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Arts Libéraux


Arts Libéraux à l'exposition de Saint-Louis 1904

Architecte(s) : Barnett, Haynés

A l'extrémité nord-est du groupe principal des bâtiments, en opposition au Palais des Transports qui forme l'encoignure nord-ouest, et dont il a la forme rectangulaire, le Palais des Arts-Libéraux est la plus imposante, la plus majestueuse des constructions de l'Exposition.

Son style est celui de la Renaissance française; les architectes ont fait appel surtout à la sculpture, et on sent un effort manifeste vers la recherche de l'effet, du grandiose.

Une certaine affectation dans le décor des sommets, les lourdes colonnes étayées à des piles, les chapiteaux corinthiens, les hautes corniches, les entrées triomphales évoquant les arcs romains et les monuments impériaux, toute cette majesté de frontispices peut sembler un peu prétentieuse.

Quoiqu'il en soit, l'ensemble est imposant, saisissant et aucunement banal.

La plus grande façade, de 250 mètres de long, possède un pavillon central et deux pavillons aux extrémités.

Les entrées principales sont en forme d'hémicycle, avec des colonnades circulaires. La voûte est couverte de fresques sur fond vieil or avec des décorations et des ornements en relief.

Sur la plateforme de ces arcs de triomphe et, en retrait, repose une masse cubique ouvragée qui sert de piédestal à une figuration allégorique ; aux corniches des pyramides tronquées portant des statues.

Formant coude sur la façade, des rotondes à arcades portées par des colonnes simples présentent l'oscillation de leur architecture et coupent la rigidité des sommets et des bases.

D'un côté, profusion de décors, non de décors par applique, mais de décoration sculptée ; de l'autre, lignes géométriques, portants carrés ou rectangulaires, colonnes doriques.

Les architectes ont voulu procéder par contraste. Ils en ont scrupuleusement observé la loi, non seulement pour la construction, mais aussi dans la décoration intérieure où les couleurs jouent le plus grand rôle et sont heurtées le plus souvent ainsi que le demande le genre adopté.

L'architecture est plutôt militaire, et l'édifice, les figures et les attributs changés conviendraient aussi bien à un Musée de l'armée.

On comprend que la visite à l'intérieur sera facile. L'éclairage y abonde ; il en est de même d'ailleurs de tous les autres Palais.

Le souci de l'aménagement intérieur n'a pas été sacrifié ; rien n'a été fait ou laissé qui puisse contrarier l'aisance du visiteur. N'oublions point que nous sommes en Amérique, dans le pays des larges avenues à angle droit, des rues bien alignées, où les places avec leurs statues, leurs bassins, leurs arbres sont pratiquement disposées de façon à ce que rien ne ralentisse l'allure d'un peuple affairé.

Le plan du Palais est du à MM. Barnett et Haynés est d'une simplicité parfaite et son arrangement est très propice à l'installation des exposants.

Les dix entrées du bâtiment forment les axes des emplacements, de l'est à l'ouest et du nord au sud.

La large frise allégorique placée sur les murs intérieurs des loggias est une des plus belles choses de tout l'édifice.

Les peintures murales sont exécutées sur fond vieil or.

L'intérieur est sans colonnes et couvert par une seule ferme.

Il y a une cour intérieure du style italien, entourée de colonnades. embellie de statues et de superbes arabesques ; avec ses massifs de fleurs, son large bassin, au centre, où se reflètent les Lignes gracieuses des colonnes de bordure, avec ses murs décorés de peintures aux couleurs les plus vives, et ses fontaines qui masquent les angles de leurs sculptures les plus fines et les plus fantaisistes, cette cour offre le lieu de délassement le plus charmant : elle réjouit l'oeil et fait oublier la fatigue.

Le visiteur trouve à s'intéresser autant par la perfection des objets exposés que par leur variété. Il y voit la collection de la monnaie britannique, des spécimens de photographie, des instruments de musique.

La Chine expose de vieilles reliures, des sculptures sur bois, des trophées, des armures.

L'Allemagne se fait remarquer par ses photographies, ses cartes, ses machines d'imprimerie les plus modernes.

La Section française était représentée par les papiers, la photographie, la musique, les vitraux, et surtout par ses ameublements, tapis, tentures, tapisseries, toute l'harmonie des couleurs et la synthèse des nuances.

©Exposition internationale de Saint Louis 1904. Rapport général