La génese de l'Exposition Universelle de Paris 1900

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Re: La génese de l'Exposition Universelle de Paris 1900

Message par worldfairs » 13 mars 2020 09:47 am

Texte et illustrations de "La construction moderne - 3 avril 1897"

Les projets d’initiative privée. —

Parmi les projets qui ont été soumis à la commission de l’Exposition de 1900, on nous signale celui de M. Chabert, architecte à Paris. M. Chabert voudrait reconstituer une partie d'une ville antique avec sa civilisation.

On édifierait sur la rive gauche de la Seine, au bord du fleuve, une partie d’une de ces villes fameuses qui miraient leurs palais dans le Nil ; elle s’étagerait en terrasses, avec ses allées de sphinx, ses obélisques, ses palais, ses temples el ses maisons, peut-être même, si la place le permettait, pourrait-on s’offrir une petite pyramide, ou tout au moins un trompe l’œil de pyramide; voilà déjà pour les architectes une reconstitution intéressante et d'un bel aspect. Celle reconstitution ne serait pas seulement extérieure, les intérieurs de ces édifices seraient reproduits
aussi fidèlement que possible jusqu'aux hypogées, qui ne seraient pas une des moindres curiosités.

Tous ces intérieurs seraient garnis de leur mobilier spécial, mobilier qui pourrait en grande partie être authentique. Des scènes antiques, telles que l’histoire d’Antoine et de Cléopâtre animeraient cet intéressant décor.


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Re: La génese de l'Exposition Universelle de Paris 1900

Message par worldfairs » 14 mars 2020 07:00 pm

Texte et illustrations de "La construction moderne - 10 avril 1897"

CHRONIQUE DES TRAVAUX

Les divers chantiers de travaux ouvrent les uns après les autres sur le vaste emplacement réservé à l’Exposition universelle de 1900, et l’activité qui y règne depuis quelques jours fait espérer que les trois ans qui nous séparent de l’inauguration suffiront à mener à bien celle entreprise colossale. Nous allons donner un court aperçu de l’état des travaux dans cette première semaine d’avril, et nous y joindrons une reproduction réduite du plan général officiel qui fixe d’une manière définitive la place et la destination des palais à construire.

Aux Champs-Elysées se dresseront les deux nouveaux palais des Beaux-Arts. Pour leur faire place le palais de l’Industrie doit disparaître. Sa démolition a été adjugée à 255.255 fr., sur une mise à prix de 60.000 fr. On a déjà rasé actuellement l'extrémité ouest, du côté de l’avenue d’Antin. Dès que le Salon de 1897 sera terminé la démolition continuera, de façon à être complète dans le courant de l’été. Une partie des matériaux de cet édifice entrera dans le gros œuvre du nouveau palais. Dans celle prévision, on aurait pu laisser sur place les pierres à utiliser; cependant on les emporte, et il faudra un nouveau charroi pour les amener à pied d'œuvre; c’est là une perte de temps et d’argent qu’il eût été bien facile d’éviter.

Les travaux de terrassement et de fondation du grand palais ont été adjugés le mardi 16 mars, avec un rabais de 31% sur la somme de 550.000 francs demandée. Rien n’a encore été fait pour le petit palais.

Le pavillon de la Ville de Paris, situé sur le Cours-la-Reine, est également en voie de démolition; ces travaux ont été adjugés le 24 mars pour la somme do 21.300 fr. sur la mise à prix de 20.000 fr.

Sur la rive droite de la Seine, on commence aussi les travaux de fondation des culées du pont Alexandre III. L’adjudication avait donné 12% de rabais sur un total de 1.875.000 francs. Les voies de tramways qui longent le quai de la Conférence vont être déplacées et reportées sur le Cours-la-Reine. On procède actuellement à ce changement. Entre le nouveau pont et le pont des Invalides, la berge de la Seine a été élargie par des estacades sur pilotis, aux-quelles on accède par un tunnel qui aboutit dans l’ancien Jardin de Paris, ce qui permettra le transport des matériaux par la Seine, et évitera l’encombrement du quartier des Champs-Elysées.

Sur la rive gauche, le seul chantier que nous rencontrions est celui de la gare des Invalides. Les quinconces, Contre la disparition desquels on a tant protesté, sont abattis : à leur place s’ouvre béante une immense fosse dont le fond est recouvert d’un épais radier en béton destiné à lutter contre les infiltrations de la Seine. Il ne nous a pas paru, lors des dernières crues, que cette protection ail été efficace; l’eau qui filtrait à travers celte couche, pourtant haute de P",80, était fortement chargée de chaux. Les travaux, sur ce point, paraissent arrêtés depuis quelque temps; sur la ligne qui sort de Paris par les Moulineaux, les passages à niveau ont été supprimés, et la voie passe en tranchée ouverte le long des quais. On sait que récemment la Chambre vient de voter le raccordement de cette ligne avec la Ceinture, par un embranchement partant du Champ-de-Mars et traversant Passy.

Un autre embranchement doit partir des Moulineaux et rejoindre à Viroflay la ligne de Versailles, après avoir traversé le bois de Meudon en souterrain. Comme, d’autre part, la ligne déjà existante rejoint par Bécon-les-Bruyères la ligne de Normandie et la banlieue, on voit que la gare des Invalides pourra servir de terminus pour tout le réseau de l'ouest.

A l’angle de l’avenue Rapp et du quai d’Orsay seront les bâtiments d'administration et les services d'architecture logés actuellement au Palais de l'industrie. L’adjudication des travaux de ces bâtiments a eu lieu le jeudi 8 avril.

Au Champ-de-Mars et au Trocadéro, rien n'est encore commencé, pas plus d'ailleurs que sur les berges de la Seine, qui recevront, pour 1900, d'importantes constructions.

Plan général de l'Exposition
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Re: La génese de l'Exposition Universelle de Paris 1900

Message par worldfairs » 15 mars 2020 10:25 am

Texte et illustrations de "La construction moderne - 1er mai 1897"

Fondations par compression mécanique.

Depuis deux ans a été imaginé et employé un nouveau système de fondations en mauvais terrain, destiné à rendre de réels services. M. Dulac en est l’inventeur, et l’administration de l’Exposition de 1900 vient d’employer ce procédé pour les fondations de ses bâtiments d’administration au quai d’Orsay.

Voici en quoi consiste le système :
Le matériel employé pour les fondations par compression mécanique se compose :
1° D’une sonnette à vapeur, montée sur un truc à 4 roues courant sur rails portatifs, et munie d’un déclic spécial ;
2° De trois pilons en fonte ayant chacun une forme particulière et remplissant des rôles différents, le premier comme perforateur, le second comme bourreur et le troisième comme compresseur ;
3° D’une mâchoire métallique pour saisir el remonter les pilons.

Le pilon perforateur, qui pèse 1.500kg, est de forme allongée dans le rapport de 1 de diamètre pour 3 de longueur. Ses dimensions sont de Om,50 de diamètre et 1m,50 de longueur. Il est armé d’une pointe en acier de 25 centimètres.

Le pilon bourreur, qui ne pèse que 1.000kg, est de forme cylindro-ogivale un peu ramassée. Son rôle consiste à continuer l’action du perforateur en élargissant le fond du puits. Son diamètre est de 0'",50 et sa longueur de 0m,70.

Le pilon compresseur, ou pilon d’épreuve, qui pèse également 1.000kg, est de forme tronc-conique. C’est ce pilon qui, suspendu par sa pointe, contrairement aux deux premiers, refoule et comprime avec sa hase le béton introduit en assez grande quantité au fond du puits jusqu’à lui faire prendre la forme d’un champignon renversé plus ou moins arrondi ou aplati.

Le pilon perforateur est employé comme un mouton ordinaire, et creuse dans le sol un puits vertical.

Si nous admettons que, après huit, dix ou douze coups de pilon perforateur, selon la nature du sol et la profondeur à atteindre, selon les corps étrangers rencontrés, on soit arrivé à la profondeur voulue pour commencer le bétonnage , on amène alors sous la mâchoire de la sonnette le pilon n° 2 à l’aide duquel on va, en quelques coups seulement, élargir le puits uniformément; puis on introduit dans ce puits un béton très maniable, généralement composé de mâchefer et de chaux, que l'on comprime el chasse dans la masse, avec le pilon n° 3, jusqu’à ce que la hauteur de 3 ou 4 mètres qu’il aurait pu atteindre dans le puits soit réduite à 2 mètres, ou même à un seul mètre.

Vue du pilon avant le fonctionnement du déclic
Vue du pilon avant le fonctionnement du déclic

C’est une opération de ce genre qui a été exécutée, dans l’après-midi du 2 avril, sur le futur emplacement des bâtiments de l’administration de l’Exposition.

Dans le jardin des écuries de l’Alma, MM. Dulac frères avaient déjà établi 22 trous de fondation dans les conditions que nous venons de décrire. Là, des sables argileux et des terres rapportées de toutes provenances, souvent retournées sans doute, étaient traversés par quelques veines d’anciennes maçonneries.

Le pilon qui a perforé le 23ème puits a rencontré un ancien caniveau (en maçonnerie) de l’abreuvoir qu’il a démoli en deux ou trois coups, brisant les parties de grès, et les agglomérés de ciment rencontrés, sans s’en ressentir autrement que par une légère diminution de course pendant trois ou quatre coups.

Le pilon actuel peut perforer un puits de 10 mètres en moins d'une journée.

Dans les cas plus ordinaires, où il suffit de forer des cavités de 1m,50 à 3m,00, au plus, de profondeur, puis deles bourrer, à la pelle, de matériaux durs, de mâchefer, etc. (avec ou sans lait de chaux), que l’on comprime ensuite jusqu’à ce que le puits soit comblé à 0m,60 du sol environ, le travail est plus simple, et il suffit de procéder à un battage ordinaire.

Enfin, dans les cas où l’on a affaire à des terrains vierges, de consistance assez uniforme, mais insuffisante pour supporter des poids déterminés, on procède à un battage léger ne demandant qu’une faible partie du bétonnage (1/4 à 1/8 à peine) employé dans les battages ordinaires.

C’est par ces deux séries d’application de battage au pilon que, il y a deux ans, dans les travaux de fondations d’une usine à Montreuil, dont le terrain était, pour la moitié de la superficie, vierge avec une résistance de 3k à 5k par centimètre carré, et, pour l’autre moitié, était un remblai de 8 à 15,00 de hauteur, avec 300 à 400 grammes seulement de résistance par centimètre carré.

Les opérations faites avec succès ont permis d'atteindre une résistance uniforme de 10k avec deux mètres cubes de matériaux par mètre carré, pour le terrain de remblai, et O,250m3 seulement par mètre superficiel de terrain vierge.

A la suite de ce premier travail, une autre difficulté de construction se présenta sur un terrain voisin de celui en question. Des quatre murs d’un deuxième pavillon à bâtir, un seul devait reposer sur un ancien mur de soutènement parlant du bon sol et, les trois autres, sur un remblai en berge de très mauvaise qualité.

Pour arriver à donner à ce remblai glissant la même résistance que celle du mur en soutènement, on fit procéder, avec le plus grand soin, à un battage ordinaire, grâce auquel on obtint une résistance de 20k par centimètre carré.

Une autre expérience a été faite peu de temps après. Une construction devait être élevée rue de la Roquette, 33, sur un terrain ayant servi autrefois de voirie ; on se trouvait en présence d’une terre noirâtre, de résistance pâteuse et répandant une odeur nauséabonde.

Il y avait danger à remuer ces terres malsaines, et l’on eut recours au nouveau procédé qui a également donné de bons résultats.

Après battage, le sol présentait un aspect particulier. Les couches stratifiées se sont infléchies de haut en bas, et comprimées latéralement. Les bancs de glaise opposent une assez grande résistance au perforateur et sont refoulés au point de soulever le sol latéralement. En fait, on obtint un puits vertical au milieu de terres dont la densité a été augmentée par le battage ; le coulage et la compression du béton refoulent ce béton dans les terres encore meubles, jusqu’à refus; le puits se trouve ensuite comblé de la même manière, et le tout forme ainsi un pieu en béton dans un terrain absolument consolidé.
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Re: La génese de l'Exposition Universelle de Paris 1900

Message par worldfairs » 16 mars 2020 09:39 am

Texte et illustrations de "La construction moderne - 1er mai 1897"

La démolition du Dôme central.
Mercredi, à deux heures, a eu lieu l’adjudication de la démolition du Dome central du Champ de Mars, construit par M. Bouvard pour l’Exposition de 1889.
La mise à prix était de 20.000 francs. Quatorze soumissionnaires se sont présentés. Nicolas Casel, entrepreneur de démolitions, rue Sarette, 27, a offert la somme la plus élevée, 27.500 fr., et a été déclaré adjudicataire.
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Re: La génese de l'Exposition Universelle de Paris 1900

Message par worldfairs » 16 mars 2020 04:56 pm

Texte et illustrations de "La construction moderne - 5 juin 1897"

Démolition du Dôme central.

La démolition du Dôme central est commencée : toutes les installations que nécessite cette démolition sont en place, y compris le poste médical de secours dont M. Bouvard a fait, avec juste raison, une condition préliminaire essentielle. Ce poste de secours est installé au fond du palais des machines, devant l’Ecole militaire.
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Re: La génese de l'Exposition Universelle de Paris 1900

Message par worldfairs » 17 mars 2020 08:53 am

Texte et illustrations de "La construction moderne - 31 juillet 1897"


DÉMOLITION DU PALAIS DE L’INDUSTRIE

Les travaux de démolition du Palais de l’Industrie ont été confiés à MM. A. Daval, A. Bonhomme, Dufayet et Larialle. L’activité que déploient ces entrepreneurs fait espérer que la place sera nette fin octobre prochain, et s’ils arrivent pour celte date, ils auront accompli un véritable tour de force.

A l'heure actuelle, on peut considérer que la moitié du palais est démolie.

Provisoirement on conserve, pour les besoins du service, pendant la construction des nouveaux Palais, deux pavillons : celui formant angle, côté de l’avenue d’Antin, et l’avant-corps de la grande porte d’entrée sur les Champs-Elysées. On est en train de procéder à leur aménagement.

Dans sa longueur, le Palais de l’Industrie se composait de trois travées : sur les côtés, deux petites où se trouvaient des galeries au premier étage, puis, au milieu, une grande qui, du sol à la couverture, était complètement libre.

Ces travées étaient construites on métal ; fonte pour les piliers ; fer pour les planchers, les fermes et la toiture île forme circulaire. Elles formaient ensemble un immense vaisseau, pouvant être regardé comme indépendant des façades en pierre de pourtour auxquelles, cependant, il était relié au droit des piliers on fonte par de fortes attaches, placées de distance en distance.

Les entrepreneurs ont attaqué la démolition par le côté en façade sur l’avenue d’Antin, c’est-à-dire, eu bout du palais.

Après avoir, comme d’usage, procédé au descellement et a la dépose des croisées puis enlevé le parquet, ils se sont attaqué aux planchers en fer des galeries, entre les fermes. Aussitôt déboulonnées, les solives ont été précipitées sur le sol, sans autre forme de procès, pour y être recueillies et enlevées.

La façade en pierre eut alors son tour et disparut par les procédés ordinaires, et, pour les rappeler brièvement, en soulevant avec des pinces les assises courantes de bandeaux que l’on jette de haut en bas; en désagrégeant à la pioche les clavages et en faisant tomber un à un les trumeaux, en tirant à bras d’hommes sur des cordages dits «vingtaines» par des mouvements en cadence de manière à faire perdre l’équilibre aux assises et à les entraîner dans le vide.

Le déblai s’est opéré au furet à mesure des démolitions partielles et bientôt on s’est trouvé en présence d'une coupe parfaite de l'ossature métallique. Dès ce moment, il a été nécessaire d’avoir recours à des ouvriers tout à fait spéciaux, bronzés contre le vertige et d’une agilité à toute épreuve.

On a aussitôt commencé (A) par démastiquer, une à une, les vitres des trois grands combles cintrés, vitres que les hommes se passent de main en main et entassent sur la corniche d’entablement où elles sont reprises, descendues et mises en boite après triage.

Cette phase du travail franchie, les ouvriers spéciaux, ci-dessus mentionnés, véritables acrobates, maniant à des hauteurs invraisemblables le ciseau, le marteau, la clef anglaise et le têtu avec autant d’aisance que sur le sol d'un atelier, procèdent à l’arrachement des petits bois qu'ils laissent tomber pêle-mêle.

Le chargement au tombereau de ces débris une fois terminé on dégage avec soin les pannes ou fermettes droites (B), ajustées perpendiculairement aux grandes fermes circulaires, et qui sont en nombre assez considérable.

L’une après l’autre, elles sont amarrées sur leurs deux extrémités à des moufles dont le cordage court jusqu’à terre où il se prolonge, enroulé sur lui-même aux pieds dos manœuvres.

La disjonction opérée, la fermette se trouve suspendue sans secousse. Au commandement, elle descend doucement et arrive à destination, dans toute sa rigidité, n ayant pas éprouvé le moindre dommage.

demolitionpalaisindustrie.jpg

Quand on en est à la dernière qui représente le faîtage, on fixe solidement une vingtaine à la ferme circulaire qui va se trouver bientôt abandonnée à elle-même ; puis on relie celle-ci par un cordage léger à la suivante qui, n’ayant pas encore été touchée dans sa contexture, fait toujours corps avec l’ensemble du vaisseau.

Ce cordage est noué de façon à maintenir momentanément la ferme circulaire dans son aplomb, mais aussi à céder sous l’effort d’une faible traction.

La dernière fermette descendue, quelques manœuvres tirent sur la vingtaine (C), et en quelques secondes l’immense demi-arc de cercle en fer, quittant dans sa base les piliers en fonte, s’élance dans l’espace avec un effroyable craquement. Il décrit, dans sa chute, des courbes sinueuses qui simulent bien les horreurs de l’affolement el les angoisses de la torture.

Un bruit formidable, un nuage de poussière, et voici le monstre gisant à terre, affreusement contorsionné.

On procède alors à une sorte de dépeçage grossier, en faisant sauter boulons et rivets à la force du poignet, de manière à obtenir des morceaux maniables que l’on conduit dans les diverses usines qui transforment la vieille ferraille.

Vient ensuite le tour des piliers en fonte que l’on renverse par des procédés analogues d’abatage et que l’on brise à coups de merlin et de têtu pour faciliter la manutention cl le charroi par menus éclats.

Enfin, les façades latérales en pierre sont tombées, comme il a été dit plus haut, concurremment el parallèlement aux travaux de démolition des arceaux cintrés en fer.

Les pierres, qu’une descente un peu vive n’a pas trop étonnées, sont placées par des bardeurs sur des plateaux que l’on hisse sur les chariots dits « binards» et vont retrouver ailleurs un asile plus hospitalier où elles feront encore bonne mine sous une toilette rafraîchie.

Le surplus est débité en moellons.

tous les matériaux recueillis dans le chantier, une fois chargés, doivent passer devant le bureau du service d’exploitation organisé par l’Entreprise. Là les agents procèdent au mesurage el au pesage, avant que les voitures ne disparaissent par la porte donnant accès sur le Cours-la-Reine.

Ce service, parfaitement installé et bien compris, pourra, en fin de travaux, renseigner les amateurs de statistique et leur fournir les éléments utiles pour connaître exactement ce que le Palais de l'Industrie recélait dans ses flancs.
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Re: La génese de l'Exposition Universelle de Paris 1900

Message par worldfairs » 19 mars 2020 09:16 am

Texte et illustrations de "La construction moderne - 18 septembre 1897"

Expériences pour l’Exposition.

Des expériences ont été faites, par les soins de l’administration de l’Exposition, au sujet de divers moyens proposés pour rendre ignifuges les bâtiments de l’Exposition. Les procédés mis en pratique seront, en principe, conformes à ceux que prescrivent d’une façon générale les règlements du conseil d’hygiène et de salubrité; leur application aura lieu dans tous les cas, les expériences faites ayant donné des résultats suffisants. Un petit bâtiment en bois ignifugé a été incendié jusqu’à effondrement; les quatre murs en planches et la toiture se sont finalement abattus; on les a trouvés carbonisés, mais sans dégagement de flamme, de telle sorte que dans un cas accidentel les secours auraient eu certainement le temps d'arriver et déjouer un rôle efficace. Le grand bâtiment en charpente de bois érigé â l’angle du quai d’Orsay et de l’avenue Rapp et qui va recevoir, en octobre, les services d’administration de l’Exposition, va tout d’abord être soumis au traitement ignifuge dont nous venons de parler.
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