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Salle des Fêtes


Salle des Fêtes à l'exposition de Paris 1900

Architecte(s) : Raulin

On a fait plusieurs justes critiques sur la construction générale et surtout la situation de la Salle des Fêtes de l'Exposition de 1900. On ne la voit point de l'extérieur ; accroupie sous le vitrage tubulaire de la nef de l'ancienne Galerie des Machines elle produit,a-t-on dit, l'effet d'une énorme citrouille enfermée sous un châssis gigantesque.

D'autre part, reléguée tout au fond des constructions du Champ de Mars, derrière le Palais de l'Electricité qui en défend les approches, elle ne communique avec l'extérieur que par une seule porte, basse et sans style, s'ouvrant en face de l'Ecole militaire : c'est là une disposition fâcheuse pour une salle de fêtes destinée, aux grands jours, à recevoir de tous les points de l'Exposition 14 à 15000 visiteurs.

Ces réserves faites, il convient de louer le goût harmonieux de l'architecte, M. Raulin, qui a présidé à l'aménagement intérieur de la salle. En dépit de ses proportions colossales l'ensemble en est élégant et d'une jolie couleur.

La construction est formée d'une coupole de 4000 mètres environ de superficie portée sur un système d'arcades de 45 mètres environ de hauteur. Sous l'arcade qui se trouve du côté de l'avenue de La Mothe-Picquetaété installée la tribune officielle, tandis que l'arcade opposée abrite un escalier monumental conduisant à un salon de réception.

La coupole est éclairée par un vitrail de 1700 mètres de superficie dû à la collaboration de MM. Ehrmann et Gaudin; ses éclatantes couleurs où dominent le rose, le jaune, le pourpre et l'or donnent à la lumière de la salle des nuances douces et chaudes.Ce vitrail est soutenu par une charpente métallique posée sur un grillage en lacis, destiné à atténuer les effets de dilatation et de contraction produits par la chaleur.

Quatre groupes de peintures, signées des noms de MM. Cormon, François Flameng, Albert Maignan et Rochegrosse décorent la salle. Malgré la hauteur à laquelle elles sont placées elles s'harmonisent à merveille avec la coloration générale, d'un jaune doux mêlé de réséda. Des ors vigoureux et des ornements d'un bleu tendre relèvent ce que cette tonalité pourrait avoir d'un peu fade. Les écussons des trentes-six nations exposantes sont répartis en couronne au-dessous de la corniche du dôme et jettent sur le tout des notes plus vives encore et gaiement multicolores. La symphonie est complétée par le rose soutenu des voussures, les draperies bouton d'or des quatre tribunes principales, et les fonds alternativement rouge brique ou blanc, rehaussé de gris, des tribunes d'amphithéâtre.

Ces tribunes sont réparties trois par trois; elles sont conçues en forme de niche et^ prennent jour par en haut» On y accède par des couloirs pratiqués dans le pourtour extérieur.

Ajoutons que la ventilation du local est assurée par de puissants appareils qui débouchent, non pas, suivant l'habitude, par des orifices placés dans les parties hautes, mais par une claire-voie pratiquée dans le parquet, au centre de la salle.