Le pavillon Catholique Pontifical

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Le pavillon Catholique Pontifical

Message par worldfairs » 26 déc. 2017 06:01 pm

Article repris de la revue "La construction moderne" du 7 novembre 1937

Le pavillon Catholique Pontifical
par Paul TOURNON, Architecte en chef des Palais Nationaux.
Collaborateurs et Inspecteurs : Raymond PETIT, Jean GUY, Ernest PRODHOMME, LEMAIRE et SINGHER.

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Pavillon Catholique Pontifical - Baptistère


Œuvre d'Artisans d’Art et de Foi, dont le R. P. de Reviers de Mauny, Commissaire général du Saint-Siège, a su avec tant de bonheur grouper les talents si divers, le Pavillon Catholique Pontifical n’est pas seulement la participation de l’Etat du Vatican à l’Exposition Internationale, en affirmant une souveraineté temporelle, mais encore la manifestation de la vitalité, qui n’a jamais été plus grande qu’aujourd’hui, de la religion catholique si traditionnellement française.

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Pavillon Catholique Pontifical - Entrée du sanctuaire


Il est l’œuvre de Paul Tournon, auteur de nombreuses églises aussi appréciées par le clergé que par les artistes.

Le Pavillon occupe un terrain irrégulier d’environ 115 mètres de longueur avec une largeur variant de 55 à 27 mètres.

Le thème choisi est la vie même du chrétien avec ce que l’Art sacré apporte de beauté à ses moindres actes.

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Pavillon Catholique Pontifical - Maquette de Paul Tournon

A ce thème est adaptée la composition tout entière :
Appelé au loin par la flèche d’or du campanile, au sommet duquel Jésus, présenté par sa Mère, ouvre les bras à tous les hommes de bonne volonté, le visiteur pénètre dans le Pavillon d’Art et de Foi par le Baptistère, vestibule de la vie chrétienne, réalisé par l’Architecte Froidevaux suivant la conception de Flandrin.

Il franchit l’emmarchement symbolique qui lui rappelle la perpétuelle ascension de la vie chrétienne et se trouve d’abord dans le décor fleuri de l’enfance, conçu et réalisé par Froidevaux.

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Pavillon Catholique Pontifical - Autel majeur

Puis c’est la jeunesse, exprimée par l’Architecte Delarozière où trouvent leur place l’enseignement libre, les patronages et le scoutisme.

Entre l’enfance et la jeunesse, c’est l’étape de la 1re communion, concrétisée par une charmante composition d’un autel avec baldaquin due à Paul Flandrin et Froidevaux. (Tapisserie de Mme Flandrin-Latron. )

Après, c’est l’adolescence, avec les cercles d’étudiants et les Universités catholiques, les œuvres sociales, les pèlerinages. (Architecte : Defresne.)

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Pavillon Catholique Pontifical - Galerie de l'enfance

On arrive à une petite salle carrée (architecte : Picquart), consacrée au mariage chrétien, union indissoluble, symbolisée par 2 anneaux d’or pris l’un dans l’autre.

L’âge adulte, avec ses travaux, parmi lesquels figurent les chantiers du Cardinal, est présenté par Ducoloner.

La galerie de Gillet, Winter et Coulon, présente les œuvres en faveur des malades et des vieillards, dont toutes les détresses sont secourues par l’Eglise.

Un escalier droit nous fait descendre à l’étage inférieur où nous séduit le charmant cloître de Jean Guy, autour duquel plusieurs salles montrent successivement le rayonnement dans le monde des congrégations catholiques françaises, l’austérité et la douceur de la vie religieuse, dans la silencieuse vie en commun du réfectoire comme dans la solitude laborieuse et méditative des cellules.

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Pavillon Catholique Pontifical - Vitraux

Le cloître, auquel ne manque pas la traditionnelle vasque centrale, communique avec la crypte de Leroy consacrée aux défunts sur lesquels l’Eglise continue de veiller.

On trouve dans cette crypte un autel consacré aux morts, un diorama des sanctuaires nationaux et une exposition d’une parfaite reproduction photographique du Saint-Suaire conservé à Turin.

De la crypte un grand escalier droit ramène au sanctuaire, centre de la vie catholique, œuvre personnelle de Tournon, dont le dôme octogonal, composé en forme de tiare, caractérise la salle principale du pavillon pontifical.

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Pavillon Catholique Pontifical - Cloître

Les ouvertures de ce dôme forment 3 registres dont les 2 inférieurs ont reçu les splendides vitraux destinés aux 12 verrières de la nef de N.-D. de Paris, pour lesquels le sanctuaire du Pavillon Pontifical constitue la plus magnifique salle d’exposition.

Au 3e registre, vitraux de Marguerite Huré.

On pourra juger par la reproduction de 2 de ces 12 verrières, celle consacrée à Sainte Clotide et Saint Germain, du R. P. Couturier, et celle consacrée à Sainte Radegonde et Saint Martin, d’Hébert-Stevens, de la belle unité de composition de ces œuvres magistrales. Mais ce n’est que sur place qu’on pourra se rendre compte de la beauté des couleurs et de la parfaite adaptation de ces compositions eux emplacements qu’elles sont destinées à occuper.

Les Monuments Historiques ont été bien inspirés dans le choix des 12 artistes à qui est échu l’honneur redoutable de compléter les verrières de la cathédrale de Paris.

M. Herpe, l’éminent architecte en chef des Monuments Historiques, qui préside actuellement aux travaux de Notre-Dame, revient ainsi à la plus sûre tradition : à toutes les belles époques précédentes, les seules qui comptent, on a eu l’horreur du pastiche et on a toujours continué un édifice en créant du nouveau, suivant le sentiment artistique propre à l’époque.

Les 12 artistes recrutés par l’architecte apportent à la décoration picturale des verrières de Notre-Dame, malgré la scrupuleuse observance des thèmes de composition et de tons fixés, par lui, une remarquable richesse d’invention et de coloris et une application parfaite des techniques les plus modernes de peinture, avec un respect absolu des lois du vitrail, grâce auxquels leurs œuvres succèdent dignement à celles des maîtres des XIIe et XII Ie siècles.

Paris 1937 - Architecture, pavillons - Le pavillon Catholique Pontifical - Pavillon Catholique Pontifical - Salle de l'enfance - Fresque de Madame Elisabeth Branly-Tournon - pavillonpontificalsalleenfancefresque.jpg
Pavillon Catholique Pontifical - Salle de l'enfance - Fresque de Madame Elisabeth Branly-Tournon

Le reste de l’œuvre de Tournon, pour éphémère qu’elle soit, hélas, n’en reste pas moins très attachante du point de vue de l’architecte comme du point de vue du chrétien.

Il est vrai qu’il a eu pour l’autel majeur et pour le trône pontifical, si heureusement adaptés à sa composition, des collaborateurs de grande classe : Jacques Droz, l’architecte des églises modernes les plus originales et Sanlaville.

D’ailleurs on peut aimer plus ou moins cette disposition d’église sur plan polygonal régulier avec l’autel au centre, mais on ne peut nier que cette forme réalise bien le programme du sanctuaire catholique, puisque la visibilité et l’audition de tous les actes du Saint Sacrifice de la Messe sont parfaites pour tous les assistants.

A l’entrée du Pavillon, en face du baptistère, s’élève le campanile, œuvre de Raymond Petit, dans la partie basse duquel est installée une exposition des missions (architecte : Braunwald), admirable synthèse de l’activité des congrégations missionnaires françaises, traditionnelle avant-garde de la France d’Outre-Mer, dont le rayonnement s’étend sur les 5 parties du monde.

Les fondations du Pavillon sont constituées par des semelles en béton armé.

La construction du Sanctuaire se compose de 8 demi-fermes en bois s’assemblant sur un poinçon.

Les pieds de ces demi-fermes sont noyés dans des massifs de béton armé.

L’extérieur de la coupole est en forme de tiare papale.

Les fermes sont reliées 2 à 2 par des parties de couverture en tôle ondulée sur un chevronnage. A chaque décrochement de la toiture, un chêneau recueille les eaux de pluie et les envoie plus bas par un tuyau de descente en fibro-ciment.

La couverture des 3 sommets de la coupole est en ardoises de fibro-ciment. Autour des demi-fermes, une doublure circulaire contrebute la poussée des fermes. En outre, les demi-fermes sont étrésillonnées par des croisillons en charpente.

Toute la partie supérieure de la coupole est dorée extérieurement et intérieurement, ainsi que les colonnes qui descendent jusqu’au sol.

Tous les éléments du pavillon sont revêtus extérieurement d’un enduit sur bacula peint à la chaux et intérieurement de fibro-ciment laissé apparent, qui semble ainsi être du granit.

Les sols sont en ciment sur un platelage en bois posé sur un solivage en bois. L’autel majeur en pierre est fondé sur un massif de maçonnerie.

Le campanile est construit en charpente métallique, composé de 4 sapines Salsa, et revêtu d’un enduit sur lattis céramique dans la partie inférieure et de fibro-ciment doré dans la hauteur du beffroi et de la flèche. Sa hauteur est de 75 mètres. Il est couronné par la statue monumentale de Notre-Dame de France, de Roger de Villiers, exécutée en cuivre rouge par Subes.

Le beffroi est équipé de cloches de Paccard.

Ajoutons à la liste des architectes du Pavillon : Vitale, conseiller technique, et Morizet, architecte des jardins.

Le centième chantier du Cardinal est encore pour Paul Tournon et la pléiade de ses collaborateurs l’occasion d’un succès unanime bien mérité, qu’il doit aussi bien à l’opinion des architectes de tous pays qu’aux suffrages de la foule qui se presse sans arrêt pour visiter et admirer le Pavillon Pontifical.
Pour tout savoir sur les expositions universelles et internationales.
http://www.worldfairs.info

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Message par worldfairs » 26 déc. 2017 07:10 pm

Plans du pavillon Catholique Pontifical
Paris 1937 - Architecture, pavillons - Le pavillon Catholique Pontifical - Pavillon Catholique Pontifical - Plan rez-de-chaussée - pavilloncatholiquepontificalplanrezdechaussee.jpg
Pavillon Catholique Pontifical - Plan rez-de-chaussée
Paris 1937 - Architecture, pavillons - Le pavillon Catholique Pontifical - Pavillon Catholique Pontifical - Plan crypte et cloître - pavilloncatholiquepontificalplancryptecloitre.jpg
Pavillon Catholique Pontifical - Plan crypte et cloître
Paris 1937 - Architecture, pavillons - Le pavillon Catholique Pontifical - Pavillon Catholique Pontifical - Coupe longitudinale - pavilloncatholiquepontificalplancoupelongitudinale.jpg
Pavillon Catholique Pontifical - Coupe longitudinale
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