Le Centre Régional - Pavillon Flandre-Artois-Hainaut

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Le Centre Régional - Pavillon Flandre-Artois-Hainaut

Message par worldfairs » 25 janv. 2018 07:19 pm

Article de la revue "La construction moderne" du 19 décembre 1937


Le Centre Régional - Pavillon Flandre-Artois-Hainaut
par Jacques BARBOTIN, Architecte D.P.L.G. Jean MOREL, Architecte D.P.L.G. QUÉTELART, Architecte S. A. M. André BARBOTIN, Ingénieur A.M.

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Le Beffroi.

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Projet et Réalisation.
Le jury avait choisi pour le département du Nord le Projet de Jacques Barbotin, Architecte à Lille, et de Jean Morel, Architecte à Dunkerque, et pour le département du Pas-de-Calais celui de L. Quételart, Architecte au Touquet-Paris-Plage.

Entre le jugement et la réalisation Jacques Barbotin mourut en novembre 1935 et son frère, André Barbotin, Ingénieur A.M., qui était son associé lui succéda.

Le Comité N° 1 qui s’occupait des deux départements chargea donc Jean Morel, Quételart et André Barbotin d’exécuter le pavillon commun Flandre-Artois-Hainaut. Quételart fut investi, avec l’assentiment de ses confrères, de la direction générale de l’exécution.

Comme le schéma imposé par l’Architecte du Centre Régional nécessitait des modifications, Quételart proposa à ses deux confrères jean Morel et André Barbotin d’étudier le Beffroi- et l’aile gauche du pavillon, ainsi que les façades vers la Seine tandis qu’il se chargerait de l’aile droite et des façades sur cour et tous trois se mirent d’accord sur cette idée.

Du fait du changement de terrain et d’une nouvelle disposition, jean Morel s’occupa donc des études et des plans de la Tour, ainsi que de celles de l’aile gauche et des façades vers la Seine, évidemment d’accord avec les deux autres architectes. André Barbotin, associé de son frère, qui dans leurs deux agences de Lille et de Roubaix était chargé de la partie technique s’occupa donc de celle-ci dans la réalisation du pavillon, comme il s’en serait occupé d’ailleurs sans le décès de Jacques Barbotin.

Je tiens à saluer ici la mémoire de Jacques Barbotin qui était un architecte de talent et un excellent camarade très apprécié de ses confrères et sur l’amitié duquel on pouvait compter


Le Beffroi et le Pavillon

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Lorsque l’on arrive au Centre Régional par l’Entrée qui s’ouvre près de la Seine et de la Station Grenelle du Métro, la vue se porte vers le Beffroi de la Flandre et de l’Artois qui s’élève sur la droite de l’Avenue principale. Il est heureux de proportions, d’une belle hauteur, malgré les nécessités pécuniaires il tient contre celle des grands immeubles à étages qui avoisinent l’Exposition.

Il est moins sombre que les Beffrois d’autrefois, vieillis par les ans, son ensemble patiné comme il convient charme les visiteurs. Ses façades sent en briques rouges comme lavées et d’un joli ton chaud assez clair, chacune avec des abat-sons et un cadran ajouré, avec gros campanile, aux montants peints de vermillon patiné, qui laisse apparentes les rangées étagées des cloches du carillon. Les couvertures en petites ardoises et en zinc avec de gros épis en zinc complètent très heureusement le caractère pittoresque de cette construction au haut de laquelle se dresse comme girouette le lion issant, c’est-à-dire debout, de la Flandre et de l’Artois. Aux heures de la journée et de la nuit le carillon répand aux alentours les airs régionaux du Nord, entre autres celui si connu, même à Paris, du « Petit Quinquin ».

Le rez-de-chaussée de cette tour est occupé par le Bureau du Syndicat d’initiative « Les Amis de Lille », qui a été aménagé par Leynaert et décoré par Cléty, il est dirigé par M. Dégrisé, secrétaire général du Comité, qui a été la cheville ouvrière de la partie administrative du Pavillon.

A quelques mètres, celui-ci s’élève en harmonie de couleur et d’aspect avec le Beffroi. Sa longue façade — si lonque qu’il n’a pas été possible, faute de recul, de l’avoir entière en photographie -- est construite aussi en briques. Sur la gauche, un grand escalier extérieur monte à l’étage où l’on accède’ par une entrée surmontée des armoiries de la Flandre, joli motif en pierre dû au sculpteur R. Coin. Cette grande façade a été certainement conçue de manière à donner sous un aspect sobre, très uni comme un aplat général, le caractère des anciens pignons flamands cependant plus en saillie et de celui plus simplifié des derniers en date comme pour rattacher le présent au plus proche passé. A l’étage de larges baies trop carrées — encadrées, oh combien ! —
laissent deviner la cause de cette forme due à la nécessité d’éclairer des Salles d’exposition.

De ce côté du Pavillon, on descend par un monte-charge à une curieuse représentation souterraine d’une mine de houille où des explications fort intéressantes sont données par un mineur authentique venu du Nord eu du Pas-de-Calais. Le plan schématique a été établi par Quételart et les Mines de l’Escapelie ont fourni le matériel.

Par un large passage couvert, assez bas comme il convient pour lui donner le ton local des pays du Nord, à deux arcs surbaissés, on arrive à une petite place du Centre Régional bordée en partie par les autres façades du Pavillon Flandre - Artois -Hainaut. Celles-ci sont de Quételart et on les différencie aisément avec celles du Pavillon de la Picardie qui les limitent.

Avant de connaître l’Exposition je m’imaginais que Quételart ferait quelque chose de gai et de pimpant parce qu’il a toujours donné à ses constructions de jolies couleurs, comme il convient d’ailleurs sous un ciel souvent brumeux comme celui du Pas-le-Calais. Les façades sont donc gaies et claires, d’un joli ton bleu pâle, elles sont surmontées par des versants de toitures couverts en tuiles flamandes vernissées de ton vert un peu olive tandis que d’un autre côté la façade (aussi de Quételart) du corps de bâtiment de Jean Morel et d’André Barbotin qui déborde en aile de ce côté est surmontée d’une toiture couverte en tuiles d’un joli ton rouge brique chaud et clair. Cette toiture est surmontée enfin par un haut campanile octogonal revêtu et couvert d’ardoises.

Les trois façades de Quételart sont disposées sous un angle tel qu’il est impossible d’en photographier l’ensemble. Nous sommes donc dans la nécessité de les montrer séparément.

La partie sur la gauche présente des pignons dont les saillies habituelles de toiture ont disparu afin de se moderniser. Des baies de formes variées avec meneaux pour éviter la monotonie et au devant un grand escalier extérieur montant à l’étage et à une terrasse qui constitue un dégagement extérieur mettant en liaison les différentes salles, au-dessous de cette terrasse une galerie pour le rez-de-chaussée. Escalier, terrasse et galerie forment une avancée en pierre qui complète heureusement la composition architecturale.

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La façade ouverte par le passage comporte deux balcons couverts semblables quelque peu à des loggias dont les panneaux d’appuis sont ornés par des motifs sculptés, par les attributs de la pêche et de la marine, du fileur avec un rouet, du tisserand, etc. De ce côté, la galerie se prolonge par des arcades au nu de façade formant un dégagement aux salles.

La troisième façade de Quételart est ouverte au rez-de-chaussée par une large entrée surmontée d’un grand panneau « La Houille », composé par Manchuelle, sculpteur, et exécuté par Marx, à l’étage par une baie double à pleins cintres. Une chaîne d’encoignure en briques rouges, en harmonie avec la couverture en tuiles, relie cette façade au haut pignon de cette aile qui domine avec sa forme gracieuse et bien étudiée le Pavillon de Picardie auquel elle est contiguë.

Les menuiseries de cet ensemble de façades sont peintes extérieurement en vert pomme et partout comme toujours L. Quételart a agrémenté son architecture de plantes et de fleurs.


Les Intérieurs.

En montant à l’étage par le grand escalier extérieur qui s’élève au long de la façade près du Beffroi on arrive à une vaste Salle d’une belle hauteur qui rappelle par ses proportions et sa grosse charpente en ton vieux bois les halles de la Flandre d’autrefois. Le dessous de toiture et les parements sont de ton vert émeraude mettant en valeur les panneaux décoratifs de différentes grandeurs en sanguine des artistes peintres Del Marie (chef d’équipe), Ladureau, Dequenne, Beat, Molière, Jonas.
Cette Salle consacrée aux Organismes sociaux montre la grande activité du département du Nord. Je citerai particulièrement l’Architecture, avec de grandes photographies du colossal Hôtel de Ville de Lille avec son beffroi haut de 100 mètres par Dubuisson, architecte D.P.L.G., et des maquettes, celle de l’immense Bibliothèque municipale de Lille projetée par Ed. Lepercq, architecte D.P.L.C., de celle d’un amphithéâtre de 150 places par R. Gaillard, architecte en chef du département, de celle de l’Institut industriel de Lille, du Hall du Palais des Beaux-Arts, du Crématorium de Lille projeté par Maillet et Quiquempois, architectes, de l’Aménagement de l’ancienne fortification de la Porte de Roubaix à Lille en un grand escalier à double révolution par Dubuisson. Par cette salle on accède à une autre salle d’exposition dont je parlerai plus loin.

Au rez-de-chaussée, sous cette grande Salle, en est une autre de même surface avec un Vestibule d’entrée ménagé sous le grand escalier ; c’est celle du Textile, des Mines, de la Métallurgie, des Industries chimiques, installée par les Industriels du Nord avec des vitrines d’exposition, des métiers à tisser dans une sorte de fosse centrale où l’on voit travailler; On accède ensuite à la Maison Bourgeoise, c’est-à-dire à un intérieur moderne dessiné par Lucien Saladin et avec des meubles de J. Degorre.
Telle est la partie réalisée intérieurement par Jean Morel et André Barbotin.

Passons maintenant à celle réalisée par L. Quételart. Après avoir franchi le Passage Couvert, on trouve la Brasserie de « la Belle Pinte », aménagée par cet Architecte avec une décoration picturale de Cléty, tout au long et derrière un long comptoir. Cette brasserie doit avoir des prix raisonnables, car il y règne une grande animation, des gens surtout du Nord y mangent en buvant de la bière de leur pays, la clientèle déborde sous la galerie que Quételart a eu la bonne idée de prévoir en bordure de la petite place et sous la terrasse. Puis plus loin bien ouverte sur cette place est une Poissonnerie également aménagée par Quételart. C’est assez naturel puisque cette aile est celle du Pas-de-Calais où Boulogne-sur-Mer occupe la première place en France comme port de pêche. A signaler, avant de monter à l’étage, un très joli diorama de Berck-Plage par Lavezzari, décorateur, et une petite salle de la presse aménagée par Lehoucq.

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L’escalier conduit à l’étage, à la longue Salle du Pas-de-Calais aménagée par la Chambre de Commerce de Boulogne-sur-Mer et décorée de panneaux de différents artistes : Chambon (chef d’équipe), Brygoo, Hollart, Cournay. Drobecq et Mlle Bunoust. Sur presque toute sa longueur, un côté est consacré au tourisme avec projections cinématographiques, avec un certain nombre de sièges pour les auditeurs. Les Arts, l’Agriculture, l’Alimentation avec la Pêche, etc., occupent cette Salle. A signaler une très belle maquette, celle du « Port-Omnium à Boulogne », c’est-à-dire de l’Entrepôt- réel et des Magasins généraux, avec au-devant et à quai des bateaux bien représentés, mais sans nom d’architecte et d’auteur.

De cette Salle, on passe dans une Salle d’exposition (avec de nombreux meubles, des tableaux, des objets d’art, etc.) qui rejoint la Grande Salle des Organismes Sociaux.

Il est incontestable que les Intérieurs ont été traités d’une façon extrêmement sobre et que les visiteurs de l’Exposition conserveront surtout comme souvenir de ce Pavillon Flandre-Artois-Hainaut l’impression agréable des belles façades et du pittoresque beffroi.
Pour tout savoir sur les expositions universelles et internationales.
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Message par worldfairs » 27 janv. 2018 05:42 pm

Pavillon Flandre-Artois-Hainaut - Plans

Paris 1937 - Architecture, pavillons - Le Centre Régional - Pavillon Flandre-Artois-Hainaut - Pavillon Flandre-Artois-Hainaut - Plan rez-de-chaussée - flandreartoishainautplanrezdechaussee.jpg
Pavillon Flandre-Artois-Hainaut - Plan rez-de-chaussée

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Pavillon Flandre-Artois-Hainaut - Plan étage
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