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Gouvernement Fédéral


Gouvernement Fédéral à l'exposition de Saint-Louis 1904

Le premier bâtiment qu'on rencontre quand on pénètre dans l'Exposition par la porte de l'est, c'est le pavillon du Gouvernement fédéral.

Ailleurs nous avons dit que le Gouvernement de l'Union avait affecté près de 1.500.000 dollars à son Exposition particulière. Sur cette somme, les deux bâtiments, car ils sont deux — du gouvernement figurent pour 500.000 dollars environ.

Il ne semble pas que le Gouvernement de Washington ait fait un mauvais emploi de cette somme. Au contraire. Il a d'abord bien choisi le site où bâtir son Palais ; il se dresse sur la hauteur à l'est de Festival-Hall, à l'ouest des Mines et Métallurgie dont le séparent les verdoyantes pelouses de Sunken garden. Avec son large dôme visible du centre de la Grande Foire, il a vraiment grand air. Des plantes grimpantes, des fleurs fournies par l'Agriculture, l'encadrent joliment. Il n'est pas seulement imposant, il est robuste, comme doit être la maison de l'Oncle Sam. Seul des bâtiments de l'Exposition, il est construit avec une armature métallique, sans points d'appui intérieurs.

Au sud de ce pavillon, et reliée à lui par un chemin en escalier, son annexe, les Pêcheries, (carré de 135 pieds), d'un style classique, qui complète l'Exposition du Gouvernement.

Du dehors, passons au dedans.

Le caractère et le mérite de tout ce qu'on y voit, c'est en somme d'être américain, nettement.

Le Musée national et l'Institut Smithsonian y tiennent le premier rang. Dans la répartition des fonds, ils ont eu la grosse part.

Les ministères ou départements d'Etat sont fortement représentés; celui de L'Agriculture, qui occupe la plus grande place dans le bâtiment principal, s'est appliqué à nous montrer le rôle de l'Etat à côté du fermier ; quelles sont les formes et les limites de l'Assistance officielle ; comment elle éclaire, dirige, encourage l'effort de l'individu. Les collèges agricoles, les stations agronomiques des Etats-Unis, d'Alaska, de Porto-Rico, d'Hawaï, exposent des choses intéressantes. Un bureau de l'Industrie des plantes (bureau of plant industrie) , nous donne un aperçu des travaux du plein air et du Laboratoire. Plus loin, on nous montre le développement et les bienfaits de l'irrigation.

Et des champs nous passons à la ville.

La ville, elle sera figurée, si vous voulez, par ce service postal des Etats-Unis, que nous voyons fonctionner sous nos yeux, avec tous ses derniers perfectionnements. Rien ne vaut le spectacle de cette ruche en travail pour nous donner la sensation de la vie intense, de cette vie doublement moderne qui est celle des grandes cités du nouveau monde.

Le département de l'Intérieur expose un panorama, avec les vues les plus caractéristiques de la flore et de la faune américaines, prises pour la plupart à Yellow stone Park.

Distincte, bien que dépendante encore du Gouvernement, l'Exposition indienne qui bénéficie d'un crédit spécial de 40.000 dollars.

Mais les travaux de la paix n'absorbent pas toutes les énergies du citoyen des Etats-Unis. On s'en aperçoit bien en visitant ce Palais, à l'importance des Expositions de la guerre et de la marine.

Déjà, lors de la Dédicace, nous avons remarque le goût croissant des Américains pour les parades militaires, pour le soldat. Nous faisons, sous une autre forme, la même constatation ici.

D'abord, une collection de canons, d'armes illustres: des reliques précieuses, des documents historiques, entre autres, l'original du fameux traité de transfert.

Rien, certes, dans tous ces parchemins, dans tous ces souvenirs pieusement exhibés, qui sente la poudre; mais, non loin d'eux, s'étale un matériel de guerre très complet et qui ne date pas d'il y a cent ans.

La Marine est d'allure encore plus martiale. Elle offre à noire curiosité le pont même d'un navire de guerre américain, qu'il nous est loisible d'inspecter; un dock à sec: des modèles en réduction de chaque unité de la flotte: une reproduction en miniature de l'Accalmie navale d'Annapolis, une des dernières créations du Congrès qui l'a dotée de 10.000.000 de dollars; enfin 200 marins qui font l'exercice sous nos yeux : tout un ensemble qui donne à penser que l'Oncle Sam, laboureur, industriel, homme d'affaires saurait, au besoin, revêtir la cuirasse et manier le glaive.

Au total, installation et Exposition dignes du grand seigneur qu'il est, supérieures par l'étendue, par la richesse, par l'intérêt à celles qu'il s'était et nous avait offertes à Chicago.

©Exposition internationale de Saint Louis 1904. Rapport général