La participation de la France

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worldfairs
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La participation de la France

Message par worldfairs » 19 oct. 2019 09:45 pm

Texte du livre "Catalogue et Guide Officiel de la participation Française" de 1958

LA FRANCE
à L'Exposition Universelle et Internationale de Bruxelles 1958

La première Exposition Universelle et Internationale d’après-guerre est ouverte à Bruxelles du 17 avril au 19 octobre 1958. La France y prend une part importante aux côtés de quelque cinquante pays ou institutions internationales qui ont accepté d’y figurer, à l’invitation du Gouvernement belge.

En un temps où se multiplient les Foires, Salons et Expositions ordinaires (s’efforçant d’ailleurs souvent de grandir plus ou moins leur rôle), il paraît important, pour fixer les idées sur les dimensions relatives, de donner d’abord quelques définitions.

Les Foires et les Salons ont en principe un objet commercial ou, du moins, intéressé. Il s’agit cette fois, d’abord, d’une « exposition », c’est-à-dire d’une manifestation où (concessions commerciales mises à part) ne se feront pas de ventes et dont l’objet n’a rien de spécialement économique.

L’Exposition est « internationale » dans ce sens qu’y ont été invités tous les pays du monde représentés diplomatiquement auprès du Gouvernement du pays d’accueil, et les institutions internationales auxquelles adhère celui-ci.

L’Exposition est « universelle » en ce sens qu’elle porte sur tous les aspects de l’activité humaine de quelque nature qu’ils soient : économiques, spirituels, intellectuels, artistiques, etc...

Enfin, conformément à la terminologie des accords internationaux de 1928, l’Exposition est « de première catégorie », c’est-à-dire que chacun des pays participants assume intégralement les frais de son intervention, le pays d’accueil n’ayant à faire face qu’aux dépenses d’installation générale outre, bien entendu, celles concernant sa propre présentation : on voit combien cette multiplication des moyens est de nature à accroître la portée de l’ensemble.

Il résulte de tout ceci que l’Exposition Universelle et Internationale de Bruxelles 1958 revêt une importance incomparablement supérieure à celle des manifestations de genre voisin qui se sont déroulées dans le monde au cours de ces dernières années. Bruxelles 1958 n’a pour précédent le plus récent que Paris 1937 (pour ne pas parler de New-York 1939, qui fut une manifestation de nature un peu différente, d’ailleurs troublée dans son développement par la déclaration de guerre). C’est donc la dernière exposition d’avant-guerre faite dans la capitale française qui doit normalement servir de point de comparaison.

Ce délai de vingt ans environ qui sépare l’exposition actuelle de celles qui l’ont immédiatement précédée excède de beaucoup les intervalles ordinaires : six à huit ans. Cette infraction à la périodicité habituelle est évidemment imputable aux événements.

Il est à peine besoin de rappeler tout ce qui, dans ces vingt années, a marqué l’évolution du monde sur tous les terrains : politique, scientifique, économique, etc...

D’où, sans aucun doute, l’intérêt particulier soulevé dans tous les pays par cette manifestation. Parmi les nations ou collectivités internationales participantes, figurent pour la première fois en Europe (dans des conditions à tout le moins marquantes), les États-Unis d’Amérique ; également, avec l’U.R.S.S., la plupart des pays d’au-delà du rideau de fer.

Depuis leur création, l’objet des expositions universelles a toujours été de « faire le point » de la civilisation à l’époque où elles s’ouvrent. C’est l’objet que se sont, à leur tour, fixé les organisateurs de l’Exposition de Bruxelles.

Mais, en choisissant au surplus, parmi les modes possibles de présentation, celui qui concentre obligatoirement dans des pavillons nationaux individualisés les apports de toutes natures propres à chaque pays participant, ils ont donné à la manifestation de Bruxelles un caractère supplémentaire particulier : ils en ont fait une compétition, très pacifique, mais très ardente, entre les nations du monde cherchant à montrer au mieux la part que chacune d’elles considère avoir prise dans les plus récents développements du progrès humain.

Il est à peine besoin de dire que la présentation côte à côte des apports américain d’une part, et soviétique d’autre part, va constituer une sorte de pôle de cette comparaison émulative, dont nous avons eu à Paris, en 1937, entre les pavillons de l’Allemagne hitlérienne et de l’U.R.S.S., un premier aperçu. Les deux grands pays dont il vient d’être question se présentent à Bruxelles avec de très importants moyens. La comparaison de prestige qui va nécessairement en résulter aura de proche en proche sa répercussion à des échelons moins élevés des hiérarchies nationales et l’on peut constater que Bruxelles 1958 illustre l’ardent désir de tous les participants de se classer aussi favorablement que possible devant l’opinion du monde par rapport à ceux qui les entourent.



La Belgique a fourni un très grand effort pour que l’organisation dont elle a pris la charge soit aussi parfaite que possible. Elle compte y affirmer le rôle qu’elle joue dans le monde et qui dépasse celui qui lui reviendrait du fait seul de sa population.
Les terrains choisis pour l’Exposition s’étendent sur plus de deux cents hectares, au Nord de Bruxelles et à ses abords immédiats.
à l’orée de la route d’Anvers. Une moitié en est consacrée aux présentations purement belges, y compris celles du Congo, dont le rattachement à la métropole date de cinquante ans tout juste; l’autre moitié est réservée aux participations internationales.
Depuis des années de grands travaux publics ont été poursuivis sur l’ensemble du territoire et plus particulièrement à Bruxelles pour faciliter les accès lointains et rapprochés des terrains choisis, ainsi que l’établissement des très importants « parkings » aménagés pour les voitures des visiteurs.

Dans un autre domaine, de vastes prospections, qui semblent avoir réussi, ont été entreprises pour recenser les logements de toutes natures qui, en Belgique, soit à Bruxelles même, soit autour de Bruxelles, peuvent permettre d’accueillir le plus grand nombre possible d’étrangers. Sur les trente-cinq millions de visiteurs attendus (chiffre qui ne paraît pas exagéré, compte tenu des expériences précédentes d’une part, de la facilité actuelle des déplacements d’autre part), ceux qui viennent de loin trouveront ainsi facilitées leurs recherches de logements appropriés.


Outre les démonstrations nationales incluses dans les Palais et Pavillons, deux grandes présentations internationales spécialisées sont offertes aux visiteurs pendant la durée de l’Exposition : celle des Sciences et celle des Beaux-Arts. Dans la première, avec le concours des plus grands pays du monde, est montré au public, sous une forme suffisamment vulgarisée, encore que fort sérieuse et complète, l’état d’avancement de la recherche scientifique dans quatre domaines principaux : ceux de l’atome, du cristal, de la molécule et de la cellule vivante.

Dans la seconde, sont traités, par le rapprochement d’œuvres très rares (en tous cas jamais réunies), appartenant au monde entier, deux thèmes successifs : « Cinquante ans d’art moderne » et « L’homme et l’art ».

Ajoutons enfin que, pour la distraction des visiteurs, deux grands Parcs d’Attractions fonctionnent continuellement : l’un voué aux amusements habituels en pareil cas bien que très modernisés; l’autre qui, sous le nom de « Belgique 1900 », offre, dans un cadre de maisons anciennes copiées sur les anciennes constructions des vieilles villes du pays, les agréments divers des spectacles en salles.
Enfin, en une succession ininterrompue, des fêtes, des manifestations artistiques et sportives de toutes sortes vont se tenir dans l’Exposition soit à l’initiative de celle-ci, soit organisées par les nations participantes pour former le programme de leurs « Journées Nationales ».


LA PARTICIPATION FRANÇAISE

Conformément aux traditions, du fait aussi de l’importance de leurs rapports, la Belgique a réservé à la France le régime de la nation la plus favorisée.

Notre pays a pu disposer dans l’Exposition d’une superficie de 25 000 mètres carrés équivalente à celles qu’ont seulement avec elle les États-Unis d’Amérique, l’U.R.S.S. et la Hollande (celle-ci en raison de sa participation au Benelux).

La France a tenu à marquer sa place aussi complètement et aussi clairement que cela lui a été possible.

Le Commissariat Général de la Section Française (constituée par décret du 24 avril 1956) s’est efforcé de tirer parti au maximum des moyens qui lui ont été donnés pour faire à Bruxelles, en 1958, la démonstration la plus nette du rôle joué par la France d’aujourd’hui dans les rapports humains.

Au surplus, le thème général de l’Exposition tel qu’il avait été fixé par la Belgique : la technique au service de l’homme, nous convenait évidemment très bien. Humanisme et technique sont, pour nous, deux directions familières.

Nous avons essayé de montrer que nous sommes toujours aussi intimement mêlés au progrès matériel (quoi que, souvent, on puisse en penser) et que, dans le domaine de l’humanisme, nous nous maintenons au tout premier rang.

Principes retenus pour la démonstration française.

Les principes suivants ont servi de base à cette démonstration :
1° La présentation est celle de la France d’aujourd’hui et de demain et non pas de la France d’hier. Toute rétrospective a été exclue. Si le passé intervient parfois, ce n’est qu’à titre d’évocation, en vue d’une explication ou d’une comparaison; encore s’agit-il généralement du passé proche;
2° Pour que l’effort aboutisse à une démonstration — et non pas à une simple présentation (suivant, d’ailleurs, la tendance actuelle des grandes Expositions), tout ce que la France montre à Bruxelles depuis son architecture jusqu’au contenu du plus petit stand a été disposé selon un plan (ou un thème) aussi apparent que possible comportant lui-même une signification pour le visiteur;
3° Pour éviter l’entassement d’éléments trop nombreux, on s’est efforcé de n’exposer que des sujets caractéristiques ou des objets de haute qualité par quoi la France tient, dans les rapports internationaux, une place privilégiée ou, tout au moins, notable. Dans la multiplicité des offres, le choix nécessaire s’est toujours imposé, quelque difficile qu’il ait été parfois.
Modalités de la présentation.

En dehors des deux Expositions internationales spécialisées auxquelles la France participe à l’extérieur de sa Section et dont il a déjà été parlé et sur lesquelles nous reviendrons (Palais International de la Science — Expositions d’arts plastiques) nous avons choisi de répartir nos présentations entre deux pavillons : le Palais de la France et le Pavillon de Paris.

Ce dernier, dont le volume est évidemment beaucoup moindre que celui de son voisin, est consacré à l’évocation de la Capitale sous ses grands aspects traditionnels, à l’exclusion de toute préoccupation plus spécialement commerciale; les thèmes développent surtout le rôle joué par Paris non comme la plus grande des cités françaises mais comme la capitale à la fois de la métropole et de l’Union Française et comme un centre international insigne.

L’ensemble bâti de notre Section couvre, sur le terrain, la superficie rendue obligatoire par les règlements de l’Exposition : 70 % du terrain attribué à la France, soit un peu plus d’un hectare et demi. Compte tenu des étages intérieurs, la surface d’exposition s’établit à deux hectares et demi environ.

C’est dans cet ensemble, important mais cependant faible si l’on réfléchit qu’il est sensiblement inférieur à celui du Grand Palais, à Paris, que la Section Française va montrer pendant six mois non seulement la France, mais l’Union Française sous leurs aspects techniques et humains les plus notables.

En se conformant aux principes ci-dessus rappelés, la Section Française entend faire sa démonstration : accessoirement par l’architecture et la technique de ses pavillons, par la décoration et la disposition des présentations, mais, principalement, bien entendu, par l’intérêt et la signification de ses stands. Nous parlerons ensuite de quelques moyens supplémentaires qui sont venus compléter opportunément les précédents.


Construction des Pavillons.

On a tenu à ce que les Pavillons, dans leur architecture, comme aussi dans leur réalisation technique, marquent, avec la recherche d’une beauté plastique qui a toujours caractérisé l’art français, une hardiesse et une nouveauté d’expression qui soient un enseignement par elles-mêmes.

Le plan est dû à M. Guillaume Gillet, architecte en chef des Monuments historiques, premier Grand Prix de Rome, à son ingénieur conseil, M. René Sarger, et à son conseiller, M. Jean Prouvé.

Essentiellement, il applique deux principes, nouveaux en architecture, et qui sont : d’abord l’économie des surfaces d’appui (rendue, d’ailleurs, en l’espèce, nécessaire par la friabilité du terrain) — ensuite l’équilibre réalisé par des réseaux de câbles tendus (principe de la tente) qui assureront en même temps le support de la couverture et des voiles muraux.

La construction toute en acier, en verre et en polyester a été confiée à la Société des Anciens Établissements Eiffel.
A noter que les résultats obtenus diminuent de près de 50 % les quantités d’acier qui auraient été nécessaires dans une construction ordinaire de mêmes dimensions et qu’ils permettent, par le déplacement facile des murs qui encore une fois, ne sont que des voiles tombants, une utilisation parfaite pour un immeuble destiné à recevoir des objets de très grande taille pouvant être remplacés.


Décoration.

Dans le domaine qui leur est propre, les décorateurs de la Section Française étaient naturellement moins à l’aise que l’architecte pour déployer un esprit d’invention allant jusqu’aux tendances révolutionnaires. Ils se sont pourtant efforcés de montrer leur ingéniosité et leur goût (traditionnels en France mais sans cesse en évolution) dans la présentation des ensembles, l’équilibre des masses, l’harmonie des couleurs, l’utilisation des procédés lumineux ou acoustiques les plus récents afin de rendre attrayantes et très modernes leurs parts d’exposition. Nous pensons qu’ils ont réussi à être, cette fois encore, les bons « étalagistes de la France ».


Plan de la présentation française.

Pour montrer ce qu’est vraiment la France, dans le cadre du thème général (technique et humanisme) imposé par l’Exposition, nous avons adopté un plan de répartition qui prend pour base la division traditionnelle de la journée : travail, repos, loisirs, en l’adaptant naturellement aux nécessités matérielles de la présentation.

Une première section est consacrée aux résultats les plus remarquables du travail français dans l’industrie, le commerce, l’agriculture et l’artisanat. Des participations tant administratives que privées permettent de montrer aux visiteurs, avec les grandes lignes d’orientation de l’économie française, les réalisations atteintes ou en cours qui, dans le domaine du produit, de l’outil ou du procédé, sont de nature à retenir l’intérêt.

Une seconde section (repos) a pris pour thème la vie quotidienne du Français en tant qu’être humain. On le. verra dans le cadre de son foyer et des collectivités, grandes et petites, auxquelles 0 est associé, notamment la Cité et l’État. Une part importante a été consacrée soit au tourisme (cadre et délassement), soit à la sociologie française et à la législation du travail, soit surtout aux accroissements récents de population (qui sont parmi les premiers du monde) ainsi qu’aux problèmes qu’ils posent.

Une troisième section n’a voulu retenir des « loisirs » que ce qui apparaît comme le plus caractéristique dans la vie française : la vie intérieure — intellectuelle, spirituelle — qui ne se ralentit pas, même aux heures de détente, et explique peut-être plus que n’importe quoi d’autre que nous soyons depuis si longtemps les inspirateurs du monde.

La pensée française est décrite dans sa formation (enseignement et éducation philosophique ou religieuse), ses moyens d’expression (livres, journaux, radio, musique, théâtre, cinéma, arts plastiques, etc...) et ses résultats, l’accent étant mis surtout sur les découvertes de notre technique nationale au stade de la recherche ou du prototype. Le Centre National de la Recherche Scientifique et le Commissariat à l’Énergie Atomique ont fait un gros effort pour montrer, chacun en ce qui le concerne, le point d’avancement actuel des travaux de nos savants et de nos laboratoires publics et privés.

Une quatrième section est consacrée, sous une certaine forme, à l’Algérie, au Sahara, aux Départements d’Outre-Mer et aux Territoires d’Outre-Mer. En fait, le plan de présentation maintient le principe de l’unité de l’ensemble français ; à cette fin, il comporte l’intégration, aux trois sections précédentes, des grandes contributions apportées à la communauté de l’Union Française par tout ce qui dépend d’elle. C’est ainsi que, dans les stands de la démographie, les populations apparaîtront cumulées, que l’okoumé du Gabon, le fer de Mauritanie, le nickel d’Océanie, la bauxite de Guinée, l’uranium d’Afrique, etc... sont traités conjointement avec les productions métropolitaines correspondantes. Cependant, il a paru nécessaire — ne fût-ce que pour répondre aux ignorances et aux critiques si communes aujourd’hui — de consacrer une fraction de l’exposition à l’effort fait par la France pour le développement intellectuel, moral, sanitaire, économique, voire politique des peuples qui relèvent d’elle au-delà des mers. C’est ce à quoi est spécialement consacrée notre quatrième section.


Compliments animés ou spectaculaires.

Pour remédier à ce que peuvent avoir d’un peu lassant parfois (et souvent insuffisant) les présentations statiques, des moyens divers ont été mis en œuvre.

D’abord un grand nombre de stands sont, soit animés par des machines ou des dioramas en fonctionnement, soit complétés par des équipements visuels et sonores (films et disques) à perception rapprochée.

En outre, un auditorium de contenance moyenne (180 places) commun à toute la Section Française complétera chaque jour par un programme de films (commentés ou non commentés), de conférences et d’enregistrements la démonstration commencée dans les stands.
Nous avons, en particulier, demandé à une cinquantaine de Français illustres, dans les lettres, les arts, les sciences, l’industrie ou les affaires, de venir, en de brefs entretiens radiodiffusés, marquer les progrès de la recherche ou de la pratique française dans leur spécialité. Ce devrait être là surtout l’illustration des matières traitées dans la Section de la Pensée Française qui sera sensiblement enrichie par ces exposés.

Bien entendu, les programmes de l’Auditorium seront publiés et aussi largement répandus que possible pour permettre à ceux des visiteurs qu’ils intéresseraient spécialement de mieux choisir le jour et l’heure de leur venue.

Moins continues, mais tout aussi importantes, seront les manifestations que la Section Française organise soit dans l’Exposition, soit hors de l’Exposition, à l’occasion de quelques « journées ».

Tout d’abord, il a été prévu, dans le cadre des « Journées Nationales » réservées à la France (comme il en sera réservé à tous les pays participants), c’est-à-dire, pour nous, les 8, 9 juillet et 25 septembre, un très important programme de spectacles dramatiques, lyriques, chorégraphiques, musicaux, etc... où, avec l’aide notamment de nos meilleurs troupes et orchestres, nous essaierons de souligner ce que la France fait de mieux en pareille matière (composition, interprétation, direction, mise en scène, décors). Forme supplémentaire d’une démonstration animée complétant nos présentations d’Exposition.
D’autres journées plus spécialisées et moins officielles parachèveront également la présentation française. C’est ainsi que la Haute Couture, en deux fêtes, l’une le 16 mai, l’autre à l’automne, aura montré ses plus récents modèles dans de traditionnels défilés rehaussés par des spectacles.


Restaurant.

A l’intention des visiteurs la Section Française a installé un restaurant dans le Pavillon de Paris. De par les conditions imposées au concessionnaire par le cahier des charges, il s’agit ici également — sous une forme un peu particulière — d’un élément important de l’exposition française qui démontrera, outre les vertus de notre gastronomie, la haute qualité des boissons et produits nationaux (seuls utilisés en principe) et celle de nos équipements de cuisines et d’offices, — lesquels sont accessibles au public. Les prix des repas sont ceux des établissements de très bonne classe mais non de grand luxe.


Jardins.

Étant donné l’importante proportion des sols couverts, les terrains pouvant être réservés aux jardins sont nécessairement très restreints, surtout si l’on tient compte des voies d’accès et de circulation extérieure. L’horticulture française intervient cependant à la fois par des éléments de simple décoration et d’élégantes présentations florales. Nous comptons que l’apport de nos spécialistes, réalisé dans un jardin de goût français fréquemment renouvelé selon la saison, constituera, même à proximité de plus importantes démonstrations belges et hollandaises, un facteur supplémentaire de succès pour notre exposition nationale.

Participation française aux expositions internationales spécialisées.

L’apport français dans les deux Expositions Internationales d’initiative belge : celle des Sciences et celle des Beaux-Arts est particulièrement important. On verra dans la première la part souvent mal connue (sur quelques points, tout à fait insoupçonnée) prise par nos savants dans les recherches atomique, physique, chimique et biologique qui se poursuivent dans le monde. Dans la seconde, l’École de Paris, pour l’art moderne, les précieuses collections de nos musées et de nos salons privés, pour un art plus ancien, ont été — comme il était naturel — très largement mises à contribution.


Accueil dans la Section Française.

Sans prétendre à un service d’accueil aussi important que celui qu'on prévu les organisateurs de l’Exposition pour l’ensemble de leurs visiteurs, la Section Française s’est efforcée d’assurer la bonne réception de ceux qui la viendront voir. Outre le personnel spécialisé prévu pour la présentation de certains stands, nous disposons d'un groupe de démonstrateurs, de démonstratrices et d'"hôtesses" parlant généralement plusieurs langues, qui seront en mesure de décrire utilement les divers éléments de notre exposition.

Ce personnel se tient à la disposition des visiteurs pour des périples à faire en groupe. Mais nous voudrions surtout que, à la condition d'être annoncées d’avance, les visites des collectivités ou des groupes français ou étrangers soient chaque fois dirigées et commentées. Un service central de l’accueil tient à jour, dans ses bureaux, un calendrier de telles demandes et il s’efforce de faire en sorte qu’aucun des intéressés n’ait à se croire négligé.

Conclusion :
L’objet de la participation française

La Section Française est, en effet, convaincue que la participation de la France à l’Exposition revêt une importance relative considérable et qu'elle vaut la peine d’être bien connue.

On s’est efforcé, au-dessus des critiques très souvent injustifiées et ne provenant que de l’ignorance, de faire à Bruxelles en une démonstration de propagande nationale, en montrant, avec permanence des qualités de tous ordres propres à notre race, les résultats auxquels celles-ci continuent de conduire dans des domaines extrêmement nombreux et, parfois, tout à fait méconnus. Nous voulons que l’étranger, mais surtout les Français eux-mêmes — et, d’abord, les jeunes — fassent à Bruxelles, dans un certain sens, la découverte de la France.

Sans doute, bien que disposant de moyens financiers assez considérables, n’avons-nous pas eu la prétention de faire aussi riche (ni même peut-être aussi bien) que tels pays disposant pour leur propre section d’un budget quadruple ou même décuple. Au reste, ce n’est pas tellement par ce qui se voit que brille la France : mais par des vertus plus profondes et plus complètes sinon toujours aussi publiées.

Quelqu’un nous demandait naguère : « Quel sera le clou de l’Exposition française à Bruxelles ? » Et comme nous répondions qu’il y aurait beaucoup de clous, l’interlocuteur s’exclamait : «Oui, mais ne montrerons-nous pas un Spoutnik ou quelque œuvre aussi éclatante ? »

Nous avons répondu par ce qui sera ici la conclusion de cet exposé :
Le propre de la France n’est plus de s’affirmer par ces grands perfectionnements modernes qui nécessitent des ressources.financières énormes beaucoup plus que de l’invention. Notre génie a toujours été de réaliser des équilibres : entre le culte de l’esprit et le travail de la matière; entre le bien-être de l’individu et la prospérité de la collectivité; entre le goût de la conquête (dans le très bon sens du mot) et l’amour du foyer; entre la tradition et l’appétit des nouveautés. L’harmonie des progrès dans tous les domaines qui relèvent de l’homme, n’est-ce pas là, précisément, ce que nous appelons la « civilisation » ?

Si nos visiteurs quittent l’exposition de la Section Française en oubliant très vite, peut-être, tel ou tel point particulier qui aura fait momentanément vive impression sur leur esprit, mais en conservant le souvenir d’un ensemble frappant et de haute portée, d’une image riche en couleurs mais d’une tonalité bien réglée, d’une sorte d’unité sans fissure, nous estimons que nous aurons réussi la tâche qui nous a été confiée.


Pour tout savoir sur les expositions universelles et internationales.
http://www.worldfairs.info

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