par worldfairs » 27 nov. 2022 11:07 am
Article extrait du livre "Constructions Françaises et Etrangères" de 1889
PAVILLON DES PASTELLISTES
M. Jacques HERMANT, architecte.

- Le pavillon des pastellistes
Depuis un certain nombre d’années, le goût du public pour le pastel, cet art si français, s’affirme de nouveau, et tous nos grands peintres, séduits par ce moyen d’exécution, si fin et si délicat, que la mode avait complètement déserté, ont voulu prouver que leur talent, souple et sûr, ne craignait pas d’avoir recours à un mode d'exécution qui semblait avoir atteint son apogée au dix-huitième siècle. Ils y ont apporté cette vigueur, cette franchise d'allure, cette recherche du vrai dans l’art, qui est la caractéristique de l’école moderne, et ils ont créé le pastel du dix-neuvième siècle qui, avec lés mêmes moyens, a su obtenir des effets bien autrement intenses que son prédécesseur, le pastel du dix-huitième siècle.
Trente d’entre eux, portant tous un nom déjà célèbre dans la peinture, se sont réunis et ont formé, pour l'exposition annuelle de leurs couvres, une Société, dont M. Roger Ballu, le sympathique inspecteur des Beaux-Arts, a été élu président.
Très désireux de ne pas se trouver perdus au milieu des couvres de la peinture, dans laquelle ils tenaient déjà une grande place, et de ne pas voir leurs pastels relégués dans les salles secondaires du Palais des Beaux-Arts, ainsi qu’il arrive, chaque année, au Palais de l’industrie, ils ont résolu de faire une exposition particulière et d’élever un pavillon, dont la construction a été confiée à notre confrère M. Jacques Hermant, inspecteur principal du service des installations à l’Exposition universelle.
Ce pavillon couvre une surface de 200 mètres et se compose d’une seule salle rectangulaire, très sobre à l’intérieur, et dont toute la richesse consiste dans une application sur les faces extérieures, nécessairement dénuées de toute fenêtre, d’une ornementation en staff, dont le principe a été emprunté par l’auteur à l’ornementation, si fine et si coquette, du dix-huitième siècle (Époque de Louis XV). Quelques niches, contenant de grands vases d’une forme brillante et riche; des gaines, supportant un treillage aux courbes variées; un grand cartouche au-dessus de l’entrée; aux angles, quatre mâts soutenus par des groupes d’enfants, et c’est tout. Mais, merveilleusement seconde par le sculpteur Deloye et par le sculpteur-ornemaniste Bouet, qui ont su le comprendre et l’aider, M. J. Hermant a été assez heureux pour pouvoir réaliser, à peu de frais, une élégante évocation de l’art du siècle passé.
Le ton général dont le pavillon a été revêtu, est un vert pâle, très doux, rehaussé de tons terre-cuite rosée sur les sculptures.
L’ensemble des travaux a coûté environ 28,000 francs. Une médaille d’argent a été accordée à l’auteur pour ce pavillon.
Article extrait du livre "Constructions Françaises et Etrangères" de 1889
PAVILLON DES PASTELLISTES
M. Jacques HERMANT, architecte.
[attachment=0]pastellistes02.jpg[/attachment]
Depuis un certain nombre d’années, le goût du public pour le pastel, cet art si français, s’affirme de nouveau, et tous nos grands peintres, séduits par ce moyen d’exécution, si fin et si délicat, que la mode avait complètement déserté, ont voulu prouver que leur talent, souple et sûr, ne craignait pas d’avoir recours à un mode d'exécution qui semblait avoir atteint son apogée au dix-huitième siècle. Ils y ont apporté cette vigueur, cette franchise d'allure, cette recherche du vrai dans l’art, qui est la caractéristique de l’école moderne, et ils ont créé le pastel du dix-neuvième siècle qui, avec lés mêmes moyens, a su obtenir des effets bien autrement intenses que son prédécesseur, le pastel du dix-huitième siècle.
Trente d’entre eux, portant tous un nom déjà célèbre dans la peinture, se sont réunis et ont formé, pour l'exposition annuelle de leurs couvres, une Société, dont M. Roger Ballu, le sympathique inspecteur des Beaux-Arts, a été élu président.
Très désireux de ne pas se trouver perdus au milieu des couvres de la peinture, dans laquelle ils tenaient déjà une grande place, et de ne pas voir leurs pastels relégués dans les salles secondaires du Palais des Beaux-Arts, ainsi qu’il arrive, chaque année, au Palais de l’industrie, ils ont résolu de faire une exposition particulière et d’élever un pavillon, dont la construction a été confiée à notre confrère M. Jacques Hermant, inspecteur principal du service des installations à l’Exposition universelle.
Ce pavillon couvre une surface de 200 mètres et se compose d’une seule salle rectangulaire, très sobre à l’intérieur, et dont toute la richesse consiste dans une application sur les faces extérieures, nécessairement dénuées de toute fenêtre, d’une ornementation en staff, dont le principe a été emprunté par l’auteur à l’ornementation, si fine et si coquette, du dix-huitième siècle (Époque de Louis XV). Quelques niches, contenant de grands vases d’une forme brillante et riche; des gaines, supportant un treillage aux courbes variées; un grand cartouche au-dessus de l’entrée; aux angles, quatre mâts soutenus par des groupes d’enfants, et c’est tout. Mais, merveilleusement seconde par le sculpteur Deloye et par le sculpteur-ornemaniste Bouet, qui ont su le comprendre et l’aider, M. J. Hermant a été assez heureux pour pouvoir réaliser, à peu de frais, une élégante évocation de l’art du siècle passé.
Le ton général dont le pavillon a été revêtu, est un vert pâle, très doux, rehaussé de tons terre-cuite rosée sur les sculptures.
L’ensemble des travaux a coûté environ 28,000 francs. Une médaille d’argent a été accordée à l’auteur pour ce pavillon.