Les industries françaises du plâtre

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Les industries françaises du plâtre

par worldfairs » 26 mai 2020 06:50 pm

Texte et illustrations de "La construction moderne - 28 juillet 1900"

Dans le groupe VI, Génie civil et moyens de transport, il n’y a pas d'exposition générale étrangère pour les industries du plâtre; chaque nation ayant groupé ses produits de toute nature ainsi que ses matériaux de construction dans une ou plusieurs expositions spéciales à chacune d’elles.

Pour la France, au contraire, nous trouvons les industries du plâtre réunies au premier étage de la classe 28 (Matériaux, matériel et procédés du Génie civil. Ces galeries d’exposition, décorées entièrement à l’aide du plâtre fin fourni par les exposants, se trouvent au milieu du Palais rectangulaire qui longe l’avenue de Labourdonnais, au Champ de Mars.

La production du bassin de Paris est la plus importante en France; elle pourrait être néanmoins considérablement augmentée, si les fabricants ne s’étaient entendus pour limiter l’extraction du gypse selon les besoins de la consommation, en vue d’éviter la baisse des prix de vente.

Pour la construction des bâtiments temporaires de l’Exposition, le plâtre a été employé sous toutes ses formes, aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur. En dehors de la construction, l’emploi du plâtre se répand de plus en plus dans les arts, en agriculture, dans les industries du vin, de la papeterie, du moulage, et surtout dans la fabrication des moules pour les tuiles et poteries de choix et des matrices pour l’emboutissage des pièces métalliques délicates. (Voir notamment au rez-de-chaussée de la classe 28 l’exposition des chemins de fer).

A côté du plâtre, plusieurs fabricants exposent de la chaux, de la brique, des tuiles ou du ciment. Nos lecteurs savent, et les sondages exposés l’indiquent, que le terrain gypseux du bassin de Paris, placé immédiatement au-dessus du calcaire marin, comprend des couches alternatives de gypse et de marne argileuse ou calcaire, superposées dans un ordre régulièrement le même. La vente des produits secondaires fabriquées avec ces marnes et ces argiles de la découverte permet de continuer longtemps l’exploitation à ciel ouvert, qui est beaucoup moins dangereuse et moins pénible pour les ouvriers que l’exploitation souterraine par cavage.

Une usine de Gournay-sur-Marne expose un nouveau, système de fabrication du plâtre fin, résultant de l’emploi d’un appareil spécial breveté sous le nom de déshydrateur pour la fabrication rationnelle du plâtre. Le principe de ce système est le broyage préalable de la pierre à plâtre, choisie dans les meilleurs bancs. Le gypse en poudre est placé dans des tronels ou cylindres métalliques, dans lesquels il est déshydraté par une circulation méthodique de gaz chauds produits dans un gazogène au coke. Le réglage facile de la chaleur de ces gaz permet, paraît-il, d’opérer la déshydratation, lentement, aune température régulière et relativement basse, toutes conditions connues pour fournir un plâtre homogène, à prise lente et d’emploi facile.

Les plâtres fabriqués par ce système sont plus durs au toucher que les bons plâtres obtenus par les anciennes méthodes, mais leur emploi est aussi facile h qualité égale.

Pour le stucage et le staffage qui se répandent de plus en plus, on emploie du plâtre fin mélangé avec de la colle, ou mieux du /plâtre aluné.

Pour obtenir ce produit dans de bonnes conditions, la majorité des fabricants prennent du plâtre de bonne qualité après sa première cuisson, le plongent dans une solution aqueuse d’alun à 10%, puis le font recuire au rouge cerise. L’ancien système de fabrication par mélange à sec du plâtre avec de la poudre d’alun paraît de moins en moins employé comme donnant un produit moins homogène.

De nombreux praticiens exposent, sous des noms divers, des produits fabriqués avec du plâtre fin ou aluné par mélange, soit avec de la poussière calcaire ou siliceuse, soit avec des oxydes métalliques de toutes nuances. Les uns ont l’aspect poli du marbre, les autres imitent la pierre d’une façon très satisfaisante; parmi ces derniers, se trouve un échantillon des revêtements intérieurs employés au nouvel Opéra-comique de Paris.

Quelques plaquettes de marbre fin comprimé sont d’une transparence et d’une ténacité très remarquables.

En dehors de ces emplois décoratifs, l’Exposition nous montre d’autres produits du plâtre encore peu utilisés dans la construction courante : des planches moulées avec ossature en joncs; des hourdis et panneaux de plâtre pleins ou creux, avec ou sans mélange de mâchefers broyés et lavés, avec ou sans treillis métallique débordant pour cacher la transparence des fers de plancher ; des enduits sur carreaux de liège et sur treillages de fer, accolés à de la toile ou à do la filasse, enfin de nombreuses applications d’enduit de plâtre sur métal déployé, pour cloisons de remplissage, hourdis do planchers, revêtements décoratifs cachant une ossature métallique ; ce dernier système employé avec succès dans plusieurs bâtiments de l’Exposition, ainsi qu’à la nouvelle gare d’Orléans, au quai d’Orsay, paraît susceptible d’un grand avenir.

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