L'Exposition Universelle de 1889 de Léon Malo

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L'Exposition Universelle de 1889 de Léon Malo

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Exposition universelle de 1889
Auteur: Léon Malo
Imprimeur : Imprimerie du Salut Public
Année de sortie : 1890
Langue : Français
Pages: 292

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Introduction de Léon Malo:

Le livre que voici semble venir après l'heure. L'Exposition est close depuis six mois. Des splendeurs quelle a déployées aux yeux de l’univers accouru, il ne subsiste guère que des impressions confuses, à demi effacées par le lointain. On aperçoit bien encore, à la place où elle étalait ses indescriptibles trésors, je ne sais quels débris informes de bâtiments détruits, des plâtras ignobles, des carcasses de fer décharnées, au milieu d’un cloaque immonde, où les démolisseurs achèvent de dépecer son cadavre ; j'ai vu l'autre jour de mes yeux cet odieux spectacle; mais la grande lueur est éteinte. L'Exposition de 1889 n’est plus désormais qu’une date glorieuse dans la vie industrielle et artistique de la France, comme l’année dont elle célébrait le centenaire, malgré ses taches sanglantes, en fut une mémorable dans l'histoire de nos libertés.

Cependant, tout n'est pas dit sur elle. Si sa dépouille mortelle, obéissant à la loi de décomposition finale de toute chose, a matériellement disparu, une trace immatérielle et lumineuse en est restée. L’enseignement quelle a donné a survécu; il est demeuré actuel et, seulement à cette heure peut-être, commence à porter ses fruits.

Telle était, en effet, l’immensité du festin que bien peu de ceux qui s y sont attablés ont tenté de s'y nourrir sans en étouffer. Quelles que puissent être la bonne volonté des convives, leur lucidité d'esprit, la solidité de leur tête et la vigueur de leurs jambes, il n’en était guère qui fussent de force à digérer la millième partie des mets offerts à leur appétit. Le cerveau surmené acceptait ces aliments à regret, sans nul bénéfice pour l'étude. Les connaissances les plus disparates, recueillies à la course, devaient être accumulées dans toutes les cases de la mémoire, sans mesure et sans ordre, comme un butin trop abondant qu’on empile à la hâte, quitte à revenir le classer dans les moments de loisir.

A la longue seulement, le temps et la réflexion aidant, le triage et le classement ont pu se faire. Peu à peu, chacun a retrouvé, éparses dans son souvenir, les impressions endormies, qui, réveillées et tirées au jour, ont donné la notion précise et la sensation vraie des choses à peine entrevues dans le tumulte du premier moment. Ce serait tout au plus un paradoxe de dire que l'Exposition n’a été bien vue que depuis quelle est fermée.
Grâce à des circonstances exceptionnellement favorables, l’auteur de ce livre a pu la visiter avec plus de calme et d'assiduité que beaucoup d'autres ; il lui a été permis d’en faire ainsi une étude plus approfondie et moins fiévreuse. Il en a profité pour noter, au jour le jour, ses observations avec une tranquillité d'esprit relative et conserver sur le papier des souvenirs précis que, talonné par le temps, il se fût contenté, comme les autres, de loger en tas dans son cerveau.

Ce sont ces notes que le Salut Public a publiées sous forme de lettres dans le courant de 1889 et que, sollicité par quelques lecteurs bienveillants, il a rassemblées dans le volume que voici.

L’auteur s est prêté avec une tendresse paternelle au repêchage de ces enfants éphémères, déjà disparus dans l'oubli. Il a vu dans cette résurrection un moyen d'aider à la reconstitution et au classement dont il était question tout à l’heure. Il a pensé que ce rôle utile suffirait peut-être pour leur refaire une actualité.

Ces notes ont été écrites, cela s’aperçoit à chaque page, dans l'emportement et dans la sincérité de l’admiration qu'inspirait la vue de tant de belles choses. L’auteur en les relisant, s’est bien gardé d’en éteindre, ou même d’en atténuer la vivacité; car, plus encore aujourd'hui qu'il y a six mois, cette admiration lui paraît méritée. Mais, s'il a lâché en plein la bride à son enthousiasme. on verra que cet enthousiasme a fait, quand il a fallu, place à la critique. Il a osé trouver des taches au soleil, et le dire. Si trop souvent sa compétence a été mise à défaut, il estime que son impartialité, du moins, n'a point failli.

Ces lettres ne sont d’ailleurs ni un compte-rendu scientifique, ni une critique d'art, ni une analyse didactique de !Exposition ; leurs ambitions sont plus modestes. C’est une simple promenade, entreprise par l'auteur pour sa propre instruction et sa propre distraction, où il a essayé de dire en se jouant des choses sérieuses, et d'où il s’est appliqué à bannir avec horreur l'ennemi-né de ces sortes d'écrits : l’ennui. Inutile. sans doute, d’ajouter que, ne pouvant embrasser qu'une faible partie de cet infini, c'est dans l'art et dans l’industrie de la région lyonnaise qu’il a préférablement choisi ses exemples, et, là, les exemples glorieux ne lui ont pas manqué.

L'auteur serait le dernier des ingrats si, en terminant cet avant-propos, il ne remerciait pas le Salut Public d'avoir si élégamment vêtu son œuvre pour la présenter dans le monde ; si l’habit ne fait pas toujours le moine, il lui nuit rarement. Avec une toilette comme celle-ci, un livre peut espérer être bien reçu partout.


Pour tout savoir sur les expositions universelles et internationales.
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