La maroquinerie

Paris 1925 - Arts, design, fashion, shows
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worldfairs
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La maroquinerie

Message par worldfairs » 14 févr. 2020 01:19 pm

Texte de "L'art vivant" de 1925

Les produits charmants de la maroquinerie composent la classe 9 du deuxième groupe. Une galerie spéciale leur a été réservée dans le Grand-Palais, rationnellement aménagée, derrière la Salle des Congrès, par l’architecte-décorateur A. Domin. Ils sont aussi à travers toute l'exposition, dans les pavillons, les stands, les boutiques, où ils jouent le rôle, parfois essentiel, du détail imprévu, de la note fantaisiste, du « rien » qui fait valoir tout un ensemble.

En dehors d'une renonciation générale, réglementaire et peut-être provisoire, à l’imitation de style, deux tendances caractérisent la production de 1925, tant en tabletterie, maroquinerie qu’eu architecture par exemple. D’une part, on voit le décorateur se contenter de mettre en valeur, discrètement, les seules qualités appartenant à la matière ; d'autre part, on ne s’interdit pas l'ornementation de celle-ci, par incrustation, intervention de petit fer, sculpture, enluminure, adjonction de menues pièces de métal, voire de plumes. A signaler, aussi, que les matériaux les plus précieux sont les seuls employés.

Sac de voyage, Hermès
Sac de voyage, Hermès

L’importance du cuir fut telle, autrefois, que les Chinois avaient cru devoir attribuer à un empereur l’invention du travail de cette matière dont les hommes ont dû faire leur premier lit comme leur premier vêtement, puis des armes, des cuirasses (le nom l’indique), des meubles, des tentures, des reliures; de gaines, des chaussures.

Les sacs à main sont les plus nombreux — comme de juste. Car ne sont-ils pas, aujourd’hui, le nécessaire complément de la robe sans falbalas ? Il fut un temps ou l’élégance sortait sans pochette de cuir, sans sac de soie, sans « vanity case » d'aucune sorte : alors, une voilette lui adoucissait les traits et, de ses mains étroitement gantées, elle retenait la lourde ampleur de ses robes majestueuses. La complexité des lignes de la toilette permettait d’ailleurs de dissimuler une ou plusieurs poches où pouvaient se glisser sans inconvénient le mouchoir, le flacon de sels, les épingles, voire le bâton de rouge.

Sac avec fermeture automatique, Hermès
Sac avec fermeture automatique, Hermès

Il en est pour chaque toilette et pour les goûts les plus divers. Telle dame éprise de correction peut s’en tenir à la moire à fine monture, ornée d’un chiffre discret ; une autre, plus amie de la couleur, peut se plaire à manier une grande pochette à dessins cubiques et bariolés. Et il y a toute la gamme... Toutes les teintes, toutes les formes sont admises, pourvu qu’elles restent dans la note de la toilette, s’harmonisent avec les autres accessoires, tels que le gant, l'en-cas, le tom-pouce, l’écharpe de batik. Nous retrouvons là les cuirs les plus fins, les soieries les plus riches, les velours frappés, les brocarts, les lamés, les rubans, les plumes, la mousseline, l’ivoire, la nacre, les pierres précieuses.

On a accusé la mode actuelle d’être trop facile et trop uniforme. Ou avait tort. Si la ligne générale est relativement simple, le problème de l’adaptation individuelle n’en est que plus difficile à résoudre élégamment ; il importe de savoir choisir les accessoires avec un raffinement de goût par quoi s’exprime tout le charme d'une personnalité. Il n’est que juste de rendre grâce à cette mode qui a permis aux artistes et aux fabricants de présenter, au lieu d’articles dits classiques, monotones, des fantaisies, des nouveautés qui pourraient. bien finir par signifier une rénovation totale, jusque dans les moindres détails, des industries artistiques françaises.
Vous irez donc voir, au Grand-Palais, les envois de M. Louis Vuitton, sobres de ligne, laissant toute sa saveur naturelle à la matière ; les sacs robustes, en cuir natté, de M. L. D. Germain ; les boîtes décorées de gouaches, de M. Malo-Renaut ; les sacs en perles, à ornements géométriques, de M. Lévy-Fribourg ; les merveilleuses laques, sur cuir et sur métal, de M. Jean Dunant!.; les sacs en soie, brodés, de M. Henri Alkan ; les brosses ingénieuses de M. Robert Maury ; les malles, pratiques, de M. Moynat ; les objets en bois, cossus, de M. Mafteux ; les brosses ivoirines et cubiques de M. Eriven ; les sacs or et argent, somptueux, d’un goût raffiné, de M. Héringfeld ; les brosses, ivoire et incrustations de nacre, de MM. Dupont et Cie ; les menus parasols en peau, de M. Hermès ; les peignes et diadèmes magnifiques de M. Auguste Bonaz ; les garnitures de bureau de MM. Roolf et Cie ; les peignes et miroirs du Syndicat d'Oyonnax ; les cuirs enrichis de décorations florales par Mlle Moulade ; les sobres et fuis nécessaires de toilette élaborés par M. Govard aîné ; les pièces de maroquinerie, hardies de couleur et souvent inédites de formes, de M. Jacob ; les calmes et distingués travaux de M. Félix Normand : les fantaisies néo égyptiennes de M. G. Israël; les produits hors pair de MM. Amson et fils, d’une impeccable qualité de travail ; voyez aussi les broderies et les nacres de M. Silberstein, les boites de M. Proffit., les ouvrages divers de Mlle de Félice marqués de distinction exquise.

Sacs de dames, Herinfeld
Sacs de dames, Herinfeld

A travers l’exposition, vous vous arrêterez également sur le pont Alexandre III, devant la boutique n° 10 A et les maroquineries de M. Ahitas ; plus loin, boutique de l’Acropole, signalons celles de Mlle Moullade, et celle de Francis Jourdain (boutique 33 S).

Sur l’Esplanade, dans le pavillon Arthur Goldscheider, les laques de MM. A. Brugier et J. Malfrey, les cuirs décorés de M. L. D, Germani, les ivoires de M. E. Raby ; dans le pavillon de la Maîtrise, un jeu de brosses en ivoire du même M. E. Raby, ainsi que divers bibelots ; dans le pavillon Studium-Louvre, les panneaux de laque de M. Pierre Deniaria ; dans le pavillon I-40 (Société de l’Art appliqué aux Métiers) la décoration en nacre de M. Lebourgeois pour la « Chambre de Monsieur » ; dans le « grand salon » les marqueteries de nacro-laque Paisseau ; dans le pavillon du collectionneur (Groupe Ruhlmann) le sous-main de M. Kieffer, pour le bureau ; dans le pavillon Fontaine, le dallage en terrazolith composé par MM. Sue et Mare ; dans le stand 57 de la galerie Université-Constantine, les brosses de M. Louis Vuitton ; dans la Galerie O-145 (quai d’Orsay) les laques de M. Jean Dunand pour la décoration du salon et de la chambre de grand luxe d’un paquebot de la Compagnie Générale Transatlantique ; dans le pavillon Berry-Nivernais (Cours-la-Reine), les maroquineries de M. H. Ydraud pour le bureau ; dans le pavillon voisin, celui du Clos-Normand, les marqueteries de M. Maurice Pronet et les ivoires de M. Georges Souillard fils pour l'ensemble «cabine-salon d'un yacht » ; sur le Cours-la-Reine également, dans le pavillon R-48 des Editions Albert Morancé, les plateaux de MM. Biscay et Cie ; sur le Cours-la-Reine toujours, le pavillon 54, pour la mise en œuvre, par l’architecte Patout, de la nacro-laque de Jean Paisseau — un produit nouveau à base d’acétate de cellulose et applicable en tabletterie, incrustation, marqueterie, etc., etc. Sur le Cours Albert-Ier, enfin, dans le pavillon A-120, « la pharmacie et son laboratoire », les brosses de MM. Dupont et Cie, et les pharmacies portatives de M. Viatrix.

Canne. Hermès
Canne. Hermès


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