La génese de l'Exposition Universelle et de la Tour Eiffel

Paris 1889 - Discussions, informations, questions
Avatar du membre
worldfairs
Site Admin
Messages : 7160
Enregistré le : 21 juin 2004 09:41 pm
Localisation : illkirch
Contact :

Re: La génese de l'Exposition Universelle et de la Tour Eiffel

Message par worldfairs » 22 mai 2019 05:07 pm

Texte et illustrations de "La construction moderne - 12 mai 1888"

CONCOURS EXPOSITION DE 1889

PAVILLON DE LA BOLIVIE.

1er Prix, M. Fouquiau.
2e Prix, M. Brien.
1re Mention, M. Portal.
2° Mention, M. Goustiaux.
Pour tout savoir sur les expositions universelles et internationales.
http://www.worldfairs.info

Avatar du membre
worldfairs
Site Admin
Messages : 7160
Enregistré le : 21 juin 2004 09:41 pm
Localisation : illkirch
Contact :

Re: La génese de l'Exposition Universelle et de la Tour Eiffel

Message par worldfairs » 22 mai 2019 05:08 pm

Texte et illustrations de "La construction moderne - 19 mai 1888"

PAVILLON DE L'URUGUAY

Un concours est ouvert jusqu’au 5 juin pour la construction d’un pavillon en fer de 25 m. de long sur 15 m. de large. Une somme de 100.000 fr. est imputable au gros œuvre. Outre le projet adopté trois autres primes seraient accordées. L’exécution n’est pas garantie.

S’adresser à la légation de l’Uruguay, 7, rue Sogelbach, de 2 h. à 5 h.


Exposition universelle. — L’administration rappelle aux artistes français que ceux d’entre eux qui sont dans l’intention de prendre part à l’Exposition universelle de 1889, section des Beaux-Arts, doivent déposer ou faire déposer au commissariat des exposition, palais des Champs-Elysées, porte I, du 15 mai au 1er juin, la liste signée par eux des ouvrages qu’ils désirent exposer. Chacun des cinq genres désignés au règlement devra faire l’objet d’une liste séparée.

Le jury d’admission examinera du 1er juin au 1er juillet les listes envoyées. Il dressera d’après ces listes un état des ouvrages admis d’office. Les artistes seront avisés avant le 15 juillet.

Les ouvrages qui n'auraient pas été admis d’office sur le vu des listes, ou ceux que les artistes présenteraient en surplus, devront être déposés, du 5 au 20 janvier 1889, au palais des Champs-Elysées, porte 1, pour y être examinés par le jury.

Les ouvrages admis d’office seront déposés au palais du Champ de Mars, du 15 au 20 mars 1889.

Los artistes étrangers, dont le pays ne sera pas représenté par un commissariat général ou un comité national, devront adresser leurs demandes à M. le directeur des Beaux-Arts, au commissariat des expositions, palais des Champs-Elysées, porte 1, avant le 15mai 1888. Un jury spécial prononcera sur l'admission de leurs œuvres. Les ouvrages que ce jury désirera examiner de visu devront être remis franco au palais des Champs-Elysées, du 5 au 20 décembre 1888, accompagnés d’une notice remplie et signée par l’artiste.

La commission de contrôle et de finances a adopté le projet de construction, sur l’esplanade des Invalides, d’un bâtiment spécialement destiné à l’Exposition d’hygiène, d’assistance publique, service d’hygiène du ministère du commerce, composé de tout ce qui constitue les services publics et les progrès nouveaux.

La commission a passé ensuite à la question des cartes d’entrée par abonnement pendant la durée de l’Exposition : elle en a fixé le prix à 100 francs par personne.

Quant à ce qui concerne les cartes d’entrée attribuées aux journaux français et étrangers, le nombre en a été fixé à 1,500.
Pour tout savoir sur les expositions universelles et internationales.
http://www.worldfairs.info

Avatar du membre
worldfairs
Site Admin
Messages : 7160
Enregistré le : 21 juin 2004 09:41 pm
Localisation : illkirch
Contact :

Re: La génese de l'Exposition Universelle et de la Tour Eiffel

Message par worldfairs » 22 mai 2019 05:18 pm

Texte et illustrations de "La construction moderne - 2 juin 1888"

LES ACCIDENTS AU CHAMP DE MARS

Deux accidents sérieux sont survenus pendant le montage des fermes de 50 et de 100 mètres au Champ de Mars, et ont assez vivement préoccupé l’opinion publique. Il convient de ne pas exagérer l’importance du dommage qui ne compromet en rien le succès définitif, et d’ailleurs est déjà réparé en grande partie; il est néanmoins intéressant d’en rechercher les causes.

Les deux fermes de 50 mètres déjà mises en place, pour le palais des Beaux-Arts, au long de l’avenue de Labourdonnais, sont déviées à leurs sommets d’environ 9 mètres.

Les fermes de 100 mètres devant l’Ecole Militaire, se sont inclinées de 27 centimètres seulement.

De ce côté, et vu les dimensions colossales de la construction, le dévers n’est pas sensible aux regards; il n’en est pas de même pour les fermes du palais des Beaux-Arts. Une déformation de 9 mètres ne saurait passer inaperçue; on est, au contraire, étonné que ces fermes aient pu subir une dislocation pareille sans plus d’accidents, sans rupture ni déchirure des tôles et des cornières, et l’on a peine à deviner quelle cause extraordinaire a pu produire un déplacement aussi considérable.

On sait que, dans les fermes innovées au Champ de Mars, le sommet D est articulé sur un tourillon pris entre deux fortes mâchoires; lors de l’accident, celles-ci ne se sont pas séparées dans le déplacement horizontal suivant l’axe qui en est résulté, les mâchoires ou crapaudines sont restées en contact. Pour racheter cette déformation, les piédroits AC se sont courbés et tordus, les deux demi-fermes ont obliqué comme les vantaux d’une écluse, avec cette différence que le joint du milieu ne s’est pas ouvert ; il fallait bien, en conséquence, que l’arête AC subit une flexion et une torsion très fortes.

Si les fermes ont pu se prêter à de pareilles déformations, sans rupture des pièces, il en faut chercher la cause dans l’excessive flexibilité des volées qui forment les deux demi-fermes indépendantes et qui, par leur portée peu commune et par leur légèreté, sont d’une hardiesse extrême.
Les fermes des galeries latérales Bc6?A, déjà montées, ont suivi le mouvement des piédroits, et comme eux se sont fléchies et tordues.

Tels sont les faits. Voici l’explication officielle :
« L’accident survenu au palais des Beaux-Arts peut être attribué en premier lieu à une mauvaise manœuvre d’étaiement. Le collier qui doit réunir les demi-fermes, à leur partie supérieure n’étant, pas encore posé, une poussée provoquée peut-être par le vent, a pu déplacer facilement le centre de stabilité de la masse métallique et déterminer la chute des fermes. D’autre part, le système de construction adopté ne donne peut-être pas une résistance suffisante aux poussées horizontales. C’est pourquoi on s’occupe, en ce moment, d’étudier l’établissement de contreventements, provisoires ou définitifs, qui donneront à l’ossature métallique du palais une plus grande rigidité et empêcheront le retour de semblables accidents. »

accidentschampdemarsferme50m.jpg
Les accidents au Champ-de-Mars - Les fermes de 50 mètres

A mots couverts, cette explication fait pressentir que le système nouveau qui a été proposé ne garantirait pas une complète sécurité et qu’il exigera, à l’avenir et pour les applications courantes, quelques légères modifications dont la nature est facile à déterminer, et dont la réalisation sera tout aussi facile.

Jadis on donnait aux naissances des arcs métalliques destinés à supporter un tablier de pont ou même une toiture, une base assez large pour bien assurer la stabilité, et n’avoir à craindre aucun déversement ; de plus on reliait les fermes placées côte à cote par des liens obliques de contreventement. On s’est bientôt aperçu, dans les constructions en fer, que les assemblages des pièces, même placées à angle droit, sont rendus très rigides par le rivetage des cornières et des goussets; ces assemblages ne sont plus, comme avec l’emploi du bois, de simples articulations permettant les déformations de rectangle en trapèze ; ce sont des encastrements qui s’opposent au hiement et ont permis dès lors de supprimer les contreventements dans nombre de cas, ce fut une première hardiesse.

Au Douero, puis au Garabit, M. Eiffel avait innové une disposition originale et qui avait fort bien réussi. Lorsque les arcs reposent sur de larges bases, il est difficile de savoir exactement comment s’y répartit la pression, et en quel point précis passe la résultante. C’est pourtant ce qu’il faut savoir si l'on veut rigoureusement connaître l'effort subi par chaque pièce. Pour lever en partie cette indétermination, tout au moins pour faciliter notablement les calculs, M. Eiffel lit reposer les naissances sur des tourillons en acier. La résultante ne pouvait plus passer que par ces points d’appui, les calculs se trouvaient ainsi facilités et leur exactitude se trouvait mieux assurée.

Toutefois, aux ponts du Douero et du Garabit, on avait laissé aux parties formant la clef, une grande hauteur et une grande rigidité. La ferme, qui a Informe d’un croissant, une fois posée et bien assise sur ses tourillons de base, ne courait aucun risque de se déformer dans le sens transversal.

Au Champ de Mars on a voulu faire plus encore. Par la disposition dont nous venons de parler, on savait bien exactement ce qui se passait à la base, mais on était moins certain de connaître la répartition des pressions et des efforts à la clef. Tout au moins, les calculs nécessaires pouvaient paraître laborieux. On résolut de supprimer toute difficulté restante en plaçant à la clef, réduite à une faible hauteur, un troisième tourillon. Dès lors le point où s’applique la résultante des pressions était connu, à la clef comme aux naissances, et il devenait, non seulement possible, mais extrêmement facile et simple d’en déduire le travail eu toutes les parties de la ferme.

Tels sont les avantages considérables de la solution proposée , car, en matière de construction, il est d’un haut intérêt de ne laisser planer aucun doute sur ce qui se passe à l’intérieur des pièces employées; la sécurité parfaite et l’économie résultant de la rigoureuse proportionnalité des sections aux efforts supportés en doivent être la conséquence naturelle , si l’on a bien raisonné jusqu’au bout.

Mais la médaille avait son revers. En multipliant trop les articulations, on arrivait à ce résultat, de beaucoup diminuer la rigidité des fermes. Si celles-ci, déjà posées à leurs bases sur de simples tourillons, sont de plus articulées au sommet, elles sont fort mal défendues contre toute force extérieure qui tendrait à faire coincer les deux vantaux indépendants qui constituent les demi-fermes non assemblées entre elles.

Le vent, agissant de face, peut produire cet effet, comme le dit l’explication officielle. Pressant sur toute la face de la ferme, lors même que plusieurs fermes, déjà posées, s’épauleraient les unes les autres par l’intermédiaire des pannes, le vent peut enfoncer cette porte ouverte et qui n’est même pas fermée au verrou. Si les pannes avaient une grande largeur, ou mieux si leurs assemblages sur les fermes étaient garnis de goussets, la déformation qui tend ainsi à se produire serait promptement arrêtée; malheureusement, de hardiesse en hardiesse, on en est venu à négliger ces précautions. Elles peuvent être inutiles pour des constructions de portées ordinaires; mais dans le cas présent, avec des portées exceptionnelles, en tenant compte de l’élasticité inévitable et delà flexibilité extrêmes de volées aussi longues et presque abandonnées à elles-mêmes, il eût été prudent de revenir à des traditions moins hasardées.

L’action du vent suffit-elle toutefois à expliquer une déformation aussi extraordinaire que celle qui a pu être observée au Champ de Mars? Cela est possible, dans le cas toutefois où il serait démontré que les fermes ne reposaient plus sur leurs cintres ; sans quoi il serait difficile d’admettre que le vent eut suffi à faire glisser les fermes sur leurs échafaudages, malgré l’énorme frottement.

On devrait toutefois examiner, dans l’enquête faite sur place, une autre explication qui serait tout aussi rationnelle.

Les deux fermes posées reposent sur un échafaudage roulant qui doit être déplacé suivant l’axe du bâtiment, à mesure qu’on pose une ferme nouvelle. N’était-on pas en train d’opérer ce déplacement lorsque l’accident s’est produit? On comprendrait alors que, — si l’on n’a pas eu le soin de supprimer soigneusement tout contact entre la ferme déjà posée et les cintres, en enlevant complètement les derniers étais du sommet notamment, — le déplacement des cintres à force de crics et de verins devait entraîner avec lui les sommets des arcs, et tordre les piédroits sans les renverser; effet que l’on observe en réalité et qui s'expliquerait moins facilement si l’action du vent était seule entrée en jeu. Dans ce dernier cas, il semble que les fermes auraient dû se déverser en même temps qu’elles se coinçaient.

Quoi qu’il en soit de cet accident, peu grave après tout et qui ne doit pas autrement surprendre pendant les premiers essais d’une tentative toute nouvelle, la conclusion pratique à tirer nous paraît être celle-ci. Le système à trois tourillons, très défendable dans sa hardiesse, exige des soins particuliers pendant le montage, en raison de son extrême flexibilité. Pour la même raison, il est nécessaire de prendre, avec ce type de fermes, des précautions de contreventement plus sérieuses qu’on ne le fait d’ordinaire.

Si l’expérience vient démontrer que ces précautions sont indispensables avec les fermes de 50 mètres, à plus forte raison faudra-t-il les multiplier lorsque l’on tentera des portées supérieures, et si l’on veut, par exemple, suivre l’intéressant exemple donné par les fermes de 100 mètres.
Pour tout savoir sur les expositions universelles et internationales.
http://www.worldfairs.info

Avatar du membre
worldfairs
Site Admin
Messages : 7160
Enregistré le : 21 juin 2004 09:41 pm
Localisation : illkirch
Contact :

Re: La génese de l'Exposition Universelle et de la Tour Eiffel

Message par worldfairs » 23 mai 2019 10:44 pm

Texte et illustrations de "La construction moderne - 14 juillet 1888"

L’ACCIDENT DU CHAMP DE MARS

On nous écrit :

Monsieur le Directeur,

Lorsque, il y a environ six semaines , la Construction moderne a annoncé l’accident arrivé aux fermes de 50 mètres de l’Exposition universelle, je pensais, suivant la promesse du rédacteur, voir sous peu une explication de cette déformation. Le silence qui dans la presse s'est établi d’une façon générale autour de cet accident semblerait indiquer, de la part des hauts personnages qui ont dirigé ces travaux, une hésitation sur les causes réelles et les moyens de prévenir le retour de pareils désordres.

Quelques journaux semblant particulièrement friands d’offrir leurs colonnes aux rapports de confraternité douteuse entre architectes, permettez-moi d’abuser de votre patience pour faire une diversion heureuse sur le dos de MM. les ingénieurs.

IL me semble, lors de mes premières études, avoir entendu dire que les recherches scientifiques étaient arrivées à prouver que le quadrilatère était une figure essentiellement déformable, et que, par conséquent, il fallait toujours chercher à trianguler les ouvrages de charpenterie, bois ou fer.

Le quadrilatère formé par les arbalétriers de deux fermes consécutives, le faîtage et la panne sablière est donc essentiellement déformable. L’accident du Champ de Mars a, il me semble, prouvé cette grande vérité, que MM. les ingénieurs ont peut-être la prétention d’avoir découverte, mais qu’ils négligent volontiers en constituant leurs fermes.

Nos pauvres collègues du moyen âge qui, paraît-il, croupissaient dans les ténèbres de la barbarie, avaient tout naïvement triangulé ces quadrilatères par quelques croix de Saint-André parallèles au plan des chevrons. Il me semble donc que je n’invente rien en avançant timidement que deux petits tirants entrecroisés, allant de l’angle formé par la rencontre du faîtage avec l’arbalétrier à l'angle formé par la panne sablière avec l’arbalétrier suivant, eussent empêché les fermes du Champ de Mars de pousser une pointe aussi inconvenante à l’égard de MM. les ingénieurs.

Qui sait même si quelque architecte reprenant cette idée n’eût pas, posant ses pannes en diagonales, trouvé des caissons obliques, polygonaux, etc., qui eussent un peu rompu avec la décoration constante, mais monotone des fermes métalliques connues.

Je vous demande mille pardons, Monsieur le Directeur, de vous (soumettre une idée aussi banale et vous prie d’agréer, l’expression de ma parfaite considération.

Balleyguier.
Pour tout savoir sur les expositions universelles et internationales.
http://www.worldfairs.info

Avatar du membre
worldfairs
Site Admin
Messages : 7160
Enregistré le : 21 juin 2004 09:41 pm
Localisation : illkirch
Contact :

Re: La génese de l'Exposition Universelle et de la Tour Eiffel

Message par worldfairs » 23 mai 2019 10:56 pm

Texte et illustrations de "La construction moderne - 21 juillet 1888"

CONCOURS

PAVILLON DU CHILI.

Il n’y a pas que les concours pour les constructions d’une grande importance qui prêtent à la critique. On a pu voir récemment que les concours ouverts par les Etats d’Amérique pour l’édification de leurs pavillons du champ de Mars avaient, eux aussi, soulevé des protestations. Pour n’en citer qu’un, les douze concurrents du pavillon de l’Uruguay attendent encore le jugement de leurs projets remis le 5 juin. On lions affirme que l’exécution est confiée à M. C.., architecte pris en dehors du concours, ce qui est parfaitement autorisé par les clauses du programme, mais les primes promises, qu’en fait-on ?

La République du Chili n’a pas voulu se créer de pareilles difficultés. Elle n’a pas non plus confié le projet à un architecte choisi par elle, mais elle a adopté une solution qui tient le milieu entre un concours public et l’absence de tout concours. Elle a demandé à six de nos premières maisons de construction de lui fournir des projets complètement étudiés, avec devis sérieusement établis. L’exécution sera confiée au projet classé premier. Le second aura 2,000 francs et le troisième 1,000 francs.

Cinq concurrents seulement ont présenté leurs projets. Ce sont :
MM. Baudet, Donon et Cie ; architecte, M. Conin.
Charpentier et Brousse; architecte, M. Barberot.
Michelin ; architecte, M. Michelin.
Moisant, Laurent, Savey et Cie; architecte, M. Picq.
Moreau frères ; architecte, M. Geyler.

Le projet présenté par MM. Moisant et Cie est le plus séduisant d’aspect. Sa façade en métal et céramique est élégante et d’une grande richesse de tons. On reconnaît là, du reste, le parti déjà adopté par le même architecte pour la bibliothèque Schœlcher. Les façades latérales et postérieures sont également très étudiées. L’intérieur est moins bien traité. Les coupes ont été faites un peu à la hâte et n’indiquent pas suffisamment l’aspect que produira la décoration métallique.
Pour tout savoir sur les expositions universelles et internationales.
http://www.worldfairs.info

Avatar du membre
worldfairs
Site Admin
Messages : 7160
Enregistré le : 21 juin 2004 09:41 pm
Localisation : illkirch
Contact :

Re: La génese de l'Exposition Universelle et de la Tour Eiffel

Message par worldfairs » 25 mai 2019 12:48 pm

Texte et illustrations de "La construction moderne - 28 juillet 1888"

CONCOURS
EXPOSITION DE 1 889.
PAVILLON DU CHILI.
Le jugement a été rendu samedi 21 et répond bien aux appréciations ici publiées. Le jury était composé de la commission chilienne, présidée par M. le ministre du Chili, assistée de M. A. Hardy, architecte, et de M. H. Jéquier, ingénieur consultant de la légation du Chili.

Le jury a scrupuleusement examiné les devis. Le projet Baudet, Donon et Cie a été mis hors concours pour devis dépassant les prévisions. Les quatre antres projets ont été classés dans l'ordre suivant :
N° 1. MM. Moisant, Laurent, Savey et Cie ; architecte, M. H. Picq.
N° 2. M. Michelin ; architecte, M. Michelin.
N° 3. MM. Charpentier et Brousse ; architecte, M. Barberot.
N° 4. MM. Moreau frères; architecte, M. Geyler.
L’exécution est confiée aux auteurs du n° 1.Le n°2 reçoit une prime de 2,000 francs, le n° 3 nue prime de 1,000 francs.
Pour tout savoir sur les expositions universelles et internationales.
http://www.worldfairs.info

Avatar du membre
worldfairs
Site Admin
Messages : 7160
Enregistré le : 21 juin 2004 09:41 pm
Localisation : illkirch
Contact :

Re: La génese de l'Exposition Universelle et de la Tour Eiffel

Message par worldfairs » 25 mai 2019 06:14 pm

Texte et illustrations de "La construction moderne - 11 aout 1888"

L’EMBARRAS DE M. ALPHAND

S’il y eut jamais un homme embarrassé, c’est M. Alphand : Directeur des travaux de Paris, il est remorqué, bon gré mal gré, par un conseil municipal socialiste, sympathique à toutes les grèves ; — directeur de l’Exposition, il voit avec inquiétude ces mêmes grèves fermer ses chantiers, arrêter ses travaux, et compromettre gravement l’avenir de l’entreprise qui lui est confiée.

Jadis la Ville de Paris, tenant compte de tous les intérêts, avait établi une série raisonnable qui servait de base à tontes ses adjudications : les entrepreneurs soumissionnaient, proposaient à la Ville les rabais qu’ils jugeaient possibles, débattaient ensuite les prix de la main-d’œuvre avec les divers corps d’état. C’était le régime de la liberté pour tons ; chacun y trouvait son compte, et le contribuable comme les autres, puisque son argent n’était point gaspillé. Aussi la série de la ville, document raisonnable et prudent, avait-il acquis une autorité telle qu’elle était acceptée par les particuliers pour leurs transactions aussi bien que par les services municipaux.

.L’intelligent conseil municipal dont nous sommes dotés, chargé de bien gérer les fonds du contribuable, a jugé bon de changer tout cela. Depuis qu’il est le véritable maître de Paris et de ses finances, il a placé le cœur à droite et le foie de l’antre côté ; une nouvelle série a été établie par lui, élevant les prix dans des proportions si déraisonnables que tout le monde s’est empressé de reléguer cette élucubration parmi les utopies dangereuses encore plus qu’inutiles. Elle n’eu reste pas moins imposée à toutes les transactions de la ville pour ses travaux. S’il plaît au conseil, sons prétexte de favoriser les travailleurs-électeurs, de grever ses budgets de dépenses exagérées, le contribuable seul aurait eu le droit de se plaindre; mais le contribuable se plaint-il jamais ?

Nos édiles, après ce bel ouvrage, auraient pu se reposer ; ils n’ont pas cru avoir fait assez. Les entrepreneurs soumissionnaient, sur les prix ainsi exagérés de la ville, avec des rabais considérables. En fait, la série était à peu près considérée comme sans application, nulle et non avenue ; moyennant ces rabais, les travaux ne coûtaient pas beaucoup plus cher que par le passé; et, malgré les bonnes intentions du conseil, le gaspillage ne marchait pas assez rondement. Relevant une loi de 1848, tombée en désuétude, nos municipaux décidèrent que les prix de la main-d’œuvre, fixés par eux, seraient un minimum obligatoire pour les entrepreneurs. Le Conseil d’Etat, le ministre de l'intérieur, obéissant aux injonctions du conseil municipal que représentait le directeur des travaux, reconnurent, malgré les plaintes des soumissionnaires à qui l’on enlevait toute liberté de traiter comme ils l’entendent avec leurs ouvriers, que les entrepreneurs devaient être contraints de payer leurs ouvriers sur le taux fixé par le conseil pour la main-d’œuvre, sans réduction possible. La ville tenait à payer très cher, les autorités administratives déclarèrent qu’elle avait raison et que nul n’avait le droit de l’en empêcher.

Pour mieux assurer encore les effets de cette étrange décision, les édiles interdirent tout marchandage. Le libéralisme, tel au moins que le comprennent les théoriciens quelque peu fanatiques et jacobins du Conseil, ne saurait être porté plus loin maintenant : la contrainte est partout.

Sur les chantiers de la Bourse du commerce, une infraction a cependant été commise. Un beau jour ce cri s’élève au Conseil : On pratique encore le marchandage à la Bourse du commerce ! les ouvriers subissent une réduction sur les prix de sériel — Aussitôt les conseillers entrent en fureur. Il est vrai que ces travaux sont une entreprise particulière, mais la Bourse du commerce doit faire retour à la ville dans quelques années. Il est vrai aussi que cette entreprise a été concédée avant les récents arrêtés relatifs au marchandage et que la loi ne peut d’ordinaire avoir un effet rétroactif; mais les conseillers se soucient peu de la légalité. De là tumulte, et finalement grève qui s’étend peu à peu sur tons les chantiers.

C’est ici que la situation devient embarrassante pour M. Alphand. Collaborateur de la Ville, il ne peut que se réjouir de l’excellent résultat ainsi obtenu ; il faut bien qu’il soutienne de tous ses vœux des travailleurs qui ne font après tout que défendre les décisions du Conseil municipal. Mais, directeur des chantiers de l’Exposition, il est bien obligé de résister à des [(rétentions qui le contraindraient à dépasser notablement les devis autorisés et qui risquent d’arrêter complètement une entreprise déjà fort difficile.

Aussi les lettres qu’il publie et les entretiens qu’il laisse publier traduisent-ils cet embarras.

M. Alphand commence par nous révéler que le prix de 5 fr. 40, réclamé par les terrassiers d’après la série même de la Ville, « est supérieur à tons ceux qui ont été payés jusqu’à présent. » — L’étonnement naît aussitôt, car on se demande comment un minimum obligatoire et sans rabais, — ainsi que l’ont décidé le Conseil municipal, le directeur des travaux, et le ministère de l’intérieur — a toujours été supérieur aux prix réellement payés. Alors ce minimum est en fait un maximum qu’on n’a jamais atteint ? C’est à n’y rien comprendre, à moins que l’on ne conclue, non sans quelque apparence de vérité : le Conseil émet des votes et prononce des arrêts pour la galerie et les électeurs ; en fait, et sachant parfaitement que ces décisions sont irréalisables, on n’en tient aucun compte dans la pratique. — De cette manière tout le monde devra être content.

Mais les terrassiers n’entendent pas de cette oreille. Esprits simples, ils disent : Un minimum est un minimum, et nous voulons être payés plus, et non pas moins. Il faut avouer que la logique est de leur côté.

Alors M. Alphand gémit :
« Je terminerai à la fin du mois, comme nous l’avons promis et quoi qu’on en dise, les travaux de superstructure métallique ; je pourrai ainsi utiliser les mois de beau temps qui nous restent pour avancer l’Exposition, qui sera terminée en temps voulu. Mais, pour cela, il faut que je puisse mettre en œuvre les maçonneries dans les premiers jours de septembre : la campagne finit, comme vous le savez, aux premiers froids, c’est-à-dire en novembre.

« Si, durant ces trois mois, les maçons travaillent, je réponds de l’Exposition. Si, par malheur, la grève se généralisant, nous sommes obligés d’attendre la saison prochaine, c’est-à-dire le printemps de 1889, non seulement l’Exposition est compromise, mais elle est perdue. Jamais nous ne pourrons arriver en temps utile, et vous pouvez juger du préjudice incalculable que cela causerait non seulement au commerce parisien, non seulement au commerce français en général, mais encore au prestige de notre nation, vis-à-vis des puissances étrangères.

« La perturbation que cela entraînerait occasionnerait aussi de si graves conséquences, qu’on n’ose les envisager. »
A quoi les terrassiers et autres grévistes qui après tout tiennent le bon bout, comme on dit, ne manqueront pas de répondre : Puisque vous ne pouvez absolument pas interrompre les travaux, payez-nous nos 5 fr. 40. La Ville, qui subventionne l’Exposition, a déclaré que nous ne pouvions toucher moins ; de quel droit, vous, représentant de la Ville, feriez-vous avec nous du marchandage que vous avez formellement et sévèrement interdit? Oui ou non, le minimum de 5 fr. 40 représente-t-il le salaire strictement équitable du prolétaire terrassier? Si vous le refusez, c’est donc que vous voulez, de votre propre aveu, vous engraisser de la sueur du peuple.

Comment M. Alphand sortira-t-il de ce dilemme fort sensé?

Sans doute, en prêchant aujourd'hui la modération, il donne aux travailleurs d’excellents conseils; mais il est bien temps en vérité! Quand on a déclaré à l’Hôtel de Ville que des exploiteurs seuls peuvent songer à réduire ce taux de 5 fr. 40, et que les autorités doivent sévir rigoureusement contre eux, il n’est pas sérieux de dire au Champ de Mars : terrassiers et maçons, résignez-vous, faites des concessions, soyez modérés dans vos exigences.

Je sais bien que M. Alphand parle d’or aujourd’hui quand il dit aux ouvriers, pour leur faire prendre patience : attendez un peu, les travaux vont reprendre ; l’Exposition vous prépare une belle campagne et des travaux qui vous mettent « du pain sur la planche » ; la ville entreprend de nouveaux percements, des quartiers neufs vont s’élever. La confiance va renaître, des entreprises particulières se préparent, n’allez pas compromettre cette reprise si longtemps attendue et désirée.

Mais pour que ces travaux s’exécutent, pour que des propriétaires achètent ces terrains, il faut qu’ils aient un bénéfice raisonnable sur la location de leurs immeubles.

Au moment de l’exécution des grands travaux de Paris, en 1882, les ouvriers ont exagéré les prix de la main-d’œuvre ; qu’en est-il résulté? — Tous les bâtiments ont été faits à des prix variant entre 1,200 et 1,300 francs le mètre superficiel; dans ces conditions, le propriétaire devait augmenter ses locations dans de telles proportions, que les logements n’étaient pas abordables. Qu’en est-il résulté?

Tout d’abord, la faillite des sociétés de constructions et, par suite, l’arrêt immédiat du bâtiment qui subit encore la crise de 1882, sur laquelle se sont greffés des désastres financiers, non étrangers peut-être à cette catastrophe économique.

Pour qu’une construction soit viable, il faut qu’elle ne revienne qu’à 800 francs le mètre; si nous devons élever le prix comme en 1882, les capitalistes ne tenteront pas la même expérience et les cent millions de travaux qu’on pourrait faire resteront en projet.

« C’est malheureusement ce qui se présente déjà. Ainsi, je ne trouve pas preneurs pour nos terrains de la rue des Billettes et du Chaume, admirablement placés pourtant, parce qu’on craint l'élévation de la main-d’œuvre. »

Voilà qui est excellemment dit : une des causes de la crise, c’est là cherté exagérée de la main-d’œuvre. Les constructions devenues trop coûteuses ont produit des loyers disproportionnés qui n’ont pas trouvé preneurs. Les maisons sont restées vides, la population est refoulée hors de la ville, et personne ne veut se risquer à engager de nouvelles constructions. Si les prix continuent à s’élever, les nouveaux percements resteront déserts, les travaux arrêtés ne reprendront pas. Et, finalement, qui souffrira le plus de cette stagnation persistante des affaires, sinon les ouvriers du bâtiment tout les premiers?— C’est ainsi que les utopies, les interventions autoritaires et violentes du Conseil municipal causent la ruine de ceux-là mêmes qu’elles prétendent défendre contre l’exploitation de l’infâme capital.

Mais à qui la faute de ce déplorable résultat, sinon à ceux qui, par des contradictions coupables, viennent dire aux travailleurs : Le temps est passé désormais, où l’ouvrier et le patron discutaient de gré à gré le prix de la main-d’œuvre ; ce sont là de honteuses traditions, enfantées à l’âge où l’homme était exploité par l’homme. Nous fixons dorénavant de notre propre autorité le taux des salaires, et nous l’imposerons par la force ; voilà la vraie liberté. Telle est la justice équitable pour tous. Vous seuls, citoyens terrassiers, avez des droits, et nous vous reconnaissons tous les droits. Seulement nous vous prions instamment de n’en faire aucun usage, parce que cette saine application des principes « antérieurs et supérieurs » nous mène inévitablement à la catastrophe finale, à la ruine complète de tous, ouvriers et patrons indistinctement.

C’est de l’égalité sociale ; mais croit-on, de bonne foi, que les terrassiers sont gens à comprendre ces subtilités, à reconnaître que le seul usage à l’aire des droits pompeusement votés par le Conseil municipal, c’est de ne pas s’en servir?
Pour tout savoir sur les expositions universelles et internationales.
http://www.worldfairs.info

Avatar du membre
worldfairs
Site Admin
Messages : 7160
Enregistré le : 21 juin 2004 09:41 pm
Localisation : illkirch
Contact :

Re: La génese de l'Exposition Universelle et de la Tour Eiffel

Message par worldfairs » 25 mai 2019 06:21 pm

Texte et illustrations de "La construction moderne - 18 aout 1888"

CONCOURS

DIPLOME DES RÉCOMPENSES DE L'EXPOSITION DE 1889.

Le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, vient de prendre un arrêté par lequel un concours est ouvert pour le dessin du diplôme des récompenses de l’Exposition universelle de 1889.

Un prix unique de 10,000 francs sera accordé à l’auteur du dessin classé au premier rang.

Un jury, chargé de rédiger le programme de ce concours et de juger les œuvres présentées, est constitué comme suit :
Président : le ministre du commerce et de l’industrie ; vice-présidents : MM. Alphand, directeur général des travaux; G. Berger, directeur général de l’exploitation.
Membres : MM. Chaplain, graveur, membre de l’Institut; Daumet, architecte, membre de l’Institut ; David Dautresme, chef du cabinet du ministre du commerce; le vicomte IL Dc-laborde, membre de l’Institut; Delaunay, peintre, membre de l’Institut; Duplessis, conservateur de la Bibliothèque nationale ; Galland, peintre ; Charles Garnier, architecte, membre de l’Institut ; Guillaume, sculpteur, membre de l’Institut; Larroumet, directeur des beaux-arts; Proust (Antonin), commissaire spécial des Beaux-Arts ; Roly, graveur, membre de l’Institut ; Sédille, architecte.
Pour tout savoir sur les expositions universelles et internationales.
http://www.worldfairs.info

Avatar du membre
worldfairs
Site Admin
Messages : 7160
Enregistré le : 21 juin 2004 09:41 pm
Localisation : illkirch
Contact :

Re: La génese de l'Exposition Universelle et de la Tour Eiffel

Message par worldfairs » 25 mai 2019 06:23 pm

Texte et illustrations de "La construction moderne - 25 aout 1888"

ARCHITECTES ET INGÉNIEURS DÉSIGNES PAR LES COMITÉS TOUR L’INSTALLATION DES CLASSES.

MM. G. Trélat, Hardy, M. Lambert, llossignenx, Pucey, Lorain, Deslignières, Petit, Chabat, Coquerel, Hermant, Itoussi, Courtois-Saffit, Crépinet, Gantier, Gnéri-uot, A. Chanoel, Blazy, Frantz Jourdain, Yionnois, Pascalon, Ulmann, E. Bertrand, Itonyre, Couvrenx, Gontier, Lefol, P. Escande, Strauss, F. Chardon, P. l)é-ehard, Pray, G. Parent, Debains, Berthot, A. Moreau, G. Béliard, Saladin, II. J. Picard, Hespléchin, Ponlé, Dieudonné, Dezermaux, Yergos et Walwein sont désignés pour l’installation des classes à l’Exposition universelle.


CONCOURS
EXPOSITION DE 1889.

La commission de l’Uruguay pour l Exposition de 1889 vient de juger le concours qu'elle avait ouvert pour la construction d’un pavillon pour la section Urugayenne.
Elle a accordé le premier prix et l’exécution des travaux à M. Barré, architecte à Paris ;
Le 2e prix à M. Debry, architecte à Amiens;
Le 3e prix à M. Brieu et le 4e à M. Lair.

On a écarté un des meilleurs projets pour avoir dépassé de beaucoup le chiffre fixé pour la construction.

Les intéressés peuvent retirer leurs plans tous les jours de 2 heures à 5 heures au siège de la commission 7, rue Logelbach.
Pour tout savoir sur les expositions universelles et internationales.
http://www.worldfairs.info

Avatar du membre
worldfairs
Site Admin
Messages : 7160
Enregistré le : 21 juin 2004 09:41 pm
Localisation : illkirch
Contact :

Re: La génese de l'Exposition Universelle et de la Tour Eiffel

Message par worldfairs » 25 mai 2019 06:25 pm

Texte et illustrations de "La construction moderne - 8 septembre 1888"

CONCOURS

EXPOSITION DE 1889

PAVILLON DE l’AUTRICHE-HONGRIE.

Le gouvernement autrichien ne participe pas officiellement à notre exposition universelle ; mais les industriels et commerçants de la monarchie se sont syndiqués pour organiser à Paris leur exposition. Ils ont ouvert un concours restreint pour la construction d’un pavillon. Nous avons déjà indiqué les avantages de cette solution, au moment du concours pour le pavillon du Chili.

Sept concurrents ont pris part an concours de Y Autriche-Hongrie. C’est M. H. Daray, architecte à Paris, collaborateur de la Construction moderne, qui a obtenu le premier prix et l’exécution des travaux.
Pour tout savoir sur les expositions universelles et internationales.
http://www.worldfairs.info

Répondre

Retourner vers « Paris 1889 - Informations, renseignements, discussions, questions »

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur enregistré et 1 invité