Conférence sur la gare Lisch (ancienne gare construite au Champ-de-Mars pour l'exposition universelle de 1878)
jeudi 12 décembre au Musée Roybet-Fould


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Armes de chasse françaises

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Armes de chasse françaises

par worldfairs » 14 déc. 2018 08:42 am

Texte de "L'Exposition Universelle de 1867 Illustrée"

armuriersfrancais.jpg

Il faut avoir le courage de son opinion ! Aussi avouons-nous sans détour que ce n’est qu’en tremblant que nous abordons le compte rendu de l’armurerie de chasse française.

Essayer le dénombrement des inventions nouvelles est assez difficile, quoique, à proprement parler, elles tournent toutes autour d’un desideratum commun : l’inflammation centrale delà cartouche. Les uns l’obtiennent d’une manière, les autres d’une autre, et tous croient fermement avoir raison. L’un des plus simples d’entre ces systèmes est celui de M. Lagrèze, dont la platine intérieure est garantie par le bois et procure un centre de mouvement qui permet l’inflammation centrale et directe de la cartouche. Ceci a lieu au moyen du chien portant un piston pointu qui frappe le centre du culot par la culasse percée. Cette disposition est très-simple et très-curieuse par la manière dont le chien se trouve caché et se meut dans le coude de l’avantage du fusil.

Citons encore l’inflammation centrale de M. Devismes qui a lieu par un chien circulaire, le fulminate étant placé en petite masse au centre d’un rebord intérieur de la cartouche ; puis celle de M. Thomas, qui applique à son fusil de chasse une aiguille grosse et courte poussée par le chien et enflammant la charge comme dans les fusils de guerre. Le mécanisme et la platine, tout est réussi. Mais nous reviendrons tout à l’heure sur les autres inventions curieuses, occupons-nous d’abord des canons, cette partie principale de toute arme, puisque c’est d’elle—avant tout—que dépend sa bonté et surtout la sécurité du chasseur.

Nous ne pouvons passer sous silence les canons de*A. Bernard, le fabricant émérite : parmi eux nous remarquons un double canon en bronze d’aluminium, «mais ce qui nous frappe, au premier abord, c’est l’heureux perfectionnement de la diminution de longueur. Tous les canons exposés par ce fabricant sont courts, et, certes, il n’a pas tranché ainsi l’interminable discussion des canons longs et courts sans l’avoir fait à bon escient. Tous les chasseurs applaudiront à ses efforts et à sa réussite, car tous savent combien sont embarrassantes au bois et en pays de haies les armes à canons allongés.

M. Rouchard-Siauve, canonnier à St-Étienne, expose des rubans damassés et moirés qui semblent fort bien faits : il faudrait voir à l’essai. M. Escoffier est dans le même cas : il y a là des dérochages noirs très-originaux, mais quelle est leur solidité? C’est avec un revêtement semblable que le chasseur doit se dire qu’il est l’esclave de son fusil. M. Clair a également des canons très-remarquables, damassés en vingt dispositions différentes, mais surtout d’un prix incroyable : 30 fr. les canons doubles en damas écossais et anglais; 28 fr. les mêmes en damas enroulés à deux spires ; 25 fr. en damas sans couleur; 18 fr. en étoffe frogère; 12 fr. en fer tordu. Pour 40 fr. on a un canon double en étoffe de damas pointillé, charmant. En vérité ce n’est pas la peine de s’en passer.

M. Vincent expose des canons damas fins à 60 fr. dérochés blancs, à vif, sans aucun apprêt. C’est, selon nous, la seule manière de conserver à une arme sa véritable beauté. Toutes les couvertes—noires, brunes, rouges, que les armuriers ont inventées ne sont le plus souvent que des attrape-nigauds et des moyens infaillibles de faire revenir plus souvent l’arme au magasin. Le vrai chasseur veut des canons dérochés vifs, et qui, comme une épée, laissent briller le métal qui les a fournis. Sur ces canons-là, la rouille ne mord pas, ou si elle mord, elle ne laisse pas de traces : le chasseur n’est pas obligé de marcher avec son fourgon pour porter au rendez-vous le nécessaire et tous les attirails que le génie mercantile actuel a inventés.

Parmi les armuriers proprement dits , nous signalerons l’admirable fusil sculpté de Lepage-Montier : ceci est une véritable œuvre d’art, la garniture de crosse surtout avec sa Diane chasseresse au milieu de ses nymphes. Ce fusil est à baguette tout bonnement et quoiqu’il ne présente aucun système d’aucune espèce, il n’en est pas moins un morceau de roi. M. F. Claudia expose un fusil système à bascule, dont la crosse, en ébène découpée à jour, représente des chimères entrelacées : il est aussi beau que le précédent et a même sur l’autre l’avantage d’un système plus moderne. Mais à propos de tous ces fusils de luxe, qu’il nous soit permis de nous ébahir devant la singulière idée de sculpter une crosse alors que l’on doit y appuyer la joue! Comme ce doit être agréable pour le chasseur, au moment de tirer, d’éprouver exactement la sensation d’un sac de noix qu’on approcherait de sa figure ! C’est là le plus frappant contre-sens qui se puisse imaginer.

Signalons, en passant, quelques curiosités : la carabine Leroux qui, chargée et amorcée pour trente coups — il y a même là un fusil chargé pour cent vingt-cinq coups ! —vous met en possession d’un véritable arsenal portatif. Elle me rappelle l’engin des États-Unis qui tire, à jet continu, des trombes de balles à la minute, et n’a de limite que réchauffement trop considérable de l’arme qui force le mécanicien à ralentir le mouvement de sa manivelle. Ce n’est évidemment pas pour nos pays que la carabine Leroux est inventée ; nous ne possédons pas d’animal contre lequel il faille un si grand arsenal. Les sangliers les plus durs et les plus revêches de nos forêts sont très-bien servis avec un modeste fusil à ceux coups.

M. Brun a un fusil incrusté d’or qui, malgré son luxe, semble moins incommode que les autres armes princières de la salle. M. Laîné a exposé un fusil à trois coups. L’invention ne paraît pas heureuse. Le petit chien supplémentaire, juché entre les deux autres, est peu gracieux et peu commode à atteindre. La seule difficulté vaincue et que fait ressortir l’armurier, paraît être de n’avoir que deux détentes pour faire partir trois coups. Comme cela doit être commode!

M. Rochotte présente, lui, un fusil à quatre coups ne dépassant pas le poids d’un fusil ordinaire et se chargeant par la culasse avec des cartouches à broches ordinaires. Cela est ingénieux : les canons sont montés sur une fausse platine tournante. Les cartouches imperméables du même fabricant sont bonnes et utiles dans bien des pays où l’humidité joue un rôle trop considérable : on peut abandonner ces cartouches, à la campagne, d’une année à l’autre, en attendant le retour de la chasse et ne pas craindre des ratés répétés.

N’oublions pas Flaubert, l’ingénieux créateur des carabines et pistolets de salon : il a aussi maintenant ses armes à aiguille, c’est-à-dire à la mode : il a été devancé, il est vrai, dans cette voie par les Anglais qui ont, depuis longtemps, une charmante petite carabine à aiguille pour la destruction des corbeaux dans les parcs, un tir fashionable auquel les ladies et misses prennent part. Notre infatigable chercheur a voulu même avoir un petit Chassepot ; il a imaginé une fermeture à culasse vissée permettant de fortes charges tout en laissant tirer dix coups à la minute et applicable aux armes de guerre.

Si maintenant nous jetons un coup d’œil sur les vitrines extérieures à la salle et, par conséquent, exposées sur la galerie circulaire et la rue transversale, nous trouvons là quelques vieux noms à réputation universelle : Devisme dont nous avons déjà dit quelques mots, mais auquel nous revenons pour parler de sa nouvelle balle lingot explosible pouvant se tirer avec tous les fusils lisses et à bascule ordinaires. C’est là un progrès pour les chasseurs qui éprouvent le besoin de faire éclater leur gibier. Quant à moi qui—par mon beau pays de France toujours—trouve que rien n’a besoin d’être pourfendu, je mécontente des balles franches, simples et vulgaires. Avant de faire éclater le pavois il faut mettre dans le noir! Ces nouveaux projectiles sont légers et leur portée ne dépasse pas 40 à 50 mètres.

Voici Lefaucheux : rien à dire : excellente fabrication habituelle — rien de nouveau. Nous passons sous silence quelques appareils accessoires, tire-cartouches, etc., toutes ces babioles ont si peu d’importance, en vérité, que la description n’en vaudrait pas la peine.

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