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Palais des Mines et Métallurgie


Palais des Mines et Métallurgie à l'exposition de Paris 1900

Architecte(s) : Varcollier

Dans l'aile gauche, nous trouvons tout d'abord la section des mines et de la métallurgie, tout un monde de machines, de métaux, de houilles, dont le guide Hachette si précis et si complet nous ont donné un excellent résumé.

« La grande métallurgie française, y dit-on, a fait un vigoureux effort pour affirmer en face de l'étranger sa puissance industrielle. Le fer vaincu, assoupli, ce prête à tous les caprices, à tous les désirs, et prend sa place naturelle dans la décoration de cette classe, appropriée avec autant de goût que d'habileté technique à sa destination. Tous les grands centres métallurgiques sont représentés dans le palais qui leur est dévolu. Sous le dôme, dès l'entrée, les Forges de Douai érigent une porte monumentale en fer ornée de tampons de chaudières et de plaques de métal; et l'on est tout de suite attiré vers le grand hall central, sous le lanterneau, où se dressent de toutes parts des colonnes énormes, où l'on entrevoit des masses formidables, une forêt métallique aux troncs étincelants.... C'est le salon d'honneur de la Société des Métaux. L'effet est saisissant : tout autour de la nef, à l'entrée de chaque groupe, s'élèvent des portails géants en fonte, en acier, en cuivre, en métal déployé; colonnades, cylindres, en tuyaux, en plaques, en fer forgé; pylônes, frontons en rails incurvés; frises ciselées, chapiteaux en tubes cintrés, retombant en gerbes; c'est un mélange de puissance et de grâce, de force et de souplesse, qui produit une impression profonde et séduit les regards. Telles de ces plaques d'acier, qui servent de fermes au portail des Forges de Pompey, mesurent 96 mètres de long et sont coulées d'un seul jet. Le rail roulé au fronton mesure 51 mètres de long.

Les Aciéries de Longwy composent leurs colonnes de rails tordus assemblés sur des cylindres, et ces rails ont 20 mètres.

Les Forges de Pont-à-Mousson dressent des colonnes de tuyaux et de cylindres en fonte ; celles de l'Escaut et de la Meuse assemblent des tubes d'acier; les, Laminoirs de Bierche et de Saint-Waast projettent jusqu'au toit des gerbes éclatantes de tubes laminés surmontées d'énormes boules de cuivre; le groupe de la Loire (Saint-Etienne, Firminy, Saint-Chamond, Clandinon) affirme sa vitalité par d'énormes canons en matière brute, par des plaques de blindage, des ancres de marine géantes. La Vieille-Montagne nous offre une brillante exposition de son industrie en zinc; Micheville envoie des vases énormes faits en rails de poutres de fer (l'un de ces vases a 18 mètres de haut); Châtillon des tourelles blindées; les usines Delaunay-Belleville, un générateur perfectionné. Auprès de ces colosses sont, à leur rang, les Forges du Saut-du-Tarn, Hennebont, Montataire, Denain et Anzin, les Aciéries de France, les Forges du Nord et de l'Est, Pontgibaud, les Hauts Fourneaux de Maubeuge, les Forges de l'Ariège, les fonderies de Harfleur, la Compagnie Royale Asturienne, le Métal déployé, les Cuivres de France, la Compagnie d'Alais, les pompes pour puits de la maison H. Lemaire, etc., etc. »

La section suivante groupe les matières premières essentielles à l'industrie de tous les temps, la Pierre, le Marbre, le Charbon, les Minerais de toute nature et les terres et sables qui les accompagnent. En vertu de la classification adoptée en 1900, elle montre en même temps les machines et appareils qui ont permis d'aller dans les profondeurs de l'écorce terrestre découvrir et extraire ces matières premières, et de leur faire subir les transformations mécaniques qui en permettent ou en facilitent l'emploi : appareils de sondage, de l'orage, d'extraction, de triage, de préparation mécanique, de broyage.et d'agglomération.

Deux grandes industries, différentes à tous égards, celle des Mines et celle des Carrières, sont ainsi rapprochées par la classification, mais ont en fait chacune leur exposition comme elles ont leurs procédés, leur outillage, leur clientèle absolument distincte.

Les mines de houille ont produit en France, en 1899, environ 55 millions de tonnes d'une valeur totale de près de 400 millions de francs. La valeur des minerais divers (fer, sel gemme, plomb, etc.) est bien faible en comparaison et ne dépasse; guère, pour la France et l'Algérie, 50 à 52 millions de francs. Les phosphates de chaux, dont l'emploi transforme notre agriculture, rapportent de 22 à 25 millions de francs. Quant aux carrières, elles livrent pour prés de 250 millions de francs de produits bruts, dont la valeur est singulièrement augmentée quand une taille appropriée en a fait des colonnes ou des plaques polies, ou qu'un traitement rationnel en a fait apparaître les qualités sous forme de plâtre, de chaux, de ciment. Dans l'ensemble; nos mines et carrières produisent chaque année plus de 700 millions de matière première pour nos industries.

Louis Rousselet - L'Exposition Universelle de 1900 - Libairie Hachette & Cie - 1901