Le Palais de l'Optique

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Le Palais de l'Optique

Message par worldfairs »

©Le Panorama
©Le Panorama

Palais célèbre bien avant l'Exposition, puisque l'on y devait admirer la Lune à un mètre.
On y voit en effet la lune... Mais d'un peu plus loin, et cent autres attractions divertissantes : la lumière froide, le kaleidoscope monstre, le labyrinthe de glaces, la statue d'or, le miroir magique, les rayons X, les danseuses phosphorescentes, l'éclairage de l'avenir, le monde invisible, etc....



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Re: Le Palais de l'Optique

Message par worldfairs »

La grande lunette du Palais de l'Optique

©Le Panorama
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Cette lunette colossale, la plus grande qui ait été construite jusqu'à ce jour, mesure 60 mètres de long sur 1 mètre 50 de diamètre, et pèse 20000 kilo.
A une de ses extrémités, le Sidérostat de Foucault, animé d'un mouvement d'horlogerie, projette dans ce tube géant l'image de la lune.



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Re: Le Palais de l'Optique

Message par worldfairs »

Texte et illustration de la revue "L'Exposition Illustrée" de 1900

optique01.jpg

Façade principale, du côté de la tour de 300 mètres. Les douze signes du zodiaque ornent la légère décoration qui entoure comme une dentelle la demi-coupole centrale.

A droite, s'ouvre la salle de la Grande Lunette.

A gauche, la salle des Glaces. derrière les deux murs bas où figurent des attributs astronomiques.

Dans ce palais abondent de multiples curiosités empruntées toutes à la merveilleuse science de l'Optique.



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Re: Le Palais de l'Optique

Message par worldfairs »

Article extrait du magazine "A l'Exposition" de 1900


Si la lune n'a pas, comme le croyaient les anciens astrologues, une mystérieuse influence sur les destinées humaines, si cet astre n’est pas, comme on le supposait, le grand régulateur de la météorologie et même de la santé publique, il n’en exerce pas moins une action importante sur les affaires terrestres; il guide les navigateurs au milieu des ténèbres plus sûrement qu’aucune étoile; il déplace lentement par l’attraction de sa masse l’axe du globe et provoque le mouvement des marées; par sa proximité relative de notre planète, il permet des calculs astronomiques de la plus grande précision, pour lesquels les Anglais ont fondé tout exprès, au XVIIe siècle, le célèbre observatoire de Greenwich. Mais la plus importante raison que nous ayons de nous intéresser à la lune, c’est que l’observation de cet astre mort nous aide à reconstituer la genèse de notre globe et à conjecturer ses destinées.

De tout temps, avec de bons yeux, on put reconnaitre que les taches grisâtes dont le disque lunaire est parsemé gardaient les mêmes dimensions et les mêmes formes, d’où l'on conclut que notre satellite nous présentait toujours la même face. Mais que pouvaient être ces taches grises? Galilée y reconnut avec les modestes lunettes qu'il construisait de ses mains des montagnes, des cratères, dont il essaya de mesurer la hauteur d’après leurs ombres portées. Depuis deux siècles et demi, les astronomes ont multiplié et précisé leurs observations au point de pouvoir dresser une carte de la lune; mais ce document est encore fort imparfait, à cause de l’insuffisance des Instruments dont on a disposé jusqu’à présent. La construction de la grande lunette installée par M. François Deloncle au Palais de l’Optique, va permettre des photographies du sol lunaire à un grossissement très considérable. S’il n’est pas vrai, comme on le dit vulgairement, qu’on voie au Palais de l’Optique la lune à un mètre, il est exact qu’on a l‘illusion de la voir à quatre kilomètres, ce qui est déjà un prodigieux résultat.

Il y a quinze ans, toutes les grandes lunettes ne possédaient que des objectifs appropriés à l’observation directe des astres. MM. Paul et Prosper Henry, de l’Observatoire de Paris, ont été les premiers à construire une lentille de 0m,60 d’ouverture, ou l’achromatisme optique est franchement subordonné aux exigences de la photographie. Leur système a reçu de nombreux perfectionnements qui ont été utilisés dans la lunette de M. Deloncle.

Abritée dans une galerie et soutenue par des piliers métalliques, elle étend horizontalement son tube gigantesque de 60 mètres de longueur, et d’un mètre et demi de diamètre sorte de tunnel lumineux ou un homme peut passer aisément. Les rayons de l’astre à observer sont réfléchis dans un sidérostat, ou miroir, de 2 mètres de diamètre, de 30 centimètres d’épaisseur, et pesant avec son armature environ 7.000 kilogrammes. Ce miroir, soustrait au mouvement de rotation de la terre, par un mécanisme d’horlogerie qui lui imprime une impulsion égale et contraire, recueille donc le rayonnement lumineux de la lune, et le renvoie à travers les deux lentilles monstres de l’objectif jusqu’à celle de l’oculaire. Là, l’image est reçue, environ 10.000 fois grossie sur un écran; or, la lune 10.000 fois agrandie, c’est la lune à 80 kilomètres environ. La photographie va aider à la rapprocher davantage.

Au lieu de recevoir l’image oculaire sur un écran, on peut, en effet, la recueillir sur une plaque sensible, en tirer une épreuve durable qu’on projette ensuite avec agrandissement; on obtient ainsi une reproduction du disque lunaire couvrant 12 mètres; une masse de 50 mètres sur le satellite apparait comme une mouche. En un mot, on a l'illusion de voir l’astre à une distance de 4 kilomètres. On n’en a que l'illusion, car l’agrandissement photographique, on le comprend bien, ne constitue pas un réel rapprochement de l'image oculaire.

M. François Deloncle, qui veut intéresser la foule en même temps que servir la science, n’a pas cru devoir reculer devant cette petite supercherie; au nom de la vulgarisation, il se permet même de mettre sous les yeux du public des spectacles d’une fantaisie grandiose. Dans des dioramas, il reproduit des paysages lunaires; puis il peint un voyage imaginaire dans un astre; enfin, franchissant les siècles aussi aisément que l’espace, il raconte en vingt tableaux la genèse de la terre. A ces vues astronomiques est joint, dans d’autres salles, le spectacle de tous les miracles de la lumière; toutes les découvertes de la science optique, tous les prodiges des fêtes foraines sont réunis dans ce palais merveilleux. En trois quarts d’heure, le visiteur traverse vingt-six salles et assiste à soixante spectacles différents.



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