La décoration et le mobilier à l'Exposition Universelle

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La décoration et le mobilier à l'Exposition Universelle

par worldfairs » 26 juin 2020 11:35 am

Texte et illustrations de "La construction moderne - 10 novembre 1900"

Les Manufactures Nationales

On a longtemps reproché à nos Manufactures de Sèvres et des Gobelins de s’immobiliser dans des formes traditionnelles, et de ne suivre que de très loin les transformations incessantes de l’art. L’Exposition universelle nous montre une tendance très marquée à rajeunir les procédés de décoration, qu’il s’agisse de tapisserie ou de céramique.

A Sèvres, le goût moderne pour les tons délicats et pâles a entraîné la disparition presque complète des couleurs vives d’autrefois ; le bleu lui-même, qui constituait une sorte de marque de fabrique, ne se retrouve plus que dans de rares spécimens.

L’ornementation est principalement empruntée à la flore de notre pays, et presque partout la fleur est stylisée, c’est-à-dire utilisée dans sa structure élémentaire, géométrique. Il y a doue une grande analogie entre les produits de notre manufacture nationale, et ceux qui proviennent de l'industrie privée. Mais à Sèvres tout au moins, l'extravagance n’a pas eu accès, et si l’on ne peut signaler spécialement une pièce de décoration sortant de l’ordinaire, on reconnaîtra qu’un goût sobre et discret dirige les manifestations artistiques de noire fabrique de porcelaines.

Les procédés de fabrication sont, on le sait, une des grandes préoccupations des chimistes de la Manufacture. Cette année la cristallisation sous couverte parait être le décor favori de la maison. Sur la pièce déjà cuite, mais non encore couverte de l'enduit définitif, on dispose des produits cristallins qui donnent une décoration analogue à celle du givre sur les vitres. Les tons peuvent en être assez variés, mais se tiennent plutôt dans les nuances bleues ou vertes. Les sels minéraux qui produisent ce décor sont-ils cuivreux ou ferreux? Quoiqu’il en soit ce décor, dont la répartition sur les vases parait un peu due au hasard, est en réalité plus originale que belle. Elle est très en faveur à la Manufacture, et les spécimens en sont nombreux.

Le biscuit est toujours exécuté avec une grande perfection. Les œuvres de nos sculpteurs contemporains sont reproduites, soit en réduction, soit grandeur de l’original, avec un charme très réel. A citer notamment une Phryné et une tête de paysanne, dont la faveur auprès du public et des acheteurs est bien justifiée.

A Sèvres on s’est également beaucoup occupé de la céramique architecturale. Nous rappellerons seulement la grande frise du palais des Beaux-Arts, dont il a été déjà beaucoup parlé. A l’Esplanade des Invalides nous trouvons dans l’allée centrale une vaste fontaine de MM. Risler et Coutan. Le style moderne et la flore constituent sa décoration. Au premier étage une cheminée de MM. Sédille, Allar et Devêche est basée sur une ornementation plus classique, mais dans des tonalités aussi peu vigoureuses que celles delà fontaine.
La Manufacture des Gobelins s’est mise aussi en quête de réformes.

La principale, qui n’est pas très apparente, à première vue, tend à simplifier les procédés d’exécution dans la copie des tableaux.

On s’est trop longtemps attaché à vouloir que la tapisserie donnât l’illusion d’un tableau peint à l’huile. De là un travail considérable pour donner aux figures le modelé qu’exigeaient de pareils fac-similé. Or, le rôle de la tenture murale ne doit pas être cette copie servile. La tapisserie peut constituer un élément décoratif admirable sans prétendre à passer pour une toile peinte. Les verdures delà Renaissance sont là pour le prouver.

On admet donc aujourd'hui qu’une interprétation plus large du modèle suffit amplement. L’artisan ne perdra plus son temps à nuancer des modelés comme le peintre; il procédera de préférence par à plats, et la vigueur de la copie en sera d’autant mieux assurée.

La plupart des tapisseries exposées procèdent de cette tendance. Quelques-unes, cependant, exécutées peu de temps après la dernière exposition universelle sont encore exécutées d’après les anciennes méthodes. Elles sont, d’ailleurs, toutes très intéressantes, et plusieurs d’entre elles reproduisent des compositions d’un style très moderne et d'une hardiesse qui aurait jadis choqué les traditions de la maison. Tel est le, panneau de M. Rochegrosse, représentant la conquête de l'Afrique. A signaler dans cette tenture la bordure qui ne se contente plus d’être un simple encadrement, mais qui empiète sur le sujet principal et se marie avec lui. Moins hardi est le tapis composé par M. Binet, l’architecte de la Porte Monumentale. Cette œuvre parait cependant d’un coloris très vif, tout en restant harmonieux, à côté de deux autres tapis qui restant dans des gammes plus douces et plus traditionnelles.

Nous citerons encore des copies d’après Lebrun et Boucher, le Tournoi, d’après M. J.-P. Laurens, et une reconstitution d’une des salles du Palais de Justice de Rennes.

La Manufacture de Beauvais, qui, on ne sait pourquoi, possède son exposition non pas à côté des Gobelins, mais à à côté de Sèvres, présente des meubles et des tentures dont les styles sont pour une moitié empruntés au XVIIe siècle, et pour l’autre à l'art moderne.

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