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Serbie


Serbie à l'exposition de Paris 1900

Architecte(s) : Baudry

Le palais de la Serbie appartenait au style byzantin et était d’un ensemble très pittoresque . Une grande coupole dominait le centre et aux angles s’élevaient quatre coupoles de plus petite dimension qui séparait les quatre branches égales d’un double transept. Du côté de l’entrée principale, formant saillie sur la construction, on voyait un grand portique à toit plat qui représentait le narthex des églises byzantines.
La décoration extérieure du palais était des plus agréable à l’œil. Les murs étaient faits de petits carrés de pierre travaillé qui alternaient avec des assises de briques. Quant aux coupoles, elle avaient été revêtues d’une couche de peinture qui donnait l’illusion du bronze.
L’intérieur de l’édifice, décoré de peintures murales aux couleurs éclatantes, se composait d’un hall unique très élevé où l’architecte, M. Baudry, a su disposer les points d’appui des coupole de façon à laisser toute la place disponible à l’exposition et à la circulation. Les bas-côtés étaient divisés en travées qui étaient occupées par l’exposition officielle du gouvernement serbe et par une quantité de produits nationaux envoyés par des particuliers.
L’exposition officielle était figurée notamment par une très importante collection du service des mines. Les échantillons qu’elle comprenaient nous donnaient une idée de la richesse des gisements argentifères et aurifère de la région. En face, se trouvait les vitrines où étaient rassemblés les travaux des élèves de l’école militaire des arts et métiers de Kragoujévatz. Cette exposition comprenait tout ce qui était relatif à l’armement, aux engins et aux munitions de guerre. Plus loin, la régie des tabacs, le département de l’agriculture avaient exposé la variété des produits de la terre.
Mais ce qui frappait surtout l’attention du visiteur, c’était, avec un lot très important de tapis de Pirot, de broderies de Belgrade et de jolis bijoux en filigrane d’or et d’argent, une riche collection de costumes nationaux qui nous montraient ce qu’était une parure de l’homme et de la femme en Serbie.
Ces costumes aux couleurs vives et tranchées, que surchargaient des broderies d’ort et d’argent, habillaient des manenequins artistement disposés, dont l’ensemble constituait un musée ethnographique des plus intéressants.
Les parures, plus ou moins riches, ne se différenciaient que par les détails et avaient entre elles un indéniable air de parenté. Le costume féminin serbe avait pour caractéristique principale un manteau dont les femmes de toutes les classes de la société, depuis la grande dame jusqu’à la plus humble paysanne, se revêtaient, et que la richesse seule des broderies différenciait. Le reste du costume comportait un boléro, jeletché, et un chalvari, qui était une sorte de jupe-culotte, semblalbe à celle de nos cyclewomen. Les femmes serbes s’entouraient la taille d’une ceinture, parfois tissée de perles fines, et qui se terminait par une haute agrafe de métal qui servait, en quelque sorte, de corset ; elles se coiffaient d’une calotte brodée d’argent et de perles.

Louis Rousselet - L'Exposition Universelle de 1900 - Librairie Hachette & Cie – 1901