L'emploi du verre et des émaux dans la construction

Paris 1900 - Architecture, pavilions, gardens, urban furniture
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L'emploi du verre et des émaux dans la construction

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Texte et illustrations de "La construction moderne - 10 novembre 1900"

Depuis une dizaine d’années, l’emploi du verre dans la construction s’est fort généralisé. Pour s’en convaincre en un instant, il suffit de comparer à ce point de vue l’Exposition de 1889 avec celle de 1900.

L’utilisation de ce produit a toutes les raisons d’augmenter par suite de la recherche de plus en plus en honneur des règles de l’hygiène dans l’habitation, ainsi que par suite des progrès considérables réalisés dans la fabrication du verre sous toutes ses formes.

Le verre est imperméable, dur, résistant, il n’est ni poreux ni gélif, ni glissant; il peut se polir, se décorer de diverses manières ; il s’obtient sous toutes les formes et sous des volumes fort variés. D’autre part les matières premières qui le composent (silice, chaux, alumine, soude, etc.) sont en quantités si considérables dans la nature, et les procédés de fabrication sont si perfectionnés, que les architectes peuvent aujourd’hui obtenir, relativement à bon marché, toutes les variétés qu’ils désirent.


L’Exposition principale de la verrerie se trouve aux Invalides, groupe XIII, classe 73 (cristaux et verrerie), dans les galeries du premier étage voisines du pont Alexandre III.

Verre a vitre, glaces polies, nues, argentées, platinées. —- Les grandes dimensions et la qualité parfaite des verres et des glaces sont remarquables.

De très longs manchons cylindriques, soufflés, en verre mince, montrent que le système de fabrication du verre à vitre est resté le même ; seule la grandeur des manchons a augmenté grâce à l'emploi de l’air comprimé appliqué pour la première fois par le grand maître verrier, M. Appert. Ces manchons sont ouverts suivant une génératrice, puis étendus sur les tables â recuire.

Nous rencontrons également des types de verres coulés minces qui sont employés pour les toitures et les vitrages.

Quant aux glaces, elles sont toujours coulées. L’exécution de la coulée sur de grandes tables à rebords ainsi que le polissage des glaces avec emploi de mouvements fort bien combinés, sont exécutés couramment d’une façon parfaite.

Les glaces polies restent nues, ou bien sont argentées nu platinées.

Les glaces platinées, dont l’emploi est plutôt restreint, jouissent de la double propriété, suivant la répartition de l'éclairage, d’être translucides comme les glaces nues ou de réfléchir les images comme les glaces argentées.

Tous les miroirs fabriqués actuellement sont des glaces argentées. L’étamage au mercure est absolument abandonné.

Il n’a plus, en effet, de raison de subsister, les glaces argentées étant d’excellents miroirs, et leur fabrication n’entraînant pas pour les ouvriers les terribles maladies qu’occasionnait la manipulation continuelle du mercure.

Parmi les objets exposés, il faut remarquer :
A la classe 84, au Champ de Mars, groupe des fils et tissus, la grande glace nue de la vitrine des dentelles Warée, de 8m30 sur 4 m, soit de 34 mètres de superficie ;
Aux Invalides, les grandes glaces polies qui forment le vestibule d’accès aux escaliers des Manufactures nationales :
A la classe 73, au premier étage, un énorme miroir d’une perfection rare, ayant 8m 15 de hauteur sur 4"1 de largeur, soit une superficie de 32n,260 (ce miroir a été coulé â Saint-Gobain, poli et argenté à Chauny) ;
Des verres imprimés et des verres coulés minces pour toitures et vitrages ;
Des dalles brutes en verre moulé du type de celles employées à la gare des Invalides, au pont Alexandre III, aux grand et petit palais des Champs-Elysées ;
Des pavés moulés pour sol d’écurie, etc.

palaisillusions_01.jpg

Salle hexagonale du Palais des Illusions. — L’utilisation en grand de glaces argentées comme revêtement de murs a été faite par M. Hénard, l’éminent architecte du « Palais des Illusions ».

On appelle ainsi une salle hexagonale de grandes dimensions dont les parois sont entièrement revêtues de glaces argentées formant miroirs et dans desquelles les images se réfléchissent indéfiniment.

Ces glaces, au nombre de 72, forment des panneaux de 4 mètres carrés environ. Pour fixer ce revêtement sans craindre des déformations dues à la liaison avec les murs, et pour obtenir un parallélisme rigoureux des parois opposées de cette salle choisie à dessein de forme hexagonale, il a été nécessaire d’employer des moyens spéciaux que nous décrirons théoriquement, sans entrer dans les détails de construction.

Chaque glace a été rendue solidaire d’un châssis métallique qui l'arme par derrière et la soutient par l’intermédiaire d’une toile repliée, du côté de la surface vue, sur trois côtés seulement; le bord supérieur de chaque glace a pu, en effet, sans nuire à la solidité, n’être pas recouvert; ce qui diminue d’autant les parties métalliques, visibles de l’intérieur de la salle.

Chaque glace a été suspendue à deux crochets spéciaux. Chaque crochet est terminé à la partie postérieure par une partie filetée qui lui permet d’avancer ou de reculer par rapport à un écrou fixe.

verreemaux_01.jpg
verreemaux_01.jpg (89.31 Kio) Vu 22 fois

Cet écrou est lui-même solidaire d’une console en fonte montée sur un tourillon autour duquel peut se faire une rotation. Ce mouvement de rotation, dont l’amplitude est réglable, produit l’élévation ou l’abaissement du crochet de suspension.

À l’aide de ces deux mécanismes, très simples et très robustes, la position de chaque glace est parfaitement réglable et d’une façon indépendante.

Ajoutons que la solidité des points de suspension a été assurée avec le plus grand soin : les tourillons des consoles dont nous avons parlé, ont été scellés fortement dans des contreforts faisant saillie, du côté de l’intérieur delà salle, sur le mur intérieur du bâtiment.

Le bâtiment, en effet, comprend deux murs parallèles entre lesquels ont été placés les escaliers et les paliers de service, nécessaires notamment pour l’éclairage électrique et les jeux de lumière qui font ressortir l’originalité de la construction du « Palais des Illusions ».

verreemaux_02.jpg

Pour être complet, ajoutons qu'on a prévu le cas où les températures de la salle intérieure et des couloirs du pourtour seraient assez différentes pour produire de la buée sur les glaces qui ont du reste une faible épaisseur. En vue de cette éventualité, une rampe de chauffage a été installée à la partie inférieure de tous les châssis en fer qui maintiennent les glaces.

Outre le nom de M. Hénard, l’architecte qui a conçu et exécuté les plans de cette curiosité de l’Exposition dont le succès a été très considérable, il est juste de citer ceux qui ont collaboré à la réussite de cette œuvre. La manufacture de Saint-Gobain a exécuté toutes les glaces. M. Peloye, directeur-adjoint de cette manufacture, a étudié et mis au point le système de suspension et de réglage des miroirs. M. Brûlé, ingénieur-constructeur, a fourni les châssis de suspension.

(A suivre).


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Message par worldfairs »

Texte et illustrations de "La construction moderne - 17 novembre 1900"

Les qualités du verre au point de vue hygiénique (dureté, imperméabilité, voire inaltérabilité, lavage facile) rendent son emploi de plus en plus répandu dans nos habitations. Nous examinerons quelques produits exposés qui, sans être absolument nouveaux, ne sont pas suffisamment connus et dont les architectes pourront souvent tirer parti.

Verre perforé. — Le verre perforé, dit verre Trélat du nom de l’architecte qui l’a imaginé et préconisé, est une sorte de verre à vitre, percé de part en part d’une multitude de trous de petite dimension: il se fabrique en tontes couleurs. Son emploi est tout indiqué dans des locaux qui ont besoin d'une aération permanente tels que water-closets, cuisine, lieux publics etc.

Verres imprimés. — Les verres imprimés sont des verres coulés qui ont reçu par une impression des reliefs plus ou moins compliqués en vue d’obtenir des effets décoratifs variés. Les produits les plus connus de cette catégorie sont les verres striés ordinaires, les verres striés à rayures fines, les verres à petits losanges et les verres martelés dits cathédrale.

Ces verres ont de 3 à 6 millimètres d’épaisseur; ils pèsent de 7k,5 à 10k par mètre carré. Ils sont fabriqués à toutes les dimensions jusqu’à 2m,40 de longueur sur 0m,81 ou Om,96 de largeur.

Ils laissent passer plus de lumière que les verres mousselines, dépolis ou gravés par l'acide fluorhydrique. Ils se prêtent aux mômes emplois n’étant pas transparents. Us ne gardent pas la poussière, ne se graissent pas et sont d’un nettoyage facile.

On peut obtenir de jolis effets en décorant ces verres imprimés par la peinture ou au moyen d’émaux transparents.

Verres a reliefs. Verres mousselines. Verres pour vitraux. — La Compagnie des glaces de Jeumont a exposé des verres à reliefs, striés, losangés, sablés et martelés, qui sont très semblables aux précédents dont ils ont les qualités.

Cette Compagnie expose également des verres mousseline gravés dont l’effet est très satisfaisant.
Plusieurs exposants présentent des verres coulés pour vitraux, blancs ou teintés, ainsi que des collections d’échantillons montrant qu'avec le verre on peut obtenir industriellement aujourd’hui la gamme complète des couleurs. La finesse et la variété de ces produits contribueront certainement à l’extension du mode d’ornementation par vitraux coloriés ou par mosaïques d’émaux artistiques.

Verres de plusieurs couleurs. — On fabrique aussi couramment des feuilles de verre dont l’épaisseur est formée de une ou plusieurs couches de couleurs différentes.

Par la taille plus ou moins profonde, on met à jour l'une ou l’autre couleur, ce qui permet d’obtenir soit des caractères ou lettres pour affiche, soit des dessins en plusieurs couleurs.

En travaillant des verres ainsi fabriqués, M. Emile Galle', le créateur du genre, la maison Daum de Nancy et quelques autres fabricants sont arrivés à obtenir des vases et autres objets d’ornementation en verre coloré qui présentent un caractère artistique tout à fait remarquable.

Opaline. — Les revêtements vitrifiés en opaline commencent à se répandre, malgré les défauts que lui reprochent quelques architectes, sa fragilité et surtout sa difficulté de coupe et de pose.

Par contre, l’opaline est d’une teinte blanc laiteux ou azuré, très agréable à l’œil ; elle se peint et se décore comme le verre ordinaire. Elle permet de constituer des surfaces continues, résistantes, imperméables et d’un nettoyage facile. Elle s’emploie donc dans les installations hygiéniques telles que salles d’opération, salles de bains et de douche, cabinets de toilette, urinoirs, water-closets etc., ainsi que dans les locaux et couloirs obscurs, les galeries ou passages souterrains des chemins de fer ou autres travaux publics ou privés.

Un des avantages de l’opaline laminée, par rapport aux revêtements en céramique, est de pouvoir se fabriquer dans de grandes dimensions. Le revêtement vitrifié est alors constitué par une seule plaque fixée au moyen de simples agrafes ou couvre-joints, et les frais de pose se réduisent dans ce cas à fort peu de chose.

Verre armé. — L’idée d'insérer dans l’épaisseur des feuilles de verre coulé un réseau métallique afin d’empêcher les fragments de se séparer en cas de rupture, est attribuée à Béconlet, négociant en verres à vitres à Paris. Néanmoins le procédé industriel de fabrication du verre grillagé, métallifié ou armé, nous vient d’Amérique.

La fabrication se fait généralement soit en introduisant le réseau dans le verre encore chaud au moyen d’un outil approprié, soit en coulant successivement deux épaisseurs de verre superposées et contre lesquelles on a placé le réseau.

M. Léon Appert a imaginé un procédé différent, qui consiste à couler simultanément les deux couches de verre, le réseau venant se placer à mesure entre elles. On obtient ainsi une soudure plus complète des couches, et le réseau se trouve bien au milieu de la feuille qui peut avoir de grandes dimensions.

Si cette fabrication n'a pas pris jusqu’ici un grand développement, c’est que le verre armé se brise trop facilement par suite des changements de température en raison de la différence de conductibilité du métal et du verre. La forme du réseau métallique et la grosseur des fils qui le constituent exercent une influence marquée sur la fragilité du verre armé.

L’emploi judicieux d’un métal spécial et d’un réseau, aussi fin que possible, convenablement construit, paraît devoir faire disparaître, ou du moins atténuer dans une forte mesure, les inconvénients inhérents à. ce produit.

En tous cas l’emploi de ce verre dans les locaux exposés aux dangers d’incendie est fort utile puisque les fragments de verre, en restant en place, empêchent la production de courants d’air dangereux et la propagation des flammes.

Tout dernièrement des Compagnies américaines d’Assurance contre l’incendie ont fait à Philadelphie des essais du verre grillagé ou armé qui est fabriqué en Amérique par « l’Appert Glass Company ». —Elles ont allumé un feu très violent au milieu duquel se trouvait une construction dont toutes les baies avaient été fermées par des feuilles en verre armé. — Les effets que nous avons indiqués plus haut se sont bien vérifiés et l’intérieur de la construction n’a pas subi les atteintes du feu.

A un autre point de vue, le verre armé pourra être employé dans les vitrages de couverture, dans les locaux ou passages fréquentés où l’on craint les chutes des morceaux de verre cassé, et que l’on protège actuellement par un grillage métallique placé au dessous des feuilles de verre.

La Compagnie de Saint-Gobain qui a acquis le procédé Appert pour l’Europe et qui peut lutter maintenant pour le verre armé avec les fabricants allemands et belges, a cherché à donner à ce produit un aspect satisfaisant et susceptible de contenter les architectes. Les feuilles de verre portent une fine striure longitudinale, et le grillage très mince présente une régularité aussi parfaite que possible.

(A suivre.)
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Message par worldfairs »

Texte et illustrations de "La construction moderne - 8 décembre 1900"

Palais lumineux .— C’est l’artiste verrier J.-A. Ponsin qui a eu le premier l’idée de grouper dans un Palais d’exposition toutes les ressources fournies par la glacerie et la verrerie pour la construction et la décoration des édifices.

M. A.-P. Latapy a été chargé comme architecte de dresser les plans et d’exécuter ce palais qui s’éleva au Champ-de-Mars près de la Tour Eiffel. Il n’a profité que peu de temps de la collaboration de M. Ponsin qui est mort avant d’avoir vu son rêve réalisé.

Toute la verrerie a été fournie par les glaceries de Saint-Gobain à l’exception des pièces de verre souillé qui ont été exécutées par la maison Legras, de Saint-Denis.

La façade principale du Palais édifié sur un socle en maçonnerie, présente l’aspect d’un gracieux portique couvert par une toiture tourmentée en tuile de verre, soutenue par des colonnes également en verre qui lui donnent une grande légèreté.

palaislumineux-01.jpg

12.000 lampes à incandescence éclairent cette construction qui de l’extérieur ne présente aucun point de feu visible.

De grandes draperies en perles taillées forment portières pour les trois grandes baies principales et latérales et les petites baies de côté. Des vitraux mobiles garnissent les bas côtés.

De belles pièces en verre soufflé et moulé en forme de coquilles constituent les balustres de la rampe de l’escalier monumental dont les marches et contre-marches sont en verre coulé.

Outre les colonnes en verre moulé, il faut remarquer des pièces d’un autre genre telles qu’écussons, voussoirs ornementés, etc., dont le moulage s’exécute aujourd’hui couramment. Pour obtenir ce résultat et éviter la casse des pièces au moment du refroidissement, il est absolument nécessaire d’avoir un contre-moule portant les mêmes creux et les mêmes reliefs que le moule principal. L’emploi de ce système fournit des pièces ayant la même épaisseur partout. Le refroidissement se fait régulièrement dans toute la masse alors qu'autrefois les parties épaisses restaient chaudes à côté des parties minces qui étaient déjà refroidies, et que la majeure partie des pièces cassaient au refroidissement malgré tous les soins apportés à cette opération.

Sous le pavillon surélevé se trouve une grotte dont les parois et le plafond sont formés de rochers hérissés de stalactites, le tout en verre moulé, et de gros cabochons, en verre soufflé, qui sont chiffonnés comme une étoffe.

Toutes ces pièces moulées sont parfaites d’exécution; mais elles n’ont pas la transparence parfaite qui est la caractéristique du verre au point de vue de l’art. Elles ont de plus le défaut inhérent à toute matière moulée, celui de ne pas porter, comme la pierre sculptée, l’empreinte directe de la main de l’artiste.

La salle unique du Palais lumineux est entièrement revêtue de produits en verre. Il en résulte une illusion d’optique grâce à laquelle cette salle semble avoir des proposions bien plus vastes que ne l’aurait fait supposer la vue extérieure de cet édifice.

Le sol de celte pièce est constitué par un dallage en verre. Il est assez éclairé par un dessous pour rendre visibles les couleurs très voyantes dont a été revêtue la surface inférieure de ce dallage qui a la prétention, peut-être un peu excessive, d’imiter l’aspect chatoyant d'un vrai tapis de Smyrne. La surface apparente de chaque dalle est lisse; la partie inférieure seule porte des reliefs venus de moulage et formant les éléments d’un dessin d’ensemble.

En face la porte principale, se trouve, sur la façade postérieure, une vérandah dont les parois translucides sont en brigues de verre de couleur sans adjonction d’ossature métallique.

Ces briques, inventées par un architecte suisse, sont de forme prismatique. Leur mise en œuvre demande une grande habileté ainsi qu'une longue pratique. C’est là probablement la cause de l’utilisation restreinte de ces matériaux peu coûteux qui permettent néanmoins et sans adjonction de ferrure d’aucune sorte, de rendre translucides des panneaux de grande surface et d’un aspect suffisamment décoratif.

Ces briques prismatiques sont vides à l’intérieur pour ne pas être trop lourdes par rapport à leur volume.Leur paroi présente assez d’épaisseur pour leur conserver la résistance très grande que leur a donnée la trempe produite par le moulage.

On fabrique également des briques de verre qui présentent des vides placés de telle sorte que les parois ainsi construites sont doubles et permettent de placer entre ces deux parois les canalisations d’eau chaude, d’eau sous pression, d’électricité, etc.


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Message par worldfairs »

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Pour accéder à la verandah dont nous venons de parler, on passe sous une voûte en plein cintre revêtue de miroirs bombés d’une fabrication parfaite.

Le bombage des glaces est une opération délicate et très difficile et jusqu’alors fort coûteuse.

La Compagnie de Saint-Gobain vient de faire construire un appareil à bomber les grandes glaces sur socle, sans moule et par conséquent économique.

Les dispositifs adoptés permettent, paraît-il, d’éviter le brûlage et l’altération du poli des glaces, écueil si connu des bombeurs. A la classe 73, cette Compagnie a exposé une grande coupole en verre de 2m,00 de diamètre et 23 m/m d’épaisseur qui a été fabriquée par ce nouveau procédé.

Les nombreuses glaces argentées servant de revêtement intérieur au Palais Lumineux, sont d’une grande perfection.

Nos lecteurs savent quel soin il faut apporter à la fabrication de ces miroirs pour les obtenir et les conserver dans des conditions parfaite de pureté.

La couche d’argent qui est déposée sur la glace polie a besoin d’être entièrement préservée du contact de l’air. Les fabricants emploient à cet effet des enduits préservateurs de diverse nature. La Compagnie de Saint-Gobain utilise aujourd’hui deux sortes de peinture préservatrice dont l’une a besoin d’être encore protégée par un papier spécial qui est collé par dessus.

La platine a sur l’argent l’avantage de résister aux agents atmosphériques. Cela permet de supprimer pour les miroirs platinés la couche de peinture préservatrice absolument nécessaire pour les glaces argentées. La fabrication des glaces platinées est néanmoins très délicate, car l’application des feuilles de platine se fait à une température voisine du ramollissement du verre.

Ces sortes de glaces qui sont transparentes et qui réfléchissent les images sont encore peu connues et peu employées. Nous pensons pourtant qu’elles peuvent trouver leur utilisation pratique dans certains cas, tels que la surveillance et l’éclairage de certains locaux industriels.

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