Notice sur L'Exposition Centennale des moyens de transport

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worldfairs
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Notice sur L'Exposition Centennale des moyens de transport

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Notice sur L'Exposition Centennale des moyens de transport
Publiée par les soins du comité d'installation pour servir de compte rendu et de rapport sur cette exposition rétrospective
Éditeur : Librairie Hachette et Cie
Année de sortie : 1901
Pages : 105
Langue : Français

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Introduction :

L'organisation générale de l’Exposition de 1900 comportait, à côté de chaque classe, un musée centennal représentant l’histoire du produit ou de l’objet exposé, depuis le commencement du siècle jusqu'à nos jours.

Dès les premières réunions, consacrées par nos Comités à l'étude de la disposition la meilleure à adopter pour une exposition rétrospective, il fut reconnu qu’en ce qui concerne les Classes 30 et 31, représentant respectivement : la Carrosserie, les Automobiles et les Cycles, la Sellerie et la Bourrellerie, il conviendrait absolument de les réunir en une seule exposition, cette combinaison devant permettre de présenter quelques équipages attelés, qui devaient former un ensemble plus attrayant à l'oeil que la voiture vue seule d'un côté, séparée du harnais qui devait la compléter.

Cette décision prise à l’unanimité dans les deux Commissions d‘admission nommées pour cette organisation, la question fut portée devant l’Administration supérieure, qui donna son plein assentiment à la réunion proposée, et, par suite, il fut établi un comité unique d’installation pour l’Exposition centennale des Classes 30 et 31.

Le Comité d’installation fut immédiatement d’avis que, tout en se conformant à l’idée centennale du programme de l'Exposition, qui était la règle absolue, pour présenter quelque chose de tout à fait intéressant, il fallait, par quelques spécimens bien choisis, remonter un peu plus haut, tout en agissant avec beaucoup de discrétion.

Le problème qui se posait à nous était de réunir le plus grand nombre de véhicules de tomes sortes ayant servi depuis 1800, d'objets divers se rattachant aux transports, de tableaux, de gravures, de photographies, afin de présenter l'historique centennal, aussi complet que faire se pourrait, des moyens de locomotion.

Le champ, quoique restreint au siècle, était vaste, car le XIXe siècle est certainement celui qui a vu se produire le plus colossal développement des moyens de parcourir la terre, soit isolement, soit en commun, de se déplacer commodément, soit dans une ville, soit dans un pays, soit dans le monde entier. Il s’cst produit, en effet, depuis 1800, un développement et un perfectionnement considérables des malles-postes et diligences : la découverte des applications de la vapeur nous a fait assister à la création des chemins de fer, et nous avons vu naitre les omnibus, les tramways. Le carrosse, autrefois possédé par de très rares privilégiés, s’est démocratisé par la voiture de louage et le fiacre. Et voici qu'il nous est donné d’assister à une nouvelle transformation presque aussi considérable, celle de l'utilisation de la carburation du pétrole et de l’énergie électrique pour substituer la traction mécanique à la traction animale. Nous avons vu l’électricité se substituer à la vapeur pour les chemins de fer, donner un développement fabuleux aux tramways mécaniques successeurs des omnibus à chevaux, et permettre, conjointement avec le pétrole, la modification de nature de traction pour la voiture de luxe, le fiacre lui-même, les transports de marchandises, le matériel de guerre, etc. Nous n'oublions certes pas, dans cette revue des progrès des transports au XIXe siècle, l'invention du cycle, de la bicyclette et du motocycle, qui ont précédé, accompagné et suivi l'automobilisme.

Pour présenter un tableau complet et méthodique de toutes les extraordinaires transformations des moyens de transport terrestre qui se sont produites durant ce siècle si fécond, il nous aurait fallu un emplacement colossal qu'il était impossible de nous accorder et un budget non moins important.

La force des choses nous a donc contraints à réduire singulièrement notre programme, et á chercher á faire de notre mieux, avec un espace et un budget restreints, quelle que fût l'extrême bonne volonté de l'Administration à notre égard.

Vue des salons où étaient exposés les dessins, photographies, etc
Vue des salons où étaient exposés les dessins, photographies, etc

Vue des salons où étaient exposés les dessins, photographies, etc
Vue des salons où étaient exposés les dessins, photographies, etc

Ne pouvant donc entreprendre l’histoire complète de toutes les transformations survenues, nous avons dû nous restreindre á rechercher tous les modèles ou spécimens que nous pouvions nous procurer et á les grouper, hélas! avec mille lacunes.

L'emplacement qui nous était attribué dans le Palais des Transports au Champ de Mars était partagé en deux parties par une voie centrale; nous avons adopté comme dispositif de border cette voie par une série de chaises á porteurs et de traîneaux, formant une sorte de colonnade ou d’allée de tombeaux pompéienne, et d'occuper les deux emplacements carrés déterminés par cette voie en y plaçant, du mieux possible, les spécimens de voitures qui nous étaient offerts par les collectionneurs très bienveillants.

Le défaut d’espace nous interdisait un classement méthodique par époque, auquel nous aurions singulièrement tenu au point de vue de la présentation historique.

Le musée rétrospectif étant le complément de l’exposition moderne, nous avions été unanimement d’accord pour n'établir aucune séparation entre les deux expositions, L'une étant la continuation de l’autre. Nous avions simplement place entre nous, à la limite, des tables sur lesquelles étaient poses une série de petits modèles de voitures ou de sellerie.

Nous avions fait établir sur les bas-côtés des cloisons en planches formant une série de douze petits salons pouvant recevoir les tableaux, gravures, estampes, photographies, pièces détachées et harnais dont nous disposions.

Nous avions espéré pouvoir établir au moins là un ordre tout á fait chronologique. Nous voulions consacrer deux salons aux pièces antérieures au XIXe siècle, puis réunir ensemble celles de 1800 á 1810, et ainsi de suite par périodes de dix années jusqu'á 1889.

Mais il ne nous a pas été possible de suivre absolument et rigoureusement cette méthode, dont l'application aurait exigé plus de place et de temps que nous n’en avions à notre disposition pour l'installation.

Enfin, d'après l’organisation établie, notre exposition devait se rejoindre avec l'exposition du Tourisme et des Voyages, plus particulièrement confiée à M. Manceaux Duchemin, ainsi qu'à l'exposition des Ballons. Nous avons été assez heureux pour obtenir, grâce au chaleureux appui que nous a donné M. Hermant, le très distingué architecte du Palais du Génie civil, ]’autorisation de placer au milieu même de la grande voie transversale des équipages attelés et conduits qui nous paraissaient devoir produire un excellent effet.

Il nous a été ainsi possible de mettre en regard l'un de l'autre, et en opposition, deux magnifiques équipages de gala des XVIIIe et XIXe siècles, et de placer plusieurs litières ou chaises à porteurs, avec les chevaux attelés, les cochers, laquais et porteurs, qui ont donné beaucoup d‘animation à l’Exposition rétrospective.

Telles sont les règles que nous avions adoptées pour l’organisation de l'Exposition et que nous avons suivies, grâce au concours financier et moral de l'Administration supérieure, qui ne nous a pas fait défaut un seul instant.

Nous conserverons toujours un sentiment de profonde gratitude pour M. le Président Dervillé, directeur adjoint de l'Exposition, dont les encouragements et les conseils éclairés nous ont seuls permis de mener à bien notre entreprise.

C’est un devoir pour nous de remercier tout particulièrement MM. François Carnot, délégué aux Musées centennaux; Lebarbier de Tinan, sous-délégué, et Hermant, architecte du Palais, de l'appui que nous avons trouvé auprès d'eux et de leur précieux concours qui ont puissamment contribué au succès de notre oeuvre.

La mission des organisateurs d’une exposition rétrospective est délicate et compliquée entre toutes. Il faut rechercher et découvrir les objets qui peuvent présenter un intérêt; il faut ensuite obtenir des heureux possesseurs de ces objets qu’ils consentent à s’en dessaisir, et enfin il faut veiller au transport de pièces souvent extrêmement précieuses.

Tous les membres du Comité d’installation ont déployé à l’envi un zèle, un tact, une ingéniosité, une constance à tome épreuve, et il est bien agréable pour nous de trouver l'occasion de les remercier très vivement et de leur donner un juste tribut d’éloges, nous faisant ainsi l'interprète des exposants et des visiteurs, qui ont afflué.

L'Administration supérieure, comme les exposants eux-mêmes, ont exprime au Comité d’installation le vif désir de voir conserver un souvenir de cette réunion d'objets si intéressants, qui vont être de nouveau éparpillés, et nous avons été priés de faire une courte notice, en reproduisant également par la photographie un certain nombre de pièces choisies. Les membres du Comité n’ont point voulu se dérober à cette nouvelle tâche, et ils ont accepté de repartir entre eux la besogne, suivant leur compétence spéciale, et c’est de cette collaboration qu’est sortie la présente brochure, destinée à être offerte aux exposants qui ont consenti à faire profiter le public de la vue si agréable des magnifiques objets qu’ils ont bien voulu prêter pendant tant de mois à l'Exposition Universelle de 1900.

Nous ne saurions terminer ces lignes sans nous faire les interprètes du voeu général que nous avons recueilli de la bouche des visiteurs.

L’Exposition rétrospective des moyens de transport a eu incontestablement un très grand succès, et nous avons entendu maintes et maintes fois exprimer le regret qu’on n’ait point encore organisé un Musée permanent qui pourrait être si intéressant. Des exposants eux-mèmes émettaient le voeu que cette création prit corps et se déclaraient prêts à faire don à ce Musée d’objets importants et intéressants.

On disait avec juste raison que, si l’on avait chance d’aboutir, il fallait se hâter, parce que, plus on irait, plus il serait difficile de trouver des carrosses, des voitures, des traineaux, des chaises à porteurs des XVIIe et XVIIIe siècles. Le temps fait disparaitre ces objets, ils sont d'une nature encombrante, ne sont conservés que dans certains châteaux, d’où ils ne tardent pas à disparaitre, soit par vétusté, manque de soins, ou dispersion par suite de partages ou d’héritages.

Nous devons signaler à ceux qu'une pareille idée pourrait séduire que nous avons entendu parler de différents côtés de plusieurs emplacements qui pourraient convenir à une installation de cette nature. Le premier est le sous-sol du Petit Palais des Champs-Elysées, si la Ville consentait à y installer un Musée des transports. Il est certain que cet emplacement ne sera pas toujours facilement utilisable pour des expositions de Beaux-Arts et qu’il se prêterait très bien à l’installation de collections de ce genre.

On a parle également du château de Fontainebleau qui dépend de l’État et de Chantilly qui appartient à l’Institut.

Il est évident que, pour un Musée aussi spécial, l'éloignement de Paris ne serait pas un obstacle.

Il existerait, notamment à Chantilly, un emplacement magnifique, qui est, dit-on, complètement inoccupé : c’est le bâtiment des écuries.

Nous en avons suffisamment dit sur ce sujet; si l’idée était adoptée. il est certain qu’on trouverait les locaux nécessaires, les bonnes volontés et les objets précieux libéralement donnés.

Puisse ce voeu se réaliser !

Nous cédons maintenant la place à nos distingués collaborateurs pour qu'ils puissent rendre compte chacun, avec leur compétence toute spéciale, leur connaissance des objets et leur amour de l’art sous toutes ses formes, des merveilles qui nous ont été confiées.


Maurice Bixio.


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