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worldfairs
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Message par worldfairs » 19 nov. 2016 10:57 pm

Texte extrait d’un CD de Expo 2000 Hannover – L’histoire des Expositions Universelles

- La reine Victoria dans son journal intime à propos du jour de l'inauguration :
Cette journée est une des plus grandes et plus glorieuses de notre vie, journée qui sera à tout jamais associée au nom d'Albert, mon bien aimé, et qui fait ma joie et ma fierté!
C'est une journée qui remplit mon coeur de reconnaissance. (...) La vue sur le transept à travers les portails de fer, les palmiers ondoyant au vent, les fleurs, statues, les myriades de gens qui occupaient les galeries et les sièges et les sonneries des clairons lorsque nous entrâmes : tout cela nous donna un sentiment que je n'oublierai jamais.
J'étais très émue. (...) Lorsque nous avançâmes vers le milieu, là où se trouvaient l'escalier et le trône ( sur lequel je n'étais pas assise ) - juste devant nous la magnifique fontaine de cristal - un spectacle merveilleux nous attendait - grandiose, glorieux et touchant. On se sentait - comme aussi beaucoup d'autres personnes avec qui j'ai eu entre-temps l'occasion de parler - rempli d'un sentiment de recueillement, plus fort que lors de toutes les messes auxquelles j'avais assisté jusqu'alors. Les ovations impressionnantes, le bonheur sur chaque visage, les dimensions incroyables du bâtiment, le mélange de palmiers, fleurs, d'arbres, de statues et fontaines, l'orgue ( qui, avec 200 registres et 600 voix donnait un son jamais entendu ) et mon époux chéri, l'initiateur de ce "festival de la paix" réunissant les efforts de toutes les nations du globe - tout ceci était vraiment émouvant et ce fut, et est encore, une journée que l'on voudrait voir durer toujours. Que Dieu bénisse mon cher Albert, que Dieu bénisse mon pays chéri qui s'est aujourd'hui distingué aussi noblement. On se sent tellement reconnaissant envers Dieu qui semble nous bénir et être présent partout et dans chacun.


Lothar Bucher
Notes historico-culturelles sur l'exposition industrielle de toutes les nations (1851) :Le Palais de Cristal de M. Paxton : La beauté - souvent citée et contestée - du bâtiment dans lequel nous nous déplaçons, réside à mon avis dans le fait qu'il est impossible, avec les matériaux utilisés, le fer et le verre, de mieux remplir que Joseph Paxton l'objectif donné, bien particulier. (...) Devant nous un réseau filigrane de lignes symétriques, mais sans repère quelconque qui nous permette d'apprécier sa distance de nos yeux ou les dimensions réelles de ses mailles. Les murs latéraux sont bien trop éloignés pour que nous puissions les saisir d'un seul regard et au lieu de parcourir des yeux un mur en face de soi, l'oeil suit une perspective montante, dont la fin disparaît dans des effluves bleues.
Nous ne savons pas si le bâtiment plane à cent ou mille pieds au dessus de nous, si le plafond est plat ou formé d'une multitude de petits toits parallèles; car il manque toute projection d'ombre, qui aide normalement l'âme à comprendre l'impression que le nerf optique nous envoie. Si nous laissons glisser lentement le regard vers le bas, nous voyons les supports ajourés peints en bleu, tout d'abord dans des espaces éloignés, puis se rapprochant de plus en plus, puis se superposant pour être ensuite interrompus par un trait de lumière brillant et s'estomper enfin dans un fond lointain où disparaît tout ce qui est corps, même la ligne, et où ne reste que la couleur. Nous ne nous pouvons nous orienter aux murs latéraux que si, parmi tous les tapis, tentures, fourrures d'animaux, miroirs et mille autres draperies, nous cherchons une colonne seule, détachée des autres - si élancée qu'elle semble être là non pas pour soutenir, mais pour satisfaire le besoin de l'oeil de trouver un support. Le trait de lumière qui interrompt la rangée de perspectives des colonnes, c'est le transept.
Si je nomme ce spectacle incomparable, féerique, il ne s'agit là que de l'emploi sobre de la langue. C'est en vérité le fragment d'un songe d'une nuit d'été sous le soleil de midi.
Pour tout savoir sur les expositions universelles et internationales.
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