par worldfairs » 28 mars 2023 09:03 pm
Article extrait du livre "Le Luxembourg à l'Exposition Mondiale de Bruxelles 1958"
Au service de l’Europe
Des palais majestueux représentent à Bruxelles l’Europe naissante, la Communauté des six, l'Organisation Européenne de Coopération Economique, le Conseil de l’Europe. La révolution qui s’opère en ce moment parmi les nations européennes y est illustrée avec un faste qui révèle les forces vives de notre antique continent. L’Exposition Mondiale, Bilan du Monde, aurait été incomplète sans la représentation de la Jeune Europe. Et dans cette représentation Luxembourg a sa part, équitable et juste, celle qui lui revient proportionnellement à sa capacité politique et économique. Notre contribution à la cause commune est documentée dans ces ensembles.
Le Pavillon du Luxembourg aurait pourtant été incomplet lui aussi, notre enquête nationale aurait été fragmentaire, si, dans l’étalage de notre personnalité particulière, n’avait pas figuré au moins l’allusion au rôle que le pays a joué et joue dans l’Organisation de l’Europe. Cette allusion est faite à l’aide de la maquette qui montre l’Extension de Luxembourg sur le plateau du Kirchberg à proximité du centre de la ville (selon une étude de M. H. Luja, Architecte-Urbaniste). C’est le site que la Municipalité et l’Etat grand-ducal mettent à disposition pour la création de la Cité Européenne nouvelle dans le cas où les gouvernements des six pays en décideraient ainsi. Luxembourg est prêt à accueillir la jeune Europe.
Nulle fanfaronnade, nulle revendication ne sont liées à cette exposition. Simplement un fait est rappelé de cette façon. Luxembourg est depuis 1952 le Siège de la première Communauté Européenne, celle du Charbon et de l’Acier, qui y a établi différents de ses organismes: la Haute Autorité, la Cour de Justice, le Conseil spécial de Ministres et de nombreux services qui s’y rattachent. Ils ont travaillé dans d’excellentes conditions. Tous les services administratifs ainsi qu’un peuple de fonctionnaires et leurs familles ont trouvé dans la Capitale du Grand-Duché, grâce à l’initiative du Gouvernement, de la Municipalité et des particuliers, des conditions de travail et de logement irréprochables.
C’est qu’aujourd’hui, cette vieille terre historique de Luxembourg, au cœur de l’Europe entre deux mondes, le monde germanique et le monde celto-latin, aux portes de quatre nations, continue a jouer le rôle que l’Histoire semble lui avoir départi. C est maintenant et ce fut toujours un lieu de rencontre international, un carrefour des peuples. Le bilinguisme traditionnel aide le pays a s’initier à la compréhension des mentalités humaines très différentes qui se sont développées de part et d’autre de ses frontières et qui, au cours de l’histoire, se sont si souvent dressées les unes contre les autres avec la volonté de se détruire.
Esprit de compréhension et partant, esprit de conciliation ; esprit de respect mutuel et partant, esprit de sacrifice! Ces principes sont chez nous, qui avons souvent été victimes des dissensions de nos grands voisins, comme les éléments d’une leçon de civisme national. Ils ont profondément pétri l’âme populaire et représentent la conviction politique de l’homme de la rue. Le corollaire du service a la communauté internationale s’en est suivi comme une conclusion logique et naturelle.
N y a-t-il pas là des faits ? N’y a-t-il pas là une richesse que nous devons souligner, richesse morale, richesse humaine que nous pouvons produire avec nos richesses matérielles? Ne contribue-t-elle pas à conférer à notre peuple sa qualité de membre de la famille européenne? . . .
Document de valeur que l’évocation de ce récent passé et que ce coup de sonde en profondeur dans la psychologie nationale. Dans le cadre de l’examen de conscience de Bruxelles et dans le cadre dé jà recherche du nouvel humanisme, ces faits sont des éléments qui comptent.
Transports et Communications
Mais voilà que reparaît le fantôme de l’époque. La volonté humaine, les meilleures dispositions psychologiques et morales ne suffisent pas! S’intégrer dans une communauté humaine signifie s’intégrer dans une communauté technique, signifie s’intégrer dans le vaste réseau dont les transports et les communications de tous ordres, à des étages différents, entourent les hommes et les pays, sur la terre et dans les airs. Rail, route, transports aériens, télécommunications!

- "Voile" de béton au Hall d'Accueil
La trame de ce réseau est dense au Luxembourg et des efforts sont faits pour le rendre plus dense encore. Son caractère de Capitale distingue Luxembourg-ville dans cet ordre d’idées parmi les autres villes de même grandeur. Son aéroport du Findel avec sa piste de 3 km de longueur répond aux besoins les plus exigeants. En prévision de la mise en service des grands quadriréacteurs commerciaux, les autorités responsables étudient, comme en fait foi la maquette de l’extension de la ville, le prolongement de cette piste d’envol à une longueur de 4 km. Les liaisons avec le monde extérieur sont donc assurées.
Les Communications postales ne sont pas une simple chose technique. Elles aussi se soumettent à une idée et cela avec efficacité. Car que de lettres affranchies aux timbres multicolores répandent dans le monde entier la bonne parole de la coopération internationale et de l’entente des peuples. La participation de notre Administration des Postes, Télégraphes et Téléphones au Pavillon luxembourgeois est intelligemment consacrée à cette idée. Sur une mappemonde lumineuse paraissent en couleurs grâce à l’alternance de la lumière « noire » et d’un éclairage électrique, les timbres émis à Luxembourg pour le 75 e Anniversaire de l’Union Postale Universelle (émission de 1949), « Les Droits de l’Homme par l’Europe Unie » (1951), celui émis en 1955 en l’honneur des Nations Unies, en 1956 en l’honneur de la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier, en 1956 pour l’Europe et en 1948 à l’effigie de S.A.R. Madame la Grande-Duchesse.
Radio-Télé-Luxembourg
« Le stand de Radio-Télé-Luxembourg », dit l’explication de la Direction du Poste, « représente la schématisation optique d’un émetteur de radio. Des signaux lumineux qui s’allument successivement montrent les différentes phases d’une émission radiophonique, depuis l’enregistrement du son jusqu’à sa diffusion sur les antennes.
Vingt-quatre téléviseurs répartis tant dans la salle d’exposition que dans la salle du tourisme et du restaurant signalent la présence de Télé-Luxembourg et constituent une particularité de la Section luxembourgeoise à l’Exposition.
Ces téléviseurs sont alimentés par un car de reportages placé à côté du Pavillon grand-ducal. L’équipement électronique de ce car comprend trois caméras de prises de vues et un télécinéma. Grâce à cet appareillage, les visiteurs du Pavillon pourront se divertir en contemplant, soit les images du Télémiroir prises à l’intérieur du Pavillon, soit en suivant les programmes de Télé-Luxembourg et les films documentaires industriels ou touristiques réalisés spécialement pour l’Exposition ».
Il fallait cette présence de Radio-Télé-Luxembourg dans le Pavillon luxembourgeois. Car depuis 1931, date de la création de Radio-Luxembourg, et depuis 1955, date de la création de Télé-Luxembourg, notre nom est entré dans l’empire des ondes et les pulsations électromagnétiques du vaste champ de sensibilité que créent les antennes et les émetteurs de Luxembourg, Junglinster, Dudelange et Marnach, le transportent aux oreilles et aux yeux de 15 millions d’auditeurs et d’un nombre toujours croissant de téléspectateurs. Et avec notre nom . . . une variété de programmes. Oui... et c’est là que résident les problèmes.
Ne convoyeraient-elles que des messages d’une sérénité classique, désintéressée ou officielle, que tout serait en ordre. Mais les programmes font tout pour ne pas être exclusivement sereins ? Ils attirent, charment, flattent, passionnent ... et voilà nos écoliers immobiles, tendus, passifs, pendant des heures et des heures cloués devant l’écran de télévision au lieu d’être devant leurs cahiers d’études. Voilà le cercle de famille qui se dissout et s’ouvre en un demi-cercle sans âme devant cette « boîte » parlante et vibrante de sons et d’images. Les immenses bienfaits qu’apporte cette invention merveilleuse de la télévision comme divertissement, comme instrument de culture, d’information, de documentation sont malheureusement contrebalancés par une séquelle de désavantages manifestes.
Nous autres Luxembourgeois ne changerons pas le cours des choses et la radio et la télévision qui portent notre nom se développeront selon les lois générales qui sont inhérentes à leur nature. Mais nous, comme tous les membres de familles humaines, nous, comme tous ceux qui n’ont pas encore complètement perdu le sens de la vraie condition humaine, nous sommes en droit d’attendre que par la confrontation de Bruxelles cette invention merveilleuse trouve elle aussi sa voie et s’intégre dans les moyens mis en œuvre pour l’avènement du nouvel humanisme, pour la sauvegarde des droits de la personnalité humaine et de ses facultés créatrices, seule source de plaisirs dignes de l’homme.
Mondorf-les-Bains
Au milieu de ces choses sérieuses, lourdes de matière et de sens, un jeu d’eau.
Une source jaillit entre quatre pétales gigantesques en cuivre qui hésitent à s’ouvrir. La corolle est posée sur un tablier dont les grosses dalles en verre multicolore encastrées dans du ciment reluisent de toutes les teintes des tulipes en fleur. Et la douce pluie qui retombe a les reflets délicats des jacinthes.

- "Eclosion", Oeuvre de Frantz Kinnen.
Participation de Mondorf-les-Bains
La figure représente Mondorf-les-Bains et son eau qui guérit le foie.
Une source naît d’une fleur qui éclot. C’est bien que Mondorf soit conté ainsi ... ses fleurs, son parc, sa source, espoirs des médecins et des patients!
Le Tourisme
Un pavillon spécial est consacré au tourisme. C’est un lieu de repos avec une fontaine à vins; c’est un restaurant ; c’est une terrasse au grand air et un jardin avec de la verdure et des fleurs. Je voudrais qu’il y en ait davantage. Nous aurions pu et dû le dire avec plus de fleurs. Nous l’avons dit avec des vues du pays en photographie : des paysages urbains tels que Luxembourg-Ville, Vianden, Echternach, des paysages campagnards, des vues de nos châteaux ardennais de Bourscheid, Esch-sur-Sûre, Wiltz, et même cette grande photographie en couleurs de plus de 22 mètres prises sur les hauteurs de Diekirch — la plus grande photo en couleurs du monde, dit-on — qui respire si admirablement l’atmosphère paisible et naturelle du pays.

- Radiodiffusion et Télévision, évoquées par Fr. Kinnen
Nous l’avons dit aussi avec des vins — du Moselle naturellement — et des fruits. Comme ça tout le monde comprend et sait de quoi il s’agit! Tourisme démocratique, Tourisme social! C’est notre originalité. Le pays y trouve son compte, mais il rend aussi service.
Quoi de plus beau qu’un pays qui s’offre et qui est utile! Utile aux travailleurs qui sont las, fatigués par les embarras des villes et des métiers, las de vivre entre les grands murs gris et sur les trottoirs asphaltés, las du fracas des moteurs et des machines et qui ont soif de grand air, de repos, de solitude, soif de verdure, de soleil, de ciel bleu. N’est-ce pas un éden qui s’offre à tous ceux qui veulent revoir la Création, la Nature et ses merveilles ? La Nature chez nous est un philtre qui rajeunit et humanise. Nos grands bois, nos fraîches vallées, nos campagnes ondoyantes . . . c’est là le philtre.

- Quelques stands d'exposition du Grand Pavillon
Et nous Luxembourgeois, qui communions avec cette nature, qui faisons bon ménage avec nos campagnes, nos forêts, nos bêtes, nous ignorons encore les trésors que renferme notre propre pays, nous rêvons des pays étrangers, de la Belgique, de la Hollande, de la France (nos voisins à Bruxelles, comme chez nous), de leurs grands centres d’Art, de leurs paysages, et des horizons lointains de leurs mers.
Les autres viennent chez nous. Nous allons chez eux. Il faut bien qu’on bouge et qu’on change, qu’on profite des trains, des autos, des avions, qu’on s’embarque dans l’engrenage éreintant de la machinerie des transports et des voyages. Il faut être au diapason de l’époque ... !
Incorrigible humanité de notre temps! Trouvera-t-on le remède pour la guérir . . . pour la guérir malgré elle ?
Article extrait du livre "Le Luxembourg à l'Exposition Mondiale de Bruxelles 1958"
Au service de l’Europe
Des palais majestueux représentent à Bruxelles l’Europe naissante, la Communauté des six, l'Organisation Européenne de Coopération Economique, le Conseil de l’Europe. La révolution qui s’opère en ce moment parmi les nations européennes y est illustrée avec un faste qui révèle les forces vives de notre antique continent. L’Exposition Mondiale, Bilan du Monde, aurait été incomplète sans la représentation de la Jeune Europe. Et dans cette représentation Luxembourg a sa part, équitable et juste, celle qui lui revient proportionnellement à sa capacité politique et économique. Notre contribution à la cause commune est documentée dans ces ensembles.
Le Pavillon du Luxembourg aurait pourtant été incomplet lui aussi, notre enquête nationale aurait été fragmentaire, si, dans l’étalage de notre personnalité particulière, n’avait pas figuré au moins l’allusion au rôle que le pays a joué et joue dans l’Organisation de l’Europe. Cette allusion est faite à l’aide de la maquette qui montre l’Extension de Luxembourg sur le plateau du Kirchberg à proximité du centre de la ville (selon une étude de M. H. Luja, Architecte-Urbaniste). C’est le site que la Municipalité et l’Etat grand-ducal mettent à disposition pour la création de la Cité Européenne nouvelle dans le cas où les gouvernements des six pays en décideraient ainsi. Luxembourg est prêt à accueillir la jeune Europe.
Nulle fanfaronnade, nulle revendication ne sont liées à cette exposition. Simplement un fait est rappelé de cette façon. Luxembourg est depuis 1952 le Siège de la première Communauté Européenne, celle du Charbon et de l’Acier, qui y a établi différents de ses organismes: la Haute Autorité, la Cour de Justice, le Conseil spécial de Ministres et de nombreux services qui s’y rattachent. Ils ont travaillé dans d’excellentes conditions. Tous les services administratifs ainsi qu’un peuple de fonctionnaires et leurs familles ont trouvé dans la Capitale du Grand-Duché, grâce à l’initiative du Gouvernement, de la Municipalité et des particuliers, des conditions de travail et de logement irréprochables.
C’est qu’aujourd’hui, cette vieille terre historique de Luxembourg, au cœur de l’Europe entre deux mondes, le monde germanique et le monde celto-latin, aux portes de quatre nations, continue a jouer le rôle que l’Histoire semble lui avoir départi. C est maintenant et ce fut toujours un lieu de rencontre international, un carrefour des peuples. Le bilinguisme traditionnel aide le pays a s’initier à la compréhension des mentalités humaines très différentes qui se sont développées de part et d’autre de ses frontières et qui, au cours de l’histoire, se sont si souvent dressées les unes contre les autres avec la volonté de se détruire.
Esprit de compréhension et partant, esprit de conciliation ; esprit de respect mutuel et partant, esprit de sacrifice! Ces principes sont chez nous, qui avons souvent été victimes des dissensions de nos grands voisins, comme les éléments d’une leçon de civisme national. Ils ont profondément pétri l’âme populaire et représentent la conviction politique de l’homme de la rue. Le corollaire du service a la communauté internationale s’en est suivi comme une conclusion logique et naturelle.
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N y a-t-il pas là des faits ? N’y a-t-il pas là une richesse que nous devons souligner, richesse morale, richesse humaine que nous pouvons produire avec nos richesses matérielles? Ne contribue-t-elle pas à conférer à notre peuple sa qualité de membre de la famille européenne? . . .
Document de valeur que l’évocation de ce récent passé et que ce coup de sonde en profondeur dans la psychologie nationale. Dans le cadre de l’examen de conscience de Bruxelles et dans le cadre dé jà recherche du nouvel humanisme, ces faits sont des éléments qui comptent.
Transports et Communications
Mais voilà que reparaît le fantôme de l’époque. La volonté humaine, les meilleures dispositions psychologiques et morales ne suffisent pas! S’intégrer dans une communauté humaine signifie s’intégrer dans une communauté technique, signifie s’intégrer dans le vaste réseau dont les transports et les communications de tous ordres, à des étages différents, entourent les hommes et les pays, sur la terre et dans les airs. Rail, route, transports aériens, télécommunications!
[attachment=0]luxembourg27.jpg[/attachment]
La trame de ce réseau est dense au Luxembourg et des efforts sont faits pour le rendre plus dense encore. Son caractère de Capitale distingue Luxembourg-ville dans cet ordre d’idées parmi les autres villes de même grandeur. Son aéroport du Findel avec sa piste de 3 km de longueur répond aux besoins les plus exigeants. En prévision de la mise en service des grands quadriréacteurs commerciaux, les autorités responsables étudient, comme en fait foi la maquette de l’extension de la ville, le prolongement de cette piste d’envol à une longueur de 4 km. Les liaisons avec le monde extérieur sont donc assurées.
Les Communications postales ne sont pas une simple chose technique. Elles aussi se soumettent à une idée et cela avec efficacité. Car que de lettres affranchies aux timbres multicolores répandent dans le monde entier la bonne parole de la coopération internationale et de l’entente des peuples. La participation de notre Administration des Postes, Télégraphes et Téléphones au Pavillon luxembourgeois est intelligemment consacrée à cette idée. Sur une mappemonde lumineuse paraissent en couleurs grâce à l’alternance de la lumière « noire » et d’un éclairage électrique, les timbres émis à Luxembourg pour le 75 e Anniversaire de l’Union Postale Universelle (émission de 1949), « Les Droits de l’Homme par l’Europe Unie » (1951), celui émis en 1955 en l’honneur des Nations Unies, en 1956 en l’honneur de la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier, en 1956 pour l’Europe et en 1948 à l’effigie de S.A.R. Madame la Grande-Duchesse.
Radio-Télé-Luxembourg
« Le stand de Radio-Télé-Luxembourg », dit l’explication de la Direction du Poste, « représente la schématisation optique d’un émetteur de radio. Des signaux lumineux qui s’allument successivement montrent les différentes phases d’une émission radiophonique, depuis l’enregistrement du son jusqu’à sa diffusion sur les antennes.
Vingt-quatre téléviseurs répartis tant dans la salle d’exposition que dans la salle du tourisme et du restaurant signalent la présence de Télé-Luxembourg et constituent une particularité de la Section luxembourgeoise à l’Exposition.
[attachment=1]luxembourg28.jpg[/attachment]
Ces téléviseurs sont alimentés par un car de reportages placé à côté du Pavillon grand-ducal. L’équipement électronique de ce car comprend trois caméras de prises de vues et un télécinéma. Grâce à cet appareillage, les visiteurs du Pavillon pourront se divertir en contemplant, soit les images du Télémiroir prises à l’intérieur du Pavillon, soit en suivant les programmes de Télé-Luxembourg et les films documentaires industriels ou touristiques réalisés spécialement pour l’Exposition ».
Il fallait cette présence de Radio-Télé-Luxembourg dans le Pavillon luxembourgeois. Car depuis 1931, date de la création de Radio-Luxembourg, et depuis 1955, date de la création de Télé-Luxembourg, notre nom est entré dans l’empire des ondes et les pulsations électromagnétiques du vaste champ de sensibilité que créent les antennes et les émetteurs de Luxembourg, Junglinster, Dudelange et Marnach, le transportent aux oreilles et aux yeux de 15 millions d’auditeurs et d’un nombre toujours croissant de téléspectateurs. Et avec notre nom . . . une variété de programmes. Oui... et c’est là que résident les problèmes.
Ne convoyeraient-elles que des messages d’une sérénité classique, désintéressée ou officielle, que tout serait en ordre. Mais les programmes font tout pour ne pas être exclusivement sereins ? Ils attirent, charment, flattent, passionnent ... et voilà nos écoliers immobiles, tendus, passifs, pendant des heures et des heures cloués devant l’écran de télévision au lieu d’être devant leurs cahiers d’études. Voilà le cercle de famille qui se dissout et s’ouvre en un demi-cercle sans âme devant cette « boîte » parlante et vibrante de sons et d’images. Les immenses bienfaits qu’apporte cette invention merveilleuse de la télévision comme divertissement, comme instrument de culture, d’information, de documentation sont malheureusement contrebalancés par une séquelle de désavantages manifestes.
Nous autres Luxembourgeois ne changerons pas le cours des choses et la radio et la télévision qui portent notre nom se développeront selon les lois générales qui sont inhérentes à leur nature. Mais nous, comme tous les membres de familles humaines, nous, comme tous ceux qui n’ont pas encore complètement perdu le sens de la vraie condition humaine, nous sommes en droit d’attendre que par la confrontation de Bruxelles cette invention merveilleuse trouve elle aussi sa voie et s’intégre dans les moyens mis en œuvre pour l’avènement du nouvel humanisme, pour la sauvegarde des droits de la personnalité humaine et de ses facultés créatrices, seule source de plaisirs dignes de l’homme.
Mondorf-les-Bains
Au milieu de ces choses sérieuses, lourdes de matière et de sens, un jeu d’eau.
Une source jaillit entre quatre pétales gigantesques en cuivre qui hésitent à s’ouvrir. La corolle est posée sur un tablier dont les grosses dalles en verre multicolore encastrées dans du ciment reluisent de toutes les teintes des tulipes en fleur. Et la douce pluie qui retombe a les reflets délicats des jacinthes.
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La figure représente Mondorf-les-Bains et son eau qui guérit le foie.
Une source naît d’une fleur qui éclot. C’est bien que Mondorf soit conté ainsi ... ses fleurs, son parc, sa source, espoirs des médecins et des patients!
Le Tourisme
Un pavillon spécial est consacré au tourisme. C’est un lieu de repos avec une fontaine à vins; c’est un restaurant ; c’est une terrasse au grand air et un jardin avec de la verdure et des fleurs. Je voudrais qu’il y en ait davantage. Nous aurions pu et dû le dire avec plus de fleurs. Nous l’avons dit avec des vues du pays en photographie : des paysages urbains tels que Luxembourg-Ville, Vianden, Echternach, des paysages campagnards, des vues de nos châteaux ardennais de Bourscheid, Esch-sur-Sûre, Wiltz, et même cette grande photographie en couleurs de plus de 22 mètres prises sur les hauteurs de Diekirch — la plus grande photo en couleurs du monde, dit-on — qui respire si admirablement l’atmosphère paisible et naturelle du pays.
[attachment=3]luxembourg30.jpg[/attachment]
Nous l’avons dit aussi avec des vins — du Moselle naturellement — et des fruits. Comme ça tout le monde comprend et sait de quoi il s’agit! Tourisme démocratique, Tourisme social! C’est notre originalité. Le pays y trouve son compte, mais il rend aussi service.
Quoi de plus beau qu’un pays qui s’offre et qui est utile! Utile aux travailleurs qui sont las, fatigués par les embarras des villes et des métiers, las de vivre entre les grands murs gris et sur les trottoirs asphaltés, las du fracas des moteurs et des machines et qui ont soif de grand air, de repos, de solitude, soif de verdure, de soleil, de ciel bleu. N’est-ce pas un éden qui s’offre à tous ceux qui veulent revoir la Création, la Nature et ses merveilles ? La Nature chez nous est un philtre qui rajeunit et humanise. Nos grands bois, nos fraîches vallées, nos campagnes ondoyantes . . . c’est là le philtre.
[attachment=4]luxembourg31.jpg[/attachment]
Et nous Luxembourgeois, qui communions avec cette nature, qui faisons bon ménage avec nos campagnes, nos forêts, nos bêtes, nous ignorons encore les trésors que renferme notre propre pays, nous rêvons des pays étrangers, de la Belgique, de la Hollande, de la France (nos voisins à Bruxelles, comme chez nous), de leurs grands centres d’Art, de leurs paysages, et des horizons lointains de leurs mers.
Les autres viennent chez nous. Nous allons chez eux. Il faut bien qu’on bouge et qu’on change, qu’on profite des trains, des autos, des avions, qu’on s’embarque dans l’engrenage éreintant de la machinerie des transports et des voyages. Il faut être au diapason de l’époque ... !
[attachment=5]luxembourg32.jpg[/attachment]
Incorrigible humanité de notre temps! Trouvera-t-on le remède pour la guérir . . . pour la guérir malgré elle ?