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Norvège


Norvège à l'exposition de Paris 1900

Architecte(s) : Sinding-Larsen

Le palais de la Norvège se situait entre la Rue des Nations et le quai. Entièrement en bois, l’édifice nous présentait le type des construction rurales de ce pays du Nord ; son toit surmonté de deux légers clochers rappelait les charmantes églises des vallées verdoyantes qui encadrent les fiords sinueux. Selon l’usage presque général dans les campagnes norvégiennes, l’ensemble de l’édifice était peint de couleurs vives ; on a choisi le rouge relevé de vert sur les bandes d’ornement simulant des poissons qui formaient frise à une certaine hauteur. La toiture, en tuiles de bois de sapin, était également peinte en vert. Du côté du quai la façade s’avançait en un large porche supportant un léger balcon à auvent.
A l’intérieur du pavillon, des galeries, qui se répétaient à l’étage supérieur, entouraient un vaste hall. On parvenait à ces galeries par un escalier monumental qui prenait naissance au centre même de la salle et qui permettait d’accéder à la terrasse couverte, faisant saillie sur le quai d’Orsay.
Dans les galeries du rez-de-chaussée, on voyait tous les spécimens des animaux de terre et de mer, vivant sous ces latitudes : des ours aux épaisses et précieuses fourrures d’un blanc éclatant, des morses aux immenses défenses d’ivoire, des phoques, des cachalots et autres monstre marins. Plus loin, après une collection aussi curieuse que variée d’engins de pêche et de chasse, étaient exposés des panneaux qui montaient la vie et le travail des bûcherons dans les grandes forêts. Plus loin était l’exposition des fourrures et celle de tous les modèles de bateaux servant à la navigation dans les mers polaires.
Le centre du hall était occupé par une spacieuse vitrine qui abritait une reproduction du FRAM, le fameux navire de Nansen, et un grand nombre d’objets ayant servi au célèbre explorateur pendant son aventureux voyage au Pôle Nord de 1893 à 1896.
Une des curiosités les plus attrayantes du palais était aussi l’exposition des filets employés dans les pêcheries de Norvège. Ces engins, réunis les uns aux autres par des cordages, ont été disposés de telle façon qu’ils constituaient comme un velum.
Le premier étage était réservé à l’exposition ichtyologique, où à côté des poissons, tels que harengs, morues, sterlets, qui peuplent les mers norvégiennes en troupes innombrables, on trouvait les produits dérivés de la pêche, parmi lesquels dominaient les huiles de foie de morue, de phoque et de baleine.
On y voyait aussi des dioramas de l’ancienne Norvège et l’exposition du « musée de peuple », qui nous présentait les modèles des maisons d’habitation à la campagne et dans les villes depuis le treizième jusqu’au commencement du dix-neuvième siècle.
En résumé, exposition très attrayante et qui montrait toutes les ressources que ce peuple intrépide, un des plus civilisés de l’Europe, a su tirer d’un sol ingrat souvent enveloppé de brumes et de frimas et de la mer inhospitalière qui baigne ses côtes.

Louis Rousselet - L'Exposition Universelle de 1900 - Librairie Hachette & Cie – 1901