pâte, assurait-on, était formée de coquilles d’œufs que l’on laissait fermenter durant des siècles. Et l’on attribuait à la porcelaine les qualités les plus merveilleuses, notamment celle de révéler la présence du poison.

Dès 1673, on fabriquait, à Rouen, la pâte tendre.

A Sèvres, un siècle après, commençait la mise en œuvre du secret de la pâte dure.

Cabinet de toilette, Ruhlmann
Cabinet de toilette, Ruhlmann

La critique détaillée, pièce par pièce, des travaux céramiques présentés à l'Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes eût été une entreprise à peu près impossible. On a préféré vous donner le moyen de saisir à travers cette pléthore quelques indispensables fils conducteurs. II importe donc d’examiner premièrement si le potier a su ou non tirer parti des qualités de la matière, et si l’usage assigné â l’objet convient à celui-ci.

De même, le décor d’une pièce ne dépend pas uniquement de la fantaisie de l’artiste. Le feu, ici, est le collaborateur indispensable.

Dans le premier secteur de la classe II, au Grand-Palais, voyez les services de table et de toilette, les vases et articles divers en faïence fine, de MM. Boulenger et Cie ; les produits, abordables, des faïenceries de Longwy ; les porcelaines de M. Bocquillon ; les artistiques poteries vernissées de M. Jean Besnard, de M. Floucault, de M. et Mme Massoul, de M. Barbou Job.

Pavillon de l'URSS, porcelaines des manufactures de l'état
Pavillon de l'URSS, porcelaines des manufactures de l'état

Les magasins du Printemps, dans le second secteur, présentent un ensemble qui, de la faïence fine aux produits stannifères, est d’une charmante distinction.; la porcelaine est représentée dans ce même secteur par les envois de MM. Haviland et Cie, Théodore Haviland, Fourmaintraux ; les grès, par ceux de MM. Renoleau, Lourioux, Devoucoux, Greber ; les faïences et poteries vernissées, par ceux des Faïenceries de Sarreguemines, de Mlle Ray, de MM. Harant, Lusca, Ruepp, Fan et Guillard, Jean Luce, Mlle Jouin, M. Godin, Mlle Hélène Heiligenstein Chatrousse, Mme Aries Thiébaut, M. Desforges-Naudot, MM. Avenard, Ballon, Guinard, Nicolle, Molin, les Faïenceries de Pierrefonds, M. Elchinger. M. Serre.

Porcelaines de Rouard
Porcelaines de Rouard

Troisième secteur : les faïences, porcelaines et cristaux de M. Géo Rouard, les faïences stannifères et poteries vernissées de M. Henriot, les porcelaines de M. Achille Bloch, les faïences bretonnes de MM. Verlingue, Bolloré et Gie, et les Daum, les Catteau, les Butbaud, les Lachenal, les Goupv, les Decorchemont, les Maysdon, les Simmen, les Rumèbe.

Service à café, Sue et Mare
Service à café, Sue et Mare

Dans les quatrième, cinquième et sixième secteurs, nous signalerons enfin Aille Bertzeff, M. Nicolle, le curieux jeu d’échecs, en grès, de M. Baille, les poteries vernissées de Mme de Saint-Germain, MM. Samara, Clain, Robj, Decupper-Delvaux, Relier et Guérin, Louis Neveu, Cytère, et les faïences sous émail du stand “ Céramique de Provence ”.

A travers l’Exposition, voici, sur le pont Alexandre-III, dans la boutique de MM. A. A. Hébrard et Cie, des terres émaillées de M. Guino, des Methev ; dans la boutique 23 A — celle de l’Acropole — MM. Fau et Guillard, Rumèbe, Gandais, Chaumeil, Dalpayrat, Lachenal font une exposition qui, à elle seule, justifierait de longs développements.

Céramiques de Haarlem
Céramiques de Haarlem

Sur l’Esplanade, dans le vestibule du pavillon Primavera, remarquables pièces céramiques par M. Cl. Lévy et Mme Songez ; dans le pavillon A. Goldscheider, les collaborateurs de " la Stèle ”, et MM. Jean Besnard, H. Cazaux, Cochet-Ewald-Kohler, Guénon, Guinard, sous le contrôle artistique de M. Marcel Temporal. Dans la chambre de dame du pavillon de la Maîtrise, l’élégant service à déjeuner de Tchermiak, exécuté par Bouillet et Bourdelle ; les pigeons en faïence fine, de J. J. Adnet, exécutés par la Faïencerie de Montereau ; dans la salle à manger, le service de table de MM. Harang et B. Bonnet, exécuté par M. Ahrenfeldt (faïences) ; dans le salon de thé du premier étage, porcelaines de M. Haviland ; les services de table par MM. Maurice Dufrêne, Adnet frères, Bonifas, Chevalier, Mme de Andrada, Mlle Maisonnier, MM. Ayme-Catteau, Isol, Marchand, exécutés par les faïenceries de Montereau, de Kéramis, Fau et Guillard; les grès de MM. Maurice Dufrêne, C. Godefroy, exécutés par M. Lourioux, Dalpayrat ; et ceux de M Lourioux lui-même.. Sur la terrasse de la gare, la boutique n° 2, celle de M. Jean Luce (services de table et principaux objets de fantaisie en porcelaine ou faïence) mérite une attentive visite, ainsi que la boutique n° 9, celle de la Société Cusenier, où vous verrez les porcelaines de M. Raoul Lachenal, des grès de M. René Herbst. Les pavillons de la Manufacture Nationale de Sèvres font l’objet d’un article spécial — qu’ils justifient. Dans le Pavillon de la Société de l’Art appliqué aux métiers, voyez les vaisselles de M. G. Rouard, d'après les modèles de M. Goupy, le service de fumeur par M. Fourmont. Dans le pavillon Lyon-Saint-Etienne, la statuette La Soie, en grès de MM. Fau et Guillard, par M. Marcel Renard. Dans le pavillon Sue et Mare, les bas-reliefs en terre cuite vernissée de MM. Paul Véra et José Martin ; dans les vitrines, faïences fines. Et les degrés du pavillon Lalique, exécutés sur les dessins de celui-ci par la Manufacture Nationale de Sèvres. Dans le pavillon des Artisans français contemporains, les terres vernissées et les faïences de M. Rouard, les porcelaines de H. Théodore Haviland. Dans la galerie de la Cour des Métiers, les grès de M. Louis Lourioux pour le petit salon de l’Ambassade française ; les faïences de M. Henri Rapin pour la salle à manger, éditées par les Manufactures de Creil et Montereau. Dans la galerie 1-67— l’Intimité — voir, pour la salle de musique, les porcelaines de AI. Jean Luce ; dans le fumoir et la salle de culture physique, les terres vernissées de M. Lachenal. Dans les salles Roux-Spitz, les faïences stannifères de M. Etienne Avenard, de M. Edouard Cazaux, de M. Marcel Goupy ; les émaux de M. Lucien Hirtz ; les terres vernissées de MM. Jean Luce, Georges Seré, Aime et M. Alassoul, M. Fernand Rumèbe ; dans la chambre d’enfant, celles de Mlle Julia Ariès Thiébaut. Dans la galerie 1-35 — des ensembles mobiliers—les terres vernissées du potier Cazeaux, les porcelaines de Haviland, pour le stand de M. Sormani-Charles Thiébaux.

Service de Rouard
Service de Rouard

Sur le Cours-la-Reine, dans le pavillon Berry-Nivernais, les faïences et porcelaines, d’un savoureux caractère régional, par MM. Albert Blot, Cirot, Gontier, Pillivuyt, Taillemite, A. Vincent ; les grès flammés de MM. Denest et Balichon, Pointu, J. Massé. Les porcelaines de grand et de petit feu du pavillon Clos-Normand, de L. H. Radiguet ; les porcelaines, les faïences, les grès, les terres cuites émaillées de verre, de M. Léon Hermant ; la potiche et les quatre plats décorés d’émaux, de Mlle Fernande Ferrand ; dans le jardin, les grands vases, terre cuite émaillée, de M Ch. Valin. Dans le pavillon du 7e groupement économique régional — siège à Limoges — les porcelaines, les faïences, les émaux de MM Charles Ahrenfeld, Balleroy, Chabrol et Poirier, Charles et Serpaut, Haviland et Cie, Théodore Haviland, Robert Haviland, A. Lanternier, F. Legrand, Martin et Duché, Michelaud frères, François, Magne, Bonnet, Touze, Lemaire frères, Blancher, Beulé, Reboisson, Parot, Pascaud, Louis Queyroix, Renauleau, Bonnaud, Fauré, Issanchon, Jouhaud, Marty, Peltan, Sarlandié et Mlle Jeanne Soubourou.

Céramiques hollandaises
Céramiques hollandaises

Dans le pavillon R-48 A — les Editions Albert Morancé — faïences de M Jean Luce. Dans le pavillon de la Halte-Relais pour tourisme automobile, gaies faïences de M Etienne Marie. Dans le pavillon du Commissariat général, grès de M Raoul Lachenal.

Sur le Cours Albert-Ier dans le pavillon de l’Art en Alsace, les grès de M. V. Schmitter, les faïences de M Elchinger, les porcelaines à feu de MM. Morlent et Saintville; dans le pavillon de la Pharmacie et son laboratoire, les faïences de MM. Cochet, Ewnald et Kohler...

Céramiques d'Antibes, Jacques Auhlet
Céramiques d'Antibes, Jacques Auhlet

C’est dans cette classe, en somme — et celle du verre — et en dépit de très nombreuses “ pièces uniques ” que se trouve le plus près d’être réalisée la plus haute signification sociale qu’aurait dû généralement revêtir l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes : celle d’une possible victoire de l'humanité sur la machine.

Assiette de Jean Luce
Assiette de Jean Luce
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Les forces de la nature captées et domptées par la science, c’est le grand fait nouveau de notre temps ; il nous détermine, il agit sur la destinée de chacun de nous ; un tisserand dirait que la trame de nos jours a pour support inéluctable cette chaîne... Mais le machinisme a fait peut-être aux hommes, depuis un siècle, plus de mal que de bien.

Porcelaine de l'URSS
Porcelaine de l'URSS
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L’art décoratif ne devient art industriel que lorsque le travail d’un artiste se trouve, par usinage, reproduit nombreusement, " en série ”, Nombreux sont, je le répète, dans les pavillons et les boutiques de l’Esplanade, du Cours-la-Reine, du quai d’Orsav, du cours Albert-Ier, et dans les stands du Grand-Palais, les " pièces uniques ”, Mais il y a quand même tendance à renoncer à cette conception des anciens âges pour rechercher de préférence les plus efficaces moyens de diffuser les œuvres de beauté -— et ce, par la machine, appelée enfin à enchanter la vie des humbles plutôt que de continuer à l’assombrir, l’empoisonner et la détruire.

Sue et Mare
Sue et Mare
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Sue et Mare
Sue et Mare
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Sue et Mare
Sue et Mare
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Il conviendrait pourtant de ne point s’enthousiasmer trop vite. Il y a bien " tendance” et “ victoire possible”, non point victoire remportée ni besogne accomplie. Nous n’en sommes — et c’est déjà beaucoup — qu’à l'affirmation de principe. Exaltons ce principe, susceptible, si nous parvenons à l’introniser dans le domaine des faits, de valoir à notre siècle une gloire plus belle que celle du Grand Siècle, parce que rehaussée de magnanime altruisme. Voyez Versailles : c’est ici la plus haute expression de l’art de Cour ; l’élite de la nation au service d’un seul, ou du souverain entouré de quelques privilégiés ; hors de là, misère et laideur. L'Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes pourrait bien annoncer la naissance de ce style que la démocratie, jusqu’aujourd’hui, paraissait incapable de jamais produire.

Céramique de Madelaine Songez, Claude Lévy et Olesiewicz, Primavera, éditeur
Céramique de Madelaine Songez, Claude Lévy et Olesiewicz, Primavera, éditeur
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Je m’abandonnais à ces réflexions mi-optimistes, mi-chagrines, en quittant — harassé — le Grand-Palais, ma besogne accomplie. Et je me souvenais aussi d’un article que Renan, jeune encore, écrivit lorsque s’ouvrit à Paris la première Exposition internationale. Il disait, en conclusion :
« Le but ne MM. les exposants n’eût pas été précisément atteint si tous les visiteurs, avaient été assez sages pour dire en sortant : « que de choses dont je peux me passer...»

Assiette de Jean Luce
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Porcelaine de l'URSS
Porcelaine de l'URSS
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