Les habitations bon marché

Paris 1900 - Architecture, pavilions, gardens, urban furniture
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Les habitations bon marché

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Texte et illustrations de "La construction moderne - 23 juin 1900"


Plus encore que les Expositions universelles de Paris en 1867 et en 1889, l’Exposition actuelle promet une riche moisson de documents pour les études que nous poursuivons, depuis plusieurs années déjà dans ce journal, sur les Habitations à bon marché en France et à l’Etranger, études que nous venons de réunir, avec de nombreuses additions, en un volume spécial.

Pour ce qui est de la France, une classe du Groupe de l’Economie sociale, la Classe 106, qui se trouve au rez-de-chaussée et à droite dans le Palais des Congrès, est spécialement affectée aux plans, modèles et imprimés concernant les habitations à bon marché ; mais quelques importantes Sociétés françaises ont, faute de place à rez-de-chaussée, disposé tous les documents de cette nature dans la grande Galerie du premier étage de ce Palais, tandis que des nations étrangères, la Russie, la Suède, la Belgique, les Etats-Unis comprenaient ces documents dans leur exposition particulière d’Economie sociale au Palais des Congrès ; et que d’autres, comme l’Allemagne, en ont fait une salle, et non la moins intéressante, de leur pavillon de la rue des Nations.

Enfin, à l’annexe de Vincennes, quelques spécimens d'habitations françaises ou étrangères ont été élevés dans les dimensions exactes des habitations mêmes qu’ils représentent; et à certains de ces spécimens, comme dans certains modèles d’habitations françaises ou étrangères exposés au Palais des Congrès, l’aménagement intérieur et le mobilier ajoutent un grand charme.

On le voit, l’architecte, le constructeur et le spécialiste, qui voudront étudier les habitations à bon marché à l’Exposition actuelle, auront fort à faire et, de plus, auront besoin, pour ne pas oublier des types importants — lesquels ne sont pas encore tous catalogués — d’un guide qui ait fait avant eux une visite préliminaire dans les différents endroits que nous venons d’énumérer : or c’est de ce guide que nous nous proposons de leur tenir lieu.

habitationsbonmarche-01.jpg

En dehors de toutes considérations générales qui viendront en leur temps, après l’examen d’un certain nombre d’habitations françaises et étrangères, nous voulons seulement aujourd’hui présenter ici le plan d’ensemble, avec quelques notes, d’une habitation des plus intéressantes dont le modèle et les divers aspects sont exposés dans la section russe et qui nous a été signalée, sur la présentation de M. Arthur Raffalovich, commissaire-général adjoint de la Russie, par M. le docteur Alexandre Pogojeff, organisateur do la section russe et membre du jury de l’Economie sociale à l’Exposition de 1900.

La Cité Ouvrière aux Ouvriers (1844-1900), tel est le titre que MM. L. et E. Ungern-Sternberg, les directeurs de la grande fabrique de draps de Dago-Kertell, donnent à la principale mesure prise dans leur établissement, depuis plus d’un demi-siècle, pour former un groupe d’ouvriers d’élite, devenant de petits propriétaires fonciers dont les intérêts sont entièrement liés à ceux de leur fabrique; ouvriers qui sont de véritables collaborateurs et qui permettent, par leurs aptitudes morales et physiques, de faire progresser l’industrie .sans que jamais le fléau dissolvant de la grève fasse son apparition.

Dès 1844, ces industriels ont renoncé franchement au système de casernement jusqu’alors adopté en Russie pour le logement des agglomérations ouvrières et dont l’exposition offre tant d’exemples, il est vrai quelques-uns perfectionnés, et ils ont établi, à grands frais de premier établissement, de nombreuses habitations séparées, réservées chacune à une seule famille et comprenant ( Voir fig.) : un bâtiment d’habitation (I), une cave (N), une étable (K), une loge à porcs (M), une salle de bains servant aussi de buanderie (T); le tout disposé à l’entrée et sur la droite d’un terrain de 20 ares (2.000 m. sup.) et agrémenté d'un potager, d’un verger, de prennes et de quelques bouquets d’arbres.

Cent soixante-treize de ces maisons familiales sont déjà édifiées et, grâce à une retenue de 25 p. 100 sur le salaire, cent trente-huit de ces maisons sont déjà libérées de toute dette et, malgré leur prix de revient: 900 roubles(2.395fr.), sont aujourd’hui la propriété de ceux qui les habitent.

(A suivre.)


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Texte et illustrations de "La construction moderne - 14 juillet 1900"

Le premier étonnement que cause l’élude de la Cité ouvrière de Dago-Kertell est le bon marché excessif — nous répétons le prix : 900 roubles (2 395 fr.) — auquel revient le type de maison dont notre figure reproduit le plan-masse.

Nous ne doutons pas, il est vrai, que le terrain ne soit abandonné ou presque par la société propriétaire de la fabrique de draps et que cette société n’ait pris à sa charge les frais d’établissement des voies de division des propriétés et de plantation de ces voies ; mais, outre ses dépendances, une maison seule offre une surface couverte d’environ 70m2,00 comprenant rez-de-chaussée, comble cL distributions intérieures.

Aussi ce prix si peu élevé ne s’explique-t-il que parce que le principal, presque le seul élément de la construction est le bois, comme déjà en 1867, dans une autre construction russe, l'isba ou maison de paysan (sorte de petite ferme), élevée avec ses écuries au Champ de Mars et reproduite par M. Alfred Normand dans son volume : L'Architecture des Nations étrangères à l’Exposition universelle de Paris en 1867.

A Dago-Kertell, le bois, choisi encore parce qu’il donne des maisons plus sèches et plus chaudes que tous les autres matériaux, est employé par poutres d’une épaisseur de sept pouces (près de 0m,20) et, de plus, plancher bas comme plancher haut ou plafond sont doubles, ce qui assure une température intérieure moyenne à l’abri des trop grands écarts de chaleur et de froid.

Particularité à noter : la cave N est, à cause du voisinage de l’eau, construite au-dessus du sol, voûtée en pierre, et la voûte en elle-même est recouverte de terre gazonnée pour combattre les fortes gelées.

Mais, en passant par le petit porche élevé de trois marches au-dessus du sol, entrons dans le vestibule A ; à côté, se trouvent les lieux d'aisance O (à fosse fixe); par une disposition que l’on trouve déjà à Pompéi, la fosse est munie d’un tuyau d’évent qui gagne et longe la cheminée du poêle de la grande salle F et facilite ainsi l’évacuation des odeurs.

L’antichambre B communique avec la dépense C, la cuisine D et la grande salle F.

Dans cette grande salle se trouve un poêle en brique, avec four à cuire le pain, et ce poêle chauffe, outre cette salle, ta principale chambre à coucher G, tandis que le tuyau du fourneau de cuisine sert à chauffer une petite chambre à coucher E.

Et ce système de chauffage, très souvent appliqué dans les petites maisons familiales comme dans les casernes d'ouvriers (blocs ou maisons collectives), donne, quoique assez primitif, d’assez bons résultats et maintient l’hiver, dans toutes ces pièces, une température constante de 15° Reaumur, soit près de 20° centigrades.

Enfin, en H, est une pièce sans destination réelle, utilisée comme débarras et dans laquelle une échelle de meunier sert à monter dans le comble ou grenier.

L’ensemble des cent soixante-treize maisons avec jardins de celte cité de Dago-Kertell couvre une surface totale de cent hectares coupée de rues plantées d'arbres, et aux principaux carrefours desquelles ont été forés des puits artésiens fournissant en abondance une excellente eau jaillissante.

Enfin, donnée morale bonne à rappeler, la fabrique ne fait d’avance d’argent pour la construction des maisons qu’à ses ouvriers et à condition que l’ouvrier, devenu propriétaire, ne pourra vendre sa maison qu’à un autre ouvrier occupé à la fabrique, ce qui prévient l’introduction, dans la cité, de tout élément étranger pouvant y apporter un germe de discorde.

Il y a, dans tout l'ensemble des libéralités faites à leurs ouvriers par les propriétaires de la fabrique de Dago-Kertell, un exemple de ce socialisme patronal que les ouvriers industriels de l’Europe occidentale, émancipés depuis plus longtemps que les ouvriers russes, redoutent quelque peu ; mais, en rappelant que, dans cette fabrique, il n’y a jamais eu l’ombre d’une grève, MM. C. et E. Ungern-Sternberg ont cru devoir soumettre à ceux qui s’intéressent aux questions sociales les fruits si constants du système que, depuis 50 ans, ils suivent à Dago-Kertell, souhaitant vivement qu’il produise chez d’autres les mômes résultats que chez eux.


D'autres grands établissements industriels de différents gouvernements de la Russie ont exposé nombre de plans de logements ouvriers, le plus souvent de véritables casernes, dont les nombreuses chambres sont destinées à l’habitation d’une famille, ou des dortoirs disposés au-dessus des réfectoires et destinés à des hommes seuls; telles les constructions élevées pour ses ouvriers par la Manufacture Emile Zundel, à Moscou ; tels aussi les deux grands corps de bâtiments en pierre, à trois et à quatre étages, lesquels, dans des chambres disposées avec symétrie et ouvrant sur un corridor commun, abritent plusieurs milliers d’ouvriers occupés à la grande Manufacture de filature et de tissage de Jaroslav, ou encore les deux grandes maisons d’habitation de la Compagnie russe américaine pour la fabrication d'articles de caoutchouc, à Saint-Pétersbourg, dont l’un est divisé en chambres séparées avec une cuisine commune à chaque étage, et dont l’autre se compose de petits logements bien aménagés au point de vue de l’hygiène et d’un certain confort.

Mais si ces cités ouvrières-casernes présentent à nos yeux de grands inconvénients et sont de beaucoup inférieures au type de la petite maison familiale de la cité ouvrière de Dago-Kertell, le climat rigoureux de la Russie, d’une part, le goût des bains fréquents répandus jusque dans les classes les plus pauvres, d’autre part, forcent à étudier, et souvent avec succès, dans ces habitations trop collectives, des appareils de chauffage et d’hydrothérapie perfectionnés et de systèmes des plus divers, de môme que le mode de construction en bois et la fréquence des incendies qui en résulte, font rechercher des dispositions ingénieuses pour combattre le feu.

Il y a là, on le voit, encore matière à recherche et peut-être à imitation pour les architectes, surtout avec un guide aussi réputé comme hygiéniste que M. le docteur Alexandre Pogojeff ; en outre presque toutes les agglomérations ouvrières de Russie sont aujourd’hui le siège d’une institution de tempérance, débit de thé, restaurant populaire, salle de lecture et bibliothèque, salle de concert et de conférence, enfin théâtre populaire, institution donnant lieu à des programmes variés et à des constructions souvent pittoresques, desquels nous voudrions pouvoir entretenir un jour, avec plans à l’appui, les lecteurs de la Construction Moderne.

(A suivre.)
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Re: Les habitations bon marché

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Texte et illustrations de "La construction moderne - 21 juillet 1900"

Nous avons dit, dans un premier article sur les habitations à bon marché à l’Exposition Universelle de 1900, toute la variété que présentent les types de ces habitations répartis tant au Palais des Congrès que dans quelques Pavillons des nations étrangères et à l’annexe de Vincennes.

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Mais, à côté de cette variété des types d’habitation, on peut constater une autre variété non moins intéressante : celle que présentent les combinaisons financières auxquelles il est fait appel pour élever ces types d’habitation. On ne saurait en effet l’oublier, le problème de l’habitation à bon marché, surtout quand ce problème envisagé au point de vue de la petite maison familiale, comprend non seulement la construction d’une habitation salubre et économique, mais encore l’acquisition, au moyen d’annuités jointes au loyer, de cette habitation par le travailleur laborieux et économe. Un tel problème veut donc, pour être réalisé, le concours de l'économiste et du constructeur avant même ou tout au moins simultanément avec celui qui, d’abord locataire, doit devenir propriétaire.

Or, si notre premier exemple, la Cité ouvrière aux ouvriers de Diego Kertel (Russie) est une œuvre à la fois de philanthropie et d’intérêt industriel bien entendu, de socialisme patronal en un mot; le type de Maison ouvrière, exposée par la Caisse d'Epargne de Troyes (Aube), tout en décelant le caractère indéniable de philanthropie qui marque si heureusement presque toutes les œuvres d’habitations à bon marché, offre encore un caractère économique des plus intéressants et relevant de ce que l’on appelle le socialisme d'Etat ; car c’est cette Caisse d’Épargne de Troyes, qui, ne craignant pas de faire concurrence à l’industrie privée, engage ses capitaux dans cette construction aux conditions que lui permet l’article 10 de la loi du 20 juillet 1895 et se fait elle-même constructeur de maisons suivant le type qu’elle a exposé à l’annexe de Vincennes. Puis, ces maisons construites, elle les met en location avec promesse de vente réalisable en quinze à vingt années suivant le montant de l’annuité jointe au loyer.

D’autres Caisses d’Épargne françaises ont au reste précédé la Caisse d’Épargne de Troyes, soit dans la construction même d’habitations à bon marché, soit dans la voie de prêts à des Sociétés faisant construire ces maisons : ainsi les administrateurs de la Caisse d’Épargne de Lyon, frappés des heureux résultats obtenus dès le début par la Société des logements économiques de cette ville, n’hésitèrent pas à souscrire, sur leurs réserves, une part des actions destinées à développer le champ d’action de cette société; et, à Marseille, les administrateurs de la Caisse d’Épargne des Bouches-du-Rhône firent plus encore et se firent autoriser par le Gouvernement, dès 1888 et 1889, à consacrer des sommes relativement importantes à la constitution d’une Société d’habitations salubres à bon marché; à la construction, directement entreprise, de petites maisons familiales avec jardin, et enfin à des prêts hypothécaires à des ouvriers voulant faire bâtir eux-mêmes leur habitation.

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La maison ouvrière type, exposée par la Caisse d’Épargne de Troyes à l’annexe de Vincennes, a été construite par M. Henri Senet, architecte à Paris, sur des plans et devis dont il est l’auteur, et auxquels nous devons partie des document qui suivent.

Cette maison répond bien au programme tracé par les administrateurs de la Caisse d’Épargne qui ont simplement voulu démontrer à fous que, grâce à l'apport de capitaux à faible intérêt, il est possible « de loger l’ouvrier ou l’employé laborieux et économe, dans une habitation saine et confortable, dont il pourrait devenir propriétaire sans avoir à faire des sacrifices hors de proportion avec ses ressources. » Cette maison donne, en outre, comme on le verra plus loin, une idée des avantages que l’on peut retirer, au point de vue de l’hygiène, d’une installation raisonnée et économique de l'eau.

Le type adopté est le type dit à rez-de-chaussée, en ce sens que cet étage comprend, reliées ensemble et d’une seule attenance, mais sans se commander aucunement, toutes les pièces, Cuisine, Salle à manger, deux Chambres à coucher, Water-closet et Douche ou Laverie, constituant une petite maison familiale ( Voir fig. 2, le plan du rez-de-chaussée).

Le sous-sol ( Voir fig. 1) comporte seulement une cave et la fosse d’aisance, au cas où le tout-à-l'égout serait impossible à appliquer dans la localité; et le comble ( Voir fig. 3) n’est qu’un vaste grenier aux dépens duquel il a été aménagé une chambre à coucher supplémentaire.

La superficie occupée par les constructions est de 55m,25 pour le corps de bâtiment principal, plus 6m25 pour l’annexe renfermant le Water-closet et la Laverie. Comme on le voit par les plans du sous-sol et du comble, il n’y a de cave que sous les deux chambres à coucher proprement dites et la petite annexe, sous laquelle il peut être nécessaire de créer une fosse avec trou d’extraction, ne s’élève pas au premier étage.

Ajoutons qu’il n’est ouvert de baies que sur trois sens, afin de permettre, sur la droite, la juxtaposition d’une seconde maison semblable à la première, ce qui entraînerait, pour chacune des deux maisons ainsi jumelées, l’économie de la moitié de la dépense de construction du mur qui deviendrait ainsi mitoyen.

Mais examinons plus attentivement la disposition générale et l’aménagement particulier des pièces à rez-de-chaussée.

Comme le fait observer, non sans raison, la Caisse d’Épargne de Troyes dans ses notices, toutes les maisons ouvrières devraient se limiter au rez-de-chaussée, « économisant ainsi sur le chauffage (Voir plus loin), permettant à la ménagère une surveillance facile et réduisant la fatigue, Pour l’entretien en état de propreté de son logement, au minimum indispensable. »

Dans ce rez-de-chaussée élevé de deux marches au-dessus du sol du jardin — car chaque maison est au milieu d'un terrain planté ayant au moins 200 mètres de surface — l'entée dessert bien toutes les pièces ainsi que la descente de l'intérieur à la cave, car il y a au dehors une descente directe à la cave pour le combustible et les boissons; l'entrée dessert aussi la montée au grenier ; la cuisine est assez grande (2m,92 x 3m,00) pour permettre à la famille d’y prendre les repas et de faire de la salle à manger, comme maintenant et autrefois dans beaucoup de petits logements urbains, une pièce de réunion, et aussi une chambre à coucher, ainsi que l’indique le lit placé dans le fond.

En outre, le fourneau-cuisinière de la cuisine mérite une mention spéciale. Il comprend une bouche de chaleur ouvrant sur le couloir, afin de combattre avantageusement et sans frais le refroidissement qui pourrait résulter d’un couloir non habité, communiquant avec le dehors et sur lequel ouvrent toutes les portes et les départ et arrivée d’escalier ; de plus ce fourneau est mixte, c’est-à-dire à chauffage par le charbon de terre ou par le charbon de bois, suivant les saisons.

Une autre bouche de chaleur est ménagée dans la cheminée delà grande chambre à coucher, celle du fond réservée aux parents, pour chauffer la seconde chambre, celle qui serait affectée à une jeune fille, tandis que le lit placé dans la salle à manger et la chambre à coucher du comble semblent plutôt convenir à des adultes masculins.

Enfin une seconde chambre à coucher pourrait sans grands frais être trouvée dans cet étage de comble et porter à cinq le nombre de lits placés chacun dans une pièce indépendante des autres.

Mais c’est la disposition de la petite pièce d’entrée, douche, laverie on bain, qui constitue un progrès réel dans cotte petite maison familiale de Troyes.

Au fond de cette pièce, deux bassins contigus en ciment avec écoulement au dehors peuvent recevoir l’eau chaude et l’eau froide des lavages et aussi des lessivages domestiques, tandis que le devant de la pièce peut être aménagé de façon à comporter au choix une douche en pluie ou avec lance et aussi une baignoire.

L’eau chaude proviendrait facilement du fourneau de cuisine qui comprendrait alors un petit bouilleur économique, échauffant par un va-et-vient 100 à 200 litres d’eau d’un petit réservoir placé au grenier, lequel sera alimenté automatiquement d’eau froide par un bassin en ciment armé dont il sera parlé plus loin, bassin qui fournirait l’eau froide dans la cuisine et dans le lavoir.

Dans cette dernière pièce un mélangeur fort simple permettrait de prendre la douche à la température désirée.

Telle est la grande amélioration prévue et sans frais excessifs dans cette petite maison troyenne réalisant ainsi, dans nos contrées, un service d’hygiène courant dans toutes les petites maisons familiales des États-Unis, appliqué depuis plusieurs années à Bordeaux sur l’initiative de M. Cazalet et ayant lait l’objet de nombreux vœux exprimés dans les Congrès d’hygiène et dans les Congrès des habitations à bon marché, notamment dans le Congrès international tenu à Paris au mois de juin dernier.

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Re: Les habitations bon marché

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Texte et illustrations de "La construction moderne - 28 juillet 1900"

Nous nous étendrons peu sur le système de construction des petites maisons familiales élevées par la Caisse d’Épargne de Troyes. Leur architecte, M. Henri Senet, a su s’inspirer avec raison de progrès réalisés à Lyon, à Marseille, à Saint-Denis et à Rouen.

Pour la construction des murs, il a employé soit le mâchefer en guise de béton moulé dans des coffres en bois, soit le pan de bois avec remplissage en ce môme mâchefer, soit le moellon dur de la région ; mais tous les hourdis ont été laits en mortier de chaux hydraulique et le plancher haut des caves en voûtains de mâchefer entre solives en fer.

Le vestibule, la laverie, le water-closet et la cuisine sont carrelés en carreaux de Beauvais ou en carreaux de ciment comprimés à dessins, et la salle à manger ainsi que les chambres à coucher sont parquetées.

Le raccordement du plafond avec les murs latéraux est obtenu, comme dans nombre d’écoles primaires, à l’aide ^’une gorge de 0m,10 de rayon et ce même mode de raccordement est appliqué à toutes les rencontres de murs ou de cloisons dans le water-closet; les plinthes sont, suivant la
destination des pièces, en ciment ou en bois ; mais ces dernières ont leur partie supérieure taillée en biseau afin d’empêcher la poussière d’y séjourner.

Le buffet de la cuisine, heureuse tentative de mobilier fixe, est en partie aménagé avec ventilation extérieure permettant de se servir de cette partie comme d’un garde-manger.

Enfin, le dessus de l’annexe reçoit le petit bassin en ciment armé, d’une contenance d’un peu plus de deux mètres cubes, bassin couvert pour éviter les impuretés de l’atmosphère et que l’on alimente soit par les eaux pluviales, soit par l’eau de la concession, soit par l’eau de puits, avec adaptation, dans ces deux derniers cas, d’une petite pompe aspirante et foulante.

Pour les façades principale et latérale, que représentent nos figures 4 et 5, elles sont fort simples; mais les refends des chaînes d’angle, les arcs en brique rouge au-dessus des baies, les tuiles rouges de la couverture, la peinture des boiseries et surtout, çà et là, une plante grimpante, vigne ou rosier, sur le mouchetis recouvrant le mâchefer des murs, donnent à ces maisons, isolées au milieu des arbustes du jardin, un aspect pittoresque sans toutefois en rendre l’entretien coûteux.

Nous donnons ci-dessous un devis sommaire s’élevant à 5.100 fr., mais qui pourrait être augmenté d’environ 500 fr. de plomberie pour un aménagement complet du service d’eau.

Maçonnerie et Carrelage 2.650 fr.
Charpente et Serrurerie 1.000 "
Menuiserie et Parquets 600 "
Couverture et Fumisterie 500 "
Peinture et Vitrerie 350 "
Ensemble 5.100 fr.

habitationsbonmarche-04.jpg

Cette somme de 5.100 fr., augmentée de la plomberie et du prix du terrain, atteignant ainsi environ 6.000 fr., s’amortit en quinze ou vingt années, par le payement d’annuités calculées comme suit, d’après un taux d’intérêt de 3 fr. 50 pour 100 :

DÉLAI DE LIBÉRATION ANNUITÉ
15 années 520.95
11 — 496.11
17 — 474.26
18 — 454.90
19 — 437.04
20 — 422.17

Répétons-le en terminant. Profitant des expériences faites un peu partout en France depuis vingt années, la Caisse d'Epargne de Troyes présente, par la construction de sa maison ouvrière-type, un véritable type de petite maison familiale avec quelque recherche, sinon de luxe, mais d’hygiène encore trop peu appliquée en pareille circonstance: aussi nous ne saurions trop engager nos lecteurs, en visitant cette habitation dans la section spéciale de l’annexe de Vincennes, à parcourir les documents mis obligeamment à la disposition du public par la Caisse d’Epargne de Troyes, documents qui montrent bien la sincérité des opérations accomplies par elle en vue de loger l’ouvrier ou l’employé laborieux et économe, dans une demeure saine et confortable et dont il peut devenir propriétaire dans un délai de quinze à vingt années.
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Re: Les habitations bon marché

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Texte et illustrations de "La construction moderne - 15 septembre 1900"

C’est encore au charmant oasis de verdure consacré dans l’annexe du bois de Vincennes à encadrer la coquette agglomération des habitations à bon marché ressortissant de la classe 106 (Economie sociale), que nous demanderons le type de maison ouvrière exposé par la Société de la Fabrique de couleurs de MM. Meister, Lucius et Brüning, de Hoechst-sur-le-Mein, Société qui participe, dans cette classe 106, au Grand Prix obtenu par l’Exposition collective des Usines allemandes de matières colorantes.

Cette maison ouvrière est signalée dans le Recueil des Œuvres de Salut social en Allemagne, recueil édité par les soins du Commissariat général de l’Empire, d’après les données fournies par le Bureau Central des Œuvres de bien-être social pour les ouvriers, et, telle qu’elle se présente avec un grand fini d’exécution, avec son simple mais complet mobilier, comprenant jusqu’aux rideaux et à la literie, elle attire à bon droit les regards et excite le dimanche quelque peu l’admiration et aussi l’envie des familles laborieuses du faubourg Saint-Antoine, lesquelles paraissent difficilement croire qu’une telle maison, tout aménagée et au milieu de son jardinet, puisse jamais être substituée à leur si médiocre logement des grandes cours ou impasses des quartiers de l’ameublement parisien.

Au reste, cette maison et toutes les maisons de la Société Meister, Lucius et Burning — car 550 habitations ouvrières ont été élevées par cette Société suivant plusieurs types et dans des dimensions différentes—constituent une œuvre de socialisme patronal au premier chef, la Société les faisant toutes construire sur son terrain et en restant propriétaire en vue de les louer à ses seuls ouvriers, système dont la Société Friedrich Krupp, à Essen an den Rühr, en Westphalie offre l’exemple le plus développé elle plus parfait sous tous les rapports.

habitationsbonmarche-05.jpg

Ce système de location, contre lequel nombre d’économistes français se sont plus d’une fois élevés, présente ses avantages et ses inconvénients, lesquels n’ont pas échappé au rédacteur de la Section II (Protection des Adultes) S C (Logement et Abri) du Recueil des Œuvres de Salut social en Allemagne et il s’exprime ainsi au sujet des uns et des autres :
« On ne saurait méconnaître qu’envisagé au point de vue de l’ouvrier, ce système a ses grands inconvénients, parce qu’il accentue singulièrement la dépendance de l’ouvrier au patron : que l’ouvrier vienne en effet à perdre sa place, le voilà aussitôt sans abri, lui et sa famille, et justement à un moment où d’ordinaire il se trouve dans une situation économique tort difficile. Aussi comprendra-t-on que dans les cercles ouvriers avancés, on se soit souvent, et parfois avec raison, élevé contre cet usage. Quoiqu’il en soit, dans beaucoup de cas, dans lesquels les relations entre patrons et ouvriers sont restées bonnes à tous égards, le système a donné des résultats fort satisfaisants, principalement là où le bon état des logements et la modicité de leur loyer les placent bien au dessus du niveau des autres habitations privées qu’on peut se procurer dans l’endroit. Il va de soi que ces heureuses conditions des logements sont en général la conséquence d’importants sacrifices pécuniaires de la part des patrons. Souvent, en effet, nous voyons ces derniers tantôt donner gratuitement le terrain nécessaire, tantôt fournir le conseil technique qui présidera à la construction et s’occupera de l’Administration, ou se contenter d’un intérêt très modique pour le capital engagé. De plus, là où les habitations ouvrières se sont groupées en colonies, s’imposent souvent les frais d’une école et des autres œuvres de bien-être social que nécessite une colonie. Depuis peu, en une heureuse opposition avec beaucoup d’anciennes créations de cette sorte, on constate fréquemment la tendance d’imprimer aux colonies ouvrières un cachet de confort, de les parer d’une note gaie. Dans le tracé des rues on évite le croisement monotone des chemins se coupant à angle droit; des places libres viennent animer le paysage. La construction routinière a fait place àuno agréable diversité dans l’architecture des diverses maisons... »

Nous n’avons pas hésité devant la transcription in-extenso de ce long passage parce que, d’une part, il s’applique assez bien à la colonie ouvrière créée à Hoechst-sur-le-Mein par la Société Meister, Lucius et Brüning et parce que, d'autre part, il consigne d'une façon officielle, sur les efforts faits en Allemagne par les grands industriels pour loger leurs ouvriers et les attacher à leur usine, des données exactes que corroborent pleinement les plans et les descriptions des colonies ouvrières exposées dans le pavillon impérial allemand de la rue des Nations.

Il est, avant toute autre, une donnée qui a présidé à la conception du plan de cette maison ouvrière construite à l’annexe du bois de Vincennes pour la Société Meister, Lucius et Brüning ; la grandeur de celte maison doit correspondre aux besoins d’une nombreuse famille ouvrière ayant trois ou quatre enfants au moins; si la famille est moins nombreuse, le locataire est autorisé à sous-louer une ou plusieurs chambres, tout le premier étage même, à des ouvriers célibataires : aussi, condition expresse des plans, chaque chambre, à rez-de-chaussée et à l’étage, a-t-elle directement accès sur une antichambre.

Il y a là évidemment une donnée du programme qui milite en faveur d’une antichambre et peut-être aussi d’une cuisine distincte de la salle à manger, en un mol de l’absence d’une salle commune, à la fois antichambre, cuisine et salle à manger; mais, même en prêtant aux mœurs des ouvriers allemands une réserve qu’il faut avouer ne pas exister parfois dans les mœurs des ouvriers français, les moralistes s’élèveront toujours avec raison contre le principe de la sous-location d’une partie do la petite maison familiale à des ouvriers célibataires, lesquels deviennent le plus souvent des pensionnaires prenant leurs repas dans la famille du locataire principal.

habitationsbonmarche-06.jpg

Ces réserves faites, et elles touchent au programme, non à l’œuvre de M. H. Kutt, l’architecte do la Société, le rez-de-chaussée (Voir fig. 1) avec a entrée, escalier et water-closet; b, cuisine ; c, salle à manger et d, chambre à coucher à deux lits jumeaux ; le premier étage ( Voir fig. 2) avec e, c, deux chambres d’enfants et f, un grenier pouvant encore recevoir un lit ou un fourneau de cuisine en cas de location du premier étage à une famille, sont bien disposés et séduisent surtout par une bonne exécution des travaux et par lecoquet, quoique fort simple ameublement, qui complète celte habitation.

La Vue perspective (Voir fig. 3) donne une idée de la construction, elle aussi très soignée cl intéressante de plus à ce point de vue que, entrepreneur de bâtiments, M. F. Bastian, de Spandau ; fabricants de meubles, MM. J.-B. Rotger et Cie, et tapissier, M. H. Scharp, ces deux derniers de Hœchst-sur-le-Mein, sont venus à Paris pour surveiller la construction et disposer l’ameublement de la maison ouvrière de la Société Meister, Lucius et Brüning et nous donnent ainsi non seulement un type de plans et de façades d’une petite maison ouvrière allemande,
mais encore un type de l’aménagement et de l’ameublement de cette maison.

Les renseignements suivants sont donnés par la Société elle-même. Les trais de la construction s’élèvent, à Hœehst-sur-le-Mein (terrain non compris), à environ 5.000 marks (2.250 fr.). L’aménagement, correspondant aux besoins d’un ouvrier aisé, revient à 1.8ü0 marks (2.250 fr.) et 200 mètres de terrain sont affectés à chaque maison et permettent, comme le montre une vue d’ensemble des établissements de la Société, d’isoler chaque habitation au milieu d’un jardin.

Le loyer d’une semblable maison est de 4 marks (5 fr) par semaine, soit 208 marks (260 fr) par an, et l’eau et le gaz se paient à part, mais à des prix peu élevés.

On le voit, et nous le répétons en terminant, sans vouloir enlever aucun mérite à cette œuvre des logements ouvriers fiée viennent compléter, à Hœchst-sur-le-Mein, nombre d’autres œuvres philanthropiques de la Société Meister, Lucius et Brüning, c’est là une œuvre de socialisme patronal fort intéressante à étudier dans ses conditions matérielles, mais dont le principe même, heureusement croyons-nous, devient de jour en jour d’une application de plus en plus difficile en France.

Qu’il nous soit permis, chemin taisant, d’adresser un nouvel appel aux architectes que cette question doit vivement intéresser, car elle est de leur compétence absolue. Déjà l’on voit s’avancer la clôture de l’Exposition, et les documents qui s’y trouvent accumulés aujourd’hui se disperseront bientôt et deviendront très difficiles, sinon imposibles à réunir de nouveau.

Il faut donc se hâter de visiter le groupe de l’Economie sociale au Palais des Congrès, à la rue des Nations, et surtout à l’annexe de Vincennes, trop délaissée jusqu’à ce jour, et qui, maintenant organisée complètement, offre un très grand intérêt.
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Re: Les habitations bon marché

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Texte et illustrations de "La construction moderne - 6 octobre 1900"

Le dernier numéro du Bulletin de la Société française des Habitations à bon marché nous apporte une bonne fortune rare : une Enquète sur l’Habitation ouvrière concernant le personnel des préposés et ouvriers de la Manufacture des tabacs de Châteauroux, enquête présentée par M. CLUGNET, directeur de cette Manufacture, au Conseil supérieur des Habitations à bon marché et publiée avec l’autorisation du Ministre du Commerce.

Ce document administratif est d’un grand intérêt dans sa sobriété relative. Tout y est passé en revue : description des petits logements ouvriers de Châteauroux, situation de leurs occupants, taux des loyers et modes de paiement , conséquence heureuse de l'état meilleur du logement se traduisant par un abaissement de la mortalité, et enfin mode d’amélioration des petits logements et plans de maisons.

Ce sont ces derniers éléments de l’enquête de M. Clugnet qui doivent surtout intéresser le lecteur, et c'est à eux que nous emprunterons les notes qui suivent.

Il n’existe aucune solidarité entre les ouvriers pour l’amélioration des conditions du logement; l’administration des Manufactures de l’Etat n’intervient en aucune façon dans la question des logements de ses préposés ou ouvriers, et la région n’a vu, jusqu’à présent, se créer aucune société s’occupant de cette question.

Quant à la spéculation, elle n’intervient que pour prêter de l’argent aux préposés ou ouvriers qui veulent acheter ou bâtir une maison. Les prêts sont généralement consentis au taux de 5% pour une durée de deux à dix ans, et le non-remboursement, total ou partiel, entraîne assez souvent la vente judiciaire de l’immeuble et la ruine de l’emprunteur, à la suite des frais, — on sait comme ils sont considérables.

Ainsi : aucune intervention de l’État, du Département, de la Commune ou des Sociétés philanthropiques.

Et cependant, écrit M. Clugnet : « Une forte proportion d’ouvriers, presque un sur deux, sont devenus propriétaires sans autre excitant que leur instinctif désir de posséder et sans autre assistance que leurs habitudes d’économie, ce qui prouve combien est puissant encore le ressort de l’initiative privée. »

Il est vrai, ajouterons-nous, que les ouvriers de l’État ont une position en quelque sorte assurée.

Voyons au reste, en les empruntant au document officiel reproduit par le Bulletin de la Société française des Habitations à bon marché, les plans de quelques-unes de ces maisonnettes des ouvriers de la Manufacture des tabacs de Châteauroux.

Toutes, dit l’enquête, sont de bonne construction, quelques-unes même de très bonne construction, finie et coquette.

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la Maisonnette, route de Cluis (Voy. fig. 1), construite pour l’ouvrier qui la possède, a coûté 4.500 fr. en comprenant 210m de terrain acheté 720 fr.

La construction est bonne, mais faite économiquement, grâce à l’emploi de matériaux de démolition.

Élevée pour un ménage, mari couvreur, femme employée à la Manufacture et un enfant, cette maison comprenait primitivement : caves sous les chambres, et au-dessus du rez-de-chaussée d’une hauteur de 3m,00, un grenier logeable ; mais la femme, restée veuve, l’a fait surélever d’un premier étage d’une hauteur de 2m,80 et habite ce premier étage pendant qu’elle sous-loue le rez-de-chaussée à des parents.

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La Maisonnette, rue Chauvigny (Voy. fig. 2), a été également construite pour l'ouvrier qui la possède et en partie par lui ; elle a coûté 5.000 fr., y compris le terrain d’une superficie de 150m et payé 750 fr., ce qui fait ressortir ce terrain au prix déjà élevé de 5 fr. le mètre.

La construction est très bonne ; il y a cave sous les deux chambres, la hauteur du rez-de-chaussée est de 2m,90, et il y a au-dessus un grenier logeable.

Elle a été élevée pour un ménage composé du mari et dosa femme, tous deux ouvriers à la Manufacture et pour leurs deux filles.

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habitationsbonmarche-09.jpg (69.27 Kio) Vu 86 fois

La Maisonnette, rue Tivoli (Voy. fig. 3), a coûté un peu plus cher, 5.500 fr., avec un terrain de 240m, payé 750 fr. ; la construction est très soignée et, comme la précédente, la maisonnette de la rue de Chauvigny, elle comporte quelques dépendances, avec cave sous les deux chambres ; elle comprend au rez-de-chaussée, dont la hauteur est de 3m,00, une cuisine, salle à manger et une chambre ; un grenier à fourrage occupe le dessus de la grange et des deux pièces du rez-de-chaussée. Ces dispositions spéciales, ainsi que l’écurie, tiennent à la profession du mari qui est vigneron tandis que la femme est ouvrière à la Manufacture. Il y a quatre enfants dont trois garçons.

La dernière Maisonnette, rue du Pilier (Voy. fig. 4), est œuvre de spéculation et a été construite pour être louée au prix de 400 fr. Elle est occupée par un ménage ; le mari, préposé à la Manufacture, la femme sans profession et deux enfants, un garçon et une fille.

Elle comprend une cave sons les deux chambres, un rez-de-chaussée de 2m,95 de hauteur ; un premier étage de 2m,80 et un grenier logeable.

Nous terminerons cet exposé sommaire des conditions d'habitation des préposés et ouvriers de la Manufacture des tabacs de Châteauroux en nous associant aux réflexions fort judicieuses exprimées par le Directeur à la fin de son travail :
« Ne serait-il pas possible, sous le couvert de la loi du 30 novembre 1894, de venir en aide à l’ouvrier d’une façon tout à fait efficace, en lui facilitant l’emprunt nécessaire à la construction de sa maison et en lui permettant de le réaliser, presque sans frais, au taux de 3 et 4 0/° ou même mieux encore à l’aide d'annuités. Ce serait, il semble, d’autant plus facile qu'il s’agit d’ouvriers de l'Etat qui ont une position en quelque sorte assurée donnant de sérieuses garanties pour les remboursements.

« Il serait également fort utile de les mettre à même de profiter de tous les avantages concédés par la loi précitée, notamment en ce qui concerne la suppression temporaire des impôts et la transmission de la propriété familiale en cas de décès. »

En effet, ce n’est pas trop demander ; et tous ceux qui ont souci de l’amélioration du logement ouvrier s’associeront aux vœux émis par M. Clugnet et sauront gré à M. le Ministre du Commerce d'avoir autorisé la publication de son rapport.
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Texte et illustrations de "La construction moderne - 10 novembre 1900"

La fabrique de Chocolat Suchard (Russ-Suchard et Cie), de Neuchâtel (Suisse), a obtenu une médaille d’or pour les types de maisons ouvrières que, depuis longtemps, les propriétaires de celle fabrique ont fait édifier, tant à Serrières, le siège principal de leur exploitation, qu’au sud-est de ce village, le long du lac de Neuchâtel, où un quartier complet de petites habitations porte le nom de Cité Suchard, et qu’à Lùrrach (Grand duché de Bade), où la fabrique possède une importante succursale.

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MM. E. Colomb et E. Prince, architectes à Neuchâtel, sont les architectes d’une partie des maisons élevées à Serrières et notamment de celle édifiée dans l’annexe de Vincennes comme type de maisons à deux logements et dont nous reproduisons les quatre plans, une coupe et trois façades.

D’autres types, reproduits dans une publication spéciale (Neuchâtel, 1896, in-4°), sont plus importants : ainsi, à Serrières ou au bord du lac, un type de maison à deux grands logements (M. W. Mayor, architecte) ; un type de maison à cinq logements (MM. E. Colomb et E. Prince, architectes); un type de maison de Contre-maître (M. W. Mayor, architecte) ; et enfin, à Lôrrach, un type de maison ouvrière à deux logements et un type de maison de. Contre-maître à deux logements. (M. C. Griesser-Sutter, architecte de ces deux derniers types).

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Tous ces types sont intéressants à étudier et nous en dirons quelques mots ; mais la maison ouvrière, édifiée à l’annexe de Vincennes, étant des plus simples, assez économique et d’une construction facile à exécuter dans tous les climats tempérés, est celle que nous avons cru devoir reproduire dans nos figures de 1 à 8.

Le plan des Caves (fig. 1) montre une utile disposition. En c, se trouve ménagé un atelier éclairé sur deux de ses parois et qui peut rendre de réels services; la cave, a, un corridor, b, et les substructions du bûcher et des latrines complètent cet étage.

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Le plan du Rez-de-Chaussée (fg. 2) offre un perron, a, une petite entrée, b, dans laquelle se voit, près la porte, le départ de l’escalier montant à l’étage supérieur, ce qui pourrait permettre de louer cet étage et le grenier au-dessus à un locataire. En c, est la cuisine, assez grande pour servir de salle à manger, et en d, la chambre dite de ménage, celle des parents, avec un lit de famille.

Un bûcher, e, et les latrines, f, complètent ce plan du rez-de-chaussée.

Le premier Etage (fig. 3) renferme deux chambres à coucher, b, b, qui peuvent être tout à fait indépendantes l’une de l'autre, grâce au corridor, a, longeant l’escalier.

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Enfin dans le comble (fig. 4), se trouvent une quatrième chambre à coucher, b, et un galetas ou grenier, a.

On le voit, cave, latrines, bûcher, atelier, cuisine-salle à manger, quatre chambres à coucher et un grenier (en quatre étages, il est vrai), permettent de loger une nombreuse famille et aussi, grâce à l’atelier et au bûcher, qui peut servir de dépôt, d’exercer une petite industrie.

Celte maison ouvrière de Serrières ou des bords du lac de Neufchâtel offre donc un des types les plus complets d’habitation ouvrière et réalise un grand progrès, au point de vue de la moralité, sur certaines habitations pins grandes de fermiers, d’agriculteurs ou de fromagers d'autres cantons de la Suisse, cantons où l'on rencontre encore de grandes chambres à coucher avec quatre grands lits, un dans chaque angle, dont l’un, pour le père et la mère, et les autres pour les enfants et les gens de service, à raison de deux par lit.

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habitationsbonmarche-14.jpg (72.09 Kio) Vu 52 fois

Les figures 5, 6, 7 et 8 donnant la coupe et les trois façades, nous dispenseront de toute description.

La juxtaposition de deux maisons semblables permet de réaliser une certaine économie comme construction de mur et de clôture; mais le soin apporté dans l’exécution ne permet pas d’établir une maison à deux logements, comme celle que nous venons de décrire, à moins de 14.000 francs, non compris le terrain.

Il est vrai que ces maisons restent la propriété de la fabrique et sont louées, seulement aux ouvriers de celte dernière, sur le taux relativement réduit de 3 % du coût des constructions, soit sur 7,000 francs, 210 francs payables par mensualités de 17 fr. 50.

Mais il est une clause imposée aux locataires, dont peut-être s’accommoderaient assez difficilement certains ouvriers français, et que cependant il est bon de rappeler.

Dans cette mensualité de 17 fr. 50 sont compris 2 fr. 50 réservés éventuellement en vue des réparations d’entretien et de propreté reconnues nécessaires et ordonnées au moment de l’inspection qui se fait régulièrement à certaines époques. Le coût de ces réparations est porté à la charge de chaque logement. Tous les trois ans, le compte en est établi et réglé, et les sommes qui n’ont pas été dépensées de ce chef sont versées au compte d’épargne des locataires.

Et la publication à laquelle nous empruntons les documents qui précèdent, contient ce qui suit :
« L’effet de cette mesure a été excellent : les locataires ont compris bien vite qu'il était de leur intérêt de prendre soin de leur habitation, de la maintenir dans un état de grande propreté et de faire de suite les petites réparations. Aussi l’entretien des petites maisons est-il parfait, au point qu’il a été possible de rembourser à plusieurs locataires la totalité de la somme retenue et à tous les autres la moitié au moins de cette retenue. »

Nous en aurons fini avec ce type de maison ouvrière à deux logements de Serrières en disant que les jardins, dont elles sont entourées, ont une heureuse influence pour retenir les maris au logis ; qu’une buanderie est mise à tour de rôle à la disposition des ménagères et qu’une salle de lecture, ouverte toute la journée aux ouvriers des deux sexes, l’est alternativement le soir aux ouvriers et aux ouvrières.

(A suivre.)
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Texte et illustrations de "La construction moderne - 17 novembre 1900"

Le type de maison à deux grands logements diffère peu de celui décrit plus haut ; les pièces sont un peu plus grandes et il y a sept chambres à coucher : mais la distribution en est absolument la même et le prix de revient des constructions ne s’élève qu’à 2,000 francs de plus, 16,000 francs au lieu de 14,000 francs, soit 8,000 francs par demi-maison ou logement.

Un type bien différent, en revanche, est celui de la maison à cinq logements, deux au rez-de-chaussée, deux au premier étage et un au deuxième étage.

Chaque logement a sa cave en sous-sol, cabinet d’aisance et bûcher au rez-de-chaussée, une cuisine-salle-à-manger, une chambre de ménage, deux chambres à coucher à l’étage, et un grenier dans le comble.

Le prix de revient s’élève à 25,000 francs, ce qui ne met plus le prix de revient de chaque logement qu’à 5,000 francs, entraîne par conséquent une diminution sensible dans le prix du loyer mensuel et répond de plus au désir de quelques ouvriers d’avoir de plus petits logements et de plein pied « afin de faciliter la tâche de la ménagère. »

A Serrières et au bord du lac de Neuchâtel se trouve encore un autre type, celui de la maison du contre-maître, maison simple, pour un seul locataire, ayant l’atelier au rez-de-chaussée à côté de la cuisine-salle-à-manger et agrémenté d’une vérandah, mais avec toujours un bûcher et un cabinet d’aisances à l’extérieur. Cette maison du contre-maître revient à I 1,500 francs et le loyer en est par conséquent plus considérable ; mais elle est occupée par une famille déjà dans une meilleure situation sociale.
Les types de maisons de contre-maître et de maisons à deux logements édifiés à Lovrach répondent à des habitudes un peu différentes et plus confortables, les pièces y sont plus grandes et le cabinet d’aisance est disposé à couvert près de l'entrée ; de plus, les prescriptions de la police badoise, à l’encontre de celle de Neuchâtel, permettant l’emploi du bois dans les façades, ces dernières offrent souvent des galeries ouvertes qui ajoutent un élément pittoresque ; mais les prix de revient sont aussi sensiblement plus élevés.

Peut-être avons-nous donné beaucoup de place, dans cette série d’articles, aux différents types de maison de contre-maître et d’ouvriers édifiés par la Société Russ-Suchard et Cie, tant à Serrières et au bord du lac de Neuchâtel qu’à Lovrach ; mais, d'une part, Va petite maison à deux logements, construite à l’annexe de Vincennes a eu un réel succès, bien mérité, qui commandait l’attention, et il était utile de rapprocher, une fois de plus, de ce type que l'on pourrait presque dire personnel, le type que Ton pourrait appeler collectif, celui de la maison à cinq logements, de beaucoup plus économique cl d’une occupation plus facile pour la ménagère.
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Texte et illustrations de "La construction moderne - 24 novembre 1900"

La Construction moderne a dit en son temps, la création de la Société anonyme des Habitations économiques de Saint-Denis et la construction de La Ruche, vaste ensemble de blocs ou maisons collectives et de petites maisons familiales élevé dans cette ville près la halte du pont de Soissons, au lieu dit Le Cornillon; depuis, dans notre Étude sur les Habitations à bon marché en France et à l’Étranger, nous sommes revenu par deux fois et plus complètement sur cette œuvre si intéressante, issue d’un concours public, menée à bien par la sage administration d’un Conseil présidé par M. E.-A. Naville, et dont l’architecte, M. Georges Guyon, se trouve, avec grande conscience et réel talent, avoir résolu aux portes de Paris, en un même point et sous ses deux principaux aspects, le problème de l’habitation salubre et à bon marché.

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La liste des récompenses distribuées dans la classe 106 (Habitations ouvrières) de l’Exposition universelle de 1900, comprend un Grand-prix accordé à la Société anonyme des Habitations ouvrières de Saint-Denis, une médaille d’or à M. Georges Guyon et des récompenses moindres à divers collaborateurs : ce n’est que justice et nous ne reviendrions pas sur ce que nous avons écrit en plus d’une occasion sur cette Société et sur son architecte, si un nouveau groupe de deux maisons collectives n’avait été construit dans le courant de l’année 1899 â Saint-Denis, parles soins de la Société, sous la direction de son architecte et en réalisant de notables améliorations.

Le Foyer, tel est le nom de ce nouveau groupe de deux bâtiments élevés sur un même terrain, et en face l'un de l’autre : le premier, en bordure de la rue de Paris, la principale artère de Saint-Denis, desservie par les trois lignes de tramways conduisant à l’Opéra, à la Madeleine et à Neuilly; le second, en profondeur entre deux cours, à la suite du premier (Voyez les plans, fig. 1 et, 2).

habitationsbonmarche-16.jpg

Un Rapport de M. Floquet, administrateur du Foyer, et une Note technique avec dessins de M. Georges Guyon, architecte, rapport et note présentés le 28 mars 1900 à l’Assemblée générale de la Société anonyme des Habitations économiques de Saint-Denis et publiés dans le Bulletin de la Société française des Habitations à bon marché, nous permettent de résumer les données essentielles de la distribution et de la construction ainsi que le prix de revient par corps d’état du nouveau groupe.

Le terrain a une surface totale de 483m,00 avec 15m,00 de façade sur la rue; la surface des constructions est d’environ 258m,00 et celle des cours d’environ 22on,,00. Dans chaque cour est une borne-fontaine.

Chaque bâtiment, élevé sur caves d’un rez-de-chaussée et de cinq étages carrés, comprend deux logements semblables et symétriques par chaque étage au-dessus du rez-de-chaussée, soit ensemble dix logements par chaque bâtiment et, pour les deux, vingt logements. Deux autres logements plus petits sont ménagés au rez-de-chaussée de chaque bâtiment, soit encore quatre logements pour les deux bâtiments, ce qui fait vingt-quatre logements en tout.

Les vingt logements des étages sont semblables : ils comprennent entrée, cuisine, water-closet, salle à manger et deux chambres ci coucher.

Les quatre logements du rez-de-chaussée, soit dans le bâtiment sur la rue, soit dans le bâtiment entre les deux cours, offrent une distribution différente et moins de pièces pour les uns ou une moindre surface des pièces pour les autres.

Sur la rue, un vestibule servant de passage à la cour et à 1 escalier et la loge du concierge réduisent les deux logements : l’un celui de gauche, à n'avoir qu'entrée, cuisine, water-closet et deux chambres à coucher; l’autre, celui de droite, à n’avoir qu'entrée, water-closet et deux chambres à coucher.

Entre les deux cours, le vestibule conduisant à l’escalier et à la seconde cour diminue d’autant la surface de la. salle à manger de chaque logement, en laissant les autres pièces de même importance qu’aux étages supérieurs.

Mais, dans chaque corps de bâtiment, chacun des logements a une cave assez grande.

Ajoutons que, dans le rez-de-chaussée du bâtiment sur la rue, des poitrails sur des colonnes ont été posés dans le mur de la façade principale afin de pouvoir un jour ouvrir des boutiques dont le loyer, supérieur à celui actuel des petits logements de ce rez-de-chaussée, permettra, écrit M. Guyon, « de réduire le taux des loyers des logements » ; mais il nous semble surtout devoir remédier, en partie du moins, à l'augmentation de charges qui grèvera l’immeuble quand la période de cinq années d’exonération d’impôt prévu par l'article 9 de la loi du 30 novembre 1894 sera expirée.

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Texte et illustrations de "La construction moderne - 1 decembre 1900"

Après ces données sur la distribution des deux maisons collectives constituant le nouveau groupe. Le Foyer, élevé à
Saint-Denis, rue de Paris, par la Société anonyme des Habitations économiques de Saint-Denis, sous la direction de M. Georges Guyon, architecte de La Ruche, notons l’emploi qui a été fait de divers matériaux dans la construction.

Les rigoles en fondation ont été remplies de béton de mâchefer ; les murs des caves sont en meulière de 0m,50 d'épaisseur ; les murs des façades sont en briques rouges et jaunes de Sarcelles, laissées apparentes et jointoyées en creux avec une épaisseur de Om,45 pour le rez-de-chaussée; de Om,35 pour les premier, deuxième et troisième étages, et de Om,25 pour les quatrième et cinquième étages.

La décoration de la baie de la porte d'entrée, les bandeaux séparant les étages et l’entablement sont en sable-mortier coloré.
Sur la façade, un tableau en mosaïque porte le nom du groupe en même temps qu’il témoigne de l’intérêt que n'a cessé de porter jusqu’à sa mort, à la Société anonyme des Habitations économiques de Saint-Denis, le maître mosaïste Guilbert-Martin, qui s’était associé à l’œuvre dès le début et s’en était toujours montré un des plus zélés et généreux soutiens. ( Voyez la façade fig. 3.)

habitationsbonmarche-17.jpg

Chaque étage a une hauteur uniforme de 2m,70, sauf le rez-de-chaussée qui a 3m,20 de hauteur.

Les cloisons légères intérieures sont en carreaux de plâtre; les planchers, en fer hourdé en plâtras et plâtre, et les parquets en chêne à l’anglaise; les escaliers sont en chêne ; il en est de même des croisées, lesquelles sont garnies de jalousies en tôle modèle Mercier : mais les portes intérieures sont en sapin à petits cadres ; elles sont munies de sonnettes électriques.
La charpente est en chêne et sapin et la couverture en tuile.

Dans les chambres, les cheminées et les foyers sont en marbre noir français.

Dans les cuisines, carrelées en carreaux rouges hexagones posés à bains de ciment, les éviers sont en grès émaillé et les fourneaux en tôle avec four, mais sans réservoir à eau chaude ni charbonnier, en raison des nombreuses réparations qu’ont entraînées dans des logements semblables ces réservoirs et ces charbonniers.

Les water-closets sont à effet d’eau avec application du tout à l’égout.

Enfin quelques économies, réalisées dans la construction sur un devis primitif s’élevant à 133,000 fr. compris frais d’achat de terrain et honoraires de l’architecte, ont été compensées par quelques suppléments dus surtout à l’excédent de profondeur des fondations, dans un terrain en partie composé de remblai, et par quelques améliorations telles que les jalousies et les sonneries électriques.

Déduisant de ce total la valeur du terrain, comme les deux maisons sont semblables, le prix de l’une revient donc à 57.728 fr. 25, ce qui, pour une surface bâtie d’environ 130 mètres par maison, met le prix du mètre carré de surface bâtie à moins de 445 fr.; le prix du mètre carré de logement à moins de 100 fr., et le prix du mètre cube de logement à environ 36 fr.

Ajoutons que, selon les prévisions de la Société, que justifie la facilité avec laquelle les logements ont été presque tous loués aussitôt que terminés, le revenu net semble devoir être de 4 fr. 15%; mais mentionnons, avant de terminer, une clause des engagements de location analogue à celle qui est imposée aux locataires des maisons ouvrières de la fabrique de chocolat Suchard de Neufchâtel; un dépôt de garantie de 25 fr. est demandé aux locataires pour parer aux indemnités qui pourraient être dues pour réparations locatives. De l’aveu de M. E. Floquet, certaines familles ont reculé devant cette clause que la Société a cependant pu maintenir sans danger ; en effet, au mois de mars dernier, il ne restait plus que deux logements vacants.

Comme on le voit par ce qui précède, le groupe Le Foyer est une nouvelle et intéressante tentative de construction de maisons collectives en un centre ouvrier, tentative qui semble appelée à un réel succès, grâce surtout à l’expérience acquise en pareille matière par ses fondateurs et par son architecte.
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