Retour - Liste Pavillons

Agriculture


Agriculture à l'exposition de Saint-Louis 1904

Architecte(s) : Masqueray, Taylor

Toutes les bâtisses qui constituent le groupe principal de l'Exposition, disposées symétriquement et de figuration à peu près semblable de trapèzes ou de rectangles, séparées les unes des autres seulement par les voies d'accès, nous apparaissent comme les pièces détachées d'un même ensemble et qu'il serait facile de rapprocher et de ressouder de façon à ne plus former sur le plan qu'une seule figure à quatre côtés et ne plus faire qu'un entrepôt monumental et luxueux, grand connue une cité, dont le Palais des Arts-Libéraux et celui des Transports, le Palais des Mines et celui des Machines occuperaient les angles.

Le Palais de l'Agriculture se détache du groupement et s'élève à l'écart, dans la partie centrale, mais à l'ouest des emplacements, sur un terrain surélevé à 60 pieds au-dessus du niveau des autres Palais, regardant au nord le groupe de Pavillons étrangers, bordé à l'ouest par les vastes terrains réservés à l'Exposition des Philippines, à l'est par les jardins de roses et la continuation du Pike.

Du haut de sa colline dominant la presque totalité de l'Exposition, dans le plus merveilleux des sites et parmi l'idéale beauté des terrains environnants, l'Agriculture est en somme à sa place: la première.

L'édifice couvre à lui seul une dizaine d'hectares, plus de 15 hectares avec l'Horticulture et les dépendances attenantes; il mesure cinq cents pieds de large sur seize cents de long, plus d'un quart de mille de longueur; la diagonale du bâtiment à peu près d'un tiers de mille.

Il offre tout d'abord cette particularité intéressante d'être le plus vaste de toute l'Exposition où l'espace n'a pas été ménagé et où les dimensions sont plutôt extraordinaires.

Les plans en sont dus à MM. Masqueray et Taylor et, connue pour tous les autres bâtiments, le souci des architectes a été l'exacte adaptation de l'édifice aux besoins pour lesquels il est construit.

On dirait une ferme modèle, une école de Grignon. sur les rives du Mississippi.

Au point de vue architectural, on remarque une grande correction et simplicité. L'aïeule a gardé les goûts simples d'autrefois, éternelle et intarissable nourrice de l'homme ; elle sait qu'elle peut compter partout et toujours sur sa gratitude; elle est assurée que chacun s'enquerra d'elle et lui rendra visite.

Elle a fait toilette tout de même pour "la grande Foire" et posé pavois à sa modeste demeure.

La simplicité de l'architecture, le manque d'ornements sculpturaux sont très heureusement compensés par les mosaïques, |les terres cuites, les couleurs dont l'éclat s'harmonise mieux avec les jardins, les fleurs, les parterres et tout le paysage environnant.

Le bâtiment est constitué par des travées larges, séparées par des pylônes saillants, d'une décoration sobre. On y remarque beaucoup de fenêtres rectangulaires à meneaux droits, barrées d'un croisillon vers le sommet.

Les entrées principales présentent l'aspect de grandes baies cintrées par où pénètre une lumière abondante, terminées par un couronnement en plein cintre; les archivoltes retombent au rez-de-chaussée sur des pilastres. Les vestibules sont sans ornement de sculpture.

On ne trouve plus trace ici des hauts pavillons d'angles et d'axes, des frontons ouvragés. Les cintres sont à ornementation linéaire et rappelleraient le style roman.

Les pylônes saillants qui contournent l'édifice se continuent au-dessus de la corniche par un léger motif de même style que celui qui décore les entrées et portent à droite et à gauche des hampes avec pavillons et drapeaux.

Les toits sont plats et tombent presque de la corniche; une rampe court autour du bâtiment.

Le hall qui rejoint les quatre entrées principales est en surélévation et percé de lucarnes.

Les chêneaux métalliques des toits qui dirigent les eaux sur les gouttières, ainsi que les tuyaux de descente, ont été l'objet de soins particuliers.

Les installations intérieures ont été traitées ainsi qu'il convient dans un pays agricole, où près de la moitié de la population est occupée au sol ; avec beaucoup de goût elles contribuent grandement à la décoration du Palais.

Une immense nef centrale de 106 pieds de large et montant jusqu'à 60 pieds à la partie supérieure de la ferme, traverse l'édifice de bout en bout. Il y a plusieurs autres baies un peu moins spacieuses.

Pas de galerie à l'étage, pas de cours intérieures; les allées vont d'une extrémité à l'autre en croix du nord au sud, de l'est à l'ouest : il est ainsi possible aux visiteurs de se rendre compte d'un coup d'œil de ce qui peut les intéresser.

En dedans, les fenêtres sont à 4 mètres du sol ; cette disposition permet d'employer les murs pour les installations décoratives, tout en ménageant la ventilation, car il n'y a rien de déposé au niveau des fenêtres.

La lumière arrive abondante par les monitors, système qui a pour avantage de protéger en tout temps les objets exposés des rayons directs du soleil.

Un hall contenant des sièges pour mille personnes: une salle de lecture et correspondance, même une chambre noire pour ceux qui veulent faire de la photographie, y sont aménagés.

Presque tous les états et nation du monde sont représentés.
Dans la nef centrale sont exposés les spécimens particuliers des principaux produits du sol : blé, coton, sucre, riz et tabac…

Dans l'angle sud-ouest fonctionne une laiterie modèle ; au centre, se trouve une vaste vitrine frigorifique.

Ici l'Exposition de l'Alimentation : là, dans un large espace les ustensiles aratoires et les machines agricoles modernes; les dernières créations en regard des appareils les plus primitifs, selon le mode rétrospectif si heureusement adopté pour les diverses branches de l'agriculture.

La puissance motrice et l'éclairage sont fournis pour une grande part gratuitement.

©Exposition internationale de Saint Louis 1904. Rapport général