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Manufactures


Manufactures à l'exposition de Saint-Louis 1904

Presque au centre de l'Exposition, le Palais des Manufactures y occupe une place d'honneur.

La place Saint-Louis, dont les terrasses en fer à cheval bordent le bâtiment sur toute la face est, la statue de la Paix qui domine du haut des 33 mètres de la colonne commémorative de la cession de la province aux Etats-Unis, les groupes allégoriques du Missouri et du Mississippi, les statues de saint Louis, patron de la ville, de Joliet, l'explorateur de la Louisiane, celle du compagnon de Pizarre, Hernandez de Soto, le blanc qui, le premier, dit-on, ait posé le regard sur les eaux du Mississippi ; les pylônes, les vasques, tout cet ensemble des décorations de la place donne un attrait plus puissant à une construction d'ailleurs remarquable par elle-même.

Le Palais embrasse un espace de plus de 5 hectares.

Bordé au sud par la lagune, à l'est par la place d'Orléans, à l'ouest par la place Saint-Louis, au nord par la grande rue Municipale, il offre, à vol d'oiseau, l'aspect de deux carrés rapportés et légèrement biaisés sur l'axe de raccord en saillie au sud, en retrait au nord: on dirait un livre ouvert, la grande allée médiane formant comme la charnière de ce livre.

Le style en est simple et facile, bien qu'avec une recherche évidente de l'élégance et de la variété, et rappelle la Renaissance.

D'ailleurs, la réclame n'est point exclusive de l'art.

Des arcades et des portiques tout autour; des colonnes à fût grêle, mais suffisamment resserrées pour porter un entablement assez chargé; le tout d'ordre ionique, avec quelques fioritures fantaisistes. Les portiques sud sont percés par des colonnes géminées.

A l'ouest, l'entrée principale est surmontée d'une sorte de chapiteau étage, pyramide tronquée à gardiens, avec au faite, un groupe allégorique et des trophées. Le portail sud est exhaussé d'un fronton en arc reposant sur les chapiteaux lisses.

Les fenêtres sont encadrées par des colonnes doubles et coupées par un linteau horizontal, au-dessus duquel se continue une imposte barrée par le fût de la colonne intérieure de base.

Les entrées des quatre coins et celles des milieux forment vestibule et sont, symétriquement, de style semblable.

Les toits des bâtiments en façade sont cintrés et tombent presque droit sur une galerie à balustres qui contourne l'édifice et porte une crête de motifs en métal découpé, trèfle ou feuillages.

Au centre du Palais s'étend à ciel ouvert une cour intérieure traversée en croix par les deux allées principales. C'est une sorte de jardin intérieur, orné de plantes et de verdure, qui évoque à l'esprit le souvenir de la cour intérieure de notre Petit Palais des Champs-Elysées.

Cette vaste circonférence est bordée d'une galerie à colonnes doubles, de même style que celles de l'extérieur, mais plus légères et laissant entre elles de larges baies en arceaux. Il a été dit plus haut que le Palais ressemblait à un livre ouvert : livre sans feuillets, où tout le récit serait écrit sur la page de couverture, mais où se trouveraient réunis, sur cette page, l'intérêt, l'attrait, la variété du plus compact des volumes.

Environ 900 industries sont représentées là par leurs productions les plus raffinées, et toutes les grandes nations du monde ont apporté ce qu'elles avaient de plus remarquable.

Le Japon occupe un vaste espace à l'extrémité ouest du bâtiment: la France et l'Allemagne sont largement et avantageusement représentées.

Tapis, tapisseries, ameublements, tissus, cristaux, verres, plomberie, appareils de chauffage et d'aération, d'éclairage sont exposés. On voit entre autres choses, fabriquer sous ses yeux les plumes d'acier, les boites en papier, les souliers, les chapeaux.

©Exposition internationale de Saint Louis 1904. Rapport général