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Creusot


Creusot à l'exposition de Paris 1900

Le pavillon du Creusot, dont une énorme coupole, surmontée et flanquée de canons de tous les calibres qui semblaient prêts à canonner tout ce qui les entourait, dominait le cours de la Seine à une hauteur considérable.
A la vérité, ce pavillon ne contenait pas seulement du matériel de guerre, car on y apercevait notament une locomotive extraordinaire par ses dimensions : c’était une machine inventée par M. Thuile, qui s’était tué pendant les essais de marche à grande vitesse de son engin. On espérait de celui-ci des résultats tout à fait remarquables comme puissance et comme vitesse. Naturellement le Creusot a tenu à ne pas fractionner son exposition, mais c’étaient d’ailleurs les engins de guerre qui dominaient de beaucoup dans son pavillon. Ici, c’était une machine marine susceptible de développer une puissance de 17000 chevaux et de commander les trois hélices du croisseur « Kléber » ; plus loin, et tout à côté du matériel électrique, que les établissements en question fabriquaient maintenant couramment, voici des type de plaques de blindage en acier et au nickel telles que les diverses marines de monde en avaient commandé à notre gigantesque usine métallurgique ; puis des exemplaires de cette artillerie qui a fait récemment ses preuves durant la campagne du Transvaal. Nous citerons notament un gros canon de 24 centimêtres de calibre, qui pesait par lui-même 23000 kilogrammes, et dont la tourelle avec le cuirassements représentait un poids formidable de 220000 kilogrammes ! Au milieu de tous ces engins de destruction, dont la puissance même était un argument pour la disparition de la guerre, on apercevait un plan en relief des établissements du Creusot.

Louis Rousselet - L'Exposition Universelle de 1900 - Librairie Hachette & Cie – 1901