La génese de l'Exposition Universelle de Paris 1900

Paris 1900 - Discussions, informations, questions
Avatar du membre
worldfairs
Site Admin
Messages : 6817
Enregistré le : 21 juin 2004 09:41 pm
Localisation : illkirch
Contact :

La génese de l'Exposition Universelle de Paris 1900

Message par worldfairs » 08 août 2019 10:33 am

Texte de "La construction moderne - 14 octobre 1893"

La commission désignée a formé une commission préparatoire, et celle-ci a délégué une sous-commission qui vient de rédiger un rapport; lequel va être discuté par la commission préparatoire, avant d’être soumis à la commission proprement dite. Ce va-et-vient rappelle, dans toute sa beauté, le jeu des montagnes russes; on y descend des commissions supérieures jusqu’aux sous-commissions les plus inférieures, pour remonter sans et l'ort jusqu’au point de départ.

Les conclusions seront connues d’ici à quinzaine. Les installations à Vincennes, Courbevoie, Bagatelle et autres lieux "circumvoisins" sont écartées ; de même sont répudiés les projets d’expositions disséminées et réparties entre les divers arrondissements de Paris. On ne pouvait décemment, sous le nom d’Exposition, offrir aux visiteurs une partie des quatre coins, même en reliant ces coins divers par le chemin de fer de ceinture.

Félicitons la sous-commission d’avoir ainsi formulé une bonne pensée : «Unité et Proximité, tel doit être, dit-elle, le programme. » Rien de plus juste.

Restent Auteuil et le Champ-de-Mars; le conseil municipal, qui prend sa part de la carte à payer, refuse Auteuil et veut le Champ-de-Mars. 11 est probable qu’il aura gain de cause, surtout parce qu’il tient les cordons de la bourse, et un peu parce qu’il a raison aux yeux de bien des gens.

On verra plus tard si, au Champ-de-Mars, à l’Esplanade des Invalides, au Trocadéro, aux quais, il faut encore adjoindre le Cours-la-Reine et le Palais de l’Industrie. Notre opinion, on le sait, est qu’il y aurait tout avantage à ne pas tant chercher une extension démesurée et que nous trouvons, en grande partie, inutile ; car on l’occupe ensuite,— parce qu’il faut bien boucher les trous qu’on a bénévolement creusés,— au moyen d’expositions officielles et ministérielles trop souvent dépourvues d’intérêt bien immédiat.

11 devient probable que le Palais des machines sera seul conservé au Champ-de-Mars. C’est la seule partie qu’on ait trouvé à utiliser quelque peu dans les intervalles entre les Expositions. Peut-être est-ce là une concession inutile; tout au moins faudra-t-il en changer complètement l’aspect et le décor, sous peine de redites fastidieuses.

Le mode de classification va être complètement remanié par M. le directeur général. Oserons-nous l’avouer : cela nous est complètement indifférent.

« Ce mode de classification, dit-il, sera remanié suivant une philosophie nouvelle, qui ne serait plus celle de Le Play; celle-ci ne serait plus conforme ni à l'histoire, ni à la philosophie des industries humaines. » Il paraît qu’on trouvera maintenant réunies sur le même point : « les broderies, les machines à broder actuelles, celles d’hier à côté de celles d’avant-hier, en remontant ainsi jusqu’aux métiers qui ont précédé le déluge. Dans des séries chronologiques, nous verrons la fabrication des chapeaux diaprés Aristote, du pain d’épice, des boutons de guêtre, des culottes, des imperméables, des vins artificiels, des paratonnerres, depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours, et nous aurons la satisfaction de les contempler, non pas inertes, mais en pleine marche. C’est évidemment une pensée honnête qu’a eue là M. le commissaire général et dont on ne peut lui faire le moindre reproche.

Dans cette voie, nous pourrions même lui soumettre une idée assurément neuve et originale, dont la portée n’échappera à personne. Il devrait nous montrer, fonctionnant à bras, par la vapeur ou par l’électricité, le jeu régulier de nos institutions à travers les âges ; cela ferait pendant à l’invention du jeu des tarots. Feu Le Play lui-même eût trouvé dans celte innovation le germe de comparaisons instructives, nourrissantes, dont nous n’avons pas besoin de dégager toute la philosophie historique.

Enfin, M. Picard aurait déclaré qu’il ne croit pas à la réalisation prochaine du Métropolitain; il n'est pas le seul. Bien des personnes désabusées estiment qu'il suffit bien à une génération laborieuse de terminer l’Opéra-Comique. A nos descendants incombera la réédification de la Cour des comptes. Quant au Métropolitain, œuvre d’un avenir lointain, il est destiné à devenir une légende nébuleuse, où les savants allemands découvriront probablement un mythe solaire. Ce sera de l’exégèse transcendante.

A vrai dire, M. Picard tourne la difficulté. Il écarte le Métropolitain, mais « il admet la possibilité d’amener au centre de la ville des prolongements de nos grands réseaux ».

Il va même plus loin : « Son rêve, affirme le Figaro, serait de décider les compagnies à créer, dans la région centrale de Paris, des gares annexes, comme celle du carrefour Médicis (et ajoutons : comme celle de la Cour des comptes), d’où rayonneraient en tous sens d’innombrables trains. »

Si tel est le rêve de M. Picard, nous croyons qu’il ne sera pas difficile de le réaliser et qu’il ne sera guère plus difficile de « décider » les compagnies à conduire plus loin leurs têtes de lignes, puisque c’est précisément ce qu’elles désirent le plus vivement. Ce sera la plus douce des violences.

Aussi M. le commissaire général conclut-il : « Comme il faudra quatre années pour bâtir l’Exposition de 1900, il importe que tout d'abord les moyens de communication soient assurés et que les grands travaux de voirie que nécessitera le prolongement de nos réseaux de chemins de fer dans l’intérieur de Paris soient achevés. M. Alfred Picard a calculé que cet énorme travail ne pourrait être mené à bien en moins de quatre années. Le plan est donc celui-ci : commencer immédiatement la construction des réseaux ferrés de 1900, de façon que cette lourde besogne soit terminée en 1897 et, à partir de ce moment, ne plus avoir à s'occuper que de l'Exposition, dont il faut que la première pierre soit posée dans trois ans. »

Il n’est pas difficile de démêler le lien qui existe entre ces expositions, favorables aux intérêts des grandes compagnies et la campagne si habilement menée par le journal le Temps, et que nous signalions plus haut.
Pour tout savoir sur les expositions universelles et internationales.
http://www.worldfairs.info

Avatar du membre
worldfairs
Site Admin
Messages : 6817
Enregistré le : 21 juin 2004 09:41 pm
Localisation : illkirch
Contact :

Re: La génese de l'Exposition Universelle de Paris 1900

Message par worldfairs » 10 août 2019 09:55 am

Texte de "La construction moderne - 11 novembre 1893"

Quand nous avons jeté un premier cri d'avertissement, quand nous avons prévenu le public qu'il ne fallait pas s'arrêter aux bagatelles de la porte ni aux petits incidents d’à côté, destinés à détourner l’attention du véritable côté où elle devrait se porter, beaucoup de personnes Raisonnables nous ont donné raison. D’autres, peu ou mal renseignées, feignent de croire que nos craintes n'ont aucun fondement, que les grandes Compagnies n’ont jamais songé à dépenser des millions pour prolonger leurs voies à travers Paris, que cette seule idée est ridicule, etc., etc. Nous n’aurions qu’à signaler, comme réponse, les exorbitantes dépenses que vient de faire la Compagnie d’Orléans pour avancer de quelques centaines de mètres sa gare de Sceaux, celles que prépare la Compagnie de l'Ouest pour reporter un peu plus loin sa tête de ligne du Champ-de-Mars, Mais nous ne nous attarderons pas à discuter sur des faits qui commencent à être connus de tout le monde.

Il nous suffira, d’ailleurs, de citer les propres paroles de M. Picard, le directeur général de la future Exposition. A propos des moyens de communication que l’on se propose de multiplier dès à présent en vue de cette solennité, M. Picard disait récemment : « Je ne m’inquiète pas des moyens à | employer. Qu’on adopte un projet de métropolitain, qu’on se contente de prolonger jusque dans l'intérieur de Paris lés grandes lignes (1), qu’on s’arrête à une solution différente, peu m’importe, pourvu qu’on décide quelque chose. » Le directeur général ne prend point parti dans la question, mais il reconnaît officiellement qu’il est sérieusement question de prolonger les grandes lignes à l’intérieur de Paris. C’est tout ce qu’il nous intéresse de savoir; et nous voyons aussi par ces paroles que la prochaine Exposition est le prétexte, ou la raison sérieuse si on le préfère, dont on va se servir pour faire enfin sortir u.ne solution de ces interminables débats qu’a suscités la création d’un métropolitain.

Si les grandes Compagnies obtiennent ce qu’elles désirent, c’est-à-dire leur prolongement par les quais, rive droite et rive gauche, pour les lignes de Lyon, d’Orléans et de l’Ouest, c’est-à-dire encore le raccordement ultérieur du Nord et de | l’Est, puis de la ligne de Sceaux avec ces mêmes lignes des quais; si ces propositions se réalisaient sans opposition trop vive du public, il faudra alors examiner quels sont les modes d’exécution les moins désastreux pour le bel aspect de la ville.

A ce sujet, peut-être un peu prématurément, nous recevons la lettre suivante :
« Mon cher Directeur,
« Je serais, comme vous, désolé devoir l’Esplanade détruite cl les quais de Paris abîmés; mais pourquoi ne pas faire passer la voie en tranchée couverte sous le trottoir et une partie de la chaussée du quai actuel?
« La berge et les quais conserveraient leur aspect habituel; la circulation sur cette ligne serait très agréable, puisque l’on aurait la vue toujours si gaie de la Seine.
« S’il'y a des égouts au milieu de la chaussée, ils doivent être peu importants, et, -en tous cas, il serait facile de les reporter sous l’autre trottoir.
« Dans ces conditions, nul inconvénient à transformer en gare la Cour des comptes... au contraire, et surl’Esplanade il n’y aurait qu’une station intermédiaire de plain-pied avec la berge.
« Votre lecteur assidu,

« T. R.
« E. C. P. 1880. »


Dès à présent, nous pouvons répondre que, si la perspective des quais se trouve mieux ménagée par l’établissement des voies en sous-sol, cette solution n’irait pas sans nombreuses difficultés à surmonter. Les égouts à dévier, siphonner, transporter, seraient une de ces difficultés, plus grave sur la rive droite que sur la rive gauche, mais dont on viendrait toujours à bout, à prix d’argent.

Mais nous doutons qu’on pût établir une tranchée ouverte sur le côté, comme le propose notre correspondant. Le niveau des hautes eaux est trop élevé à Paris, et une tranchée de ce genre serait inondée plusieurs fois par an. Il faudrait construire des travaux de défense entre la tranchée ouverte et le lit du fleuve, ce qui élèverait la dépense dans des proportions probablement exorbitantes; encore n’est-il pas bien sûr que l’on fût entièrement à l’abri d’infiltrations nuisibles, sinon même dangereuses.

Sans doute on peut surmonter toutes les difficultés, mais c’est à la condition de dépenser des sommes d’argent parfois disproportionnées. Le prolongement de la ligne de Sceaux en est un exemple : on a vu ce qu’il en coûte pour cheminer sous les voies publiques, même les plus larges.

Le long dès quais, on peut aussi penser à l’établissement Je longs tunnels, malgré les répugnances très justifiées de la population pour ce genre de constructions. Mais on se heurtera, tout comme avec la tranchée latéralement ouverte, aux difficultés provenant du voisinage des eaux. On sait que, dans cette région, les sables infiltrés d’eau dans lesquels sont creusées les caves des maisons produisent souvent, l’hiver, le véritables inondations des sous-sols. Un tunnel y sera —véritablement bien mal logé.

En résumé, nous croyons que les grandes Compagnies viendront difficilement à bout des clameurs générales que - suscitera certainement la connaissance de leurs projets, lorsqu'elle sera plus répandue ; elles auront ensuite à lutter contre
les plus graves difficultés techniques, si elles ne se placent à fleur de sol, comme va le faire l’Ouest, ou même au-dessus du sol, comme il sera sans doute nécessaire, en certaines par-lies, si le tronçon du boulevard Saint-Michel, appartenant à l’Orléans, est destiné à se rattacher, rail à rail, au prolongement de la ligne principale de ce même Orléans. En effet, ce tronçon mené en tunnel à la partie haute du boulevard devra probablement sortir de terre au voisinage de la Sorbonne ou du Collège de France, en profilant de la déclivité du sol dans cette région, pour y trouver un point de passage et gagner ensuite le quai en viaduc.

Toutes ces difficultés, qui arrêteraient une entreprise particulière, — sans parler des travaux de consolidation nécessaires pour les propriétés riveraines, — et qu’on ne manquerait d’ailleurs point d’accumuler sous ses pas, ne sont pas faites pour retenir les hautes et puissantes Compagnies si elles ont effectivement jeté leur dévolu sur le futur métropolitain.



Nous aurons certainement à reprendre souvent ce sujet. En attendant, revenons à l’Exposition de 1900 et aux décisions successives.

Il paraît définitivement entendu que l’Exposition se fera à Paris, au Champ-de-Mars, ainsi qu’il était facile de le prévoir. Les nombreux projets présentés, parmi lesquels il en était de fort ingénieux, sont tous rejetés par cette unique objection : l’éloignement et la difficulté des communications.

La commission désire adjoindre au Champ-de-Mars et à l’Esplanade des Invalides, le palais de l'Industrie, une partie des Champs-Elysées, peut-être la place de la Concorde et la Seine couverte en partie. — Ce dernier article serait-il une préparation à la jonction ultérieure de la voie ferrée rive droite (Lyon-.Avenue d’Antin) à la voie de la rive gauche (Ouest-Orléans)?

L’idée qui domine le projet d’extension est celle-ci : il est indispensable, disent la commission et M. le directeur général, que l’Exposition soit le plus rapprochée possible du centre et qu’une notable partie des visiteurs puisse venir et s’en retourner à pied.

Cette idée, que nous défendons ici depuis l’origine, nous paraît toujours aussi juste; et, si la commission veut, de plus, placer l’entrée à la place de la Concorde, nous n’y voyons que des avantages. On dira bien que, le gros morceau étant toujours logé au Champ-de-Mars, les distances ne s’en trouvent pas plus raccourcies pour cela; le fait est exact, et il y aura toujours aussi loin du Champ-de-Mars à la place du Trône ; mais il est exact aussi que les visiteurs s’arrangeront pour terminer leur visite en revenant à la porte principale, et que, pour rentrer chez eux, ils s’y trouveront dans un quartier qui offre des ressources beaucoup plus nombreuses et faciles que les avenues bordant le Champ-de-Mars.

L’extension projetée du côté des Champs-Elysées offrirait cet autre avantage : la pièce principale pourrait être jouée de ce côté, et non plus à l’Ecole militaire; les clous seraient accumulés dans cette région, et l'on trouverait par là le moyen de renouveler entièrement l’aspect de la future Exposition, puisque le cadre serait tout à fait différent.

Bien que nous ne professions qu'un enthousiasme très mo- , déré pour les extensions de plus en plus colossales, nous avouons que ces raisons nous touchent ; puisqu'il faut conserver la tour Eiffel et la galerie des Machines, il devient nécessaire de chercher du nouveau d’un autre côté.




M. Picard insiste sur la nécessité « de ne pas éparpiller les éléments d’intérêt, de ne pas créer plusieurs centres », de renoncer à des Expositions partielles, distribuées à Auteuil, à Vincennes, etc. Cette nécessité est d’autant plus accentuée que les Expositions latérales seraient vouées aux fours les plus noirs.

Cette amputation faite, M. le directeur tient à voir adopter un nouveau système de classification. Il faut, dit-il, qu’une Exposition soit une perpétuelle et instructive leçon de choses. — On connaît notre opinion sur ce sujet délicat.

La « leçon de choses » a déjà sévi en 1868, et l’on en connaît les radieux résultats : c’est médiocrement intéressant, quand ce n’est pas parfaitement ennuyeux.

N’entretenons pas d’illusions funestes, ne cherchons pas à instruire et à moraliser les masses, indigènes ou étrangères, par un classement plus ou moins rationnel, auquel personne ne prêtera la moindre attention. En temps d’Exposition, les masses demandent à s’amuser, pas davantage, à secouer les soucis individuels ou internationaux ; les « perpétuelles et instructives leçons » les mettront toujours en fuite. Il ne faut point les prodiguer, tant s’en faut; une extrême discrétion dans ces tendances pédagogiques sera toujours d’excellente mise ; et nous préférerions de beaucoup entendre M. Picard nous parler de ce qu’il entend substituer à l’ex-rue du Caire, de joyeuse mémoire.

Certainement, nous ne voulons pas le moindre mal à M. le directeur pour cette solennelle déclaration : «A côté des produits, il faut montrer au public les moyens de production ; à côté du chapeau, par exemple, les diverses transformations que la peau de lapin a subies avant de devenir feutre (c’est bien de l’honneur pour la peau de lapin!); à côté des tissus, il faut également mettre les machines qui les ont fabriqués; à côté des produits chimiques, les moyens de production; à côté des produits alimentaires, le matériel des usines qui les fournissent, etc., etc. »

Mais, ici, l’expression a évidemment dépassé la pensée; car nous ne supposons pas un seul instant que, comme leçon de choses, M. Picard veuille nous initier aux mystères de la fabrication des vins artificiels, de la margarine et autres "produits alimentaires" qui sortent des usines modernes. En y réfléchissant bien, ce serait peut-être un des chapitres les plus gais de la nouvelle nomenclature. Mais, tout compte fait, il est des mystères qu’il vaut mieux laisser toujours dans l’ombre, plus favorable à leur genre de beauté.

On adjoindra, en tète de chaque classe, une histoire sommaire des transformations qu’a traversées chaque industrie depuis cent ans. On nous promet un métier Jacquard à côté des machines actuelles, qu’accompagneront d’autres rapprochements non moins ingénieux.

Que d'intentions honorables! mais comme il serait-temps aussi que M. le directeur s’occupât des divertissements qu’il compte nous offrir et qui sont infiniment plus intéressants que ces classifications estimables et que toute cette pédagogie chronologique.

On nous traitera de profanes, sinon de profanateurs; nous forons seulement remarquer que nous le sommes avec tout le public; avant de songer à la joie de quelques économistes, il serait prudent de penser aux plaisirs du grand nombre. Au fond, c’est le but principal des Expositions universelles parisiennes.
Pour tout savoir sur les expositions universelles et internationales.
http://www.worldfairs.info

Avatar du membre
worldfairs
Site Admin
Messages : 6817
Enregistré le : 21 juin 2004 09:41 pm
Localisation : illkirch
Contact :

Re: La génese de l'Exposition Universelle de Paris 1900

Message par worldfairs » 10 août 2019 09:58 am

Texte de "La construction moderne - 3 mars 1894"

Un projet pour l'Exposition de 1900.

Un bruit se répand, circule, acquiert de l’ampleur et semble devoir, si on le laisse se confirmer, risquer de compromettre le succès de la future Exposition de 1900.

Au moment où tous les esprits sagaces, ayant quelque peu le flair des besoins et aussi des nécessités inéluctables de ces grandes fêles internationales, réclament du nouveau — n’en fût-il plus de possible à exhiber en ce bas monde — et sacrifieraient volontiers la Tour Eiffel et les deux Palais des Beaux-Arts et des Arts libéraux, le Dôme central avec la Galerie de 30 mètres et la Galerie des machines, on exhume dans quelques journaux, tant en France qu’à l’étranger, un projet présenté par Hector Horeau lors de la première Exposition Universelle de Londres en 1831, projet remanié plus tard en vue des Expositions de Paris, mais projet ayant les qualités et les défauts du tempérament de ce grand chercheur, et bien démodé aujourd’hui, en même temps qu’il soulève de sérieux dangers au point de vue de l’hygiène.

11 nous suffira, je pense, pour rendre ce projet à l’oubli dont il n’aurait pas dû sortir, de citer les derniers mots que lui consacre le Builder du 24 février 1894 : monotonous and uninteresting, monotone et sans intérêt.
Pour tout savoir sur les expositions universelles et internationales.
http://www.worldfairs.info

Avatar du membre
worldfairs
Site Admin
Messages : 6817
Enregistré le : 21 juin 2004 09:41 pm
Localisation : illkirch
Contact :

Re: La génese de l'Exposition Universelle de Paris 1900

Message par worldfairs » 10 août 2019 10:31 am

Texte de "La construction moderne - 23 juin 1894"

La sous-commission de la classification des produits et du programme du concours vient de se réunir pour la première fois, au ministère du Commerce,

Elle a constitué son bureau de la manière suivante : présidents, M. de Freycinet,
sénateur, et M. Méline, député ; rapporteur, M. Jules Roche, député.

M. de Freycinet n’assistant pas à la séance, c’est M. Dietz-Monnin qui a présidé.

La discussion a porté tout d'abord sur le projet de classification arrêté par M. Alfred Picard et présenté précédemment à la commission supérieure. On a examiné le projet groupe par groupe et on l’a adopté, en tenant compte toutefois des réserves formulées par certains membres sur la représentation de l’enseignement supérieur à l’Exposition, sur le libellé du groupe VI (génie civil, moyens de transport) et enfin sur l’exposition spéciale de la guerre. A l’encontre de l’opinion émise par le général Derrécagaix, qui voulait une exposition militaire absolument unique, la commission a pensé que l’exposition spéciale du ministère de la Guerre n’empêcherait nullement les expositions parallèles, soit dans les sections françaises, soit dans les sections étrangères.

La seconde partie de la discussion a porté sur le programme du concours, que M. Bouvard a exposé dans ses grandes lignes à la commission. La commission a été d’avis que le chiffre de 50,000 francs pour les primes à attribuer aux meilleurs' projets était trop minime et qu'il y avait lieu de le porter à 100,000 francs. Tous les artistes français pourront concourir; ils auront un délai de quatre mois, qui courra à partir du jour où le programme du concours aura paru au Journal officiel. Les artistes n’auront à tenir compte, dans l’établissement de leurs plans, que de l'emplacement occupé par la tour Eiffel, dont la conservation est décidée. Quant aux autres bâtiments de la dernière Exposition, ils sont susceptibles de disparaître.

Le programme du concours a été adopté par la commission, qui s’est ajournée à lundi. A la prochaine séance, M. Jules Roche présentera un double rapport sur la classification des produits et le programme du concours.
Pour tout savoir sur les expositions universelles et internationales.
http://www.worldfairs.info

Avatar du membre
worldfairs
Site Admin
Messages : 6817
Enregistré le : 21 juin 2004 09:41 pm
Localisation : illkirch
Contact :

Re: La génese de l'Exposition Universelle de Paris 1900

Message par worldfairs » 10 août 2019 10:57 am

Texte et illustrations de "La construction moderne - 18 aout 1894"

Concours pour l'Exposition Universelle de Paris 1900

Etat des surfaces couvertes nécessaires pour les divers groupes d'objets exposés.
designationgroupes.jpg
Désignation des groupes
planemplacements.jpg
Plan des emplacements
Pour tout savoir sur les expositions universelles et internationales.
http://www.worldfairs.info

Répondre

Retourner vers « Paris 1900 - Informations, renseignements, discussions, questions »

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur enregistré et 1 invité