L'hygiène à l'Exposition Universelle

Paris 1889 - Innovations (techniques, transport ...)
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L'hygiène à l'Exposition Universelle

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Texte et illustrations de "La construction moderne - 6 juillet 1889"

L’Exposition de 1889 si grandiose d’ensemble et si amusante dans les détails, est aussi, comme nos lecteurs s'en sont déjà rendu compte par eux-mêmes, une des plus complètes et des plus instructives. Une des branches de la construction très à l’ordre du jour pour le moment et fort intéressante pour les architectes est particulièrement réussie: en visitant l’exposition d’hygiène installée à l’esplanade des Invalides on peut constater l’immense progrès réalisé chez nous dans les études d’assainissement, et on peut voir combien ces questions ont préoccupé depuis quelques années nos architectes et nos constructeurs.

L’exposition d’hygiène urbaine organisée en 1886 à la caserne Lobau par la Société de médecine publique et d’hygiène professionnelle avait indiqué à tous la voie à suivre, et avait prouvé quel intérêt nous aurions à profiter des exemples qui nous étaient donnés en Belgique, en Angleterre et aux Etats-Unis.

En 1886 nous étions tributaires de l’étranger et c’est hors de France que nous devions prendre nos modèles. L’exposition d’hygiène de 1889 nous prouve que les questions d’hygiène relatives à la construction sont aussi bien étudiées chez nous que partout ailleurs et nous fait voir de plus les très beaux résultats obtenus par nos industriels. Nous pouvons aujourd’hui regarder le chemin parcouru et nous dire, avec une satisfaction patriotique, que nous avons pris place à la tête du mouvement sanitaire et que, s’il nous reste encore bien des efforts à faire pour assainir notre pays, les idées des hygiénistes sont assez comprises et assez répandues pour que nous soyons en droit d’espérer avant peu d’années une grande diminution du chiffre moyen de la mortalité.

Le palais de l’hygiène a été construit en face de la Pagode d’Angor. La façade , précédée d’une fontaine monumentale, est surmontée de trois dômes très réussis. Elle est décorée par des ornements de couleur très voyante et ressemble up peu à un temple qui serait placé sous l’invocation de Moïse et de Mahomet dont on lit les noms au dessus de la porte principale. A droite se trouve le pavillon Geneste et Herscher, à gauche les eaux minérales.

La classe 64 comprend, à côté de l’hygiène de la maison, des expositions fort complètes d’assistance, de médecine publique et de démographie. Ces questions n’intéressent pas directement les lecteurs de la Construction moderne et nous sommes forcés de négliger toute la partie de l’Exposition qui s’adresse spécialement aux médecins.

Le constructeur et l’architecte trouvent dans la classe 64 tous les renseignements qui peuvent leur être utiles :
1° Sur la construction des appareils sanitaires.
2° Sur leur emploi et le drainage de la maison.
3° Sur le parti à prendre pour établir une construction dans les meilleures conditions hygiéniques.
4° Sur l’hygiène urbaine (égouts, épuration agricole, etc.).

C'est l’ordre que nous nous proposons de suivre dans cette étude rapide où nous nous attacherons plutôt à donner des exemples qu’à faire une nomenclature complète.


APPAREILS SANITAIRES

Réservoirs de chasse pour water-closet. — C’est la maison Doulton, dont l’exposition se trouve à la galerie des machines, qui a introduit en France les premiers réservoirs de chasse.

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L’appareil (fig. 1) se compose d'une cuve en fonte de 10 litres de capacité, contenant un tuyau droit, qui s’élève un peu au-dessus du niveau de l’eau, et une cloche actionnée par la chaîne de tirage. Quand on soulève la cloche on entraîne une rondelle qui glisse autour du tube, L’eau est
projetée dans l’entonnoir et le réservoir se vide sous l’action du siphon formé par la cloche et par le tube.

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Les appareils français qui sont seuls exposés au palais de F hygiène valent certainement le modèle anglais que nous venons de décrire. C’est la maison Geneste et Herscher qui a fabriqué, croyons-nous, les premiers réservoirs français (fig. 2). Le réservoir contient un siphon formé d’une cloche et d’un tube central dont l’extrémité porte une soupape maintenant l’eau dans le réservoir. Quand on soulève la cloche, l’eau traverse la soupape et entre dans le tuyau de chasse par un ajutage conique qui aspire très énergiquement l’air contenu dans la cloche. Il suffit de tirer un instant la chaînette pour que le siphon s’amorce. La partie mobile est bien guidée par l’ajutage conique, la course est faible ; aussi la soupape se referme-t-elle bien.

Un certain nombre de constructeurs font des appareils analogues où le système est fixe, Pour amorcer, on ouvre une soupape placée sur le côté, qui envoie dans h* siphon une partie de l’eau du réservoir. Au bout d’un certain temps, l’air est entraîné; on peut laisser retomber la- soupape et la chasse se produit par le siphon.

Il faut se défier de ces appareils, car la soupape est généralement mal guidée ; après un certain temps elle ne ferme plus complètement, ce qui cause des pertes d’eau et de fréquentes réparations. Il faut faire exception pour certains appareils qui, comme ceux de la maison Scellier, ont une soupape renversée fermant de bas en haut; la soupape est bien guidée et le fonctionnement est régulier.

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La maison Rogier Mothes a tenu à n’avoir aucune soupape dans son réservoir. Dans son appareil (fig. 3), inventé par M. Aimond, l’eau est retenue par une simple pression d’air. L’appareil se compose de deux doubles cloches emboîtées l’une dans l’autre. Quand l’eau monte dans le réservoir, elle comprime de l’air dans le deuxième espace annulaire. Le robinet flotteur est réglé avec soin pour se fermer un instant avant que l’air comprimé n’occupe tout cet espace et ne s’échappe dans le troisième anneau.

Le croquis indique quel est, au moment où le flotteur s’arrête, le niveau de l’eau dans le réservoir et dans les différentes parties de la cloche. On comprend facilement que si on vient à soulever la cloche supérieure, l’équilibre se trouve détruit. L’air s’échappe parle tuyau de chasse, et l’eau, n’étant plus retenue dans le réservoir par la présence de l’air comprimé, se précipite dans la cuvette.

Cet appareil est basé sur le même principe que les réservoirs de chasse automatiques de Doulton et de Geneste et Herscher; il est bien ingénieux et a surtout le grand avantage de ne contenir aucune soupape.

La maison Flicoteaux construit un réservoir très original qui présente les mêmes avantages. Il faut, pour l’employer, que la pression dans la conduite de distribution d’eau ne soit pas inférieure à 4 ou 5 mètres au-dessus du sol du water-closet.

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Le réservoir de chasse (Fig. 4) contient un siphon dont la longue branche aboutit à la cuvette et dont la courte branche s’ouvre au-dessus d’un petit ajutage relié par un tuyau de 20 millimètres avec la canalisation d’eau. Sur ce tuyau est intercalé un robinet d’arrêt à fermeture automatique. Si on appuie sur le bouton, l’eau de la conduite vient frapper avec force l’eau contenue dans la courte branche du siphon. L’impulsion de ce choc chasse l’eau dans la longue branche du siphon, et lâchasse se produit.

Signal uns encore parmi ces appareils de chasse un réservoir de la maison Herbet, où le siphon, formé d’un simple tube en U, est relié au départ du tuyau de chasse par un manchon flexible. Pour amorcer, on plonge simplement le siphon dans l’eau du réservoir. L’expérience nous dira quelle est la durée du manchon flexible.

Cuvettes de water-closets pour appartements. — Les cuvettes sanitaires sont maintenant fabriquées en France, avec autant de succès qu’en Angleterre. Le. grès et la porcelaine sont aussi bons, la forme est souvent meilleure.

Les céramistes français ont créé en quelques années la fabrication des appareils sanitaires, et c’est en partie à leurs efforts que nous devons les résultats que nous constations tout à l’heure.

A citer particulièrement : Rambervilliers qui a fait les premières cuvettes à siphon et Pouilly-sur-Saône qui expose dans un élégant pavillon des pièces d’un très beau grès, dont quelques-unes sont décorées au grand feu comme la porcelaine.

La Société formée par la maison Pillivuyt et par les principaux constructeurs de Paris expose aussi des pièces très remarquables comme qualité et comme exécution. Le grès de Mehun peut presque passer pour de la porcelaine.

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Les cuvettes exposées sont à bassin comme celle représentée par la figure 5, ou à chasse directe comme celles des figures 6 et 7. Le premier modèle retient toujours un peu d’eau dans la cuvette, évite toute souillure apparente; mais la chasse, en venant se briser contre la partie antérieure de l’appareil, perd une grande partie de sa force et nettoie le siphon d’une manière moins parfaite. Il peut se produire des obstructions, et dans certains cas des matières peuvent ne pas franchir le siphon et rester dans sa branche descendante. On ne les voit pas, mais elles n’en sont pas moins là.

Les cuvettes à chasse directe sont à effet d’eau plongeant comme celle représentée par la figure G, ou à chasse circulaire. Ce dernier modèle comporte un bourrelet faisant le tour de la cuvette et distribuant l’eau sur tout son parcours. Nous préférons les effets d’eau plongeants qui. lorsqu’ils sont bien conçus, laissent à la chasse plus de force pour nettoyer le siphon et qui en même temps lavent tout aussi bien la cuvette.
Les appareils dont nous venons de parler sont en deux pièces. On en fabrique un certain nombre où le siphon fait corps avec le bassin. Cette disposition permet de mieux étudier les formes du modèle pour ne pas briser la chasse et pour lui conserver toute sa force de nettoyage. La figure 4 contient un bon modèle de cuvette tracé dans cet esprit.

On fait aux appareils en deux pièces un autre reproche : le joint peut fuir et en tout cas la cuvette est moins stable. Pour répondre à cette objection, la maison Geneste et Herscher a fait construire à Rambervilliers une pièce où le bassin et la cuvette sont réunis par un joint de 10 centimètres de hauteur.

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hygienefig8.jpg (156.66 Kio) Vu 57 fois

Les Anglais fabriquent une cuvette où l’eau est retenue par une valve en caoutchouc. Au-dessous se trouve un siphon en céramique, en fonte ou en plomb. La figure 8 représente un de ces valves closets construits par Jennings. C’est une des maisons anglaises qui a le plus contribué au progrès de l’hygiène. Quand on tire une poignée de manœuvre, on lève la valve, et l’eau du bassin tombe dans le siphon pour le nettoyer. En même temps, on ouvre un robinet à fermeture lente, réglé pour envoyer dans la cuvette une quantité d’eau suffisante pour la remplir jusqu’à un certain niveau. La figure 9 donne le détail de ce robinet. Quand on l’ouvre, on fait pénétrer par une petite soupape une certaine quantité d’eau derrière la soupape principale. On abandonne le robinet, le ressort tend à le fermer, mais la fermeture n’est pas possible tant qu’il reste de l’eau derrière la grande soupape. Cette eau est forcée de traverser un orifice réglé par une vis et, en tournant plus ou moins cette vis, on peut faire varier la quantité d’eau débitée par le robinet.

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Les valves closets sont des appareils délicats et compliqués dont on ne peut recommander l’emploi ; la chasse est mauvaise et bien souvent le siphon n’est pas nettoyé.

Une maison française, la maison Havard, a fait un appareil du même genre mais il est relativement plus simple.


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Texte et illustrations de "La construction moderne - 13 juillet 1889"

Sièges pour water-closets. — La disposition la plus mauvaise que l’on puisse prendre pour faire un siège de water-closet est incontestablement celle qui a été suivie en France jusqu’à ces dernières années. L’ancien siège, construit Comme s’il ne devait jamais être démonté, constitue une boîte fermée qu’il est impossible de nettoyer et d’aérer. Au moment de la construction, le menuisier no prolonge jamais son parquet jusqu’au fond du water-closet. Les ouvriers jettent dans ce coin obscur tous les détritus qui les gênent. C’est par-dessus ce tas d’ordures et d’immondices qu’on vient poser un beau siège avec lambris. Et si plus tard il se produit une fuite d’eau ou une obstruction dans le tuyau de chute, le sol peut encore être souillé à l’intérieur du siège. On établit une chute avec des joints étanches; on prend des appareils à siphons bien lavés par une puissante chasse, mais souvent on pourrait dire, sans grande exagération, que la cuvette de water-closet est plongée dans une petite fosse.

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Un siège bien établi doit se composer d’une simple tablette avec charnière près du mur. de manière à ce qu’il soit possible de la relever. On peut ainsi se servir de la cuvette, soit comme de vidoir, soit comme d’urinoir. Tout au plus est-il possible d’admettre une boîte rectangulaire à quatre parois, glissant sur le sol et fixée au mur par quatre vis. L’installation peut d’ailleurs se compléter par des accotoirs fixés aux murs latéraux.
Voici un siège formé d’une seule tablette et présentant une disposition particulière (fig. 10). La partie antérieure est ouverte, ce qui évite qu’elle soit souillée par l’urine, lorsqu’on a oublié de relever la tablette. De plus, quand on est assis sur le siège, cette disposition évite des contacts qui peuvent être des causes de contagion.

Suivant l’exemple d’Hellyer, la maison Poupard a été plus loin dans cette voie. Dans son appareil demi-commun, le siège est remplacé par deux pièces en bois de 2o centimètres de long qui sont fixées à droite et à gauche sur le rebord de la cuvette par des petites vis en cuivre.

La maison Geneste et Herscker fait pour ses cuvettes des couronnes en ébonite qui n’ont que 7 à 8 centimètres de large, et qui épousent exactement la forme de l’appareil. L’ébonite est imperméable, imputrescible, et il est facile de nettoyer ce siège par un simple lavage. La maison Doulton a suivi cet exemple pour ses modèles.

Water-closets communs. — Il est bien regrettable qu’on ne puisse suivre complètement la théorie émise par le professeur Vallin dans son beau traité de la désinfection. Il est certain qu’un water-closet où tous les visiteurs sont forcés de s’asseoir n’aura jamais son sol souillé par les urines, n’exhalera aucune mauvaise odeur et par suite sera théoriquement parfait. La propreté sèche, préconisée par l’éminent rédacteur en chef de la Revue d’hygiène, est un but que tous les constructeurs désireraient atteindre. Mais dans bien des cas, les gens à qui les water-closets communs sont destinés ont une façon de protester qui force l’architecte à céder.

La question du water-closet commun est certainement des plus intéressantes et beaucoup de praticiens attendaient l’exposition d’hygiène pour se faire une opinion.

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La maison Doulton a fait faire, il y a quelques années, un progrès immense à la question en créant le modèle représenté par la figure 11. La cuvette est à moitié engagée dans le sol et elle est recouverte d’une très belle pièce en grès, qui dépasse de 30 centimètres le niveau du siège. L’ensemble est d’un très bon aspect, le grès est solide, et les dimensions sont bonnes. Cet appareil a permis de remplacer avantageusement les anciennes trémies en ciment ou en ardoises.

Il reste pourtant deux défauts graves : en cas d’obstruction dans le système, il faut souvent déposer complètement l’appareil, ce qui est difficile et cher : de plus, quelle que soit la position du visiteur, l’urine tombe forcément sur le sol.

Le dessus de siège de Doulton a été imité par presque tous les céramistes. D'autres constructeurs ont fait des dessus de siège en verre, en ardoise émaillée ou en marbre. Dans cet ordre d’idées, il faut citer l’exposition de la maison Monduit, bien qu’il y ait à lui reprocher d’avoir fait un de ses sièges en ardoise, oubliant que cette matière était perméable.

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La maison Flicoteaux expose une nouvelle cuvette en fonte émaillée, donnée figures 12 et 13. La sortie se fait sur le devant de l’appareil, ce qui permet d’installer à la couronne du siphon un grand regard par où on peut faire disparaître toutes les obstructions, qu’elles se présentent dans la chute ou dans la branche ascendante du siphon.

De plus la cuvette porte un bec allongé comme celui d’un urinoir et recueille ainsi la plus grande partie des liquides. Le dessus du siège est en fonte inoxydée, inattaquable aux eaux vanne.

La maison Poupard expose un appareil en fonte émaillée. On s’est surtout préoccupé de tenir propre le dessus du siège. C’est la cuvette elle-même qui se prolonge et s’évase pour former trémie et la chasse est disposée pour tout entraîner dans le siphon.

Cet appareil remédie à un inconvénient très sérieux que l’on rencontre dans la plupart des appareils.
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Texte et illustrations de "La construction moderne - 3 aout 1889"

La maison Geneste et Herscher expose des installations fort bien comprises d’appareils communs.

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Le modèle représenté par la figure 14 se rapproche un peu du type Doulton. La cuvette engagée dans le sol est surmontée d’une grande trémie en grès. Mais, devant le siège est installé un terrasson qui conserve toujours une certaine quantité d’eau.

Sur le tuyau de chasse est piqué un petit tuyau qui à chaque usage renouvelle le contenu du terrasson. Ce dernier est protégé par une grille mobile en fonte.

Avec cette disposition, les urines qui tombent hors de la cuvette sont diluées dans une grande quantité d’eau et sont évacuées dans les conduites au bout de peu de temps. Ce procédé est très efficace pourvu que de temps en temps on nettoie avec soin la grille et le terrasson. En effet, il faut éviter avant tout que le siphon de surface ne s’obstrue, ce qui causerait une inondation.

Pour nettoyer le siphon de l’appareil un tuyau en grès est monté sur l’orifice de ventilation du siphon et s’élève jusqu’au-dessus de la trémie.

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L’appareil représenté par la figure 16 est formé d’une cuvette engagée dans le sol et surmontée d’une plaque carrée en lave émaillée. Des consoles en fer supportent cette plaque et ne s’opposent nullement au nettoyage du sol autour de la cuvette.

Les appareils communs des maisons Geneste et Herscher et Flicotcaux fonctionnent par la porte. La chasse se produit automatiquement quand on ouvre la porte pour sortir. Mais on ne dépense pas d’eau en entrant. Les serrures employées ont deux béquilles qui actionnent chacune une came. Dans ces conditions il est facile d’obtenir des résultats différents, selon que Ton manœuvre la porte du dedans ou du dehors.

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hygienefig17.jpg (109.07 Kio) Vu 55 fois

Dans la serrure Geneste et Herscher (fig. 17), le pêne est double. Le pêne inférieur sert à la fermeture et chacune des cames le déplace horizontalement. C’est une serrure ordinaire avec deux béquilles et deux cames. Mais un second pêne, dis posé dans la partie haute de la serrure est commandé unique ment par la came correspondant à la béquille intérieure. Quand on sort, on repousse ce pêne dans la gâche et par un mouvement de sonnette on manœuvre le levier du réservoir de chasse. Rien entendu la gâche est évidée devant le pêne supérieur et elle ne s’oppose pas à l’ouverture de la porte quand on a appuyé sur la béquille intérieure.

Dans la serrure Flicotcaux (fig. 15), le pêne est unique mais il est animé d’un double mouvement. Quand on entre, le pêne se déplace horizontalement; quand on sort il se déplace verticalement et vient ouvrir le robinet amorceur. Comme nous l’avons expliqué dans un précédent article, ce mouvement suffit pour déterminer la chasse. Il n’y a donc pas de mouvement de sonnette dans cet appareil et les tringles de commande sont remplacées par des tuyaux en plomb.

La maison Scellier expose un appareil analogue. Quand on ouvre la porte de l’intérieur on fait se dresser au sommet du cadre un ergot qui accroche un levier placé sur le bâti de la porte, il suffit alors d’un mouvement de sonnette pour actionner le tirage du réservoir.

Ces mouvements de sonnette constituent l’inconvénient principal des commandes par la porte. Ces transmissions sont difficiles à établir et surtout à entretenir. Aussi un certain nombre de maisons ont renoncé à les fabriquer et reviennent maintenant aux appareils à pédale.

Avec ces modèles c’est au moment où l’on descend du siège que la chasse se produit. Il faut donc une pédale mobile et un levier sous le siège. Ces deux pièces doivent être étudiées avec le plus grand soin pour qu’il soit facile de les visiter sans démonter le siège. De plus, il faut que les liquides qui tombent sur la trémie ne puissent pénétrer par la pédale dans le massif qui entoure le siège.

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La maison Rogier Mothes a modifié d’une façon très ingénieuse son réservoir pour ob tenir la chasse par le mouvement d’usage. (V. fig. 18.) La cloche mobile est entourée d’une caisse à air de grande dimension. Le flotteur règle le niveau de l’eau comme il est indiqué au croquis. Quand on monte sur le siège, on soulève le levier de tirage et par suite on fait émerger de l’eau à la partie supérieure de la caisse à air. Le niveau baisse donc dans le réservoir et le flotteur s’ouvre. Au moment où on descend, la cloche retombe et le niveau de l’eau s’élève à une hauteur suffisante pour que l’air comprimé s’échappe et pour que la chasse se produise.

A signaler aussi l’appareil Scellier. Quand on monte sur le siège on soulève un poids; quand on descend, ce poids retombe sur le levier de tirage et fait fonctionner la chasse.

Les maisons Scellier et Rogier-Mothes exposent toutes deux de très belles trémies en fonte émaillée. Ces trémies sont munies d’un effet d’eau qui les lave complètement chaque fois que la chasse fonctionne.

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Les figures 19 et 20 représentent un appareil demi-commun construit par Jennings. La cuvette placée sur le sol est isolée de toute part des murs. Elle est munie d’un siège en bois qu’un contre-poids maintient vertical. Ce siège ne peut donc pas être souillé quand on se sert de la cuvette comme d’un urinoir ou quand on y vide des eaux ménagères. Quand on veut s’y asseoir on est forcé d’abaisser le siège avec la main ; au moment où on quitte l’appareil, le contre-poids relève le siège et ce mouvement ouvre un robinet à débit facultatif semblable à celui dont nous avons donné le dessin figure 9.
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Texte et illustrations de "La construction moderne - 10 aout 1889"

LATRINES

Quand on a à installer dans un atelier ou dans une école une série de water-closets contigus, on peut établir un caniveau qui retient toujours une certaine quantité d’eau et qui reçoit les matières. Toutes les 30 ou 40 minutes un réservoir de chasse de grande capacité se vide dans le caniveau et le nettoie complètement.

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La figure 21 représente une de ces latrines installée par la maison Geneste et Herscher. Dans chaque cabinet se trouve un dessus de siège en grès identique à celui qui repose sur les cuvettes décrites plus haut. Un petit caniveau en grès recueille les urines et est constamment lavé par un écoulement d’eau. Le réservoir de chasse est de 100 litres pour deux places. Il faut y ajouter 25 ou 30 litres par place supplémentaire.

Ce système est relativement économique comme frais d’installation (100 ou 120 francs par place non compris les maçonneries). Il a l’avantage de diminuer la dépense d’eau si l’installation a été comprise de manière à ce que chaque place soit presque constamment occupée pendant le temps où on fait marcher le réservoir. Il y a enfin un troisième avantage ; les obstructions sont très rares.Mais il faut reconnaître qu’avec ce genre d’appareil, un engorgement du siphon peut causer de véritables inondations, surtout si les water-closets sont installés à un étage. Aussi serait-il très utile de brancher sur le caniveau un petit siphon de trop plein dont l’orifice protégé par une grille serait à 10 ou 15 millimètres au-dessus du niveau de la retenue d’eau. Après chaque chasse une certaine quantité d’eau passera i dans ce siphon de trop plein en le nettoyant et en remplaçant l’eau qui pourrait disparaitre par évaporation ou par siphonnage.

Il est facile d’empêcher les papiers de venir se coller sur la grille de départ du siphon en s’opposant au départ de l’eau. Il suffit pour cela de placer cette grille près du tuyau de chasse. S’il y a une obstruction dans le siphon du caniveau et que la chasse se produise, les papiers seront repoussés par la force de l’eau du côté de la sortie et le siphon de trop plein évitera l’inondation en débitant le volume d’eau envoyé par le réservoir.

La maison Rogier-Mothes expose un appareil analogue. Les dessus de siège employés sont ceux de la Société Pilliougt ou bien de très belles trémies faisant corps avec une cuvette très allongée.

A signaler aussi la latrine de la maison Poupard. L’eau est retenue dans le caniveau, non pas par un relief de la pièce < grès, comme dans l’appareil de Geneste et Herscher, mais par un tampon mobile. Quand on soulève le tampon, l’eau s’écoule en entraînant tout ce qu’elle contenait en suspension et si à ce moment on envoie une chasse d’eau, il est certain que le caniveau sera nettoyé d’une manière presque parfaite. Le dispositif employé est le suivant. Le tampon de fermeture est en partie équilibré par un large seau placé dans une bâche sous le tuyau de sortie du réservoir de chasse. Quand la chasse se produit, le seau se remplit et soulève le tampon, le caniveau se vide et la chasse aide au nettoyage. Un instant après le tampon se referme et l’eau contenue dans la bâche revient dans le caniveau pour en protéger les parois jusqu’au niveau voulu.

Extrêmement ingénieux sans doute, mais le tampon ferme t-il toujours bien?

Presque tous les céramistes fabriquent l’appareil représenté parla figure 21. Qu’il suffise de citer Doulton, Delafond, etc. D’un autre côté, un certain nombre de constructeurs font des appareils analogues en fonte avec joints au plomb coulés et mattés. Cette dernière précaution a un avantage très sérieux. Le caniveau est sûrement étanche et on peut sans aucun inconvénient le placer dans les étages d’un atelier.

Il faut reconnaître, quelles que soient les dispositions de détail employées par les divers constructeurs, que ce genre de latrine est loin de réaliser toutes les conditions sanitaires et hygiéniques.

On force les habitants de la maison à s’installer sur une petite fosse qu’on ne vide que toutes les demi-heures et dans ces conditions, les rejaillissements, qui se produisent souvent, sont particulièrement désagréables.

Dans une des grandes écoles de Paris on avait essayé ce système il y a quelques années. Mais pour éviter l’inconvénient auquel nous venons de faire allusion les élèves jetaient à la surface de l’eau de grandes feuilles de papier qui les protégaient certainement mais qui obstruaient les conduites. L’architecte dut changer les appareils et s’avouer vaincu dans cette lutte où le bon droit et les règles de l’hygiène n’étaient certes pas de son côté.

hygienefig22.jpg

Nous avons vu plusieurs cas analogues se présenter dans les ateliers; aussi conseillerons-nous toujours d’employer la disposition représentée figure 22 dans le cas où on a plusieurs water-closets contigus.

C'est une suite d'appareils communs avec trémies en grès et cuvettes siphonnées. Une serrure spéciale commandant un réservoir de 10 litres donne une chasse toutes les fois que l’on sort d’un cabinet. Les urines sont recueillies dans un terrasson à retenue d’eau, lavé à intervalles réguliers par un réservoir de chasse automatique de 35 litres. Les cloisons s’interrompent au niveau des grilles et sont supportées par un fer en U. Il aurait été préférable d’arrêter la cloison 10 centimètres plus haut de manière à éviter complètement les angles toujours difficiles à nettoyer. Remarquez au-dessus de chaque trémie le regard de visite permettant de nettoyer chaque siphon, en cas d’obstruction.

Le tuyau de drainage se prolonge par un petit tuyau de ventilation, mais il serait prudent de ventiler séparément chaque siphon.
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Texte et illustrations de "La construction moderne - 21 septembre 1889"

CANALISATION POUR EAUX VANNES

L’exposition d’hygiène comprend une série fort complète des différents systèmes de tuyaux destinés au drainage des habitations. On peut y comparer les tuyaux en grès des divers fabricants et les tuyaux en plomb ou en fonte.

Il y a quelques années la fabrication des tuyaux en grès était à peu près inconnue en France. Aussi, quand MM. Durand Claye et Masson firent leurs premiers essais de drainage des habitations, ils durent demander aux Anglais, et particulièrement à la maison Doulton, les tuyaux qui leur étaient nécessaires. Mais par un effort considérable l’industrie française arriva bientôt à produire des pièces aussi belles et aussi bonnes que celles qui venaient d’Angleterre et la ville de Paris put s’adresser uniquement à nos nationaux. Il y a eu en quelques années une industrie nouvelle créée en France et les architectes peuvent contribuer au développement de nos fabriques sans faire aucun sacrifice, ni sur le prix ni sur la qualité.

Les principaux exposants sont Rambervilliers, Pouilly-sur-Saône, Muller, Valabrègue, Noël Chadapaux, Boulogne-sur-Mer, etc. Ce sont pour la plupart d’anciennes maisons qui ont modifié leurs procédés de fabrication pour fabriquer les tuyaux en grès. Seule, l’usine de Pouilly-sur-Saône est de fondation récente et a été créée spécialement pour la fabrication des pièces céramiques destinées à l’assainissement.

La société de Pouilly est la seule qui expose des tuyaux en grès de deux mètres de longueur. C’est au point de vue de la fabrication un résultat des plus intéressants, qui prouve la qualité de la matière première et les soins apportés à la fabrication.

Il est extrêmement difficile déjuger à première vue de la qualité des grès. Aussi, sur la proposition du docteur A. J. Martin qui s’est dévoué tout entier à l’exposition d’hygiène de 1889, comme il l’avait déjà fait en 1886 pour l’exposition de la caserne Lobau, une commission d’experts a-t-elle été instituée pour procéder à des essais comparatifs entre les objets exposés. Les experts, choisis par le jury, ont été MM. Masson, Chérot et Mesureur : ils ont fait un grand nombre d’expériences et en publieront le résultat dans quelques mois. Leur rapport sera des plus intéressants au point de vue pratique, et permettra aux constructeurs de faire un choix éclairé entre les différentes fabrications de grès.

Nous analyserons ce rapport, dès qu’il aura paru; mais nous pouvons dire dès à présent que les expériences ont été faites sur plusieurs pièces de chaque diamètre, ce qui garantit la valeur du résultat. Les tuyaux ont été essayés à la pression hydraulique, à la charge uniformément répartie, au choc, et à l’absorption. Ce sont ces deux derniers essais qui ont le plus d’importance au point de vue pratique.

Les architectes et les propriétaires devront être fort reconnaissants aux experts qui ont bien voulu se charger de ces expériences, qui rendront certainement de grands services à la construction.

Les tuyaux en grès, conviennent bien, en général aux canalisations horizontales placées dans les caves. Le grès est lisse, inattaquable aux acides et généralement peu perméable.

Pour s’assurer de la qualité des tuyaux fournis, l’architecte devrait toujours inscrire dans son cahier des charges que la canalisation en grès sera essayée sous pression d’eau en fermant avec un tampon le siphon d’égout et en remplissant les tuyaux jusqu’au niveau du sol du rez-de-chaussée. Nous avons vu des tuyaux anglais ne pas résister à cette épreuve et fuir, comme des filtres, sous une pression d’eau de 2 à 3 mètres.

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Quand on pose des tuyaux en grès, il faut de plus apporter le plus grand soin à la façon des joints. Souvent le ciment reflue à l’intérieur et produit sur la paroi du tuyau des saillies qui causent des obstructions quand on met la canalisation en service.il faut que le joint soit lissé à l’intérieur avec un tampon. (Fig. 23.)

Les tuyaux représentés par cette figure ont de très grands emboîtements. Us sont du modèle que l’on emploie généralement pour les distributions d’eau sous faible pression, et certains architectes ne reculent pas devant un petit supplément de dépenses, et emploient ce type qui donne des joints plus solides que ceux des tuyaux ordinaires de drainage représentés par la figure 24.

Pour les tuyaux de descente ou de chute, le grès n’est pas à recommander : on peut toujours craindre qu’un léger tassement dans la maçonnerie ne brise les joints et ne cause des fuites fort désagréables, forçant à des réparations très coûteuses. Aussi est-il probable que dans quelques années on renoncera complètement aux chutes en grès, suivant en cela l’exemple des Anglais et des Américains.

L’exposition si intéressante de la ville de Paris organisée par MM. Bechmann et Masson comprend un type de maison salubre ou l’on a complètement repoussé l’usage du grès pour les tuyaux verticaux.

Les chutes sont en plomb de 4 millimètres environ d’épaisseur. Quand elles sont placées à l’intérieur, les bouts de plomb sont simplement réunis par des nœuds de soudure.

Mais ce travail serait très difficile à faire quand le tuyau est placé à l’extérieur, L’ouvrier est supporté par une corde à nœuds et le maniement de la lampe et des fers est presque impossible.

M. Masson a eu l’idée de faire rapporter un emboîtement en plomb à l’extrémité supérieure de chaque tuyau : le diamètre de cet emboitement ne surpasse que de quelques millimètres le diamètre extérieur du tuyau. Quand le premier bout de plomb est fixé au mur on introduit dans l’emboîtement la partie inférieure du deuxième tuyau et on garnit le joint avec de la filasse et de la céruse. Ce joint n’est peut-être pas rigoureusement étanche, mais on peut très bien l’admettre pour un
tuyau placé à l’extérieur de l’habitation. On évite ainsi la dépense d’un raccord, trois pièces pour chaque bout de plomb et c’est là une économie très importante (fig. 25).

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Dans bien des cas, il serait possible de remplacer ce joint par une soudure autogène, il suffirait de placer dans l’emboîtement une baguette de plomb et de la fondre au chalumeau. On sait que ce chalumeau est léger, maniable cl permet de faire une soudure même dans un angle, même quand on n’est supporté que par une corde à nœuds. La soudure autogène n’est pas plus chère que la soudure ordinaire à l’étain, et il est à regretter qu’on ne l’emploie pas plus souvent.

Pour fixer ces tuyaux aux murs, M. Masson se sert de colliers à contrepartie et à boulons qui embrassent le tuyau au-dessous de l’emboîtement.

La maison Poupard et la maison Jenmings exposent des tuyaux en plomb tels qu’ils sont employés en Angleterre. Le plomb n’a que 2 millimètres et demi d’épaisseur pour un tuyau de 12 centimètres de diamètre ; les différents bouts de tuyaux sont réunis par des nœuds de soudures ou par des raccords.

Pour soutenir la chute, on soude de distance en distance sur le tuyau une plaque de plomb de 4 millimètres que l’on fixe au mur avec des boulons à scellements (fig. 26). La chute est en effet trop mince pour être serrée par un collier boulons.

On ne saurait nier que les chutes en plomb donnent de très bons résultats : elles sont rigoureusement étanches et faciles à réunir par des joints étanches. La paroi est très lisse et inattaquable aux eaux vannes. De plus il n’y a rien à craindre des mouvements de la maçonnerie.

On peut reprocher aux chutes anglaises d’être trop minces et de se laisser trop facilement transpercer par les outils employés pour faire disparaître les obstructions. Mais l’inconvénient le plus sérieux des chutes en plomb est de revenir à un prix trop élevé.

On emploie aussi dans certains cas les tuyaux en fonte épaisse, à joints coulés et matés, du type employé par les villes pour leurs distributions d’eau. Le palais du Trocadéro a été drainé de cette façon il y a une dizaine d’années et jusqu’à présent on en a été très satisfait. La chute en fonte est aussi droite et presqu’aussi lisse qu’une chute en plomb. Il n’y a rien à craindre des tassèments, car les joints en plomb présentent une certaine élasticité : La fonte n'est généralement pas attaquée par les eaux vannes ordinaires qui sont ou légèrement basiques ou très faiblement acides. Il n’y a pas à craindre que l’on perce le tuyau en cas de réparation et c’est là, pour la fonte, un avantage sérieux; mais les tuyaux en fonte épaisse coûtent plus cher que les tuyaux en plomb, car leur poids est considérable et la pose est très difficile (fig. 27).

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La Maison Flicoteaux expose un nouveau système de tuyaux en fonte, avec joints au plomb serrés à froid sans mattage. C’est, somme toute, une transformation du genre de joint essayé autrefois par Fortin Hermann.

Chaque tuyau porte à une de ses extrémités un cordon de quelques millimètres de saillie; le cordon de l’autre extrémité à une saillie plus faible. On amène les tuyaux bout à bout et on fait reposer une bague en plomb fondu sur le gros cordon. Cette bague est coiffée d’une bague conique en fonte (fig. 28 et 29). Si on frappe sur cette dernière pièce avec un marteau, le plomb est 'Comprimé et s’écoule lentement entre les deux cordons en donnant un joint étanche susceptible de résister à une pression de plusieurs atmosphères. Il n’est pas nécessaire de frapper tout autour de la bague pour obtenir un bon joint, ce qui permet de poser une de ces chutes dans un angle où il serait impossible d’installer une chute en plomb ou en fonte avec joints coulés.

La pose est très facile, puisqu’elle n’exige pour tout outil qu’un marteau. Les tuyaux n’ont pas une épaisseur beaucoup plus grande que celle des tuyaux d’eau pluviale. Ils sont par suite très maniables et d’un prix relativement bas.

Avec ce système on peut essayer une chute en la remplissant d’eau jusqu’au cinquième étage.

La direction de l’assainissement de Paris expose aussi dans sa maison salubre des tuyaux en fonte mince modifiés d’une manière très intéressante. Ces nouveaux tuyaux conviennent très bien pour les eaux pluviales et ménagères.

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Le tuyau ordinaire de fonte de bâtiment est terminé à sa partie inférieure par un cordon (fig. 30). Pour poser un tuyau on le garnit de ciment et on l’enfonce dans l’emboîtement de la pièce déjà posée. Le ciment reflue partie à l’intérieur du tuyau, partie entre le cordon et le dessus de l’emboîtement ; on lisse ensuite ce bourrelet de ciment avec une petite truelle.

Le joint ainsi obtenu est loin d'être étanche et il se met à fuir dès qu’il y a une obstruction dans le tuyau de chute.

M. Masson a fait fabriquer des tuyaux sans cordon (fig. 31), il est alors possible de refouler dans l’emboîtement de la filasse garnie de céruse. On a un joint étanche et très suffisamment flexible.

Pour terminer cette rapide étude des tuyaux de drainage, disons encore qu’on a essayé d’employer les tuyaux en fonte avec joints au caoutchouc. Le plus pratique de ces systèmes est celui de Bigot Rénaux : la partie inférieure du tuyau est garnie de 2 cordons, entre lesquels on place une bagué de caoutchouc. On enfonce le tuyau ainsi garni dans l'emboîtement de la pièce déjà fixée au mur. Ce système peut être appliqué pour les descentes d’eaux pluviales : mais il ne serait pas à conseiller pour les chutes. En effet, la plupart des caoutchoucs perdent rapidement leurs qualités lorsqu’ils sont soumis à l’action des gaz d’une canalisation et qu’en même temps ils sont mouillés à intervalles irréguliers par les eaux vannes.

Le caoutchouc se comporte très bien quand il est toujours en contact avec les eaux d’une conduite en charge, mais pour les canalisations d’eaux vannes il n’offre le plus souvent qu’une protection illusoire.
Pour tout savoir sur les expositions universelles et internationales.
http://www.worldfairs.info

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