Les artistes contemporains à Liège

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worldfairs
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Les artistes contemporains à Liège

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Texte de "Guide plan officiel - Liège 1939"

LA PEINTURE CONTEMPORAINE A LIEGE QUELQUES ASPECTS GENERAUX, par Henri J. MOERS

L'impressionnisme à son apogée a donné à Liège deux peintres dont l'œuvre a fortement marqué l'évolution de l'art et exercé sur les artistes qui ont suivi une durable influence. Il s'agit de Richard Heintz et d'A. de Witte.

La postérité spirituelle du premier doit se chercher particulièrement dans la multitude de paysagistes qui, à sa suite, entretinrent, dans le goût et dans la vision du public, une certaine façon de comprendre, de sentir et regarder l’Ardenne ; la fougue et l'audace de Heintz avaient emporté de si enthousiastes adhésions, après s'être heurtées aux habituelles hésitations et réticences, que le courant créé par cet étonnant artiste n'est pas encore ralenti; mais si ce courant garde de l'ampleur, il n est plus guère profond; comme il arrive de toute veine intensivement exploitée, ses produits, pour rester abondants mêlent à la richesse initiale trop de déchets appauvrissants.

Plus large, plus diverse et plus ferme fut l’influence de de Witte. Servi par une science peu commune du dessin, doué d'une sensibilité raffinée, de Witte, à qui la consécration parisienne et, dès lors, une vaste renommée commençaient à faire signe, revint à Liège où l'appelait un poste vacant de professeur à I Académie des Beaux-Arts. L’empreinte qu’il a laissée sur les tendances et sur l’enseignement de l'école n’est pas effacée; les multiples révolutions de ces dernières quarante années, dans le domaine des arts, ont passé à côté de l’Académie des Beaux-Arts de Liège, n'y pénétrant que de biais et pour ainsi dire en contrebande; même éloigné par l’âge de l’enseignement actif, de Witte ou, plus exactement, cet impressionnisme dont il avait été et dont il resta jusqu'à sa mort un des grands serviteurs et un admirable représentant, continua à dominer l'enseignement officiel de la peinture à Liège.

Il est au demeurant incontestable que, dans la génération qui suivit celle de de Witte, on peut compter quelques peintres de valeur fidèles aux idées fondamentales de l'école et que l’on rangerait parmi les artistes dits « postimpressionnistes ». Il faut, a ce propos, nommer Adrien Dupagne, dont le talent, depuis vingt ans, n’a cessé de s'épanouir pour donner, à l'art liégeois de la peinture, une contribution d'une vigueur et d'une sapidité remarquables.

Cependant, alors même que l'impressionnisme, à l’Académie des Beaux-Arts de Liège, régnait encore en maître incontesté, déjà, parmi quelques-uns des jeunes élèves fréquentant l’institution, on pouvait observer l'apparition d'idées nouvelles, un détachement, encore mal assuré, mais visible, à l’égard de la religion établie. Les maîtres ne décourageaient point les velléités d'indépendance de leurs disciples; un détail le montrera; le signataire de ces lignes eut récemment l'occasion, à l’atelier d'Edgar Scauflaire, d’examiner l'esquisse du tableau qui, il y a plus de vingt ans, valut à cet artiste, alors jeune élève de l’Académie des Beaux-Arts, le « prix de composition »; cette esquisse montre Scauflaire rompant avec l’impressionnisme de ses professeurs.

La grande et belle liberté spirituelle qui caractérisait la maison de la rue des Anglais avait pour premier et heureux résultat de lui donner une vie pleine d'exaltation et riche de promesses. Quelques-unes de celles-ci se réalisèrent, au cours des ans, et enrichirent Liège, notamment, de l'extraordinaire artiste qui a nom Auguste Mambour.

Ce n'est pas un simple hasard si ces deux noms, celui de Mambour et celui de Scauflaire, surgissent à l'esprit dès qu'on s'interroge sur les aspects que manifesta, à Liège, l’éloignement de quelques peintres pour l’impressionnisme. Scauflaire et Mambour, inconciliables avec l’impressionnisme, sont, de surcroît, inconciliables entre eux.

Le classicisme formel d’un Mambour et la rêveuse sensualité d’un Scauflaire n’ont point de commune mesure. Ils ne se touchent nulle part ni ne se comparent. Mais, dans leurs noms, se résument ou se personnifient à Liège les deux tendances principales qui succédèrent, sans en hériter, à l’impressionnisme., souverain aux premières années du siècle.


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