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Danemark


Danemark à l'exposition de Paris 1900

Le pavillon du Danemark se dressait en arrière des palais de la Turquie et des Etas-Unis et séparé de ceux-ci par la pittoresque rue des Nations.
Alors que toutes les puissances se disputaient énergiquement la mince bande de terrain en bordure du quai d'Orsay réservée par la commission de l'Exposition aux nations étrangères, et où s'élevait une si pittoresque rangée de palais, le Danemark seul avait négligé de réclamer sa place. Cette abstention a paru regretable à quelques patriotes danois qui trouvait à juste titre que leur architecture nationale méritait de figurer dan scette collection qui était une des principales curiosités de l'Exposition. Une souscription publique, ouverte dans toutes les villes du royaume, a réuni les fonds nécessaires à l'édification du pavillon qui se dressait , près de la porte du pont des Invalides, au pied même du fameux trottoir roulant.
C epavillon, malgré sa situation peu avantageuse, mérite d'attirer l'attention des visiteurs, car dans ces proportions restreintes, il était d'un goût artistique charmant et aurait pu avantageusement servir de modèle pour une petite villa de campagne ou de bains de mer.
C'était la fidèle reproduction d'une maison jutlandaise de la jolie petite ville de Horsens. L'édifice, entièrement construit en sapin, présentait une façade à pignon aigu avec charpentes apparentes, entre lesquelles s'ouvraient des rangées de fenêtres à petits carreaux surmomtées d'ornements triangulaires largement ciselé dans le bois et du plus heureux effet. A un des angles de la maison, un petit dôme de bois, de forme très curieuse surmontait le vestibule sur la porte duquel était gravées des inscriptions en langue danoise; il fallait remarquer les élégantes ferrures en cuivre de la porte de ce vestibule et les autres ouvertures. Tout cet ensemble extérieur avait beaucoup d'originalité.
L'intérieur du pavillon ne comportait pas d'exposition proprement dite. Il montrait simplement au visiteur l'aménagement intérieur d'une villa danoise.
A gauche du vestibule d'entrée, se trouvait un coquet salon de lecture; à droite, précédant le salon réservé aux dames, un grand salon de réception auquel la voûte même du pavillon servait de plafond. De cette pièce spacieuse, sorte d'atrium, on aprecevait donc les galeries supérieures qui désservaient les pièces du premier étage et une vaste terrasse couverte qui occupait un des angles de l'édifice.
La lumière était distribuée, à l'intérieur par une série inintérrompue de petites fenêtres formées de vitraux que couvrait, par moitié, en guise de ridaeux, une étroite bande de mousseline imprimée. L'ameublement des pièces, aui était en pitchpin, en chêne et en acajou, était approprié à leur destination. Leur décoration artistique méritait d'attirer l'attention. Elle permettait d'admirer, notament, quelques toiles des meilleurs peintres danois et de superbes échantillons de porcelaine de la fabrique royale de Copenhague. Dans le salon de réception, on pouvait voir également une statue équestre du roi Christian IX sculptée dans un bloc d'argent massif et reposant sur un socle où figurait la devise : "Avec Dieu, pour l'honneur et le droit".
Ce pavillon faisait honneur à ses organisateurs et son aménagement intérieur fut fort apprécié par les amateurs d'ameublement de style simple et légèrement archaïque.

Louis Rousselet - L'Exposition Universelle de 1900 - Libairie Hachette & Cie - 1901